‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 64 sur 102 · DÉTERMINATION PRATIQUE DE L'AMÉTROI'IE · texte numérisé non relu

DÉTERMINATION PRATIQUE DE L'AMÉTROI'IE

on essaye successivement tous les verres de la série en allant vers les numéros plus concaves ou plus convexes et l'on s'arrête au verre convexe le plus fort avec lequel le malade voit aussi distinctement, ou au verre concave le plus faible. Il faut à plusieurs reprises repasser devant l'œil des verres différents et voir si le malade accuse toujours l'amélioration par le même numéro. Avec les verres concaves, surtout si le sujet n'est "pas atropinisé, on est exposé à prendre un numéro trop fort, car, en faisant jouer son accommodation, il peut surmonter facilement un certain degré de divergence, même sans en avoir conscience, et faire croire ainsi à une myopie plus forte que celle qui existe en réalité. On ne saurait donc trop insister pour recommander de présenter devant l'œil plusieurs fois le même verre ainsi que des verres différents, et de ne s'arrêter à un numéro que lorsqu'on sera convaincu qu'un autre plus faible n'est pas aussi bon.

Dans les forts degrés d'hypermétropie , surtout chez les enfants, et lorsque l'acuité visuelle est diminuée, on voit fréquemment le malade avoir l'aspect d'une personne fortement myope, car il rapproche considérablement de ses yeux les petits objets, pour les voir distinctement (nous avons déjà dit pourquoi), mais une simple question viendra lever les doutes, et si on lui demande s'il voit bien de loin, il répondra par l'affirmative.

Nous avons vu comment, au moyen de l'ophthalmoscope, on pouvait reconnaître la myopie et en mesurer approximativement le degré. Mais ce moyen demande une certaine hahitude et assez d'habileté; de plus, le malade, surtout s'il est jeune, ne relâche pas complètement son accommodation et augmente encore les causes d'erreur.

Toutes ces difficultés disparaissent avec le procédé de Donders, et la détermination de l'amétropie peut être faite par la personne la moins versée dans la science ophthalmo-

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logique, et avec une précision pour ainsi dire rigoureuse.

Le sujet étant placé, comme précédemment, devant les échelles typographiques, et ayant l'œil droit caché accusera immédiatement une amélioration notahle par l'emploi de verres concaves, même assez faibles. On augmentera progressivement la force de ces derniers tant que l'acuïlé montera et on s'arrêtera au verre le plus faible qui produira la même acuité, et qu'on aura soin de contrôler par plusieurs examens successifs et alternatifs. Le numéro de ce verre indiquera le degré de la myopie et la dislance du punctum remotum : si c'est le 24 ancien, la myopie égale 1/24 et le point r est à 24". Si c'est le 4^ métrique, la myopie égale aussi 4° et le punctum remotum est à 1/4 de mètre, soit à 0"^,25.

La détermination se fera de la même manière pour l'œil droit; puis, les deux verres correcteurs seront mis dans la lunette d'essai et l'on examinera la vision binoculaire qui sera souvent meilleure que celle de chaque œil en particulier.

Dans tout ce qui jarécède, nous avons supposé que le sujet savait lire; s'il n'en était pas ainsi, au lieu de lettres, on se servirait de signes faciles à nommer, tels que des cercles, des carrés, des triangles, des signes de cartes à jouer, etc. Les échelles géométriques de Boettcher, les échelles internationales de Burchard ou de Snellen ou autres ont été construites dans ce but.

Après l'examen de l'état de réfraction des yeux, il sera très-utile de mesurer l'amplitude d'accommodation et pour cela nous renvoyons au chapitre spécial qui traite de ce sujet.

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