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III. — OPERATION DU PTOSIS

Si \eptosis résulte d'une simple laxilé de la peau, ou d'un épaississement de la couche cutanée, l'excision d'un repli transversal et la suture des lèvres de la plaie elliptique qui en résulte, donnent parfois un résultat satisfaisant.

CHIRURGIE DES PAUPIÈRES

Pour cette petite opération comme pour la plupart de celles qui intéressent les paupières, il suffit de recourir à l'anesthésie que procurent les instillations dans le sac conjonctival et les injections sous-cutanées de cocaïne. De plus l'instrumentation comporte des bistouris, pinces, ciseaux, érignes, qui ne présentent de particulier que leurs dimensions; seule la^pince de Desmarres (fig. 16), ou de Snellen (fig. 15), mérite une mention; elle procure l'hémostase des parties sur lesquelles on opère et de plus elle fournit un plan résistant qui facilite la dissection des tissus et protège les organes placés au-dessous de lui. On peut aussi se servir d'une pince spéciale avec laquelle on délimite bien le lambeau

Fig. 21. — Pince pour l'opération du ptosis

à exciser, de sorte qu'on n'a plus dans l'excision avec les ciseaux qu'à suivre les bords de la pince (fig. 21).

Quand on a lieu d'attribuer la blépharoptose à la faiblesse du releveur de la paupière, il est logique, avec de Graefe, d'affaiblir son antagoniste en excisant par dissection sous-cutanée à travers une simple incision transversale un large faisceau de l'orbiculaire. Boucheron conseille d'agir plutôt par la face muqueuse afin d'éviter toute cicatrice apparente. II retourne la paupière, découpe une petite bande de cartilage tarse, qui doit rester adhérente au muscle orbitaire de Sappey, excise le tarse plus ou moins largement, sauf le bord ciliaire, résèque le sphincter palpébral, puis suture les deux parties conservées du fibro-cartilage. Gillet de Grandmont opère d'une façon analogue, mais en incisant la peau. La résection tarsienne peut être considérée comme favorisant une sorte d'avancement de l'expansion tendineuse du muscle releveur en plus de l'affaiblissement de l'orbiculaire.

Plus efficace paraît être l'opération qui fait appel au frontal pour suppléer le releveur palpébral absent ou atrophié.

Dans ce but, Dransart fait une incision cutanée parallèle au bord du cartilage tarse, auquel, après dissection de la peau jusque sous le muscle sourcilier, il fixe trois anses de catgut, leurs chefs sont conduits à travers le muscle orbiculaire jusqu'au sourcil; là, ils perforent la peau et sont fixés par des nœuds,

Fig. 22.

Opération du ptosis, procédé

de Panas.

puis on laisse retomber le lambeau de peau disséqué. Les traînées cicatricielles qui persistent après leur résorption, constituent de véritables tendons entre le tarse et le muscle frontal. Dans certains cas, il peut être utile de réséquer une portion de la peau, ou de simplement Pinciser.

Plus radical, le professeur Panas, pour les cas de paralysie totale ou d'absence congénitale du muscle releveur, conseille de fixer le bord supérieur du tarse au frontal en engageant le lambeau palpébral inférieur sous la partie supérieure de la couche cutanéo-musculaire palpébrale disséquée à la manière d'un pont (f\g. 22).

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