DES LUNETTES APIIÉRIQUES CONCAVES
direction, toujours parâllèlernent au plan du verre, on voit dans quel sens se déplace l'image de l'objet éloigné. Si c'est un verre convexe l'image fuit en sens inverse du verre (1), si c'est un verre concave elle se déplace dans le même sens. De plus, si c'est un verre convexe, l'image est moins nette et agrandie, à moins que son foyer ne tombe en avant de l'œil observateur, cas dans lequel cette image est réelle, plus petite que l'objet et renversée; si c'est un verre concave, l'image est toujours distincte, droite et plus petite que l'objet, d'autant plus petite que sa distance focale est plus courte. Avec nn peu d'habitude, on peut apprécier approximativement le numéro d'un verre rien qu'avec ce seul examen, et dire si' tel verre est plus fort ou plus faible que tel autre quoique la différence soit très-petite. Pour mesurer la distance focale d'un verre convexe, il suffirait, on le sait, de recevoir sur un écran l'image nette qu'il donnerait d'un objet éloigné et de mesurer la distance de cette image à la lentille. Ce procédé, très bon pour les foyers courts, est peu pratique pour les verres faibles, et l'on n'y aura recours que si l'on n'a pas sous la main une boîte de verres d'essai on juges. Par ce procédé, du reste, on ne pourrait pas mesurer le foyer d'un verre concave qui ne donne que des images virtuelles. Si l'on a une boîte de juges, après avoir reconnu si le verre est positif ou négatif on lui superpose un verre de nom contraire, puis on exécute les mouvements parallactiques. Si l'image se meut dans le même sens qu'auparavant, on change le juge pour un autre plus fort, et l'on recommence
(l) Si l'œil est placé de façon à ce que l'image de l'objet soit en re cet œ,l et la lentille, avec des verres à conrt loyer, par exemple celle-la suivra le mouvement du verre convexe et se déplacera dans c même sens ,,ue ce dernier comme pour les verres concaves, mais limage sera renversée, tandis qu'elle est toujours droite avec les verres concaves.
252 PHAKOMÈTRES ainsi jusqu'à ce que l'image re?te immobile malgré les mouvemenls de la lenlille. Alors le verre sera complélement neutralisé, formera avec le juge un verre à faces parallèles, et le numéro de ce dernier indiquera la distance focale du premier qui sera, bien entendu, de nom contraire. Si l'on employait un juge plus fort que le verre à examiner, l'image se déplacerait en sens inverse de celle de ce verre et il faudrait alors revenir à un numéro plus faible jusqu'à obtenir la neutralisation, qui souvent ne sera pas complète, parce qu'il est rare que les verres livrés au commerce aient exactement la distance focale qu'indique leur numéro. Dans ce cas on s'arrêterait au numéro qui neutraliserait le plus, et, s'il était plus fort que l'autre verre, on dirait que celui-ci est fort; s'il était plus faible on dirait que celui-ci est faible. Exemple : si nous avons un verre convexe n" 8 3/4 ancien, qui n'existe pas dans les boîtes et que nous lui superposions un concave n°8, la neutralisation n'aura pas lieu aussi bien qu'avec un n" 9 qui sera plus faible. Le n° 8 3/4 se rapproche donc plus de 9 que de 8, et nous dirons que c'est un n" 9 fort. Cela se comprend facilement car la force d'un verre est inversement proportionnelle à sa longueur focale. Ce procédé est plus long à décrire qu'à exécuter. 11 exige de plus que la boîte de juges soit exacte.
Si l'on veut avoir une mensuration tout à fait rigoureuse, on emploie divers instruments appelés phakomôtrcs.
PhaJwmèlres. — Le plus connu de ces instruments est celui de Snellen, mais son volume considérable, la complication de son mécanisme, son prix élevé, le rendent ti'èspeu pratique, et, de plus il ne peut servir que pour mesurer les verres convexes.
Tout à fait dans ces derniers tempsj M. le D"' Badal a fait construire par M. Roulol,, l'habile opticien bien connu des ophthaniologistcsj le phakomètre que représente la figure
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(fig. 91) et dont le mécanisme exirèmement simple, le volume si réduit, la précision remarquable des résultats qu'il donne, le prix peu élevé, sont autant de titres pour en -recommander l'emploi.
Cet instrument permet de déterminer en quelques secondes, et d'une façon rigoureusement mathématique, la distance focale d'une lentille quelconque et sa valeur en pouces et en dioptries, et cela quel que soit l'état de réfraction de l'œil de l'observateur.
Il se compose : d'un premier tube en cuivre de 30 centimètres de longueur, fermé à son extrémité postérieure par un diaphragme de 2 centimètres d'ouverture environ contre lequel s'applique le verre à mesurer. Un presse-objet tendu par un ressort à boudin maintient le verre en place.
Dans le premier tube se trouve une lentille biconvexe de 10 centimètres de longueur focale et distante du presse-objet d'une quantité égale. Cette lentille est mobile autour d'une articulation extérieure de telle façon qu'on peut à volonté la laisser en place dans le tube ou la placer à l'extérieur; elle cesse alors de jouer aucun rôle.
Un second lube noirci à l'intérieur, glisse à frottement dans le premier et porte à son exlrémité postérieure, celle qui regarde la lentille, une plaque de verre dépoli formant écran. Sur la longueur du tube se trouve tracée une triple graduation indiquant en centimètres et en pouces les longueurs focales des lentilles ainsi que leur puissance I l'Triiigente en dioptries.
