‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 31 sur 102 · ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE COMPARÉE DE L'ŒIL · texte numérisé non relu

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE COMPARÉE DE L'ŒIL

à peu et cet état de simplicité primitive, qui ne pouvait -uère'permetlre aux animaux que la distinction vague du Lr et de la nuit, acquiert chez certains d'entre eux une perfection de plus en plus complète, qui atteint son dernier degré chez l'homme et les oiseaux. Dans chaque espèce animale l'appareil est merveilleusement disposé, selon les nécessités individuelles et selon le milieu dans lequel elle vit. L'œil est souvent multiple et placé sur diverses parties du corps, parfois très-éloignées les unes des autres, et permettant à l'animal de voir en même temps de plusieurs côtés. L'œil est tantôt enfoncé dans une orbite, tantôt saillant à l'extérieur, tantôt porté par un pédicule plus ou moins allongé et plus ou moins flexible et rélractile. Tout ce que nous venons de dire est relatif à la situation et à la forme extérieure; mais, si nous cherchons à en étudier l'organisation intérieure et le mécanisme de son fonctionnement, nous allons trouver des différences encore plus considérables.

Avant d'aborder l'étude de l'œil humain, il ne sera pas inutile dédire quelques mots sur la structure de cet organe chez les divers animaux, et cette étude ne sera pas longue, car toutes les variétés peuvent se rapporter à deux types : les yeux h image droite et les yeux à image renversée. Les yeux rudimentaires, dont nous avons parlé au commencement de ce chapitre, n'entrent pas, il est vrai, dans cette classification, car ils ne donnent pas d'image, mais leur étude est négligeable et inutile pour nous.

Les yeux à image droite peuvent encore s'appeler yeux k réline convexe, tandis que les autres seront des yeux à rétine concave. La figure suivante empruntée à M. Giraud- Teulon donne une idée bien simple et bien précise de ces dénominations. L'espace qui nous entoure étant circulaire, il était tout naturel que l'organe destiné à la perception de cet espace affectât la même forme. Cependant il eût été

64 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE COMPARÉE DE L'OEIL, impossible de faire un organe entièrement sphérique et percevant la lumière par toute sa surface, car il aurait fallu pour cela que l'œil fût entièrement isolé et suspendu dans l'espace, qu'il n'eût pas de pédicule ni de lien avec le reste de l'organisme ou bien qu'un autre organe semblable suppléât au premier dans la portion déficiente du cliamp visuel. Aussi la partie perceptible de l'espace n'embrasse-t-elle pour un même œil qu'une quantité plus ou moins considérable de degrés. Supposons un demi-cercle ABC (fig. 40)

envoyant vers le petit cercle abc des rayons lumineux, la même démonstration s'appliquant aux deux sphères concentriques dont ces cercles sont les sections produites par un même plan. Si la petite sphère représente la rétine, ce sera la partie convexe abc qui percevra l'image venant de la grande circonférence si cette image est droite : en effet la figure nous montre que les rayons partant de M et convergeant vers le centre 0 de la rétine atteindront cette membrane en avant en m, en arrière en m'; que les rayons partant de N couperont également la rétine en n et n'. Or si nous supposons la rétine convexe les images m et n seront superposées dans le même sens que les objets M et N et ces images seront droites par rapport aux objets; mais si nous supposons que c'est le segment postérieur de la petite

Fi-. 40.

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sphère qui est sensible, nous voyons immédiatement que les images m et n sont superposées en sens inverse des objets M et N, et que par conséquent l'image est renversée et s'abaisse d'autant plus vers la verticale que l'objet s'élève, davantage. Au lieu de simples rayons partant des points M et N, nous pouvons supposer des cônes lumineux, mais ce sera toujours l'axe de ce cône, représenté par les rayons Mm, Nw qui donnera à la rétine la conscience de la direction du cône entier. Ceci nous fournit un puissant argument en faveur du principe de direction que nous invoquerons tout à l'heure et que nous pourrons appliquer tout aussi bien aux yeux à image droite qu'aux yeux à image renversée.

Le type des premiers est offert par les yeux à facettes des insectes qui, comme on le sait, ont parfaitement conscience de la direction des objets puisqu'ils fuient toujours du côté opposé à l'ennemi qui les poursuit, ou au corps qui menace de les frapper.

Ces yeux se composent d'une rétine convexe abc (fig. 41) envoyant dans toutes les directions, et toujours suivant la normale partant du centre 0, de petits prolongements filiformes extrêmement ténus et renfermés chacun dans un petit cône isolateur à paroi recouverte de pigment et à base externe. Ce petit cône est rempli d'un liquide transparent et présente quelquefois comme un petit cristallin. La base de tous ces cônes, au nombre de plusieurs milliers quelquefois, est fermée par une cornée et l'ensemble forme une mosaïque fort régulière et à configuration variable.

Tout rayon incident, quelle que soit sa direction, trou-

° Fitr. 41.

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