‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 12 sur 87 · DICOTYLÉDONES DIPÉRIANTHÉES INF ER O VARIÉES · texte numérisé non relu

DICOTYLÉDONES DIPÉRIANTHÉES INF ER O VARIÉES

* Monopétales.

FAMILLE DES SYNANTHÉRÉES.

Inflorescence en calathide. Corolles monope'tales , infundibuliformes, tubuleuses, quinquélobe'es, bilabie'es ou ligulëes; ordinairement cinq examines synge'nèses ; stigmate bifide. Akène aigrette ou inaigrettë.

Cette famille , qui est la plus nombreuse du règne végétal , et contient à elle seule un douzième des êtres qu’il renferme , est une des plus naturelles. Les plantes qui la composent sont ordinairement herbacées ; leurs feuilles sont alternes ou opposées et leurs fleurs , qui sont fort petites , forment des amas auxquels les botanistes qui nous ont précédé donnèrent le nom de Fleurs composées ; par la suite , ils appelèrent improprement famille des Composées celle dans laquelle ils observaient ce caractère. Mirbel comparant l’inflorescence de ces plantes à une petite corbeille de fleur , lui donna le nom de Calathide , et Richard considérant que les anthères de celles-ci sont, à quelques exceptions près, toujours réunies, désigna parla dénomination de Synanthérées la grande famille qu’elles forment.

La calathide est composée de corolles régulières ou irrégulières , ou enfin d’une réunion des unes et des autres ; et quand on observe les sexes de ses petites fleurs, on voit qu’ils

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varient et que certaines corolles sont neutres et tout-à-fait dépourvues d’organes sexuels ; qu’il en est qui sont simplement males ou femelles , et qu’enfin d’autres réunissent des étamines et des pistils.

Quand toutes les fleurs qui composent une calathide sont semblables , on nomme celle - ei Incouronnée ; on l’appelle Couronnée quand les fleurs extérieures sont différentes ; alors on nomme Disque la partie centrale de cette calathide , qui contient souvent un assez grand nombre de fleurs, mais qui cependant n’en possède parfois qu’une seule (lessaria) , et le nom de Couronne s’applique à l’ensemble des fleurs de la circonférence. La calathide en général, ou ses différentes régions en particulier, sont appelées Neutriflores, Féminiflores, Alaseuüflores, Androgyniflores, ou Androgyni— masculiflores, selon qu’elles sont formées de fleurs neutres , femelles , mâles ou hermaphrodites , ou enfin d’un mélange de fleurs hermaphrodites et de fleurs mâles. Le disque, par exemple, est constamment androgyniflorc ou masculiflore , et jamais il n’offre de fleurs femelles ou de neutres , tandis qu’il en est absolument l’inverse pour la couronne , celle-ci n’étant jamais que neutriflore ou féminiflore.

Les fleurs en calathide sont environnées d’espèces de petites folioles braçtéiformes ou scarieuses , à l’ensemble desquelles les botanistes donnent généralement le nom d’Involucre, ainsi que nous le ferons nous-mêmes ; mais H. Cassini, scrutant plus minutieusement l’organisation végétale qu’on ne l’avait fait avant lui , a établi une distinction dans cet organe ; i,l réserve le nom d’involucre aux appendices qui contribuent à former la corbeille florifère des synanthérées , quand ces appendices sont braçtéiformes ; tandis qu’il nomme Péricline la ceinture foliacée de leurs fleurs , quandles organes qui la constituent ont plus de rapports avec des squammes qu’avec des bractées , et ce botaniste conseille , pour ne pas se tromper, de considérer l’origine de ces deux sortes d’organes , l’involuere étant, selon lui , composé de feuilles entières avortées,

SYNANTHÉRÉES. t 4 ï

tandis que le péricline n’est formé que de pétioles ; mais cette distinction physiologique est souvent fort difficile.

Les organes qui forment le péricline sont nommés Squam— mes par H. Cassini ; celles-ci sont inappendiculées quand le pétiole seul d’une feuille rudimentaire entre dans leur conformation ; mais quand la lame en se transformant diversement s’y joint aussi , on nomme cessquammes Appendiculées, et on reconnaît leur essence parce que leur organisation ou leur direction change brusquement, ainsi qu’on peut l’observer dans l’artichaut; alors la région inférieure est seule, ce qui doit être considéré comme représentant la squamme. Les squammes sont nommées Squammelliforme quand leur aspect .est analogue aux squammelles du clinanthe ( Filago ).

On nomme Réceptacle, Phoranthe ou Clinanthe la partie sur laquelle reposent les petites fleurs qui composent la calathide. Cet organe est nu ou il offre des appendices divers qui sont les Squammelles, les Fibrilles, les Poils, les Papilles, les Lamelles, les Cloisons, les Paléoles et les Stipes.

Les Squammelles doivent être considérées comme des bractées qui environnent les fleurs ; chacune d’elles n’en possède jamais qu’une qui est située à sa partie externe.

Les Fibrilles ne représentent que de simples saillies du réseau du clinanthe, qui sont membraneuses, linéaires ou subulées , et dont le nombre surpasse de beaucoup celui des fleurs ; les Poils ne se distinguent de ces derniers organes qu’en ce qu’ils sont plus courts et filiformes. Les Papilles sont des appendices charnus , courts et cylindroïdes. Les Lamelles offrent la même organisation et la même exiguïté, mais elles sont aplaties , et déjà on peut les regarder comme des cloisons rudimentaires. Les Paléoles sont de petites lames différant des squammelles par leur situation à la partie interne des fleurs. Les Cloisons sont formées par le développement du tissu du réceptacle qui s’interpose entre les ovaires. Les Stipes sont d*s appendices qui soutiennent les aréoles ovarifères.

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Le calice des synanthérées offre une structure toute particulière ; il est situé au sommet de l’ovaire , et formé tantôt par un simple rebord membraneux , tantôt par des appendices scarieux diversiformes. Cet organe , que l’on nomme communément Aigrette, est persistant, et parfois porté sur le fruit à l’aide d’un col plus ou moins long. Selon H. Cassini , les fibrilles de l’aigrette sont des bractées qui sont analogues à celles que l’on trouve sur le réceptacle et aux folioles de l’involucre, et il a voulu exprimer leurs rapports avec elles en leur donnant le nom de Squammellules , qui est uri diminutif des dénominatiohs de Squammelles et de Squammes qu’il a imposées aux autres.

Les corolles des synanthérées sont monopétales , régulières ou irrégulières , et formées primitivement de cinq pièces ou pétales plus ou moins réunis par leurs bords. D’après l’observation de H. Cassini et de R. Brown, il existe deux nervures simples qui bordent d’un bout à l’autre les côtés de chacun de ces pétales. A ce caractère que l’on rencontre constamment dans les corolles staminifères , mais qui est plus ou moins altéré dans les fleurs neutres ou femelles , s’en joint deux autres également remarquables ; l’un consiste dans la différence d’organisation qu’offre la forme et la substance du tube et du limbe de la corolle ; l’autre en ce que , avant leur épanouissement , les lobes du limbe sont simplement rapprochés par les bords et ne se recouvrent aucunement.

La petite corolle des synanthérées affecte deux formes principales : ou elle est composée de pièces ou lobes égaux et plus ou moins tubuleuse ou infundibuliforme , ou elle est formée d’un seul lobe qui se prolonge latéralement et dont l’extrémité est plus ou moins incisée. C’était à la première conformation que les auteurs qui nous ont précédé donnaient le nom de corolle Flosculeuse ou en Fleuron ; et ils appelaient la seconde corolle Semi-Flosculeuse ou Ligulée , à cause de l’espèce de languette que forme son périanthe. La corolle de ces plantes est quelquefois aussi partagée en deux lèvres ; c’est cette disposition que l’on nomme Labiatiflore.

