REFR. A TRAVERS DES MILIEUX A FACES NON PARALLÈLES
qu'on entendait par angle limite et nous savons que les rayons lumineux tombant avec une obliquité plus grande ne sont plus réfractés mais seulement réfléchis. Le même phénomène a lieu pour les prismes, qui eux aussi présentent hréflexion totale. Soit un prisme rectangle ABC (fig. 24). Si nous faisons tomber un rayon lumineux RJ perpendiculairement à la surface AB, ce rayon ne sera pas réfracté dans le verre, mais tombant sur la face inclinée AG sous un angle plus grand que Va7igle limite, ce rayon se réfléchira sur cette face et prendra la direction JR' perpendiculaire à CB et à JR qui lui est parallèle. En efl"et l'angle CJR' est égal à l'angle CAB qui vaut 45°, mais il est aussi égal par construction à l'angle AJR qui est l'angle de réflexion. La somme de ces deux angles vaut un angle droit; d'où il résulte que le troisième angle RJR' est droit, puisque la somme (Jes angles construits en un point et au-dessus d'une ligne égale deux angles droits. De la sorte l'œil placé au point R' verra le point R en R" sur le prolongement de R'J.
Nous n'aurions pas parlé de la réflexion totale des prismes, s'il n'existait pas des ophthalmoscopes fondés sur cette propriété particulière. Un de ces instruments, imaginé par M. A. Siebel, permet à deux observateurs d'examiner en même temps le fond de l'œil.
C'est le plus simple et en même temps le meilleur des instruments de ce genre.
Nous aurons occasion d'en parler quand il sera question des moyens d'exploration des parties internes de i*œil; il suffit pour l'instant de le mentionner.
DÉCOMPOSITION DE LA LUMIÈllE PAU LE l'ItlSME.
§ 5. — DécouiitosUion de la lumière par le prisme.
Un objet regardé à Iravers un prisme est non-seulement dévié vers le sommet du prisme, mais encore il est irisé,
c'est-à-dire qu'il présente sur ses bords les couleurs de l'arc- en-ciel; nous allons dire deux mots de ce phénomène, qui est une conséquence de la décomposition de la lumière blanclie. Si par l'ouverture 0, pratiquée dans le volet d'une chambre noire (fig. 25), oa lait pénétrer un faisceau de lumière solaire L, ce faisceau dessine sur la paroi opposée de la chambre noire une petile image blanche et ronde D. Mais si sur le trajet de ce faisceau nous interposons un prisme ABC, le faisceau lumineux donnera une image oblongue, déviée vers la base du prisme et présentant les couleurs de l'arc-cn-ciel, c'est cette image qu'on appelle le spectre solaire. Elle se compose d'un nombre considérable
DÉCOMPOSITION DE LA HIMIÈUE PAR LE PliISME. 37
de couleurs et de raies obscures, mais les couleurs prédominantes sont : le rouge, Vorangé, le jaune, le vert, le bleu, V indigo et le violet, en allant de haut en bas.
Si on fait passer chacune de ces couleurs à travers un second prisme, on obtient une image de même couleur. Ces sept couleurs simples et inaltérables ont reçu le nom de couleurs élémenlaires ; cependant quelques expériences récentes tendraient à en restreindre encore le nombre.
Quoi qu'il en soit, si la série de ces images colorées est oblongue, c'est parce que chacune de ces couleurs est inégalement réfrangible : le rouge, qui occupe la partie supérieure du spectre, est donc le moins réfrangible, tandis que le violet l'est le plus.
On peut encore démontrer l'inégale réfrangibilité des diverses couleurs en examinant à travers un prisme un car- I ton noir sur lequel on a collé à la suite l'une de l'autre une bande rouge et une violette de même largeur. Ces bandes sont inégalement réfractées et ne paraissent plus sur la même ligne. Il en serait de même avec les autres couleurs. I Recomposition de la lumière. — Tous les corps transparents à surfaces non parallèles décomposant la lumière, la plupart des instruments d'optique seraient défectueux si l'on n'avait trouvé le moyen d'empêcher cette décomposition : on y parvient facilement en formant les substances réfringentes de deux moitiés exactement appliquées et collées l'une sur l'autre, et formées de substances ayant un pouvoir réfringent dilTérent, ce qui amène la fusion des rayons colorés. Nous en reparlerons dans le chapitre suivant à propos des lentilles et de l'achromatisme ; disons pour le moment qu'il suffit de faire passer le faisceau dé rayons colorés à travers une lentille convergente ou un second prisme dont la base est du côté opposé à celle du premier pour avoir de nouveau la lumière blanche.
AKMAIGNAC.