‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 14 sur 87 · C. segetum · texte numérisé non relu

C. segetum

2 C. indicum.

SYNANTHEREES.

nanthérée se naturalisa, et elle est aujourd’hui un des plus précieux ornemens de nos jardins à l’époque où toutes les autres plantes ont cessé de végéter. Il en existe des variétés blanches, de rouges, de jaunes et de violettes. Poiret dit que cette plante sert aux Chinois pour décorer les tables de festin les jours de fêtes. Les femmes en ornent leur chevelure, et l’on reconnaît ses fleurs sur les porcelaines du plus haut prix.

MATRICAIRE. Matricaria. Réceptacle conique, nu. Akène ovoïde , petit, oblong , inaigretté.

C’est aux vertus que l’on prêtait à certaines matricaires, contre les maladies des femmes , qu’est dû ce nom , qui est formé de car a malri.

La Matricaire camomille * , que l’on nomme Camomille ordinaire , est parfois employée , mais on lui préfère l’Anthémis noble.

La Matricaire parthénium 2, qui, pour quelques auteurs , fait maintenant partie du genre Pyrèthre parce que ses akènes ont une couronne membraneuse , croît en France. On la cultive dans nos jardins à cause de la facilité avec laquelle ses fleurs se doublent. Grosier, dans sa Description de la Chine, émet que dans ce pays l’on désigne les variétés de cette plante sous le nom de Kin-Hoa, et qu’elles y sont recherchées. C’est à son odeur fétide que ce végétal à dû son emploi pour provoquer l’apparition des menstrues , et par la suite son nom spécifique de'7rapôevoç9 vierge. Cette synanthérée est tonique et excitante ; on en fait usage dans les maladies nerveuses ; on l’a administrée aussi avec succès dans les affections vermineuses. Chez les Egyptiens cette espèce était employée contre les fièvres intermittentes, et dans la suite Morton, F. Hoffmann, Pringle et Miller, ont constaté ses succès dans cette maladie

i M. camomilla.

7 ])I. parthénium

CLASSE XIII

ATHANASIE. Athanasia. Involucre ovoïde ou cylindroïde , imbrique'. Réceptacle paléacé. Akène à aigrette pale'acée.

Ce mot , qui est dérivé de aÔavatoç , qui veut dire immortel, fait allusion à la durée des fleurs de ces plantes. Celles-ci sont originaires de l’Afrique.

DIOTIS. Diotis. Calathide androgyniflore. Réceptacle paléacé. Corolles se prolongeant sur les côtés de l’ovaire. Akène inaigretté.

Le double appendice qui descend de la corolle sur les côtés de l’ovaire de ces plantes leur a valu ce nom , qui vient de S'iç , deux , et de otoç , oreilles.

La Diotis maritime 1 est une plante herbacée , cotonneuse , qui habite le midi de la France. C’est la seule espèce connue.

SANTOLINE. Santolina. Involucre subhémisphérique. Réceptacle à paillettes comme tronquées. Corolle arquée , à divisions portant une bosse. Akène inaigretté.

Selon De Théis, ce nom vient du territoire de Saintes ou Xaintes , dont les habitans étaient appelés Santones par les Latins , et sur lequel on trouvait de ces plantes. Selon d’autres étymologistes , il proviendrait de sancta , et exprimerait la vénération que l’on accordait aux santolines à cause de leurs vertus. Ces végétaux croissent dans les contrées qui bordent la Méditerranée.

La Santoline petit cyprès 2 doit sa désignation spécifique à son port , qui représente en miniature celui de cette conî-

i D. maritima.

S. chamnecyparissus .

SYNANTHÉRÉES.

fère. Onia nomme aussi Aurone femelle, ainsi que Citronelle et Garderobe ; l’un de ces deux derniers noms provient du parfum qu’elle exhale , et l’autre de ce qu’on l’emploie pour chasser les insectes qui rongent les étoffes.

Cette plante croît dans la France méridionale ; elle est amère et aromatique. Garidel l’avait autrefois vantée contre la pleurésie. Maintenant , quelques médecins l’emploient comme vermifuge, et prétendent qu’elle réussit constamment. Coste et Willemet citent un médecin de Nancy qui substituait ses semences au semen contra •

ANACYCLE. Anacyclus. Couronne à fleurons entiers. Réceptacle paléacé. Akène à bords membraneux , à sommet échancre'.

Par cette désinence , qui provient de etva , semblable , et de k,vk\oç , cercle , on a voulu retracer la disposition circulaire des fleurs des anacycles. Ces végétaux croissent dans toutes les régions qui bordent la Méditerranée.

CAMOMILLE. Anthémis. Involucre hémisphérique, à écailles subégales, imbriquées, scarieuses aux bords. Réceptacle convexe. Akène couronné par une membrane.

La profusion de fleurs dont ces plantes se couvrent leur a valu cette dénomination, qui est dérivée de eti/ôs/zoy, fleur. Leur nom français est une altération de chamamelumr qui est celui que Pline rapporte que l’on donnait à la camomille , parce qu’elle exhale l’odeur de la pomme .

