Opiith.ilmoscope de HcImliollE
OPHTIIALMOSCOPES. 91
recevoir l'œil de l'observalenr. Entre cette dernière et le prisme, on peut interposer un écran dans lequel sont reçAis des verres concaves ou convexes de différents foyers.
Pour se servir de cet instrument; on dispose une lampe du côté des plaques de verre- au travers desquelles l'observateur regarde en ayant soin de se tenir le plus près possible de l'œil à observer. La pupille est alors colorée en rouge, et, en interposant des verres concaves, on lâcbe d'apercevoir les vaisseaux rétiniens.
Quelque temps après, Coccius employa un miroir plan percé d'un trou à son centre, et fait soit en verre étamé, soit en acier poli (fig. 52 et 53). Cet instrumentdonna d'excellents résultats, et lorsque Coccius y eut ajouté latéralement une lentille
Fig. 53.
— OplUlialmoscopc de Coccius avec les IciUilles accessoires.
02 01>IITIIALM0SC0PES.
convergente située entre le miroir et la source éclairante, et dont on pouvait à volonté varier le foyer, on eut ainsi le meilleur et le plus simple de tous les ophthalmoscopes construits jusqu'cà ce jour, et dont la plupart ne sont que des plagiats plus ou moins dissimulés.
La figure 5i fait comprendre facilement comment les
Fig'. SI. — Tliéorio de ro|il]tliahiioscn|io de Coccius (Follin).
rayons lumineux partis du foyer éclairant F deviennent
n .-.rJ.
Fig-. 55. — Tliénric de l'opliialmoscopo concivc de Riiolo (Follin).
convergents après avoir traversé la lentille L et sont rc-
Ol'HTHALMOSCOPliS. ««^
fléchis de même dans l'œil observé B, par le miroir plan M derrière lequel est placé l'œil observateur A. Les rayons incidents convergents se croisent avant d'arriver sur la réline et éclairent celle-ci suivant un cercle de diffusion ab après être devenus divergents. Nous verrons plus loin que c'est une excellente condition pour bien voir le fond de l'œil.
L'effet convergent de ce miroir aidé d'une lentille donna bientôt l'idée de lui substituer un simple miroir concave qui produit le même effet (fig. 55) et ce fut Riiete qui le premier se servit en ophthalmoscopie d'un semblable miroir. Mais, comme on le voit, cet instrument remplace seulement le miroir de Coccius muni d'une seule lentille, et, à moins d'y ajouter aussi des verres convergents et divergents il ne saurait en aucune manière tenir lieu du premier; de plus, il ne serait pas aussi simple et n'en serait qu'une imitation incomplète.
Derrière l'ouverture centrale de ces deux miroirs on a
placé plus tard une rondelle
munie de quelques verres
concaves et convexes que
l'on peut successivement
faire passer devant l'œil examinateur jusqu'à ce que
l'on ait une image nette.
M. Zehciuler a construit
un oplitiialmoscope formé
d'un miroir convexe de
08 centimètres de foyer
(fig. 56) muni latéralement
d'une lentille convexe de
0 centimètres de distance
focale, et qu'on interpose
entre le miroir et la source éclairante. Le miroir seul donnerait des rayons divergents comme tous les miroirs con^
opHthalmoscopes.
vexes, mais la lentille addilionnelle ayant une distance focale moitié moindre, l'effet total de l'instrument est de donner des rayons convergents qui, après leur réfraction dans les milieux de l'œil, vont se réunir un peu en deçà de la rétine et forment sur celle-ci un cercle de diffusion (fig. 57). Si cet
Fis - 57.— Thcnric tic l'nphth.ilmoscopn ro'ivcxc de Z^liciulcr (Follin).
instrument n'avait pas d'autres qualités il est clair qu'il serait encore moins bon que le précédent; mais il présente un avantage particulier qui le rend quelquefois trèsr utile : il atténue le reflet de la cornée parfois si gênant, surtout pour les commençants, et offre un mode spécial d'éclairage du fond de l'œil. En effet, comme la lentille dont on se sort doit, à cause de son degré de réfringence, posséder une noiable aberrcdion de sphéricilô, la réunion des rayons lumineux au lieu de se faire sur un seul plan s'effectue dans plusieurs plans successifs. Il en résulte qu'on voit le fond de l'œil très-distinctement dans les parties centrales de l'imago de la flamme et moins éclairé dans les [)arties périphériques de cette image.
OPHTHALMOSCOPES FIXES.
