‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 87 sur 443 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

GHAPTTRE XXIV ANATOMIE

La. cornée transparente, membrane la plus antérieure de l'œil, est enchâssée dans l'ouverture que lui offre la sclérotique, à la manière d'un verre de montre dont elle a l'aspect et la forme.

Son épaisseur est plus considérable à la périphérie, où elle atteint 1 millimètre, qu'au centre où elle ne mesure que 0,8 de millimètre (Sappey). Cette différence est assez sensible pour qu'on puisse la constater à l'œil nu sur le profil d'une coupe antéro-postérieure. Toutefois, chez l'enfant, tous les points de la cornée offrent la même épaisseur. Chez le foetus, elle est plus épaisse au centre qu'à la périphérie.

La face antérieure de la cornée est convexe. Son contour a la forme d'an ovale, à grand axe horizontal. La longueur de ce grand axe varie de 11 à 12 millimètres ; celle du petit axe vertical n'atteint que 10 millimètres. ,

Le rayon de courbure de cette face antérieure est de 7 millimètres d'après Sappey. Pour Beaunis, il mesurerait 8 millimètres, et même 9 1/2, pour Krause.

La face postérieure est concave, et son contour est régulièment circulaire.

La circonférence est taillée en biseau aux dépens de la face antérieure. Ce biseau est plus oblique en bas et surtout en haut que latéralement. Il en résulte que la sclérotique se prolonge sur la face antérieure, surtout en haut et en bas ; d'où la forme elliptique de la face antérieure de la cornée.

Comme structure la cornée se décompose en trois couches : une moyenne, très épaisse par rapport aux deux autres, et qui la constitue essentiellement; une couche antérieure et une couche postérieure,

COHNÉE

réductibles chacune en deux lames secondaires, Tune hyaline, l'autre épithéliale.

1° La couche moyenne, ou couche du tissu propre cornéen, est composée de fibrilles de nature conjonctive, formant par leur enchevêtrement une lame réticulée. Ces fibrilles sont disposées en lames, parallèles à la surface de la membrane. Entre ces lames, on rencontre des cellules étoilées, avec noyaux et nucléoles (corpuscules de la cornée) ; de ces cellules parlent des prolongements qui s'anastomosent avec ceux des cellules voisines et forment ainsi un système canaliculaire qui traverse la membrane dans toutes les directions (fig. 86).

2° Appliquée en avant sur cette couche moyenne, on remarque une lame homogène, hyaline, intimement adhérente au tissu propre (membrane de Bowmanri). Ce ne serait pour quelques auteurs, qu'une couche de fibrilles cornéennes condensées.

Cette membrane de Bowmann supporte Yepithelium de la cornée. Celui-ci se continue directement avec l'épithélium conjonctival, et présente comme lui des cellules, disposées sur trois plans : les plus superficielles sont aplaties ; les moyennes sont rondes, et les plus profondes allongées et perpendiculaires à la lame de Bowmann. Sous l'influence de l'inflammation, ces cellules épithéliales se détachent et tombent. D'où l'aspect dépoli que prend alors la cornée. 3° A la face postérieure du tissu propre cornéen, est une autre lame hyaline, élastique : c'est la membrane de Demours ou de Descemet, plus mince encore que la lame de Bowmann, et qui porte sur sa face libre une couche de belles cellules plates hexagonales (fig. 57).

A la circonférence, la membrane de Descemet s'étale en fibres rayonnantes et divergentes, qui doublent la paroi interne du canal de Schlemm ou de Fontana, puis se réfléchissent sur l'iris (ligament pectine de l'iris). L'épithélium modifié se continue sur le ligament pectine etsur l'iris.

La cornée est dépourvue d'artères et de veines. A l'état normal elle ne contient même pas de capillaires sanguins.

Quant aux lymphatiques, qui, décrits par les auteurs allemands, auraient pour point de départ les cellules étoilées, ils sont niés énergiquement par M. Sappey.

Fig. 5t>.

Coupe de la cornée.

ANATOMIE

<S^ii

Les nerfs de la cornée, très nombreux, viennent des nerfs ciliaires, au nombre de 20 ou 25 filets. Ils abordent la cornée par sa périphérie, se dépouillent de leur myéline, et deviennent ainsi parfaitement transparents. Ils se dirigent vers la lame de Bowmann, et forment audessous de celle-ci un riche plexus. De ce réseau partent des fibres qui traversent la lame élastique, et qui, après s'être de nouveau anastomosées à la base de la couche épithéliale, traversent l'épithélium et se terminent par un petit renflement (Gohnheim), (fig. 58).

Au point de vue chimique, le caractère de la cornée est de donner par l'ébullition, naissance à de la chondrine, tandis que les autres tissus cellulaires, notamment la sclérotique, donnent de la gélatine.

Sensibilité, résistance. — La cornée d'ordinaire assez sensible au toucher, s'anesthésie sous certaines influences pathologiques. Il suffit, pour s'en convaincre, soit de la toucher avec la pulpe du doigt, avec une sonde, soit de promener à sa surface une barbe de plume, l'extrémité d'un morceau de papier.

C'est encore en la touchant avec le doigt, avec une sonde, qu'on s'assurera de sa résistance. En effet

Fig. 57.

Coupe perpendiculaire de la cornée (Leydig).

a, couche propre de la cornée ; — ô, couche de Bowmann; — c.

membrane de Desce met; — (/.conjonctive:

— e, épithélium de la membranede Descemet.

la cornée nor-

Fig. 58.

Coupe de la cornée du lapin.

a, épithélium de la face antérieure; — 6, assise des cellules profondes de cet épithélium; — c, tissu propre de la cornée; — d-t, nerf qui Ta se terminer dans l'épaisseur de l'épi thélium.

maie n'accuse qu'une dépression à peine sensible quand on appuie une sonde à sa surface.

Si, au contraire, elle est amincie comme danslekératocône, son affaissement, produit par la même manœuvre, devient des plus évidents.

Page 1