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KYSTES INTRAORBITAIRES ET OCULAIRES

Laissant de côté désormais les prolongements orbitaires des kystes dermoïdes du pourtour de l'orbite, l'on peut avec le professeur Lanne* longue décrire dans cette cavité : a, la transformation kystique de F œil; 6, les kystes avec microphtalmie et anophtalmie; c, des kystes congé' nitaux divers.

a. Transformation kystique de l'œil. — Tandis que dans Phydrophtalmie congénitale le globe oculaire est amplifié, mais présente encore, quoique plus ou moins altérés, ses divers éléments constitutifs, membranes et milieux transparents. Dans la transformation kystique de l'œil l'enveloppe du kyste se trouve bien encore formée par la sclérotique, la cornée et des vestiges de la choroïde, mais le contenu est tout à fait anormal, il est séreux ou athéromateux. L'œil ainsi transformé est volumineux, remplit l'orbite, déborde les paupières, la vision est nulle. Son énucléation peut être indiquée, quand ses dimensions le rendent trop gênant.

b. Kystes accompagnés de microphtalmie et d'anophtalmie ou kystes colobomateux. — La tumeur soulève la conjonctive de la paupière inférieure ou cette paupière, qui le plus souvent est renversée en ectropion, la peau ici est tendue et amincie, d'où une teinte bleuâtre en rapport avec la transparence du kyste. La paupière supérieure ordinairement est déprimée; son bord libre se porte en arrière et se trouve profondément caché dans le cul-de-sac conjonctival supérieur. Cette déviation est favorisée par la petitesse de l'œil, qui laisse libre cette partie supérieure de l'orbite. Du volume d'une noisette ou d'une noix, rarement le kyste remplit complètement l'orbite.

En écartant les paupières on arrive quelquefois à découvrir profondément un rudiment de globe oculaire ; parfois il ne devient visible qu'après la ponction ou l'ablation du kyste, dans quelques cas l'œil fait complètement défaut. Mais, quand il existe, la situation relative du kyste est toujours la même, la tumeur occupe d'abord la partie inférieure et interne de l'orbite, puis toute la partie inférieure, l'œil lui est accolé en haut et en arrière. Parfois il y a simple contact, parfois une adhérence plus solide.

La paroi kystique, le plus souvent mince, est constituée par une membrane fibreuse, dont la face interne est tapissée d'un épithélium ; on y a retrouvé des éléments rétiniens et choroïdiens, parfois aussi des poils.

Deux opinions ont été émises sur la pathogénie de ces kystes. Certains (Talko et Hoyer de Warschau) y virent des kystes d'origine branchiale, résultant de l'enclavement de la partie supérieure du sac lacrymal dans la fourche lacrymale en voie de soudure; par compression en se développant le kyste provoquerait la microphtalmie ou l'anophtalmie. Mais ces kystes n'adhèrent pas à l'os et par contre ils peuvent adhérer à l'œil ; on a trouvé dans leur paroi des éléments rétiniens et choroïdiens, enfin on constate la bilatéralité fréquente de l'affection ou la coïncidence d'un œil microphtalmique avec un colobomade l'autre côté. Ces raisons décident le professeur Lannelongue à rejeter l'opinion de Talko et à

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considérer les kystes colobomateux comme liés au développement de l'œil lui-même. Déjà Manz et van Duyse admettent qu'ils se forment aux dépens d'un colobome oculaire, consécutif à un retard dans l'occlusion de la fente de la vésicule optique et de son pédicule. La fermeture de l'orifice de communication des cavités oculaire et colobomateuse, le développement exagéré du kyste et l'arrêt de développement de l'œil à une époque plus ou moins précoce (anophtalmie ou microphtalmie) rendent compte de la plupart des faits observés.

Toutefois, pour expliquer les cas où la paroi interne du kyste s'est montrée tapissée d'un véritable épiderme et de poils follets, Lannelongue et Ménard admettent que le trouble de développement peut amener la formation d'un kyste aussi bien aux dépens du bourgeon cristallinien qu'aux dépens de la rétine et de la choroïde ; autrement dire le kyste peut naître de la région antérieure de la fente vésiculaire aussi bien que de la postérieure.

La vision ou un certain degré d'acuité visuelle est compatible avec une petite tumeur kystique développée sur la fissure colobomateuse. Si l'œil est rudimentaire et caché derrière le kyste, la cécité est complète.

Affection essentiellement bénigne, les désordres oculaires mis à part, le kyste colobomateux réclame une intervention seulement s'il se développe et si Tectropion de la paupière inférieure entraîne des troubles inflammatoires sérieux de la conjonctive. Les ponctions du kyste sont suivies de récidive, il faut donc en pratiquer l'extirpation.

c. Kystes congénitaux divers de V orbite. — Sous cette rubrique le professeur Lannelongue range quelques observations de kystes intraorbitaires d'interprétation difficile. Dans une de ces tumeurs on a trouvé une dent ; une autre fois la tumeur se prolongeait dans le crâne à travers le sphénoïde et fut regardée comme ayant eu son point de départ dans le corps pituitaire.

III0 Kystes acquis.

Les kystes acquis sont divisés en kystes glandulaires, séreux et hydatiques.

Les premiers, développés aux dépens de la glande lacrymale, ont déjà été étudiés.

Les kystes séreux sont de beaucoup les plus fréquents. Sans discuter l'exactitude des observations anciennes d'infiltration séreuse du tissu rétro-bulbaire ou d'hydropisie de la capsule de Tenon, on peut admettre l'existence d'hygromas des bourses séreuses des muscles de l'œil; et, à côté de ces derniers, certains auteurs acceptent encore l'existence de kystes développés dans des bourses séreuses accidentelles situées en

dehors du cône musculaire près des parois de l'orbite. Tantôt de très petit volume, tantôt énormes, ces kystes, dont le plus souvent les parois sont minces et translucides et le contenu séreux, par leur accroissement progressif peuvent amener la perte de la vue, la fonte de l'œil et plus tard des déformations de l'orbite, l'ouverture de la cavité crânienne.

Les kystes hyda tiques sont souvent confondus avec les kystes séreux ; tantôt il s'agit d'échinocoques, beaucoup plus rarement de cysticerques- Dans le cas de kystes à échinocoques,deux particularités sont à relever : d'une part la fréquence et l'intensité des douleurs sous forme de névralgie ciliaire, de l'autre l'inflammation du tissu cellulaire qui entoure la poche, inflammation plus prononcée que dans les autres productions bénignes.

Quant au cysticerque de l'orbite, il se développe dans la parlie antérieure de la cavité et en dehors du cône musculaire; dans tous les cas la paroi kystique présente une structure fibroïde et une épaisseur relativement énorme par rapport aux dimensions de la cavité. . Comme traitement de ces kystes orbitaires on a préconisé la ponction «impie, qui n'est guère applicable qu'aux kystes séreux. Mieux vaut pratiquer l'incision de la poche et la cautérisation de la paroi avec tamponnement consécutif ; mais le traitement de choix ici encore est l'extirpation aussi complète que possible.

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