Jusqu'ici nous n'cavons que des instruments simples dont le miroir réflecteur fait seul la dilTérence et qu'on peut classer en trois groupes : 1° oplithalmoscopes à miroir plan ; 2° h miroir concave ; 3° à miroir convexe. Mais on ne s'en est pas contenté : M. Édouard de Jâger a réuni dans une même monture les trois systèmes de réflecteurs que l'on peut ainsi employer alternativement; ce n'est sans doute qu'une économie de manches, mais qui rend l'instrument plus complet et plus portatif.
§ 4. — Ophtbnimoscoitcs fixes.
Enfin, au lieu d'avoir tous ces instruments mobiles, on a imaginé de les fixer sur une table, et pour cela il a fallu nécessairement y ajouter un pied, des coulisses, des crémaillères, des vis de rappel, etc., et enfin un support pour la tète du malade. Toutes ces diverses pièces accessoires de J'appareil ont varié suivant le caprice ou le goût de chaque constructeur, et plusieurs de ces instruments, baptisés d'un nom propre, ne difl'èrent entre eux que par quelques vis ou quelques crémaillères de plus ou de moins et quelquefois même par la nature de la matière employée pour la construction des accessoires.
Ces ophlhalmoscopes fixes, c'est ainsi qu'on les appelle, ne sont d'aucune utilité pour la pratique en général; cependant ils sont très'convenables pour dessiner d'après nature le fond de l'œil ou pour la démonstration, car en faisant fixer au malade un point déterminé il est facile de montrer à plusieurs personnes successives la même image rétinienne à la condition que le malade ne bouge pas.
Le type de tous les ophthalmoscopes fixes est celui de Ruete (fig. 58) composé d'un réflecteur concave M de dix pouces de foyer et adapté à un support sur lequel il peut se
OPHTHALMOSCOPES FIXES.
mouvoir verticalement et horizontalement. Au-devant île ce miroir sont deux lentilles convexes A et B (ou une seule
V\g. 58. — Oplillialmoscopo fixe de Riiclo.
lentille concave). La première donne du fond de l'œil une image renversée qui est agrandie par la seconde agissant comme loupe.
M. Hasner a réuni la lentille convexe et le miroir en les fixant aux extrémités de deux tubes engainants de manière à pouvoir les rapprocher ou les éloigner à volonté. Mais le moindre défaut de cet instrument c'est de peser près d'une demi-livre et d'être par conséquent un peu gênant, surtout si l'examen se prolonge.
M. Galezovvsl<i a remplacé les tubes en cuivre de Hasner par des tubes en caoutchouc durci et garni l'extrémité objective de l'instrument d'un bourrelet élastique (fig. 50),
OPIITHALMOSCOPES FIXES.
qui en s'appliquant sur l'orbite du malade, peut former une chambre noire autour de l'œil soumis à l'examen, ce qui permet d'examiner dans une chambre claire et au lit des malades. Dans les hôpitaux seulement cet instrument peut trouver une application, car partout ailleurs, il est toujours facile de faire une chambre noire.
M. Liebreich s'est contenté d'ajouter un pied à l'ophthalmoscope de Hasner pour en faire un instrument fixe.
Enfin Follin y a apporté quelques perfectionnements consistant surtout dans la consolidation de l'appareil et dans la mobihté de la lentille qui se déplace en avant ou en arrière, au moyen d'une crémaillère, tandis que, dans l'ophlhalmoscope de Liebreich, c'est le miroir qui est mo-
Fig. 59. — Opiithalmoscope de M. Galezowski.
bile. La figure 60 représente l'instrument de M. Follin dont il est très-facile de saisir le mécanisme.
Tous ces instruments sont également bons, car, en définitive, l'effet est toujours le même; mais, parmi le grand nombre de ces ophthalinoscopes, il en est un, imaginé par A. Siebel fils et qui mérite une mention spéciale : c'est un oi)lithalmoscope à deux observateurs simultanés. Cet instrument est basé sur la réflexion totale des prismes employés pour la.première fois par Ubrich pour éclairer le fond de l'œil, et consiste tout simplement dans l'addition derrière le trou d'un miroir concave ordinaire, d'un petit prisme rectangle de verre dont l'hypoténuse P forme avec la base ^M'pliquée contre le miroir un angle de 450. Le petit prisme ' t enfermé dans unecaisse de cuivre ouverte seulement en
AR,MAIGNAC. c
98 OPHTHALMOSCOPES FIXES.
face de la base du prisme. Le Irou du miroir est ovale à grand diamètre horizontal, et l'angle du prisme occupe les deux tiers de son étendue.