SYNANTHÉRÉES.

La plupart des auteurs , et même H. Cassini , disent que les fleurs mâles ou hermaphrodites des synanthérées contiennent cinq étamines. C’est en effet ce qui s’observe dans l’immense majorité de ces végétaux , mais cependant il est bon de dire que ce caractère souffre quelques exceptions ; c’est ce que l’on voit en les étudiant. Le filet anthérifère de ces plantes offre deux parties , l’une supérieure et l’autre inférieure , qui sont séparées par une sorte d’articulation, et qui diffèrent même dans leur structure organique. Leurs anthères sont biloculaires et ordinairement entregreffées par la soudure des bords des valves externes , et elles forment un tube à travers lequel passe le style ; mais dans quelques genres on n’observe plus qu’une simple agglutination (et il en est même dans lesquels ces organes sont tout à fait libres). Les anthères des synanthérées sont remarquables en ce que leur sommet est surmonté d’un appendice nommé Apicilaire, qui ne manque que fort rarement, et que leur partie inférieure possède communément des appendices Basilaires. Le pollen de ces végétaux mérite aussi de fixer l’attention ; dans les lactucées il offre la configuration d’un sphéroïde taillé à facettes ; chez les asters il est ovoïde et hérissé de papilles , et dans les hélianthées il présente la même particularité , mais il est sphérique .

Les fleurs femelles ou neutres ne sont pas toujours entièrement dépourvues de traces d’étamines ; dans quelques genres on retrouve encore des rudimens de celles-ci.

L’ovaire des synanthérées offre à ses extrémités une Aréole basilaire , et une Aréole apicilaire , souvent entourées d’un bourlet. On appelle Pied de l’ovaire un prolongement du jeune péricarpe au-dessous de la région qu’occupe l’ovaire, et tantôt ce pied est continu avec l’enveloppe péricarpienne , tantôt il est articulé avec elle , comme on l’observe dans les eupatoires , et alors cet appendice est formé par le développement du bourlet basilaire. L’ovaire offre parfois un col vers sa région supérieure ; cet organe , que les botanistes ont appelé Stipe ou Pédicule , est un prolongement de l’enveloppe

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(lu péricarpe au-dessus du sommet de l’ovaire ; ce col s’alonge pendant la maturation, car, à l’époque de la fécondation , il est extrêmement court. Dans toutes les synanthérées cet organe est continu au péricarpe ; il est fort rare qu’il soit articulé avec lui par un diaphragme , comme cela a lieu chez les Urospermes ; dans ce dernier cas, H. Cassini le regarde seulement comme formé par l’accroissement anormal du bourlet apicilaire, et non comme faisant partie d’un prolongement du péricarpe. Par ce qui précède , on voit que le col n’est point le pied de l’aigrette, comme on l’a avancé, et qu’il en est indépendant. L’ovaire est nommé Collifère ou Incollifère selon qu’il possède ou non un col.

Le placentaire des synanthérées est situé à la région basilaire de l’ovaire , qui est pleine et charnue ; leurs graines contiennent un albumen membraneux , qui enveloppe l’embryon , et celui-ci a sa radicule tournée vers la pointe de l’akène.

L’ovaire de ces plantes offre diverses parties accessoires , qui sont le Pédicellule , l’Aigrette , le Plateau et le Nectaire.

Le Pédicellule est l’organe intermédiaire au réceptacle et au fruit ; il s’insère sur le premier , d’un côté, et se termine au centre de l’aréole basilaire de l’autre. Dans certaines synanthérées il semble manquer, l’ovaire étant' sessile. L’Aigrette est un calice d’une nature spéciale à la famille que nous décrivons ; elle se compose d’appendices nommés Squammellules, qui sont filiformes, triquètres , laminés ou paléiformes. H. Cassini, qui a quelquefois caractérisé ses groupes d’après la seule structure des squammellules, a imposé à celles-ci diverses dénominations pour indiquer la nature des appendices qui les recouvrent, car rarement elles sont nues. Il a nommé squammellules Barbellulées celles qui n’offrent que de fort petits appendices coniques, pointus, spiniformes , à peine visibles à la loupe ( asters ) ; squammellules Barbellées celles qui portent des appendices plus longs, roides, droits et cylindriques (centaurées); enfin, ce savant appelle squammellules Bar-

SYNANTHËRKF.S. \

Lés celles qui sont garnies cle barbes très longues, molles, flexueuses et extrêmement capillaires ( cirses).

H. Cassini pense que l’ovaire des synanthérées est primitivement triloculaire et triovulé. Cette manière de voir est fondée sur l’irrégulariré qu’affecte cet organe, et que cet auteur attribue à l’avortement de deux de ses loges , comme cela est manifeste dans les arctotidées, qui, en effet, présentent trois loges, dont deux sont semi-avortées. En outre, la situation latérale du point d’attache de l’ovaire , et la distribution des vaisseaux et des nervures , révèlent une semblable organisation .

Les fleurs mâles et les fleurs neutres ne sont pas ordinairement dépourvues d’ovaire , mais chez elles il est tout à fait rudimentaire et inovulé ; H. Cassini nomme alors cet organe faux ovaire. Cet auteur appelle Cypsèle l’ovaire arrivé à sa maturité.

Ce que l’on nomme Plateau, dans les synanthérées, est un disque charnu, interposé entre l’ovaire et l’appareil floral. Cet organe, qui offre un anneau corné, formant le support de l’aigrette et se détachant spontanément , s’observe dans une grande partie des synanthérées (carduinées) . Sur l’ovaire, dans cette famille , on rencontre aussi un nectaire glanduleux , qui sécrète un suc mielleux. Il offre la forme d’un godet, s’articule en bas avec l’ovaire et supporte le style supérieurement. Ce nectaire s’accroît parfois tellement, qu’il simule un ovaire ( Tarchonanthus ) .

La partie supérieure du pistil des synanthérées , formée par le style et le stigmate , varie dans la même espèce , selon qu’on la considère dans les fleurs hermaphrodites , les femelles, les mâles ou les neutres. C’est dans les fleurs hermaphrodites que le style se montre avec tous ses caractères. Cet organe est articulé avec le nectaire sur lequel il repose ; il est cylindrique et à sa partie supérieure il se divise en deux branches ordinairement libres , dont la face interne forme le stigmate , et dont l’externe est recouverte par une quantité de poils ou de papilles que II. Cassini nomme Collecteurs , à cause de leur

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fonction qui est évidemment de recueillir le pollen en traversant le tube formé par la réunion des anthères, et probablement de disperser cette poussière spermatique ; car, dans cette famille, la fécondation doit se croiser dans la plupart des fleurs, parce que les deux branches stigmatiques ne se séparant qu’après leurs sortie du tube des anthères , elles ne sont probablement imprégnées que du pollen expulsé des périanthes voisins : la disposition relative des anthères et du stigmate de ces plantes étant telle qu’il semble qu’une de leurs fleurs hermaphrodites ne peut se féconder facilement seule.

Les collecteurs s’offrent sous différens aspects ; ils sont Piliformes dans les lactucées ; Papilliformes dans les carduinées, Glanduliformes dans les adénostylées ; enfin Lamelliformes dans les Gundelia.