Les camomilles sont des végétaux herbacés , à feuilles trèsiincment découpées et dont les fleurs sont ordinairement discolores, la couronne étant blanche ou rouge et les fleurons du disque jaunes.

Ces plantes exhalent une odeur pénétrante qui est produite

2 1 4 CLASSE XIII

par une huile essentielle qui se trouve dans leurs tissus. Presque toutes habitent les contrées qui forment le bassin de la Méditerranée.

La Camomille noble *, appelée aussi Camomille romaine ou simplement Camomille , doit ces noms aux grandes vertus qu’on lui a attribuées. Les Grecs la nommaient parthenion . Cette camomille est amère ; elle exhale , à l’état sauvage , un parfum qui a de l’analogie avec l’odeur du coing , mais son arôme devient plus agréable et. plus prononcé chez les individus que l’on cultive et qui se doublent ; aussi ce sont eux dont on recueille les fleurs pour la consommation.

Les Grecs se servaient de la camomille pour le traitement des fièvres intermittentes; à l’époque de Tournefort, les Irlandais et les Ecossais l’employaient dans le meme but ; et Rivière , Pitcairn , Hoffmann et Cullen ont constaté sa propriété fébrifuge. Ce végétal est un des toniques stimulons indigènes les plus précieux ; il est fréquemment administré comme stomachique et contre les flatuosités. C’est aussi un excellent antispasmodique , et Gilibert l’appelait la Consolation des hypocondriaques et des hystériques.

La Camomille puante 2 croît aussi dans nos campagnes , mais elle exhale une odeur fétide. C’est celle-ci qui l’a fait vanter comme anti-hystérique , et regarder comme la succédanée de Yassa-fœtida. Peyrilhe l’a administrée heureusement contre des fièvres intermittentes rebelles.

Les akènes de la camomille contiennent une huile grasse ; on en fait l’extraction en Flandre ; par la distillation , cette plante produit une huile essentielle d’un bleu de saphir , à laquelle elle doit son arôme pénétrant et ses propriétés médicales. Celle-ci dépose avec le tems une sorte de camphre. Cette huile essentielle a été employée par quelques médecins.

La Camomille pyrèthre3, appelée aussi simplement Pvrèthre,

i A. nobilis.

a A. cotula.

3 A. pyrethnim.

SYNANTHÉRÉES.

ai5

nom qui vient de feu , et exprime la saveur brûlante de ses racines , croît dans le midi de la France , et en général dans toutes les contrées qui bordent la Méditerranée. La racine de la pyrèthre renferme des principes fort actifs. M. Gautier a reconnu qu’elle contient une huile essentielle rouge fort odorante, de l’inuline , un principe colorant jaune, de la gomme, du ligneux et du chlorure de calcium. Cette racine , contuse et appliquée sur la peau, l’enflamme et en détermine la vésication.

LesEgyptiensetles Romains employaient la pyrèthre comme condiment, et elle avait chez eux la réputation d’ètre un bon stomachique. Dans l’Inde , on en fait encore des confitures ; en Barbarie et en Provence , après avoir fait sécher cette racine , on la pulvérise et elle remplace le poivre.

Dans la médecine européenne , on ne fait point usage de la pyrèthre à l’intérieur comme cela a lieu dans l’Inde, mais on l’emploie au dehors. Déjà Galien s’en servait pour combattre la paralysie de la langue , et il assure que cette plante guérit les fièvres intermittentes par son application sur le corps pendant le frisson ; il paraît que ce médecin célèbre se servait déjà de son huile essentielle en frictions sur la colonne vertébrale , pour le traitement des paralysies. En France , la pyrèthre passe pour le plus efficaces des sialagogues.

ERIO CE PH ALE. Eriocephalus. Involucre double; l’intérieur à trois folioles très-laineuses. Réceptacle à paillettes ciliées. Disque masculiflore ; couronne ordinairement triflore. Akène laineux. /

L’involucrc laineux de ces plantes a donné lieu à cette dé— nomination , qui vient de eptov, laine, et de KStyahv , tcte.

L’Eriocéphale d’Afrique qui est un arbrisseau du cap de

i E af rie anus.

CLASSE XIII

Bonne-Espérance, que l’on cultive aujourd’hui en Europe, est la seule espèce bien connue de ce genre.

ACHILLEE. Achillea. Involucre cylindracé , imbrique. Demi -fleurons peu nombreux, à limbe court , large, trilobé. Akène prismatique.

Les achillées croissent pour la plupart en Europe , surtout dans les montagnes.

L’Achillée mille feuilles 1 est excessivement commune en France. Selon Pline , cette plante , qui donna son nom à ce genre , le dut à ce qu’ Achille , disciple de Chiron , l’employa le premier au pansement des Grecs atteints par le fer ennemi. Dans certaines campagnes, les siècles n’ont point diminué la réputation dont ce végétal jouissait au siège de Troie , et l’on voit encore les paysans l’étendre sur leurs blessures , et malheureusement en aggraver le danger par son contact. Le nom d’Herbe au charpentier qu’on lui donne vulgairement ne contribue pas peu à entretenir cette fâcheuse coutume.

