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III. — OPÉRATION DU SYMBLÉPHARON

Lorsque le symblépharon consiste en un pont de tissu cicatriciel, on le tend en glissant une sonde au-dessous, on le détache de la sclérotique avec quelques coups de ciseaux courbes à extrémités mousses, puis la plaie conjonctivale bulbaire ainsi formée est réunie par des

CHIRURGIE

points de suture. Quant à la plaie formée sur la paupière on peut la recouvrir en fixant sur elle la languette de tissu cicatriciel détachée du bulbe, languette que Ton comprend dans une anse de fil dont les deux chefs traversent la paupière et viennent se lier sur un petit rouleau de gaze placé en dehors sur la peau (procédé de Arlt).

Si le symblépharon esl plus étendu et forme un pli on détache son

Fig. 54.

Procédé de Teale (incisions).

Procédé de Teale (réunion)

adhérence au bulbe, en respectant, s'il existe, le prolongement cornéen lequel s'atrophiera. Puis on circonscrit avec un bistouri bien tranchant deux bandelettes de conjonctive, longues de quelques millimètres, plus ou moins concentriques à la cornée et situées de chaque côté de la plaie bulbaire près de laquelle doit se trouver leur base adhérente ; ces languettes par torsion sont rabattues sur la surface à recouvrir et fixées par des points de suture (procédé de Teale). Mieux vaut, quand cela est possible, libérer simplement la muqueuse de chaque côté de la plaie bulbaire et par simple attraction la suturer au-devant d'elle?

Dans quelques cas Ton pourra recourir au procédé de Harlane. Ce chirurgien circonscrit et dissèque un lambeau cutané, dont la base se trouve à hauteur du bord orbitaire inférieur, et dont les dimensions sont suffisantes pour que la paupière inférieure, ayant été détachée du globe, il soit introduit derrière elle par une incision transversale placée à hauteur du cul-de-sac dévié, c'est-à-dire à quelques millimètres plus haut que sa propre base. La face cruentée du lambeau s'applique sur la face cruentée de la paupière et sa surface épidermique se trouve au contact du globe.

Gomme le symblépharon s'accompagne souvent d'altération cicatricielle de la muqueuse en dehors même des points adhérents, ce qui rend impossible la dissection de lambeaux convenables, on se trouve amené à pratiquer une greffe muqueuse par transplantation. A la con-

jonctive du lapin on préférera la conjonctive empruntée à l'œil sain ou encore un morceau de muqueuse pris sur la face interne delà joue. Onutilise pour la taille de la greffe le temps que réclame l'hémostase de la surface mise à nu par le détachement du symblépharon. Le temps délicat réside dans la mise en place des sutures. Pour fixer un lambeau qui recouvre tout le cul-de-sac inférieur ainsi que la portion inférieure du bulbe, il ne faut pas moins parfois d'une vingtaine d'anses de fil, et en outre il convient de placer un fil dpnt l'anse déprimera le lambeau à son centre et dont les chefs sortis à travers la joue seront liés sur un petit rouleau de gaze. Les sutures périphériques pourront être laissées jusqu'à ce qu elles s'éliminent. II va sans dire que l'antisepsie la plus rigoureuse est ici nécessaire ainsi qu'un pansement compressif pour immobiliser le globe de l'œil.

A l'un des derniers congrès d'Heidelberg, Samelsohn a préconisé un procédé nouveau qui consiste à tailler sur Tune des deux paupières et les parties voisines un lambeau cutané, de forme quadrilatère, qu'on dissèque dans toute son étendue, ne le laissant adhérent que par le côté correspondant au bord libre de la paupière. On rabat ensuite ce lambeau de façon que son bord le plus éloigné s'applique dans le fond du cul-de-sac à rétablir que l'on a préalablement libéré. De la sorte, sa face cruentée est en rapport avec la plaie formée par la section du symblépharon. On l'assujettit là par quelques points de suture. On ne sectionne le quatrième côté du quadrilatère que quelques jours après, quand on juge l'adhérence complète. Le cul-de-sac se trouve alors formé par ce lambeau cutané transplanté.

Panas a tenté la môme opération, mais en empruntant à la partie antérieure de l'avant-bras le lambeau cutané qu'il transporte ensuite par la face cruentée dans le cul-de-sac à rétablir.

En règle générale, les résultats immédiats de ces opérations sont des plus satisfaisants ; malheureusement, bientôt après, le lambeau se rétracte de plus en plus, et le cul-de-sac ainsi obtenu se trouve des plus réduits.

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