Il existe aussi des styles dans les fleurs mâles , les fleurs femelles et les neutres ; et d’après ce que nous venons de dire sur leurs fonctions , on doit présumer qu’ils offrent d’importantes modifications selon l’organisation sexuelle du périanthe qui les porte. En effet, dans les fleurs mâles, comme il ne peut s’opérer de fécondation , le stigmate est avorté et les branches qui le portent se confondent et se soudent ; mais comme les collecteurs devaient servir , dans les fleurs de ce sexe , à expulser le pollen , eux ils ont acquis tout leur développement. Dans les fleurs femelles , une organisation toute opposée se remarque ; le stigmate acquiert chez elles tout son développement , à cause du rôle important qu’il est appelé à jouer dans la fécondation , tandis qu’au contraire les collecteurs, devenus inutiles, manquent absolument. Le style des fleurs neutres existe fort rarement ; mais quand il est rudimentaire , il n’offre ni collecteurs , ni stigmate , organes qui lui seraient doublement inutiles.

Selon H. Cassini, la calathide des synanthérées ne paraît être qu’un épi simple, extrêmement court, composé d’un grand nombre de petites fleurs sessiles, immédiatement rapprochées , couvrant toute la surface d’un axe commun , et accompagnées chacune d’une bractée ; il regarde le clinanthe

SYNaNTHEREES.

comme l’axe extrêmement raccourci et déprimé de cet épi ; d’après lui , le péricline représente l’ensemble des bractées appartenant aux fleurs inférieures de l’axe.

D’après ce savant , dont nous traduisons presque littéralement les vues, l’organisation typique d’une synantbérée est formée d’un péricline dont les squammes sont unisériées et le clinanthe squammellifère ; mais si l’on conçoit que plusieurs rangées de fleurs occupant la partie la plus inférieure de l’épi déformé soient avortées, et que leurs bractées subsistent, il en résultera un péricline composé de plusieurs séries de squammes et un clinanthe squammellé ; mais si les bractées avortent toutes , à l’exception de celles qui appartiennent à la rangée la plus inférieure , on aura au contraire un péricline d’une seule rangée de squammes et un clinanthe nu ( calendula ). En supposant ainsi diverses métamorphoses , on parvient facilement à se faire une idée de la disposition primitive des fleurs et des changemens qu’elles ont subi pour se revêtir de leurs différens aspects ; ainsi on explique un péricline à plusieurs rangées de squammes allié à un clinanthe nu , comme on l’observe dans les asters , en supposant que les fleurs des rangs inférieurs sont avortées et que leurs bractées subsistent, tandis que les bractées des fleurs supérieures sont avortées, mais que celles-ci se sont développées. Si ces considérations physiologiques sont fondées , on voit qu’une calathide n’est pas plus une fleur composée que ne l’est un épi de toute autre plante , et que ce n’est qu’un amas de fleurs tassées , plus ou moins séparées, selon l’étatdes appendices qui les environnent.

Les calathides d’un grand nombre de composées sont météoriques ; elles se ferment ou s’ouvrent selon l’état de l’atmosphère , de manière à garantir leurs petites fleurs de rinfluence nuisible des agens extérieurs ; pour cet effet les demi-fleurons et l’involucre se recourbent en dedans. Beaucoup de synanthérées ferment leurs fleurs chaque nuit et les ouvrent chaque matin ; ces alternatives d’épanouissement et de contraction sc répètent pendant un teins assez considérable , car

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dans ces végétaux les petites fleurs de la calathide ne s’épanouissent que successivement , ce qui fait que leur floraison est de longue durée, et qu’ils sont pour cela meme un ornement recherché pour les jardins. Aussitôt que toutes les fleurettes sont fécondées , leurs corolles se flétrissent et leurs ovaires se développent dans l’ordre de leur épanouissement, en même tems que l’involucre , qui persiste , se resserre et s’applique sur elles pour protéger les fruits pendant leur accroissement ; mais aussitôt que ceux-ci ont atteint la maturité , dans beaucoup de synanthérées, l’involucre s’ouvre en épanouissant ses folioles, et laisse les semences de la plante se disséminer en liberté. La légèreté de ces semences , les aigrettes qui les couronnent et les rendent si faciles à être enlevées par les vents , et même les ailes ou les arêtes qui les recouvrent, sont autant d’agens qui contribuent à la dissémination de ces végétaux ; tout le monde sait l’aisance avec laquelle ils s’implantent sur les monumens et les montagnes les plus élevés ; leur transport est si puissant , que sur les côtes maritimes de quelques régions de l’Europe , quand les vents soufflent avec violence , la terre se couvre parfois des semences de synanthérées américaines , et comme si la nature avait établi des harmonies entre la dissémination de ces végétaux et les vents , c’est en automne , à l’époque où ceux-ci commencent, que s’opère leur dissémination ; enfin , par leurs crochets, les akènes de certaines composées s’attachent aux animaux qui vont les transporter loin de la plante mère.

Parmi les faits physiologiques que nous offre cette famille , il faut aussi noter l’irritabilité de ses styles , que le moindre attouchement fait contracter dans quelques espèces.

Les synanthérées comprenant un nombre considérable de genres , les naturalistes ont redoublé d’efforts pour les grouper en sections, afin d’en rendre l’étude plus facile. Tournefort considérant la forme de la corolle de ces plantes comme typique, en forma trois classes, les Semi-flosculeuses , les Flosculeuses et les Radiées. Levaillant en établit le même

synanthérées.

nombre, et les nomma Chicoracées, Cynarocéphales et Corymbifères, et de Jussieu adopta les vues de ce botaniste. De son côté, Linnée fit de grands efforts dans son système sexuel pour établir des sections parmi les synanthérées ; mais ses divisions, qui reposent sur la nature des fleurs qui composent la calathide , sont dépourvues de solidité , et souvent n’apparaissent que comme une ingénieuse fiction. Cet illustre naturaliste, considérant l’ensemble des fleurs d’une cala— tbide comme une réunion d’époux et d’épouses devant concourir à la propagation de l’espèce , créa des classes dans sa syngénésie pour contenir toutes les synantbérées ; il nomma Polygamie égale une section dans laquelle les calatbides n’offrent que des fleurs hermaphrodites comme celles des léontodons et des chardons ; Polygamie superflue une autre section dans laquelle des fleurs hermaphrodites occupent le centre de la calathide , et des femelles sont situées à sa circonférence, comme cela a lieu dans les chrysanthèmes; par ce nom , il faisait allusion à l’inutilité des fleurs femelles de la circonférence , qu’il nommait ingénieusement des concubines ; sa Polygamie frustranée se compose de fleurs hermaphrodites au centre et de fleurs stériles à la circonférence , ce que l’on observe dans les centaurées ; la quatrième division , ou la Polygamie nécessaire, est composée de synanthérées dont le disque est formé de fleurs mâles et la couronne de fleurs femelles , comme on le voit dans les soucis ; enfin , Linnée , sous le nom de Polygamie séparée , réunit les composées dont les fleurettes sont pourvues de calices particuliers , renfermés dans un calice commun, ce qui a lieu dans les échinops.

De nos jours Decandolle et Lagasca adoptèrent aussi la division de Levaillant, mais ils y ajoutèrent une quatrième section sous le nom de Labiatiflores ; enfin, H. Cassini , après de longues observations , reconnut qu’il était impossible de faire un petit nombre de vastes coupes naturelles dans la 1 a mi lie des synanthérées, et il la partagea en une vingtaine de petits groupes de plantes offrant des rapports organiques.

