‹ Traité élémentaire d'ophtalmologieChapitre 91 sur 443 · II. — DERM0ÏDES SCLÉR0-C0RNÉENS · texte numérisé non relu

II. — DERM0ÏDES SCLÉR0-C0RNÉENS

Les dermoïdes de la cornée et de la conjonctive siègent le plus souvent sur le diamètre transversal bicommissural, le plus souvent à la limite de la conjonctive et de la cornée, la tumeur empiétant sur les deux membranes. D'ordinaire situé en dehors de la cornée, le dermoïde parfois s'implante sur la sclérotiqne dans l'angle externe ou interne de l'œil. On en a vu deux sur le même œil, ou bien un seul symétriquement placé ou non sur chacun des deux organes.

Tantôt on voit une tumeur isolée sur le globe oculaire, tantôt c'est une languette cutanée unissant la paupière supérieure ou inférieure ou toutes les deux à la cornée, ou bien une bride qui de la cornée s'étend

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au delà de la paupière sur une tumeur exencéphalique par exemple, ou bien la bride est tendue d'une cornée à l'autre.

Le dermoïde coexiste parfois avec un colobôme palpébral et lorsque les deux paupières sont fermées il se loge exactement dans l'échancrure de la paupière. Enfin cette anomalie s'accompagne assez souvent d'autres difformités congénitales dans des régions éloignées. Pour Lannelongue et Ménard la théorie des adhérences amniotiques rendrait un compte suffisant des faits observés.

Le dermoïde scléro-cornéen au moment de la naissance ne présente que rarement l'aspect qu'il aura plus tard ; d'ordinaire on constate alors un point saillant sur le limbe de la cornée, point blanc ou rose, dépourvu de poils. Parfois la tumeur devient visible entre deux et quinze ans et même plus tard; en quelques mois elle prend le volume d'un grain de chènevis, d'une lentille, d'un pois, d'une cerise. De très bonne heure parfois des poils apparaissent à sa surface, ou bien ils peuvent manquer. Lorsqu'ils existent, l'irritation que cause leur frottement sur la conjonctive détermine une kérato-conjonctivite comme dans le trichiasis. De là une gêne fonctionnelle qui s'ajoute chez certains sujets à la gêne de la vision causée mécaniquement par la seule présence de la tumeur.

En général, malgré leur tendance à grossir souvent par périodes pendant les premiers mois de la vie, puis surtout à l'époque de la puberté, les dermoïdes scléro-cornéehs se comportent comme des tumeurs bénignes. Toutefois il est possible que certains épithéliômes et sarcomes qui se développent à la surface de la conjonctive, de préférence en dehors de la cornée, sans tendance à envahir l'intérieur de l'œil, aient pour origine une production épithéliale ou dermoïde d'origine congénitale. Ce fait a été signalé par Parinaud à propos de dermo-épithéliômes de l'œil. Il s'agit alors d'une tumeur rouge jaunâtre, translucide, quelquefois lobulée, développée sur le bord externe de la cornée, bilatérale et symétrique dans un cas, s'étendant en nappe, envahissant le bord cornéen sur une assez grande étendue, mobile sur la sclérotique, ne s'ulcérant pas. L'affection observée chez des sujets de douze, vingtrquatre et vingt-sept ans peut dater parfois d'une époque très éloignée.

On respectera le dermoïde scléro-cornéen s'il est peu disgracieux et pas gênant ; on l'enlèvera dans le cas contraire.

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