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II. -BRULURES

Grâce à la protection des paupières, la cornée est rarement brûlée par les vapeurs ou les gaz en ignition, dans les cas d'inflammation accidentelle de l'alcool, ou des essences qui servent à l'éclairage, dans les explosions de gaz. Plus souvent, la brûlure résulte de la projection sur la membrane d'une escarbille enflammée, ou d'un fragment métallique incandescent. Autrement encore ce sont les métaux en fusion, en particulier le plomb, le zinc, qui sont projetés dans l'œil, où parfois ils causent des désordres moins graves qu'on ne serait porté à le croire. Grâce à l'irritation du traumatisme, il se produit une abondante sécrétion de larmes qui refroidissent la masse en fusion et qui forment entre elle et la cornée une véritable couche isolante, grâce à l'état sphéroïde du liquide. Ces corps comme les liquides fortement chauffés agissent seulement en raison de leur température, mais il est d'autres agents qui modifient le tissu de la cornée grâce à leurs propriétés chimiques. Les uns sont alcalins, tels la potasse, la soude, l'ammoniaque et surtout la chaux; les autres sont acides, ainsi les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique. On a encore signalé des brûlures de la cornée provoquées par des substances employées dans un but thérapeutique : le beurre d'antimoine, le nitrate acide de mercure, le chlorure de zinc, utilisés autrefois dans les affections des voies lacrymales, ont causé cet accident.

Indépendamment de la cornée, les paupières et la conjonctive peuvent être lésées; mais, leurs lésions laissées de côté, on remarquera que l'effet produit sur la cornée, ne permet pas de reconnaître à quel agent caustique est due la lésion. Dans les cas très légers, l'épithélium cornéen mortifié, s'opacifie, se desquame et après avoir présenté un certain dépoli, la membrane retrouve sa transparence. Plus gravement atteinte, d'emblée elle paraît laiteuse, plus tard elle s'altère et, lente à se cicatriser, elle conserve des taies opaques. Enfin, quand l'action a été assez intense pour que toute l'épaisseur de la cornée ait été mortifiée, elle

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est transformée en une eschare ridée, grisâtre ou jaunâtre, dont la chute sera suivie de l'évacuation du contenu du globe de l'œil.

En raison même des difficultés du diagnostic du degré de la brûlure cornéenne, le pronostic doit toujours être réservé.

Si la brûlure résulte de l'action d'un caustique chimique solide, le premier soin doit être d'enlever soigneusement avec une aiguille à cataracte ce qu'il en peut rester. Puis, si Ton a affaire à une brûlure par la chaux, dont l'infiltration entre les lamelles de la cornée en provoque Popacification rapide, on tentera de la dissoudre en employant une solution sucrée qui forme avec cette base un saccharate soluble.

Dans les brûlures par les acides ou les alcalis liquides, on pourra utiliser une solution alcaline ou acide pour les diluer et les neutraliser, Toujours les lavages antiseptiques avec une solution boriquée ou sublimée (à 1/2000) sont de mise, ainsi que les applications permanentes de compresses imbibées de ces liquides refroidis par des fragments de glace; cela peut prévenir l'infection et, au début au moins, modérer la réaction.

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