‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 69 sur 443 · III. — ATROPHIE DE LA CONJONCTIVE. XÉROSIS · texte numérisé non relu

III. — ATROPHIE DE LA CONJONCTIVE. XÉROSIS

Vatrophie de la conjonctive est tantôt étendue àtoute la surface de la muqueuse, tantôt localisée par plaques. Dans le premier cas la lésion intéresse toute l'épaisseur de la membrane dont Tépithélium se desquame {xérosis parenchymateux), dans la seconde variété il y a surtout atrophie des couches superficielles avec sécheresse et état assez lisse de l'épithélium (xérosis épithélial).

Le xérosis parenchymateux se montre : 1° comme stade ultime de certaines conjonctivites (diphthéritique, granuleuse) ou comme résultat de la cicatrisation de plaies, d'ulcérations de la muqueuse (brûlures par les acides, la chaux, la vapeur d'eau). Au microscope on note la disparition des glandes et des papilles, la transformation cicatricielle du tissu d'où l'oblitération des conduits de la glande lacrymale, parfois même du sac lacrymal.

La rétraction du sac conjonctival est telle que les culs-de-sac disparaissent, les bords palpébraux se soudent plus ou moins au globe de l'œil (symblépharon), dont la conjonctive peut, elle aussi, être rétractée en plis circulaires autour de la cornée opaque et réduite dans ses dimensions. La surface muqueuse est rugueuse, grisâtre, réagissant à peine sous l'influence des cautérisations, voire même couverte d'écaillés et de poussière farineuse. Le plus souvent encore il existe de l'entropion et du trichiasis.

- 2° Le xérosis a encore été signalé comme conséquence ultime du pemphigus et du psoriasis de la cornée.

3° Parfois enfin la maladie se développe lentement sans symptômes inflammatoires accusés.

Le xérosis épithélial se rencontre essentiellement sur les parties de conjonctive exposées au contact de l'air pendant l'écartement des paupières. Il résulte parfois de certains troubles de la nutrition, qui se traduisent encore par de l'héméralopie. On l'observe aussi chez les typhoïdiques qui, plongés dans un état comateux, restent les paupières entre-bâillées ; la conjonctive, altérée comme tous les autres tissus du

corps, se dessèche au contact de l'air ; de même chez les cholériques, le dessèchement résulte de la soustraction rapide d'une énorme quantité de liquide par les évacuations alvines.

La portion malade sur la conjonctive bulbaire est souvent triangulaire à sommet dirigé vers Tune des commissures, à base tangente au bord cornéen ; rarement la muqueuse palpébrale est touchée. La plaque de xérosis est sèche, terne, et près de la cornée on y voit de petites plaques ou écailles qui rappellent la stéarine.

Tandis que le traitement du xérosis partiel se résume dans la suppression des causes qui l'ont produit, la thérapeutique du xérosis total reste le plus souvent inefficace : on prescrira au début les applications de compresses chaudes, les bains permanents de lait, de glycérine, de solutions faiblement alcalines, plus tard on fera la suture des bords palpébraux. Trop souvent enfin les greffes, prises chez le lapin, la grenouille, ou même chez l'homme, n'auront de succès que dans les cas où le symblépharon ne sera pas total.

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