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Selon lui , les caractères de ces groupes ou tribus naturels doivent se trouver principalement dans le style, le stigmate et les collecteurs, puis dans les étamines, l’ovaire et les corolles ; les autres organes ne peuvent donner que des caractères génériques. Nous avons suivi la distribution de ce savant , car si elle paraît plus minutieuse , au premier abord, que celle des autres auteurs, elle ne l’est réellement pas en effet, et elle semble réunir plus d’exactitude que les leurs ; mais , pour rendre les recherches plus faciles , nous n’avons donné aux tribus que le moins de caractères possibles.

1. LAGTUGEES. Calathide liguliflore , androgyniflore. Stygmatophores semi-cylindriques ; collecteurs piliformes.

SCOLYME. Scolymus. Involucre environné de bractées pinnatifides , épineuses. Réceptacle à paillettes tridentées. Akène triangulaire , portant deux ou trois poils.

Ce nom , qui est la traduction de celui de <ncokV[/.of9 que les Grecs paraissent avoir affecté à notre artichaut , vient de tf’x.o^or, épine. Les scolymes, par leur port, ressemblent aux chardons; leurs tiges sont ailées, leurs feuilles épineuses, et leur involucre est ovoïde, imbriqué, épineux. Ces plantes habitent les régions méditerranéennes.

Le Scolyme tacheté 1 vient jusque sur les bords de la Loire ; on l’a trouvé près de Nantes et d’Orléans.

UROSPERME. Urospermum. Involucre folioles lancéolées , unisériées , soudées.

i S. macuîatus.

à huit Akène

STNANTHERÉES.

très-comprimé , à col long , creux , arqué , articulé par un diaphragme.

Selon Ventenat ce nom est composé de deux mots grecs qui signifient canal et semence ; mais H. Cassini croit qu’ils doivent plutôt exprimer une graine munie d'une queue , et qu’ils font allusion au col du fruit. L’aigrette de ces plantes est remarquable en ce qu’elle se détache d’une seule pièce , ce qui est dû à la soudure que l’on observe à la base de ses fibrilles. On ne connaît que quatre espèces dans ce genre , dont trois appartiennent à l’Europe méridionale et une au cap de Bonne-Espérance.

PICRIDIE. Picridium. Involucre renflé inférieurement, à folioles membraneuses aux bords. Akène tétragone , à stries transversales , tuberculeuses ; aigrette sessile.

Par cette désinence on a voulu reproduire l’analogie qui existe entre les plantes de ce genre et les picris.Les picridies croissent presque toutes sur les bords de la méditerranée.

La Picridie commune 1 est dans ce cas. Tournefort dit qu’on la mange en salade dans l’île de Mycone.

LAITRON. Sonchus. Involucre très-renflé inférieurement. Akène ovoïde , comprimé ; aigrette sessile.

C’est à leurs tiges fistuleuses que ces plantes doivent leur dénomination latine, qui rappelle celle de oyyos y creux , que les Grecs leur donnaient ; le nom vulgaire de Laitron vient du suc laiteux dont toutes leurs parties sont abreuvées.

Ce genre se compose d’une trentaine d’espèces , presque toutes sont indigènes du bassin de la Méditerranée.

? P. vul gare.

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Le Laitron des potagers % dans son état de jeunesse, peut servir à nous alimenter; plus tard il devient amer. Les bestiaux l’aiment beaucoup ; les cochons surtout le recherchent avec avidité , ce qui l’a fait nommer, en Angleterre , Chardon de porc.

Le Laitron de Sibérie i * 3 est souvent cité par les physiologistes à cause du phénomène particulier qu’il offre ; il se ferme quand le tems est beau, et au contraire il épanouit sa calathide quand le ciel est brumeux et rempli de nuages .

LAITUE. Lactuca. ïnvolucre cylindroïde, à folioles imbriquées. Akène ovoïde , comprime' ; aigrette pédiculee, à squammellules filiformes, barbellées.

Les tiges des laitues rendent un suc blanc et laiteux lorsqu’on les coupe ; c’est de là que provient leur dénomination générique, qui est dérivée de lac , lactis, lait. Mais Tournefort et quelques auteurs font provenir lactuca de la propriété que l’on accordait à ces plantes d’augmenter le lait des nourrices. Cette coupe contient environ vingt espèces ; toutes sont indigènes des climats tempérés de l’hémisphère boréal .

La Laitue commune 3 s’est transformée dans les mains des horticulteurs en une foule de variétés , et ses caractères primitifs se sont tellement effacés qu’on ignore maintenant quelle est la souche de ce végétal économique ; on soupçonne que ce pourrait bien être notre Laitue sauvage 4 , ou la laitue à feuilles de chêne 5 qui croît en Allemagne et que l’on a même découvert dans une des îles de la mer Baltique.

On peut rapporter à trois races principales les deux cent cinquante variétés environ que l’on connaît de cette plante :

i S. oleraceus.

■x S. sibiricus.

3 L. sotie a. b.

4 L. sc a viola.

5 L. (juercina. L.

SYNANTHÉRÉES. I 53

les Laitues pommées rondes ou laitues proprement dites ; les Laitues oblongues ou romaines ; et les Laitues frisées.

Lorsque la laitue cultivée a acquis tout son développement, elle contient un suc blanc, amer, un peu visqueux, qui s’écoule quand on blesse sa tige, et se concrète bientôt sur le lieu où il s’est amassé, en prenant une couleur brune ; alors son odeur est vireuse et analogue à celle de l’opium , surtout si la plante se trouve dans un pays chaud : c’est ce suc concret que le docteur François a appelé Thridace , du nom de ôpiS'ci^ que les Grecs donnaient à la laitue ; pour la pratique médicale on obtient ce suc des tiges de laitues que l’on incise à cet effet , et ensuite on le fait évaporer au soleil ou au bain marie ; ce procédé est recommandé par le docteur Hopft. D’autres fois on prépare la thridace en pilant la laitue, en exprimant son suc et en le faisant évaporer.

La laitue fut célèbre dans les siècles anciens , soit à cause du précieux aliment qu’elle fournit , soit à cause de ses propriétés médicales. Les mythologistes, en imaginant qu’Adonis fut enterré par Vénus dans une plantation de laitues , symbolisaient la vertu d’appaiser les désirs amoureux que l’on prêtait déjà de leur temps à cette composée. Chez les Romains on la regardait comme héroïque en médecine ; l’empereur Auguste fut guéri de la mélancolie à l’aide de son usage , et Suétone , qui rapporte ce fait , ajoute meme qu’en reconnaissance on érigea une statue au médecin A. Musa qui avait employé cet heureux remède.

Anciennement comme aujourd’hui , cette plante orna les tables , et les Grecs et les Romains en faisaient un grand usage, comme Dioscoride etPline le constatent; maison varia beaucoup , dans l’antiquité, comme chez nous, sur la manière de l’apprêter ou de la servir. Dans l’origine on l’offrait en terminant le banquet , et sous Domitien on changea, ainsique le dit Martial , pour l’introduire parmi les premiers mets. La laitue possède une faible vertu calmante qui la faisait appeler Herbe des philosophes par Galien , qui en mangeait

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ordinairement le soir pour se procurer du sommeil, propriété qui paraît appartenir spécialement à l’âge adulte de la plante. Celle-ci forme un aliment sain, peu nutritif, mais cependant recherché presque par tout le monde.

Hippocrate faisait déjà usage de la laitue dans la pratique médicale ; Celse la prescrivait aux phthisiques ; cependant elle était inusitée par les modernes, lorsque le docteur Coxe, de Philadelphie, reconnut, en 1792, que son suc laiteux agissait comme celui du pavot, et qu’en 1810 M. Duncan, médecin écossais , et plusieurs autres , démontrèrent les propriétés calmantes de l’extrait de cette plante , et le vantèrent beaucoup dans la phthisie pour calmer la toux et les douleurs. M. Barbier mentionna le premier ce médicament en France, maison doit surtout à M. François d’avoir fixé avec exactitude l’action de la thridace. Celle-ci réussit généralement à calmer les douleurs et provoque le sommeil par suite de leur sédation ; elle a l’avantage de ne pas accélérer la circulation et de ne point causer d’engorgemens capillaires , ce qui la fait réussir dans des cas ou l’opium reste inefficace.