Le foyer lumineux étant en F (fig. Gl), le miroir MR éclaire
Fig. 00, — Oplillialmoscopo fixe ilo Follin,
le fond de l'œil observé ÔM dont l'image vient, après avoi traversé la lentille convergente VG se former au point B
OPIITHÂLMOSCOPES FIXES. 99
Cette image envoie à son tour des rayons divergents dont quelques-uns passent en dehors du prisme et viennent tomber sur la réline du premier observateur OP qui perçoit
Vig. 01. — Oplitlialmoscopc à deux oljsorv.ileiirs M. Siciicl
alors l'image B. D'autres rayons rencontrent le sommet du prisme, éprouvent sur l'hypoténuse P la réflexion totale, et viennent vers l'œil du second observateur OS, qui voit en B' l'image virtuelle de B, La seule difl'érence avec l'image perçue par l'œil OP, c'est que celle-ci, comme toutes les images données parles miroirs plans est Iransposée, c'est-à-
■100 OIMITHALMOSCOPES FIXES.
dire que le côlé droit paraît à gauche et vice-versa.
Cet ophUialmoscope peut être monté tout simplement sur un manche, ou bien établi d'une manière fixe sur un pied et muni de crémaillères pour fixer les diverses parties dans toutes les positions, ce qui le rend précieux pour la démonstration.
Tous les instruments que nous avons vus jusqu'ici sont pour la vision monoculaire, et c'est à Giraud-Teuion que revient le mérite d'avoir construit un ophthalmoscope binoculaire fondé à peu près sur les principes du stéréoscope.
V'ig. 02 bis. — Oplitlialmosnnpo Ijinooiilali c di; Giraiul-Tciilon.
Cet ophthalmoscope que représentent les fig. G2 et G2 bis
OPHTIIALMOSCOPES FIXES. 101
est assez compliqué ; néanmoins il est facile d'en comprendre la théorie à l'ni'le de la Hg, 63, Soit A un point de l'image
Fr^'. 03. Marclio dos rayons lumineux ilaus l'opllialinoscopc binoculaire.
rétinienne ab donnée par la lentille biconvexe G. Le rayon tombant sur la face NP du rhomboèdre de verre MNPQ
102 OPHTIIALMOSCOPES FIXES.
coupé en deux au point R éprouve la réflexion totale, atteint la face MQ, éprouve une nouvelle réflexion totale et sort dans la direction CD. Là il rencontre un prisme qui lui donne la nouvelle direction DE, de sorte que l'œil de l'observateur placé én ce point voit directement le point A. Il en est de même du rayon AB' qui vient dans l'autre l'œil de l'observateur avec la direction D'E' ou AE'. Les mêmes constructions exécutées pour tout autre point de l'image ab nous montreraient que l'examen a toujours lieu binoculairement. La moitié externe du rhomboèdre MNPQ peut être éloignée ou rapprochée à volonté, selon l'écartement des yeux de l'observateur. Les prismes D, D' servent à obtenir le fusionnement des deux images en une seule.
Cet instrument, qui, d'après l'auteur, aurait l'avantage de montrer le relief des parties profondes de l'œil, est peu pratique cependant, car il doit être réglé pour chaque observateur et son emploi exige une certaine habitude. De plus, les rayons lumineux traversant plusieurs prismes et se réfléchissant plusieurs fois, donnent une image un peu affaiblie et peu éclairée.
Ophthalmoscopes à réfraction. — Si nous voulions citer seulement les noms d'auteurs d'ophlhalmoscopes,il faudrait plusieurs pages, car il n'est presque pas d'homme s'étant occupé tant soit peu d'ophthalmologie qui n'en ait imaginé au moins un. C'est une faiblesse qui semble irrésistible, et surtout c'est si facile de copier ce qui est déjà fait et d'y introduire une modification quelconque, ne serait-ce que dans le manche ou dans la boîte de l'instrument! Cependant, pour être juste, il faut dire que, dans ces dernières années, sans rien changer à l'appareil, on lui a donné une plus grande portée et on lui a permis non-seulement de faire voir l'image du fond de l'œil, mais encore de donner la mesure de l'amétropie de l'œil observé. Ces ophlhalmoscopes, dits à réfraction, ne sont qu'une amphfi-
OPIITIIALMOSCOPES FIXES. 103
cation il est vrai, de ce qui existait déjà. Aa lieu de quatre ou cinq lentilles concaves ou convexes placées derrière le trou ils en contiennent un nombre plus considérable représentant les principales distances focales employées dans la fabrication des verres de lunettes. Avec ces instruments, si l'on parvient à relâcher complètement son accommodation, ce qui, pour le dire en passant, est très-difficile et demande de longs exercices, ou bieil si on la paralyse par l'atropine, ce qui n'est pas du tout pratique, on peut d'après le plus fort numéro du verre employé pour voir distinctement l'image droite juger du degré de myopie ou d'hypermétropie de l'œil observé. Si l'œil observateur est emmétrope, le plus fort numéro du verre employé sera précisément le chiffre qui exprime le défaut ou l'excès de réfraction de l'œil observé ; si l'observateur lui-même est myope ou hypermétrope il faudra faire les corrections nécessaires et dont nous parlerons plus tard. Disons tout de suite que si la réfraction de l'œil observateur est de même signe que celle de l'œil observé, on laretranche; si elle est de signe contraire, on l'ajoute.
