‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 39 sur 102 · MODE D'EMPLOI DE L'OPHTHALMOSCOPE · texte numérisé non relu

MODE D'EMPLOI DE L'OPHTHALMOSCOPE

foré de 30 centimètres de rayon de courbure. A l'extrémité du tube mobile B, là où il aboutit dans la boîte, est un prisme triangulaire rectangle dont l'hypoténuse regarde en dehors. En outre il existe dans le tube fixe une lentille destinée à l'éclairage et à l'examen à Vimage renversée, lentille qu'il est facile d'ajuster très-exactement à l'aide d'une vis. Dans, l'autre tube se trouve une lentille analogue, et enfin la boîte en contient une troisième, en arrière du prisme à la moitié de la distance qui sépare celui-ci du miroir.

Si l'on éclaire alors un œil avec une flamme que l'on regarde par le trou du miroir, et si l'on donne à ce dernier au moyen d'un pas de vis, une inclinaison telle que les rayons émergeant du fond de l'œil soient dirigés sur le prisme, ils arrivent nécessairement sur l'aulre œil. Les verres convexes, annexés au prisme, en avant et en arrière ne servent qu'au grossissement de l'image. A part un certain éblouissement, cet appareil bien disposé, donne du fond de l'œil une image renversée bien éclairée et agrandie, puisque son diamètre est d'environ 30 millimètres.

M. Giraud-Teulon a construit un appareil assez analogue composé de deux miroirs plans placés à angle droit l'un contre l'autre. Devant l'œil observateur est un miroir perforé ordinaire qui rènvoie la lumière d'une flamme sur le miroir voisin, et de là sur celui qui le coupe à angle droit d'où elle arrive enfin à l'œil examiné. L'image suit en sens inverse le même chemin et est rapprochée de l'œil observé par un verre convexe disposé en face de cet œil. Comme cet appareil n'est pas contenu dans un espace clos, et comme toutes les pièces qui le composent sont mobiles, il est moins facile à adapter que le précédent ; il fournit d'ailleurs une image moins étendue.

M. Zéhender est l'auteur d'un appareil presque identique avec celui de M. Giraud-ïeulon.

Au milieu de oelle multiplicité infinie d'instruments,

110 MODE D'EMPLOI DE L'OPUTllALMOSCOI'E.

lequel devons-nous choisir? Il est évident qu'on cherchera en vain à convertir les inventeurs et à leur faire croire que leur ophthalmoscope n'est pas le meilleur; on a toujours un faible, bien légitime, sans doute, pour ses enfants; aussi ce n'est pas à ceux-là que nous nous adressons. Quant à ceux qui ne sont pas encore inventeurs et qui sont dans l'embarras du choix, nous leur dirons que le meilleur ophthalmoscope est celui avec lequel on voit, dont on a l'habitude de se servir. Si on n'a pas d'habitude, nous avons déjà laissé deviner ce que nous pensons à cet égard et nous ne craignons pas de répéter que les meilleurs de tous sont : d'abord celui de Coccius, puis le concave de Iluete modifié ou non.

§ 5. — mode «l'emploi ile l'ophtlialuioscopc.

Nous avons dit précédemment que dans un examen ophtlialmoscopique il y avait trois choses à considérer : IMa source lumineuse, 2° l'instrument, 3" l'œil observé.

1° Source lumineuse. — On pourrait se servir de la lumière naturelle diffuse en la faisant pénétrer dans la chambre noire par une petite ouverture pratiquée au volet; mais cela n'aurait aucun avantage sur la lumière artificielle, au contraire, la lumière solaire conlenant beaucoup moins de rayons jaunes fait paraître le fond de l'œil plus pâle (1). Quant aux rayons solaires directs on ne peut les employer à cause des rayons calorifiques qui, concentrés dans l'intérieur de l'œil, y produiraient facilement des brûlures et un éblouissement insupportable. La meilleure lumière est celle d'une bonne lampe Carcel ou modérateur à double courant d'air, et à tube entièrement cylindrique. Dans les lampes or-

(1) Une autre cause est la décomposition par la lumière solaire du pourpre rélinien. (Voir page liO.) »

Page 1