MICROBES DES CONJONCTIVES NORMALES
On peut penser a priori que les microbes existant à l'état normal au niveau des conjonctives doivent être nombreux et d'espèces variées. L'air, en effet, bat continuellement cette partie du corps, et doit y déposer incessamment les nombreux germes qu'il transporte.
D'autre part, il existe un courant perpétuel des surfaces oculaires vers les cavités nasales, et il n'est pas irrationnel de croire que les germes déposés sur l'œil suivent le mouvement et sont éliminés par les voies lacrymales ou encore qu'ils peuvent remonter de la muqueuse nasale vers la muqueuse oculaire.
La recherche des microbes normaux de la conjonctive est donc complexe. Existe-t-il des microbes, parasites constants des culs-de-sac conjonctivaux? Existe-t-il un drainage de ces parasites par les voies lacrymales? Le mucus conjonctival ou les larmes peuvent-ils être un milieu de culture suffisant pour les microbes? Inversement, quels sont les rapports des microbes du nez et de l'œil?
La première de ces questions a seule reçu un commencement de solution.
Sattler, le premier, a recherché quels germes infectieux pouvaient se rencontrer dans le sac lacrymal, étant admis que ce dernier est le «collecteur de ce qui a passé sur les surfaces oculaires. Il a rencontré dans 25 cas sur 28 examens :
1). Staphylococcus pyogenes aureus.
2). — — citreus.
3). — — albus1.
4). — — de Rosenbach.
S). Pneumococcus de Friedlander.
6). Micrococcus cireus.
7). Six bacilles qu'il mentionne seulement et qu'il ne regarde pas •comme pathogènes.
(1) On admet volontiers, sans plus de preuves d'ailleurs, l'identité du staphylo. pyog. aureus et du staphylo. pyog. albus, le citreus étant le trait d'union entre ces deux -variétés extrêmes.