KYSTE DE LA RÉGION INTERNE DE L'ORBITE
Beaucoup plus rare que le précédent, résultant comme lui d'un trouble survenu dans l'occlusion de la fente fronto-maxillaire, le kyste de V angle interne de Vorbite occupe la dépression située au-dessous de la tête du sourcil, empiétant plus ou moins sur la paupière supérieure, parfois descendant au-dessous de la commissure interne. Il mérite alors le nom de prélacrymal.
La tumeur est sous-cutanée, arrondie, tendue, résistante ou élastique, mobile dans une certaine mesure. Les voies lacrymales sont libres, il n'y a pas de larmoiement, la conjonctive est intacte. On soupçonnera l'existence d'un prolongement orbitaire, quand le kyste se laisse plus ou moins facilement refouler en arrière. Ces caractères et en plus la notion d'une tumeur congénitale ou apparue de bonne heure imposent pour ainsi dire le diagnostic. Toutefois, quand les adhérences profondes du kyste sont étendues, on doit songer à l'encéphalocèle et ici une erreur serait sérieuse lors de l'intervention. Mais si l'encéphalocèle est congénital, par son volume, par la largeur de sa base, il se distingue du kyste dermoïde qui, à la naissance, n'est pas visible ou n'offre qu'un très petit volume. En cas de doute une ponction exploratrice renseignera sur la nature du contenu, qui de règle ici est huileux.
L'extirpation complète s'impose, on aura soin d'exciser le pédicule qui s'attacherait d'ordinaire à la suture de l'unguis avec l'apophyse montante. S'il existe un prolongement orbitaire un peu long qu'il serait difficile d'enlever sans de grands délabrements, on se contentera d'exciser le plus possible de la poche, puis de cautériser l'intérieur de la partie respectée avec une forte solution de chlorure de zinc.