‹ Traite elementaire d'ophthalmoscopie, d'optométrie et de réfraction oculaire, rédigé conformément au système métrique et avec l'équivalence en pouces de ParisChapitre 80 sur 102 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

niYOPIK (M.).

§ 1- — Étiologie. — Syinpfuinc.ti, — Uivisions.

Le mot de myopie (de p.uàv, cligner, ^, œil) n'indique absolument rien relativement à la maladie qui nous occupe; cependant l'expression est tellement connue et employée qu'il serait peut-êire impossible aujourd'bui de la faire disparaîtrcj même du langage médical. On est à se demandercomment, dans la classification de Donders, les mots emmélropie et hypermétropie ont trouvé tant de faveur tandis que brachymélropie (^payyç, court, per/jov, mesure, ^, œil) qui désigne parfaitement ce qu'on entend par myopie, a été complètement délaissé par tous les auteurs et par Donders lui-même. Le clignement des paupières n'est pas un signe irrécusable de myopie et ne permet pas d'en faire le diagnostic sans invoquer d'autres preuves. Cependant, pour nous conformer à l'habitude de faire comme les autres, et attêndu que la myopie est comprise et interprétée sans souci de son étymologie, nous continuerons d'employer ce mot comme synonyme de birichymélropie et opposé à liypermélropie.

a. Etiologie. — Sans rien préjuger pour l'instant, nous dirons que la myopie est un état de l'œil tel que les rayons

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venant de l'infini se réunissent en avant de la rétine. Comme pour l'hypermétropie on peut attribuer cela à une longueur trop considérable de l'axe optique ou à une trop grande courbure des surfaces réfringentes : il y aura myopie axile dans le premier cas, et myopie de courbure dans le second. Il n'y a guère qu'un état morbide de la cornée qui puisse produire la myopie de courbure dans l'œil emmétrope, car, bien qu'on fût loin de s'y attendre, les mensurations très-exactes pratiquées par Donders ont prouvé que généralement les myopes ont la cornée moins convexe que les emmétropes. Cet auteur ajoute que la cornée est spécialement aplatie dans les hauts degrés de myopie. Sur 34 yeux pris au hasard et divisés en trois classes dont la 1''^ comprend les degrés de myopie de 1/1 ^/g à 1/4; la 2"= de 1/4 à 1/10; la 3<= de 1/10 à 1/80, cet auteur a trouvé :

Dans la \^<^ classe, le rayon dans la ligne visuelle p" =: 7mm,93 Dans la 2= classe, — p" = 7n'm,82

Dans la 3e classe, '* — p° — 7"im,86

Chez les emmétropes, en moyenne : P° = 71'"', 78

Dans les hauts degrés de myopie, le rayon de courbure de la cornée atteint fréquemment plus de 8""".

Le cristallin a été accusé aussi de produire la myopie par une trop grande convexité de ses faces; mais, de même qu'il y a des différences individuelles chez les emmétropes, de même aussi il y en a chez les myopes; et, de plus, d'après Percy et Réveillé-Parise (Hygiène oculaire, page 32) et d'autres observateurs, il y aurait chez ces derniers une diminution de courbure.

La myopie dépend donc à peu près toujours d'une longueur exagérée de l'axe antéro-postérieur de l'œil qui fut déjà indiquée par Boerhaave en 174(3, reconnue et représentée par Scarpa à la fin du siècle dernier et qui est admise aujourd'hui sans conteste par tout le monde.

D'après Donders, sur cinq yeux myopes mesurés par

MYOPIE. - ÉTIOLOGIE.

lui, voici quelles élaienl les dimensions des divers dia-| mètres :

Axe visuel, mm.

Axe horizontal, mm.

Axe vertical, mm.

tandis que dans l'œil emmétrope ces diamètres sont tous ài peu près de 24 à 26 millimètres.

L'œil myope présente presque toujours autour de la papille ce qu'on appelle un slaphijlôme postérieur (fig. 102 C)i

Fig-. m.

C'est un croissant blanc, situé g'cnéralement en dehors de la papille, plus ou moins étendu, et pouvant acquérir avec le temps les formes les plus bizarres et des dimensions considérables. Il est presque toujours déciiiquelé sur les bords

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et présente en ce point quelques amas de pigment. Ce croissant peut s'étendre tout autour du nerf optique qui tranche alors par sa couleur rosée. Le staphylôme est blanc parce qu'il est produit par une atrophie de la choroïde qui permet de voir par transparence la membrane scléroticale recouverte seulement par la rétine et les vestiges de la choroïde. L'amincissement de la coque oculaire en ce point en favorise la distension et c'est ainsi que se produit la myopie progressive avec l'extension du staphylôme. Il est rare que le staphylôme manque chez les myopes, même à un faible degré, et comme il est très-facile à voir à l'ophthalmoscope, il met tout de suite sur la voie du diagnostic et peut expliquer un certain nombre de phénomènes et de symptômes : choroïdites, mouches volantes, corps flottants, diminution de l'acuité (surtout quand l'affection envahit la macula), scotômes, etc.

Après cette digression anatomique, ou anatomo-pathologique, revenons à la partie optique de la myopie.

Cette anomalie de la réfraction peut exister même sans

Fig. 103.

aucune lésion. Il suffit que la rétine soit assez éloignée pour que le foyer des rayons parallèles incidents tombe en ! avant, et que ces rayons, après leur entrecroisement, rencontrent cette membrane suivant des cercles de diffusion. L'œil a une forme ovoïde à grand diamètre antéro-posté-

^30 MYOPIE. — ÉTIOLOGIE.

rieur, et si nous supposons que les milieux aient une réfringence telle qirils doivent, comme clans l'œil emmétrope, réunir les foyers des rayons parallèles incidents sur la surface interne d'une sphère dont le diamètre serait égal au diamètre transversal ou vertical de- la figure 103, on comprend que dans le cas actuel ces rayons a a, b b doivent se croiser en un point quelconque, en / par exemple, situé dans le corps vitré, et de là aller en divergent former sur la rétine l'image diffuse a' b' constituée par des cercles de diffusion. Pour que ces rayons aillent former leur foyer sur la rétine, en fj, il faut qu'ils soient rendus divergents par une lentille concave avant d'atteindre la cornée ou qu'ils partent d'un point r, foyer conjugué de r, comme l'indiquent les lignes pointillées.

Les théories mathématiques sont donc ici parfaitement d'accord avec les résultats physiologiques, et, ainsi qu'on pouvait le prévoir, les verres concaves convenables permettent de percevoir les rayons venant de l'infini. De plus il existe un point r situé à une distance variable de l'œil, qui envoie des rayons divergents nettement perçus par l'œil myope sans le secours de verres concaves. Pour les rayons plus divergents, c'est-à-dire partant de points plus rapprochés, l'accommodation interviendra et permettra encore à ces rayons de venir former leur foyer sur la réline, tout comme dans l'œil emmétrope, et suivant la force de contraction du muscle ciliaire.

Comme il n'existe pas de force active destinée à diminuer la réfraction de l'œil, dans le cas d'emmétropie, l'organe à son état de repos absolu perçoit naturellement les rayons parallèles, et tout effort d'accommodation n'aboutit qu'à rapprocher le point de la vue distincte. Il en est de même dans la myopie. Dans ce cas, l'œil à l'état de repos ou à YélAt passif, est adapté pour les rayons divergents venant d'un point plus ou moins éloigné de l'œil, sui-

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