II. — OUVERTURE DU SAC LÀGRTMÀL
L'ouverture du sac lacrymal par ponction à travers sa paroi antérieure ou cutanée se pratique de la façon suivante : le malade étant assis la tète fixée, un aide attirant fortement les paupières vers la tempe pour faire saillir le tendon de l'orbiculaire, l'opérateur place au-dessous de ce dernier son indicateur gauche de façon à sentir entre l'angle et la pulpe du doigt l'arête osseuse du bord antérieur du canal nasal; puis, tenant un bistouri à lame étroite comme une plume à écrire, le manche presque horizontal, le dos en dedans et le tranchant en dehors, il enfonce la pointe sur l'ongle au-dessous du tendon de l'orbiculaire, la pousse jusqu'à la paroi interne du sac et relève le manche de façon à le ramener au-devant de la tête du sourcil. Par ce mouvement la pointe pénètre
dans le canal nasal et sur elle on fait glisser une sonde cannelée ou un stylet ou la canule de la seringue d'Anel, suivant que Ton veut cathétériser ou laver la poche. Quand la tuméfaction inflammatoire au-devant du sac est très marquée, l'opérateur, dont l'ongle de l'index ne peut sentir le point de repère osseux, doit être prévenu que le bistouri traversera une épaisse couche de parties molles avant de parvenir dans le sac ; aussi il l'enfoncera par une ponction directe en bas, en arrière et en dedans, en passant entre le tendon et le rebord osseux, dont il devra apprécier à l'œil la position.
On peut également ouvrir le sac lacrymal par sa face externe en le ponctionnant directement avec la pointe d'un bistouri que l'on engage dans le
lac lacrymal entre la caroncule et le cul-de-sac conjonctival interne en inclinant un peu la pointe vers la paroi interne de l'orbite. Par un cathétérisme répété il est possible ensuite d'entretenir l'ouverture du sac qui, il est vrai, ne joue qu'incomplètement son rôle de bouche d'absorption pour les larmes.
Fig. 415.
Ponction du sac lacrymal.