Les ophthalmoscopes cà réfraction sont aujourd'hui trèsnombreux et assez employés, et c'est pour cette raison que nous croyons qu'il ne sera pas inutile de les décrire. Toutefois, le nombre des modèles construits jusqu'à ce jour étant déjà considérable, et, comme ils ne diffèrent les uns des autres que par quelques détails de construction souvent insignifiants, nous nous bornerons à signaler ceuxde Wecker, de Landoll, de Badal et e-nfin celui que M. E. Meyer vient de faire construire et que représente la figure 6i. Par la simplicité de sa construction et la modicité de son prix, il nous semble appelé à remplacer tous les autres, bien qu'il ne soit pas exempt des défauts inhérents à tous les instruments de ce genre et dont les principaux sont : une légère déformation de l'image rétinienne résultant de l'obliquité du verre employé et qui cnlraînc l'apparence d'un certain degré
OPHTIIALMOSCOl'1'S FIXKS.
d'aslii^malismc; la difficullé de bien neltoyer les verres, qui 80 recouvrent facilement de poussière ol l'ont paraître l'image
moins nette; l'épaisseur (le l'appareil qui a pour conséquence une assez grande longueur du canal que doivent parcourir les rayons lumineux avant de pénétrer dans l'œil observateur, et, par suite, l'inulilisation de quelques-uns de ces rayons et la diminution d'étendue de l'image ophtlialmoscopique.
Voici comment M. E.
Meyer décrit son instrument :
Cet oplilhalmoscope se compose de deux miroirs réflecteurs (plan et concave) et de deux disques superposés qui contiennent chacun six lentilles concaves et convexes, plus une ouverture vide(rig.G 1).
Le diamèire des lentilles est de neuf niillinièlres; les numéros indiquent leur force réfi'ingenle en dioptries (système métrique).
Fih'. Ci.
O|ilit|].iliiiosc(i|ic à n'fiaclloii (le E. Mrver.
Les disques tournent isolément ou ensemble sous la pression du doigt indicateur appliqué sur le côté de l'instrument. La rotation à droite fait apparaître successivement
OPHTHALMOSCOPES FIXKS. 105
la série des verres convexes, la rotation à gauche celle des verres concaves. A chaque changement de verre on lit le numéro produit en additionnant les verres de même réfraction (jusqu'à 3.50; de 7 à 10 et de U à 17 dioptries) ou de réfraction opposée (-1-7 — 3 = -|-4;-f-7 — 2 = 4- 5, etc. ; 4- 14. — 3 = -h 11, etc.). La figure représente — 1 -1- 0,50, soit— 0,50.
On obtient ainsi 42 numéros concaves et convexes depuis 1/2 dioptrie jusqu'à 17 dioptries :
Fig. 6i bis.
0.50, 1, 1.50, 2, 2.50, 3,3.50,4,5,6, 7, 8,9, 10, 11, 12,13, 14, 15, IG, 17.
Celte série représente les verres depuis le n° 72 jusqu'à 2 1/4 de l'ancien numérotage.
Pour l'examen à Vimage renversée on se sert du miroir concave et de l'ouverture vide 0 du disque; pour Vimage droite et pour la détermination ophthalmoscopique de la réfraction on emploie le miroir plan et on fait tourner les disques à droite pour obtenir la série des numéros convexes, à gauche pour les numéros concaves.
Pour l'examen de Vacuilô visuelle on enlève le miroir,
106 OPHTHALMOSCOPES FIXES.
et, les disques étant mis en mouvement, on obtient en même temps la correction de la myopie et de Vhypermélropie. Enfin, pour la détermination de l'astigmatisme on place dans l'anneau destiné aux miroirs réflecteurs une plaque à fentes.'énopéique divisée de 0° à 180°. Cette plaque et une lentille -|- 16 (ancien 2 1/2) se trouvent avec l'ophthalmoscope dans une gaîne solide et très-portative.