Les semences de la laitue étaient autrefois rangées parmi les semences froides mineures ; et à cause des propriétés réfrigérantes qu’on leur prêtait , on les employait comme anti-aphrodisiaques , ce qui faisait que les Pythagoriciens nommaient cette synanthérée la Plante des eunuques. En Egypte , au rapport de Savary , on fait une grande consommation de l’huile que l’on extrait des graines de la laitue : c’est l’Arabie qui la fournit à ce pays.

La Laitue vireuse 1 croît spontanément en France , ordinairement dans les lieux incultes et parmi les décombres ; on la nommait Laitue papavéracée, sans doute à cause de son action qui se rapproche de celle du pavot; elle possède un suc d’une activité plus marquée que celui de l’espèce précédente .

\ J j . vira sa

SYNANTHÉRÉES. I

Dioscoride rapporte que, de son teins, on sophistiquait l’opium avec ce suc séché au soleil. Chez les Grecs, on se servait déjà de cette espèce pour calmer les douleurs et provoquer le sommeil, ainsi que comme anti-aphrodisiaque et pour combattre la morsure des ophidiens. Cette plante , longtems oubliée, a été réintroduite dans la matière médicale par quelques modernes ; les uns la vantèrent contre les fièvres bilieuses et l’hydropisie ; d’autres dans les inflammations catarrhales et les obstructions. En général, on emploie l’extrait de cette synanthérée dans les mêmes cas que l’opium.

Pour s’assurer des propriétés délétères de la laitue vireuse , Orfila a fait quelques expériences avec cette plante ; il a vu qu’une livre et demie de ses feuilles fraîches, avalées par des chiens , ne leur causèrent aucune incommodité ; mais que deux gros d’extrait injectés soit dans les veines , soit dans le tissu cellulaire, faisaient périr ces animaux, et qu’après leur mort on trouvait du sang coagulé.

LAMPSANE. Lamp sana. Involucre subcampanulé, à huit folioles. Réceptacle plan et nu. Akène rectiligne inaigrettë.

La plante la plus commune de ce genre passait pour laxative du tems de Pline : c’est ce qui a fait dériver ce nom de Kcltcl^cù 9 je purge. Les lampsanes sont des végétaux herbacés , indigènes de l’Europe.

La Lampsane commune 1 est appelée vulgairement Herbe aux mamelles , parce que son application passait pour être efficace à la guérison des gerçures douloureuses qui surviennent au sein des femmes qui allaitent. Belon rapporte qu’à Constantinople cette plante était alimentaire, et H. Cassini dit qu’on la mange encore en salade dans celte ville.

RHAGADIOLE. Rhagadiolus . Involucre de cinq

i L, commuais .

CLASSE XIII

à huit folioles unisériées. Réceptacle plan et nu. Akène cylindroïde , très-long , arqué , inaigretté.

Ce nom, dérivé de pciycL^oç, fente, rappelle la gouttière qu’offrent les folioles de l’involucre de ces plantes.

Les rhagadioles sont remarquables par leurs fruits qui s’étalent en étoile après la floraison, et par leur péricline qui s’accroît extrêmement : ce sont des plantes herbacées qui habitent les rivages de la Méditerranée ; on n’en connaît que deux espèces.

CHONDRILLE. Chondrilla. Involucre cylindroïde , unisérié. Aigrette pédicellée , à squammellules fdiformes , peu barbellulées.

Dioscoride dit que l’on trouve des concrétions gommeuses sur l’une des laetucées de ce genre ; leur nom , qui provient de yjDV&pos , grumeau, rappelle cette particularité. On ne connaît qu’un petit nombre de chondrilles , dont deux sont communes en France.

La Chondrille jonciforme 1 , l’une d’elles , croît dans les vignes des environs de Paris. Son port a quelque analogie avec celui des joncs.

BARGKAUSIE. Barckausia. Involucre double ; l’extérieur à folioles inappliquées. Aigrette pédiculée.

Ce genre , établi par Mœnch , a été fait aux dépens des crépides, et on y a réuni toutes celles de ces plantes qui ont une aigrette située sur un alongement de la partie supérieure de l’akène.

i C.juncea.

SŸJNANTHÉRÉES l5 7

La Barckausie à feuilles de taraxacon 1 , qui est fort commune dans nos prairies , est un des types de cette coupe.

CRÉPIDE Crep is. Involucre double ; T extérieur a folioles inappliquées. Aigrette sessile , à poils simples.

K pe^riç, signifie chaussure. Aurait-on comparé les feuilles de ces plantes à cette partie de notre vêtement ? On connaît une trentaine d’espèces de crépides, presque toutes croissent en Europe ; mais il règne encore une grande confusion à leur égard, certains botanistes ayant décrit par inattention les memes espèces sous des noms différons .

La Crépide bisannuelle 2 est une des plus communes en France ; elle abonde principalement dans les prairies.

PTÉROTHÈQUE. Pterotheca. Iuvolucre double. Réceptacle fimbrillé. Akènes marginaux, arqués, inaigrettés, portant trois à cinq ailes membraneuses.

La Crépide de Nismes 3 est devenue le type de ce groupe pour H. Cassini, qui l’a créé.

PISSENLIT. Taraxacum. Involucre double ; l’extérieur étalé. Réceptacle nu. Aigrette pédicellée, à poils simples.

L’étymologie du nom scientifique de ce genre est obscure ; sa dénomination vulgaire provient de ce que les plantes qui le composent passaient pour provoquer d’abondantes urines ; on les appelle aussi parfois Têtes de moine, parce que l’on a

1 JB. taraxacifolia. 3 C. nernansensis.

2 C. bienrtis.

CLASSE XII 1

comparé la nudité de leur réceptacle, quand ses semences ont été dispersées, à la tête rasée d’un religieux.

Le Pissenlit dent-de-lion 1 , dont le nom provient du rapprochement que l’on a établi entre les dentelures de se$ feuilles et l’aspect des dents du lion , se rencontre dans presque toutes les contrées du globe ; on le mange en salade ; son suc est parfois employé en médecine comme dépuratif.

HELMINTIE. Helmintia. Involucre double ; l’externe à cinq folioles cordiformes. Akène à rides transversales, ondule'es ; aigrette pédicellèe.

On a comparé les akènes ridés des helminties à un amas de petits vers contenus dans une boîte formée par l’involucre , et c’est ce que l’on a voulu exprimer par leur dénomination , qui est dérivée de styc/rôof, ver, et de ôwxtf, boîte. Dans ce genre , les folioles internes de l’involucre sont revêtues sur leur dos de poils rudes, et le réceptacle est garni de petites paillettes piliformes, selon H. Cassini.

L’Helmintie vipérine 2 croît en France; on en connaît encore une autre espèce qui se trouve dans les Pyrénées.

PICRIS. Picris. Involucre double ; l’extérieur de cinq folioles. Akène strie' transversalement ; aigrette plumeuse , sessile.

Tlntpoç , veut dire amer : c’était le nom que les Grecs donnaient à une chicoracée à laquelle on a comparé certains picris à cause de leur amertume. Ces plantes habitent presque toutes le bassin méditerranéen.

