III. — BRULURES
Des corps échauffes (parcelles de fer rouge, gouttes d'eau brûlante, phosphore d'allumettes, bouts de cigare allumés), des agents chimiques (acides sulfurique ou autres, alcalis, ammoniaque, chaux), accidentellement projetés dans le sac conjonctival, y provoquent des brûlures. Certains collyres, certains crayons médicamenteux n'agissent pas autrement. Enfin c'est encore une brûlure qui se produit après une insufflation de calomel, si le malade a pris à l'intérieur de l'iodure de potassium. Eliminé par les larmes, ce médicament au contact du chlorure mercureux, se transforme en biodure de mercure qui est très caustique.
Légère, la brûlure de la muqueuse produit de l'hypérémie conjonctivale; plus profonde elle détermine de la mortification. L'escarre plus ou moins étendue, de coloration grisâtre ne tarde pas à s'éliminer et laisse à sa place une perte de substance qui rapidement se couvre de bourgeons charnus, fongueux et saignants. Au pourtour la conjonctive est fortement hypérémiée et pour peu que la désinfection ne soit pas rigoureuse l'ulcération suppure. Sa cicatrisation est lente et peut aboutir à des désordres divers : symblépharon, ankyloblépharon, ectropion, trichiasis partiel, déviation iies points lacrymaux, ptérygion cicatriciel.
Le danger des brûlures de la conjonctive résulte de leur étendue ou de leur profondeur ; inutile d'insister sur la gravité de la brûlure concoinittente de la sclérotique.
La première indication du traitement consiste dans le lavage immédiat de la partie pour refroidir ou diluer les agents nocifs. S'il s'agit d'un liquide alcalin, il est indiqué de neutraliser son action par des lotions avec une solution légère acide, et inversement on aurait recours à une lotion alcaline si le caustique est acide. L'emploi du chlorure de sodium pour limiter l'action thérapeutique du nitrate d'argent est à rapprocher de cette prescription.
En cas de brûlures par de la chaux vive, il faut éviter l'emploi de l'eau qui désagrégerait le fragment caustique et le répandrait au loin ; avec la pince et la curette on l'enlèvera aussi complètement que possible.
Un pansement humide suffira ensuite, sauf si la réaction inflammatoire nécessite l'emploi des collyres astringents ou d'émissions sanguines locales (scarifications). L'ulcère produit, l'on s'efforcera de prévenir des adhérences anormales par l'interposition de corps étrangers : vaseline boriquée ou iodoformée, lamelles d'os ou de métal. On en combattra la tendance fongueuse par des cautérisations légères (nitrate d'argent).
9tf CONJONCTIVE
Comme le plus souvent des adhérences ou des rétractions cicatricielles se produisent, elles rendront ultérieurement nécessaire une intervention spéciale.