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MICROBES DES CONJONCTIVES NORMALES

Gifford en étudiant la pathogénie de la conjonctivite eczémateuse, décela, à peu près constamment dans cette dernière affection, un coccus qu'il retrouva dans des yeux sains, et qu'il considéra comme pouvant être pathogène dans certaines conditions, lorsque, par exemple, il existe un état de moindre résistance (?) des cellules de l'épithélium conjonctival ou cornéen. Il constata, en outre, que les lotions au sublimé telles qu'elles se pratiquent en oculistique n'ont aucune action nocive sur le développement de ce coccus.

Les expériences de Sattler furent reprises et confirmées en 1887, par Gallenger.

Le mémoire de Fick est ce qui a été fait de plus important sur la question des microbes normaux de la conjonctive. Cet auteur a rencontré sur la conjonctive un certain nombre de microbes indifférents, et d'autres pathogènes.

I). Microbes non pathogènes. Bacille a) l h 6 /x. Liquéfie à peine la gélatine sur le trait d'ensemencement.

Bacille 6). 1 à 6 p. Liquéfie la gélatine en godet plat. Bacille c). N'a pu être obtenu en culture pure. Forme : le plus

souvent en baguette de tambour.

Bacille e). Probablement le B. fluorescens liquefaciens. Micrococcus candicans.

Sarcina lutea.

2). Microbes pathogènes. Bacille d). i à 2 \x. Liquéfie la gélatine. Tue le lapin en quelques jours, par septicémie probablement. Bacille f). i à 2 jjl ne liquéfie pas la gélatine sur laquelle il se développe en clou. Ne tue pas le lapin, mais produit sur l'œil de cet animal une inflammation lente de la cornée qui se résorbe spontanément au bout de quatre ou cinq jours. Staphylococcus pyogenes aureus.

Streptococcus pyogenes.

Petresco (de Bucharest) a trouvé aussi sur des conjonctives, mais des conjonctives granuleuses, les diverses espèces de microcoques du pus.

Dans une étude comparée de la conjonctive normale et de la conjonctive atteinte de trachome, Koucherski (1888) dit avoir trouvé sur 20 conjectives saines :

± fois des bacilles non spécifiés davantage, mais indifférents.

6 — le staphylococcus aureus.

1 — un microcoque qu'il retrouva dans les cas de trachome.

4 — des diplocoques non pathogènes.

Enfin, le dernier travail qu'il y ait à signaler sur cette question est une thèse de Montpellier (1889). (Gombert. — Recherches expérimentales sur les microbes des conjonctives à l'état normal) à laquelle le mémoire de Fick a servi de modèle.

Voici le tableau des micro-organismes isolés par l'auteur :

i). Microbes non pathogènes. Sarcina lutea. Sarcina aurantiaca.

Microeoccus 6).

Bacille a). Très constant.

Bacille y), id.

Bacille 8). id.

Bacille e).

Streptothrix Fœrsterii. On a attribué à ce champignon le pouvoir de former à un moment donné des concrétions qui obstrueraient les voies lacrymales. L'auteur n'a pas réussi à reproduire cet état pathologique chez les animaux.

2). Microbes pathogènes. Microeoccus a) probablement identique au m. flavus liquefaciens. Produit sur la cornée des animaux une infiltration arrondie, avec vascularisation péricornéenne intense. Le tout se résorbe au bout de quatre à cinq jours.

Microeoccus g). Liquéfie la gélatine. Produit sur la cornée un infiltrât qui disparait au bout de quelques jours. Bacille ?). Détermine une infiltration cornéenne diffuse avec vascularisation et gonflement de la conjonctive bulbaire. Le tout disparaît spontanément au bout de huit ou neuf jours.

En résumé, il ne paraît pas y avoir de micro-organismes se développant plus spécialement dans les culs-de-sac conjonctivaux. C'est probablement par l'air que la conjonctive se peuple.

Un défaut commun rend insuffisantes les expériences et les constatations rapportées ci-dessus : les auteurs n'ont pas suffisamment répété les examens. Il est nécessaire d'appuyer la solution de la question des microbes de la conjonctive à l'état normal sur un grand nombre de cas. Il est un fait pourtant à retenir : c'est la présence à peu près constamment signalée des staphylococci du pus dans les culs-de-sac conjonctivaux.

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