Le Picris épervière 3 est assez commun en France.

\ T. dens leonis.

2 H. echiuides.

3 P. hieracioides.

SYNANTHÉRÉES.

PRÉNANTHE. Prenanthes. Involucre cylindroïde , à folioles subunisériées. Aigrette sessile, à squammellules filiformes, très-barbellulées.

Les prenanthes rappellent par leur nom, qui est formé de 'rpo, en avant, et de ctvôoç , fleur, l’attitude penchée de leurs calathides. Ces plantes viennent dans les lieux montueux de l’Europe.

La Prénanthe pourpre 1 , qui est le type de ce groupe, habite les Alpes, les Cévennes et les Vosges.

EPERVIERE. Hieracium. Involucre à folioles imbriquées , souvent pilifères. Réceptacle alvéolé. Aigrette sessile.

Une fable absurde a présidé à la dénomination de ce genre ; on racontait que l’épervier, ispctaiov , se guérissait de la cécité avec une de ses plantes. Celles-ci , dont on ne compte pas moins d’une trentaine d’espèces , viennent presque toutes en Europe ; il s’en trouve aussi en Amérique et dans les autres parties du globe.

L’Epervière des murailles 2 passait pour adoucissante , et était appelée vulgairement Pulmonaire française , parce qu’elle offre des taches que l’on a comparées à celles des poumons ; elle est sans usage.

DRÉPANIE. Drep ania. Akènes du disque couronnés par une membrane et deux à cinq squammellules fdiformes , barbellulées. Akènes du bord à aigrette rudimentaire , écailleuse.

L’involucre des drépanies est double et formé de deux

i P. purpurea.

2 H. murorurn.

CLASSE XIII

rangs de folioles, dont les intérieures sont droites et serrées, et les extérieures sont étalées et se recourbent en fer de faux à l’époque de la maturité : c’est de cette dernière particularité que ces plantes ont tiré leur nom, qui vient de S'pSTTcivn^ faux .

La Drépanie barbue 1 , qui est peut-être la seule espèce de ce genre, croît dans la France méridionale.

ANDRYALE. Andryala. Involucre cylindrique , imbrique'. Re'ceptacle velu. Aigrette sessile, poilue.

Les andryales sont des lactucées tomenteuses qui croissent dans l’Europe méridionale.

L’Andryale à feuilles entières 2 est indigène des départemens du midi de la France.

SERIOLE. Seriola. Involucre à folioles grandes , unisériées. Akènes marginaux incollifères et inaigrette's ; les inte'rieurs collifères , à aigrette plumeuse.

Les Grecs, sous le nom de aspit, désignaient une petite chicorée : cette dénomination générique n’est qu’un diminutif de ce mot. Les sérioles ont un réceptacle plan, garni de paillettes membraneuses et étroites.

La Sériole de l’Etna 3, qui croît en Sicile et en France, doit être considérée comme le type de ce groupe.

HYPOCHÉRIDE. Hypochœris. Involucre imbrique'. Re'ceptacle pale'ace'. Akène collifère ou incollifère ; aigrette plumeuse.

Le goût que les cochons ont pour certains végétaux de ce

i D. barbata.

■i A. iritcgrifulia.

3 S. œthriensis.

SYNANTHÉrÉES. 1*6 ï

genre a déterminé ce nom, qui provient de pour, et de ^oipof, porc. Les hypochérides habitent l’Europe.

L’Hypochéride glabre 1 , qui est indigène de la France , est un des types de ce groupe.

GEROPOGON. Geropogon. Involucre unisérié.

Aigrettes marginales à cinq ou six soies raides; aigrettes centrales plumeuses.

C’est de yepav , vieillard, et de rrcoyav, barbe , qu’est dérivé ce nom par lequel on a voulu exprimer la longueurdes aigrettes de ces composées. Les géropogons ont un réceptacle garni d’écailles étroites , selon H. Cassini.

Le Géropogon glabre a est probablement la seule espèce de ce genre; ses fleurs sont d’un rose violet; il croît dans l’Europe méridionale.

SALSIFIS. Tragopogon. Involucre simple, de huit à dix folioles lancéolées, aiguës, soudées. Aigrette pe'dicelle'e , plumeuse.

Selon Théophraste , les longues barbes des aigrettes de ces lactucées ayant été comparées à la barbe d’un bouc, ont donné lieu à ce nom , qui est formé de rptiyoç, bouc, et de vrcdym, barbe.

Le Salsifis à feuilles de poireau 3 , appelé aussi Salsifis blanc , porte des fleurs violettes ; il croît en Suisse et dans la France méridionale. Depuis un tems considérable , on le cultive pour nos tables ; ce sont ses racines que l’on mange , et elles passent pour être faiblement diurétiques.

Le Salsifis des prés 4, appelé parfois aussi Salsifis sauvage ,

ï H. glabrn.

a G . gluber .

3 T. porri folium.

/j T. prate/isis.

CLASSE XI n.

porte des fleurs jaunes ; il croît en France. Dans quelques contrées, on mange ses racines et ses jeunes pousses.

SCORZONÈRE. Scorzoriera. Involucre à folioles imbrique'es, scarieuses aux bords. Aigrette sessile, plumeuse , entremêle'e de poils e'cailleux.

Ce nom est d’origine espagnole ; il provient de escorso , vipère. Les plantes de cette section habitent l’Europe.

La Scorzonère d’Espagne 1 , que l’on nomme ordinairement Salsifis noir à cause de la coloration de sa racine, est originaire du royaume dont elle porte le nom ; on la rencontre aussi dans nos provinces méridionales. La racine de cette plante ayant été comparée à une vipère parles Catalans ils ont pensé d’après cela qu’elle était efficace pour guérir la morsure de cet ophidien. Dans quelques auteurs surannés, où la vertu antivénéneuse de cette scorzonère est mentionnée, on lui donne le nom de viperaria , qui constate l’ancienne croyance. Dans beaucoup de pays on délaisse le salsifis pour la scorzonère d’Espagne et on la cultive comme plante potagère. Cette composée paraît augmenter le lait des bestiaux et ceux-ci en font usage avec plaisir.

Quelques autres espèces sont également alimentaires, telle est la Scorzonère tubéreuse qui est cultivée en Turquie et dans certaines régions de la Tartarie.

HYOSERIDE. Hyoseris . Akènes marginaux à aigrette subavorte'e ; akènes moyens he'risse's , ailes late'ralement ; akènes du centre cylindroïdes , lisses, à aigrette a poils exte'rieurs plumeux, et les cinq inte'rieurs longs , lamine's.

Certaines hyosérides étaient appelées Laitues de cochon, à

1 S. hispartica.

SYNANTHÉRKES.

cause de leur puanteur ; la désinence générique de cette section reproduit la même idée; elle provient de Voç porc, et de cepiç, qui est le nom grec d’une plante analogue à la laitue. Ces végétaux sont en outre remarquables par leur involucre cylindroïde à folioles unisériées ; on les trouve dans les régions qui bordent la Méditerranée.

La Hyoséride à feuilles rayonnantes 1 est un des types de ce genre.

GATANANGHE. Catananche. Involucre à folioles imbriquées, scarieuses, luisantes. Aigrette sessile, de cinq à sept écaillés.

Dioscoride désigne par ce nom une plante que les femmes delà Tbessalie employaient pour se faire aimer ; Le Taillant, par un rapprochement peut-être forcé , le fait dériver de deux mots grecs qui expriment l’entrainement à l’amour. Les catananches, appelées aussi Cupidones , sont remarquables par les écailles de leur involucre qui augmentent de dimension de la circonférence au centre, et dont les intérieures sont insérées sur le réceptacle et entremêlées aux fleurs. Elles sont indigènes des contrées voisines de la Méditerranée.

