‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 33 sur 102 · DE L'(EIL HUMAIN · texte numérisé non relu

DE L'(EIL HUMAIN

lumière, mais seulement les extrémités de ces fibres qui se terminent par de petits corps appelés cônes et bâtonnets, et dont l'ensemble constitue une coucbe continue qui forme la couche externe de la rétine, celle qui est immédiatement appliquée contre la choroïde.

La rétine a donc la forme d'un miroir concave, percé d'un trou à la partie postérieure pour le passage du nerf optique et terminé antérieurement par un bord frangé, appelé ora serrata, et situé au niveau du commencement du corps ciliaire. Il n'est pas sans importance d'ajouter que le trou pour le passage du nerf optique n'est pas situé à l'extrémité de l'axe antéro-postérieur de l'œil, mais bien un peu en dedans. A l'extrémité de cet axe antéro-postérieur se trouve une petite tache jaune (macula lutea) formée'presque entièrement de cônes, souvent très-difficile à apercevoir, et qui jouit d'une exquise sensibilité. C'est sur ce point que vient se former l'image dans ce qu'on appelle la vision centrale. L'entrée du nerf optique, au contraire, appelée papille, ne contient que des fibres et n'est pas sensible à la lumière. Elle forme dans le champ visuel une petite' lacune découverte en 1668 par Mariote et Appelée punctim cœcum, point aveugle, tache de Mariote. A cette époque on croyait que c'était la choroïde qui était sensible à la lumière.

Nous dirons plus tard comment on démontre le défaut de sensibilité de cette région.

En dedans de la rétine on trouve la membrane hyaloïdienne, très-mince, ayant la forme d'une sphère aplatie en avant, ou plutôt déprimée, sans ouverture, et contenant une humeur gélatineuse, filante, diaphane et incolore, appelée humeur vitrée ou corps vitré, et qui occupe la plus grande partie de la cavité du globe oculaire.

Dans la dépression que nous venons de voir à la face antérieure de la membrane hyaloïdienne est logé un corps solide, transparent, ayant la forme d'une lentille biconvexe et

MAKCHl!; DES RAYONS LUMINEUX DANS L'ŒIL.

dont l'axe se confond avec l'axe antéro-postérieur de l'œil. C'est le cristallin. Cette lentille est plus convexe à sa face postérieure dont le rayon de courbure est de 5"", 8, qu'à sa face antérieure dont le rayon de courbure est de 9"™.

Le cristallin est complètement enveloppé dans une capsule transparente, vitreuse, dont la moitié antérieure est libre et appuie contre l'iris, limitant avec cette membrane un espace virtuel à l'état normal (les deux surfaces étant appliquées l'une contre l'autre), et qu'on appelait autrefois la chambre postérieure parce que l'on croyait que le cristallin était aune certaine distance derrière l'iris, tandis que la moitié postérieure appuie sur la membrane hyaloïdienne. La circonférence du cristallin est comprise entre les deux feuillets qui proviennent du dédoublement de la membrane hyaloïdienne et se trouve en rapport avec les procès ciliaires et indirectement avec le muscle ciliaire. L'espace compris entre la cornée, l'iris et la face antérieure du cristallin contre laquelle elle appuie, est rempli par l'humeur aqueyse et porte le nom de chambre antérieure.

§ 3, — marche des rayons lumineux dans l'œil.

L'œil considéré dans son ensemble présente donc d'avant en arrière une série de milieux transparents, les uns solides, les autres liquides, que doit traverser le rayon lumineux pour arriver sur la rétine. L'ensemble de ces milieux réfringents forme un appareil dioptrique admirablement constitué et ayant toutes les propriétés et tous les avantages d'une lentille convergente sans en avoir sensiblement les inconvénients.

C'est Kepler qui a indiqué le premier la marche des rayons lumineux dans l'œil, et démontré la formation sur la rétine de l'image des objets extérieurs. Dans les len-

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