Les traits correspondant aux dioptries sont séparés les
jiiiieiij
Fi- 01.
AKMAIGNAC.
251 PllAKOMÈTRES.
uns des autres par un intervalle qui est égal à la puissance carrée de la distance focale de la lenlille que renferme l'instrument. Par exemple, si celte lenlille a 0'",10 de foyer, l'intervalle en question est égal à (O^jlO)^ =0"01. Des subdivisions correspondent aux 1/2 dioptries et 1/4 de dioptrie.
Elant donné un verre dont on veut connaître le numéro, on procédera à cette reclierche de la façon suivante :
Le verre étant maintenu en place contre l'extrémité postérieure de l'instrument, l'observateur dirigera le phukomètre vers un objet éloigné (tuyau de cheminée, fenêtre, arbre, elc), et, faisant glisser le second tube dans le premier en avant ou en arrière, suivant que l'image reçue par l'écran parait plus nette dans un sens que dans l'autre cherchera la mise au point lOi plus exacte possible absolument comme s'il s'agissait d'un appareil photographique. A ce moment le numéro du verre examiné est donné par le - chiffre de la graduation qui correspond à l'extrémité antérieure du premier tube.
L'observateur n'a pas à se préoccuper de la distance qui sépare son œil de l'extrémité antérieure de l'instrument, il doit se placer au point où il voit le mieux suivant qu'il est myope, hypermétrope ou presbyte. Il peut même garder ses lunettes, ou son binocle s'il a l'habitude de porter des verres pour la vision de près.
Remarque. La lentille mobile de l'instrument doit être laissée en place dans le tube pour tous les verres négatifs à essayer, quels qu'ils soient, et pour tous les verres positifs de dislance focale supérieure à la sienne. Elle doit au contraire être mise de côté pour tous les verres positifs de distance focale inférieure à la sienne.
Si l'instrument a été construit avec une lenlille de 10 dioptries, il s'ensuit que les seuls verres pour lesquels on ait à supprimer l'action de celle-ci, sont ceux qui vont (le |- lOà +20 dioptries. Ainsi conslruil, l'instrument ne
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pourrait pas servir à mesurer les verres négatifs dont la puissance réfringente serait supérieure à 10 dioptries, mais un simple artifice suffit : pour cela on place contre le verre concave à mesurer une lentille biconvexe de 10 dioptries et les deux verres sont fixés ainsi sous le presse-objet. Il est évident qu'il suffira d'ajouter 10 dioptries au chiffre de la graduation pour avoir la puissance réfringente du verre examiné. Dans ce cas, il est vrai, il y a une petite erreur à cause de l'épaisseur de la lentille ajoutée, et la dislance focale trouvée varie un peu suivant qu'on place la lentille positive au-dessus et au-dessous du verre concave, mais cette erreur est insignifiante.
• Si on opère la nuit ou dans l'obscurité, et qu'on n'ait pas d'objets lointains comme point de fixation, il est tout aussi facile que dans le premier cas de se servir de l'instrument. 11 y a pour cela deux moyens : le premier consiste à recevoir sur l'écran l'image d'une bougie placée exactement à 4 mètre de dislance du verre à examiner. Les rayons lumineux ont alors une divergence égale à 1 dioptrie, et il suffit d'ajouter cette quantité au chiffre obtenu s'il s'agit d'un verre convexe, et de l'en retrancher si c'est un verre concave.
Le second moyen consiste tout simplement à se placer près d'une bougie distante de quelques mètres d'une glace vers laquelle on dirigera l'instrument de manière à recevoir sur l'écran l'image réfléchie de la bougie. Dans ce cas la dislance de l'objet fixé pourra être considérée comme double, et si le verre a un foyer moyen ou court, le résultat sera le môme qu'avec des rayons parallèles.
Si on se sert du phakomctre de Snellen, on ne peut mesurer que les verres positifs; pour avoir les verres négatifs correspondants, on les marie avec les premiers, et, lorsque la neutralisation est obtenue, on a ainsi un numéro égal mais de signe contraire.
-^^ VEimES CYUNDIÎIQUES.
Tous ces petits détails sont d'une grande importance, car en fait d'optique, le médecin, et surtout l'oculiste, doit en savoir au moins autant que l'opticien. Dans les boîtes d'essai on trouve souvent un instrument qu'on appelle pince de tourmaline et qui sert à reconnaître si un verre de lunette est en verre ou en cristal de roche, et si ce dernier a été taillé dans l'axe du cristal ou plus ou moins obliquement, ce qui en diminue la valeur. Si l'on interpose entre les deux plaques de tourmaline un verre quelconque de flint de crown, ou de toute autre matière fondue, et qu'on regarde par transparence, on ne voit rien; si, au contraire, c'est une lame de cristal de roche, on aperçoit au milieu du verre une croix irisée, ou un petit spectre, plus ou moins circulaire, et dont la forme indique si le verre a été taillé dans Vaxe ou non.
Verres cylindriques et sphéro-cylindriques. — Les verres cylindriques ont, comme l'indique leur nom, leurs faces taillées comme un cylindre. De même que la lentille sphérique bi-convexe est produite par l'intersection de deux
sphères, de môme aussi le verre bicylindrique est produit par l'intersection de deux cylindres o a, o a (fig. 92) dont