La Catananche bleue 2, qui est remarquable par ses belles fleurs azurées, est cultivée pour l’ornement dans nos jardins. Elle croît en France.

CHICOREE. Cichorium. Involucre double. Aigrette sessile, à squammellules paléiformes, im~ briquées.

Selon Bodée et Linnée, ce nom provient de x,tco 9 je viens, et de champ. De Théis prétend au contraire qu’il a

pour radical sjikurie , qui est la dénomination que les Arabes

« Il . radia/ u.

■i C. cœnd-ea.

CLASSE Xllf.

donnaient à la chicorée. Quoi qu’il en soit, Théophraste appelait cette plante Kf/^apiov.

Les chicorées offrent un involucre double dont le rangextérieur est formé de cinq folioles réfléchies , et dont l’intérieur en offre huit qui sont droites et soudées à leur base. Le réceptacle est garni de poils épars. Leurs fleurs sont bleues, blanches ou roses. Ces synanthérées habitent l’Inde , la Barbarie et l’Europe.

La Chicorée sauvage 1 croît sur les bords de nos chemins secs ; elle se fait remarquer, parmi nos composées, par la belle couleur bleue de ses fleurs. Cette plante est fortement amère , mais par la culture elle perd de cette propriété.

Les Egyptiens faisaient une grande consommation de cette plante; il est probable que ce furent eux qui en enseignèrent l’usage aux Grecs, et qu’en même tems son nom arabe passa parmi leur nation. Chez les Romains la chicorée ne fut pas d’un moindre emploi sur les tables : Horace rapporte , dans ses odes , qu’il l’associait à ses repas avec la mauve et les olives.

Aujourd’hui on mange encore les feuilles de cette plante en salade. On lui accorde une grande vertu tonique et stomachique, et elle passe pour dépurative. La racine torréfiée de la chicorée sert depuis plusieurs années pour préparer le café et est regardée comme une succédanée de cette précieuse graine , mais elle est dépourvue de son arôme. La coutume de mélanger cette racine avec le café existait depuis un certain nombre d’années en Flandre et en Hollande, et elle se répandit chez nous à l’époque des dernières guerres ; la difficulté de se procurer la graine d’Arabie , et son haut prix , la propagèrent promptement , et bientôt l’on fit venir du nord , de la racine de chicorée.

L’emploi médical de la chicorée sauvage est fort étendu. Elle fait la base d’un grand nombre de tisanes amères que l’on

1 C. intybus.

SYNANTHEREES.

emploie dans les affections cutanées. Martius dit que dans certains districts de la Russie la racine de cette composée jouit de quelque réputation contre la rage. En Egypte ses graines servent à combattre les maladies inflammatoires. Rondelet rapporte qu’il dut à l’usage de cette plante la guérison de Clusius, qui était affecté d’une hydropisie due à la fatigue.

La Chicorée endive 1 , qui n’est peut-être qu’une variété de la précédente et qui est inconnue à l’état sauvage, est cultivée pour notre consommation alimentaire ; on en fait un grand usage en salade ou cuite ; ses variétés sont désignées sous les noms de Scariole, de Chicorée douce , et de Chicorée frisée. Souvent on élève cette plante dans des caves en la semant dans des tonneaux remplis de terre : l’étiolement qu’elle y éprouve dissipe l’amertume naturelle de ses feuilles.

11. CARLINÉES. Calathide incouronnée ou radiée. Filets anthérifères glabres; Collecteurs papilliformes. Squammellules entregreffées inférieurement.

ATRAGTYLE. Atractylis. Folioles involucrales extérieures lâches , épineuses ; les intérieures imbriquées. Aigrette sessile , plumeuse.

L’usage dans lequel on était de faire anciennement des fuseaux avec des tiges d’atractyles a donné naissance à la dénomination de ces plantes , qui provient de ctrpcacTV^iç , fuseau. Leur réceptacle est paléacé ; elles sont originaires du Japon , de l’Afrique et de l’Europe.

L’Atractyle gommifère 2 , qui croît sur les terrains arides des rivages de la Méditerranée, soit en Barbarie , soit en Espagne ou en Italie , offre un aliment dans ses racines et ses

i C. endn'ia.

ï A. gwnmifera.

CL ASS L XI J r.

réceptacles : on les mange assaisonnés au beurre. Il suinte de ses organes une substance gommeuse , jaunâtre , qui remplace la glu pour les Maures, et leur sert à prendre des oiseaux.

L’AtractyJe grillée 1 est remarquable par la singularité de son involucre , dont les folioles épineuses sont très-longues et recourbées en arc autour des fleurs , qu’elles semblent défendre comme un treillage. C’est ce qui a fait nommer cette plante Chardon prisonnier dans le midi de la France , où elle croît spontanément.

GARLINE, Carlina . Folioles involucrales internes épineuses, linéaires, colorées. Aigrette à dix squammellules rameuses.

Olivier de Serre rapporte que cette dénomination doit son origine à ce que c’est avec ces plantes que Charlemagne guérit son armée de la peste qui y faisait des ravages. On racontait que c’était un ange qui avait indiqué leurs propriétés «à ce roi lorsqu’il traversait les Pyrénées , après le désastre de Roncevaux. D’après Linnée c’est au contraire du nom de Charles-Quint que provient celui de ces synanthérées , parce que ce prince en aurait ordonné l’usage à ses soldats qui étaient aussi attaqués d’une affection pestilentielle pendant sa désastreuse expédition contre Alger.

Les carlines sont des végétaux à feuilles pinnatifides, épineuses : elles sont remarquables par les folioles internes deleur involucre qui sont colorées et forment une couronne brillante jetant des reflets métalliques , et environnant les fleurettes du disque. Toutes les folioles involucrales de ces plantes sont extrêmement hygroscopiques, aussi dans les individus qui sont desséchés, elles s’ouvrent lorsqu’il fait humide , et au contraire se resserrent vers l’axe de la fleur quand l’atmosphère est sèche , propriété qui peut permettre de transformer les

A. comellata.

SYNANTHEREES. 167

carlines en hygromètres. Ces synanthérées ont leur réceptacle paléacé.

La Carline commune 1 se rencontre sur les côtes arides de la France ; elle est sans usage. Mais on mange en guise d’artichaut le réceptacle de la Carline à feuilles d’acanthe , qui habite nos provinces mé ridionales.

STEHÉLINE. Stœhelina. Involucre cylindrique, imbriqué. Squammellules entregreffées inférieurerement.

D’après une étude attentive de ce genre, H. Cassini a cru devoir le partager en trois groupes secondaires : les Stéhélines, dont l’aigrette est nue ; les Barbellines , qui ont une aigrette très-barbellulée ; et les Hirtellines, dont l’ovaire est très-velu. Les stéhélines ont leur réceptacle paléacé.

La Stéhéline à feuilles de romarin 2 appartient à la première section; elle croît enFrance etdans toute l’Europe méridionale.

XERANTHEME. Xeranthemum. Folioles inyolucrales très-longues , scarieuses. Couronne neutriflore, biliguliflore ; disque an drogyniflore. Akène cunéiforme ; aigrette de cinq à neuf paillettes.

C’est de %vpoç , sec , et de otvôoç, fleur, qu’est dérivé ce nom, par lequel on a voulu rappeler l’état de sécheresse des paillettes scarieuses lancéolées ou spatulées de l’involucre corolliforme de ces plantes. Tournefort, trompé par l’apparence de cet organe, avait rangé ces synanthérées parmi les radiées ; mais Le vaillant indiqua leurs vrais rapports. Les Xéran thèmes portent un réceptacle paléacé.