On peut aussi avec cet ophthalmoscope déterminer le numéro d'un verre de lunette en le mettant à la place du miroir et en le neutralisant avec une des combinaisons des ^ disques.
Auio-ophlhalnwscopes. — Pour être complet, nous devons encore signaler ce qu'on a appelé les auto-opJilhalmoscopes. Le nom en indique l'usage; ils servent à l'observateur à examiner ses propres yeux. Il en existe plusieurs modèles fondés sur des principes différents, mais il faut bien le dire, aucun de ces instruments n'a répondu complètement aux espérances qu'avaient conçues les inventeurs ; et, à part leur peu d'utilité pratique, ils sont fort difficiles à manier et ne donnent que des images passablement diffuses.
Cependant, pour répondre au désir bien ligitime de ceux qui voudraient les connaître ou s'en servir, nous décrirons les plus connus. Dans les uns l'observateur voit le fond de l'œil observant, tandis' que dans les autres, un œil voit le fond de l'autre.
Coccius reconnut le premier qu'on peut, au moyen d'un miroir plan perforé, examiner soi-même le fond de son œil. Il faut pour cela disposer le miroir de telle façon que la surface réfléchissante soit tournée contre l'œil et tout près de lui. Si l'on fait alors tomber la lumière de la flamme à travers l'ouverture du miroir, en donnant à celui-ci une position telle que les rayons réfléchis ne retournent pas tous par le trou mais tombent en partie sur ses bords, ces
OPHTHALMOSCOPES FIXES. ^07
rayons (parallèles ou légèrement convergents) rencontrent le miroir sous un angle tel qu'ils peuvent être perçus par l'œil observé.
Ce moyen, très-imparfait, a été perfectionné par cet auteur qui a construit l'instrument que représente la figure 65. Il se compose d'un petit tube de lorgnette ordinaire, long de cinq pouces, et portant à l'une de ses extrémités une lentille biconvexe obscurcie sur toute la partie de la surface qui est ombrée dans le dessin, et de quatre pouces de longueur focale. L'autre extrémité du tube est fermée par un miroir plan percé à son centre d'une ouverture égale à celle des ophthalmoscopes ordinaires. Pour se servir de cet instrument on place une lumière en L, et l'observateur regarde dans le miroir plan l'image de son œil qu'il faut d'abord éclairer, et cela de la manière suivante -.les rayons lumineux traversant la lentille, qui a quatre pouces de foyer, deviennent très-convergents, se croisent peu de temps après avoir traversé l'ouverture du miroir, pénètrent dans l'œil et forment un cercle tle difi'usion sur la réline de l'ob- • servateur. Soit un point p de ce cercle éclairé. Les rayons lumineux qui en parlent traversent les milieux de l'œil et rencontrent le miroir en p'. Ils seront de nouveau réfléchis, traverseront encore les milieux de l'œil et viendront
Pi;^. fir).— Anto-nphtlinlmnsropc do Cnrcliis
^08 ÔPHTHALMOSCOPES FIXES,
impressionner la réline en m. En ce point se fera donc une image du point p que l'observateur verra dans la direction 7np", passant par le centre optique. Si mainteiiant p au lieu d'être un point, comme nous l'avons supposé, est une surface, l'observateur verra cette partie de sa propre rétine, et, en déplaçant graduellement son œil, pourra étudier successivement les différents détails de cette membrane.
Pour procéder à cet examen avec quelque chance de succès il faut que la pupille soit dilatée, soit naturellement,
soit à l'aide de l'atropine, ce qui, dans ce dernier cas, rend le procédé peu pratique et d'un emploi peu fréquent. Ce n'est qu'avec une certaine habitude que l'on parvient à distinguer quelques détails.
L'auto - ophthalmoscope de Coccius ne permet d'examiner qu'une très-petite étendue de la rétine à la fois; aussi on a cherché à remédier à cette imperfection, et M. Haymann a imaginé l'instrument (fig. 66) qu'il décrit ainsi dans l'ouvrage de M. de Wecker.
Cet appareil sert à un œil pour examiner l'autre; il se compose de deux tubes A et B d'une longueur de six pouces, qui aboutissent dans une boite rhondjoïdale C. Dans le prolongement de l'axe du tube fixe A, se trouve, au fond de la boîte, un miroir concave per-
Fig-. GO. — Auto-oplilhaluioscopo de Hoyiiiaim.