‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 67 sur 443 · IV. — CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

IV. — CORPS ÉTRANGERS

Des grains de poussière ou de charbon, de la cendre de cigare, des paillettes métalliques, des débris de végétaux, des larves ou de petits insectes, peuvent se déposer ou être projetés dans le sac conjonctival. Là tantôt ces corps étrangers reposent simplement sur la surface de la muqueuse en particulier dans le cul-de-sac palpébral supérieur ; tantôt ils s'implantent dans la muqueuse ou même pénètrent dans le tissu cellulaire sous-conjonctival (grains de poudre, plombs de chasse).

Quelques-uns agissent et par contusion et par brûlure. Dans tous les cas, leur présence provoque des phénomènes réactionnels plus ou moins intenses : tantôt il n'y a qu'un peu de gêne et de larmoiement avec conjonctivite légère, tantôt l'œil est injecté, larmoyant, sensible à la lumière ; ses mouvements exaspèrent la gêne douloureuse ressentie par le malade qui se frotte sans cesse les paupières pour se débarrasser de cette sensation. Chez certains sujets, le blépharospasme est intense, il peut s'accompagner de véritables attaques convulsives ou épileptiques.

Le frottement d'une parcelle métallique implantée dans la conjonctive de la paupière supérieure provoque souvent des éraillures linéaires radiées sur le segment supérieur de la cornée, petites lésions qui peuvent en imposer pour une kératite herpétique.

Le diagnostic est le plus souvent facile, mais, au dire du malade, il convient d'ajouter l'examen de toute la surface de la conjonctive, en abaissant la paupière inférieure, en renversant la supérieure, en promenant une curette mousse dans le cul-de-sac supérieur. Au besoin il faut s'armer d'une loupe. Cette recherche est autrement difficile lorsque, méconnu depuis longtemps, le corps étranger (fragment d'épis de graminées) est enchâssé dans un repli de la muqueuse ou perdu au milieu de gros bourgeons charnus ; le malade ne se plaint alors que d'une conjonctivite chronique le plus souvent monoculaire. Dans ces cas, l'excision du bourgeon fongueux, son exploration avec un stylet établiront le diagnostic.

L'enlèvement du corps étranger s'impose. La curette d'écaillé, de petites pinces suffisent d'ordinaire, toutefois si le corps est implanté solidement dans la muqueuse il faut le dégager avec l'aiguille à cataracte, parfois même il devient nécessaire de le comprendre avec les pinces dans un petit pli de la muqueuse qu'on excise d'un coup de ciseaux. Cette dernière manœuvre est de rigueur lorsque le corps étranger est situé dans le tissu sous-muqueux loin de son point d'entrée. Quand il y a eu

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pénétration de nombreux corps étrangers, de grains de poudre par exemple il est préférable de ne pas tenter leur extraction dans une seule séance en raison des accidents inflammatoires qu'elle risque de provoquer.

Le corps étranger enlevé, une instillation de cocaïne après désinfection, puis un bandage compressif avec quelques compresses froides suffiront pour combattre Thypérémie conjonctivale.

MMIER ET DESPAGNET.

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