Le Xéranthème paré 3 est remarquable par la belle couronne rouge et quelquefois blanche , que les folioles squam-

1 C. cultfaris.

2 S. rosnuu'inifolia.

3 X. umatufu.

CLASSE XIII

meuses de l’intérieur de l’involucre forment au sommet de ses pédoncules ; l’inaltérabilité de ces folioles lui a fait donner le nom d’immortelle. On emploie cette jolie plante pour décorer les appartemens dans la saison où les fleurs manquent ; elle est originaire de l’Europe orientale et on la cultive dans nos jardins.

111. CENT AURIÉES . Galathide à couronne neutriflore , ordinairement anomale. Réceptacle appendiculé. Squammellules laminées, barbellées; les extérieures imbriquées, étagées.

CENTAUREE. Centaure a. Réceptacle sétifère. Fleurons marginaux neutres , ordinairement plus grands et irréguliers. Aigrette simple ou nulle.

Dans les centaurées, ainsi que le fait remarquer Deeandolle , le point d’attache de l’akène sur le réceptacle est toujours latéral. H. Cassini a observé que le tube des étamines est oblique et que la corolle a des incisions régulières. Mais ces caractères appartiennent il d’autres composées.

Linnée avait réuni plus de cent trente espèces dans ce grand genre , dans lequel Sprengel en compte actuellement cent cinquante et une ; Pour sa description , il 11c se servit point de l’involucre qui lui a fourni si fréquemment de la caractéristique dans les autres synanthérées. Cet organe, qui, chez les centaurées , varie dans sa composition , ne lui offrit pas de ressources ; mais il a principalement servi à de Jussieu pour partager le grand groupe linnéen en sept genres ainsi formés :

i°. Crocodilium, folioles involucrales terminées par une épine simple ; 20. Calcitrapa , folioles involucrales à épine pinnée ou ciliée aux bords ; 3°. Seridia , épines de l’involucre palmées; 4°- Jacea , folioles involucrales , searieuses, ciliées aux bords ; 5° .Oyanus, folioles involucrales ciliées aux bords;

SYNAINTHEREES.

fleurons marginaux beaucoup plus grands ; 6°. Rhaponticum , folioles scarieuses, minces, entières; et rj°. Centaurea , folioles involucrales ni scarieuses, ni ciliées, ni épineuses. Nous pensons que l’on ne doit regarder ces genres que comme de simples sections , car il est des transitions insensibles de l’un à l’autre. Par exemple, on place dans les Jacéa la centaurée scabieuse , parce qu’elle a de l’affinité avec la centaurée noire , et cependant les fleurons marginaux de son involucre, qui sont grands et irréguliers , devraient indiquer qu’elle appartient au genre cyanus. En outre , si l’on admettait ces groupes , la centaurée des prés, qui n’est peut-être qu’une variété de la centaurée noire , dont les fleurons marginaux ont pris un énorme accroissement, devrait donc passer dans les Cyanus et être éloignée de son espèce fondamentale. Du reste, en suivant l’ordre dans lequel nous avons énuméré les genres admis par de Jussieu, nous citons une espèce de chacun d’eux.

La Centaurée crocodile 1 , qui appartient au premier, doit son nom à la ressemblance que l’on a trouvée entre les écailles de son calice et les ongles de ce reptile ; elle est indigène de la Syrie .

La Centaurée chausse-trappe 2 , ou Chardon étoilé , doit ces deux noms à son calice chargé de longs piquans, qui lui donnent la forme stellée , ou qui ressemble à ces chaussetrapes à pointes multiples, dont on environnait les redoutes pour entraver la cavalerie et l’empècher d’en approcher. Les épines et la sécheresse des tissus de cette plante sont probablement les causes qui empêchent les bestiaux de la brouter ; mais l’homme , à ce qu’il paraît , à su vaincre cet obstacle , car on pense que les Hébreux se servaient anciennement de cette centaurée pour assaisonner leur agneau pascal. Aujourd’hui les Arabes emploient encore ses nouvelles et tendres pousses pour apprêter leurs alimens.

i C. crocodiliwn . î C. calcilrapa .

CLASSE XIII

La Centaurée à feuilles de laitron 1 * appartient à la troisième section ; elle est originaire de l’Italie.

La Centaurée noire 3 est excessivement commune dans nos prairies et sur nos coteaux.

La Centaurée bluet3 doit bien plutôt à l’éclat dont elle orne nos moissons la faveur d’étre citée, qu’à cette vieille opinion que ses fleurs , d’un bleu d’azur, étaient bonnes pour guérir la cécité ou l’affaiblissement de la vue , propriétés illusoires qui lui ont valu le nom de Casse-lunette , qu’on lui donne encore dans la campagne.

La Centaurée orientale 4, qui porte des fleurs jaunes, se rencontre en Tauride, dans le Caucase et en Sibérie.

La Grande centaurée 5 appartient au dernier groupe ; c’est peut-être la plante à laquelle Pline et Dioscoride ont attribué tant de chimériques vertus; elle était réputée avoir guéri la blessure que le plus célèbre de ces bouviers à cheval de la Thessalie, le centaure Chiron , s’était faite au pied en maniant les flèches ou la massue d’Hercule. D’après une semblable fable, on regarda cette composée comme excellente dans le traitement des plaies, et le naturaliste romain finit son histoire par une révoltante absurdité , en proclamant que sa vertu est si souveraine pour guérir les chairs coupées , qu’elle réunit même celles que l’on fait cuire dans de l’eau qui en contient. La grande centaurée croît dans les Alpes et l’Italie ; elle est amère ; maintenant on ne l’emploie plus en médecine.

GNIGUS. Cnicus. Involucre équaliflore , à bractées foliiformes. Aigrette double ; l’extérieure plus longue, peu barbellulée.

Dioscoride appelle kvikoç une plante épineuse. En transformant ce nom, qui provient de kviÇco, je pique, on l’a

1 C. sorichifolia.

1 C. nigra.

3 C. c y anus.

4 C. orientalis.

o C. centauriuni L.

SYNANTHEREES. l^I

appliqué aux cnieus, qui sont aussi des végétaux couverts de piquans.

Le Cnicus chardon béni 1 , plante de l’Europe méridionale , doit être considérée, selon H. Cassini, comme formant seule ce genre. Elle passait anciennement pour avoir de grandes vertus; ses fleurs étaient employées comme toniques et sudorifiques.

ZOEGEE. Zoegea. Folioles involucrales appendiculées. Corolle fendue exte'rieurement , et tri ou quadridentée.

C’est à J. Zoéga , botaniste suédois, qu’a été dédié ce genre. Son caractère, qui se trouve dans la corolle qui est fendue jusqu’à la base extérieurement, ne s’observe dans aucune autre synanthérée. Celte disposition dénote que la force nutritive a dominé vers la face interne de la fleur, et non à son extérieur , comme cela a lieu dans les autres composées.

La Zoégée leptaurine a , qui porte des fleurs jaunes et est originaire d’Orient, est la seule espèce connue.

IV. GARDUINEES. Calathide ordinairement incouronnée. Filets anthérifères papilleux ou pili— fères. Squammellules fdiformes supérieurement , naissant d’un anneau corné.

BARDANE. Arctium. Involucre sub globuleux , à écailles étroites , terminées en crochet. Aigrette sessile , courte.

Les étymologistes ont eu à s’exercer pour reconnaître l’origine de ces noms génériques. Selon certains, arctium vien-

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