L’achillée mille feuilles est amère et astringente. Feryeînla vantait contre les hémorrhagies , et l’on voit encore Tabernœmontanus , F. Hoffmann et Stahl en faire l’éloge contre plusieurs affections du système nerveux. Cette plante entre dans la confection de l’eau vulnéraire ; et on lit dans une flore de Laponie qu’on la substitue au houblon pour la confection de la bière, et qu’elle rend cette boisson plus enivrante.

L’Achillée musquée 2 habite les Alpes et exhale une odeur qui tient le milieu entre le musc et le camphre. C’est elle qui, selon Haller, est le vrai Genepi des Savoyards, herbe qui , dans leurs montagnes , possède une immense réputation comme sudorifique et vulnéraire. Les Achillées noire et naine

1 A. mille folium.

1 A. moschata.

SYNANTHÉRÉES .

sont aussi appelées genepi , et jouissent des mêmes vertus que la précédente.

Xll.INULEES. Calathide radiée ou incouronnée. Ovaire cylindrique, sans côtes; stigmatophores à sommet épaissi et à collecteurs piliformes. Squammellules laminées inférieurement , filiformes en haut.

LEYSÈRE. Leysera. Folioles involucrales appendiculées , à bords membraneux. Aigrette à dix squammes, cinq plumeuses et cinq paléiformes.

C’est à un botaniste allemand , G. Leysser , que ce groupe a été consacré. Les appendices qui terminent les folioles de l’involucre des leysères sont scarieux et incolores. Dans ces plantes , le réceptacle est paléacé ; la couronne liguliflore et féminiflore, et le disque régulariflore et androgyniflore.

La Leysère faux gnaphale 1 , arbuste du cap de Bonne- Espérance et que l’on cultive chez nous , est le type de ce groupe.

GNAPHALE. Gnaphalium. Folioles involucrales scarieuses , imbriquées ; les extérieures plus larges, les intérieures appendicule'es. Réceptacle nu. Couronne tubuliflore , multisériée; disque pauciflore, androgyniflt^e. Akène cylindrique ; aigrette capillaire.

Dioscoride dit que les Grecs donnaient cette dénomination à des végétaux dont les feuilles servaient à remplacer le coton Ce nom est dérivé de yvet^uhiov , qui signifie duvet, et il $

1 L. gnapluiloiles .

CLASSE XHi.

2 iB

etc heureusement appliqué aux espèces de ce groupe , dont quelques unes sont meme nommées par le vulgaire Herbes à coton , à cause des filamens lanugineux qui les recouvrent. O11 les appelle parfois aussi Immortelles, à cause de la persistance de leur involucre scarieux.

Généralement le genre gnaphale a été mal caractérisé par les auteurs. TI. Cassini a fixé rigoureusement sa description et en a éliminé beaucoup d’espèces. Nous avons suivi les idées de ce savant dans l’exposition de sa caractéristique.

Le Gnaphale des bois *, le Gnaphale jaunâtre 2 et plusieurs autres sont assez communs en France dans les sites ombragés des forets.

Le Gnaphale dioïque 3, appelé vulgairement Pied-de-chat, et dans les formulaires pes cati, croît aussi dans notre pays ; il est regardé comme adoucissant et pectoral.

HELIGHRYSE. Helichrysum. Folioles involucrales intermédiaires à grand appendice scarieux , coloré, luisant. Réceptacle fovéolé , à réseau denticulé. Couronne ambiguïflore , unisériée ; disque multiflore, androgyniflore. Aigrette plumeuse.

D’après Henri Cassini, ce nom , d’origine grecque, signifie Soleil d’Or ; mais si l’on écrit elichrysum , ainsi que le veut Tournefort , il veut dire Or des marais. Ce genre offre un réceptacle nu ; il diffère des gnaphales par la largeur du disque de ses calathides et par l’étroitesse cL sa couronne , dont les corolles sont presque semblables à celles du disque , ce qui les a fait nommer ambiguës , mais elles sont plus petites et moins régulières. Dans les gnaphales , le disque est pauciflore , et au contraire la couronne large , multisériée ,

i G. sylvaticurn .

'i G. luteo- album.

il G. diuicum.

SY-NANTHÉrÉES .

multiflore* Les folioles de l’involucre des hélichryses, surtout celles de l’espèce que nous citons , deviennent radiées quand l’air est sec , et elles se referment quand il est humide ; mais, ainsi que le fait remarquer H. Cassini , il ne faut point imiter Wildenow et Persoon , qui font de cette disposition hygrométrique le principal caractère de ce genre .

L’Hélichryse oriental r , sous-arbrisseau de l’Afrique , vulgairement appelé Immortelle jaune , est cultivé dans nos jardins. C’est avec ses calathides d’un beau jaune pfde que l’on forme des bouquets d’un éternel éclat.

ŒDERE. QEdera. Capitule à bractées foliiformes , imbriquées; calathide à fleurons hermaphrodites ou unisexes. Réceptacle paléacé. Akène glabre , a aigrette courte , membraneuse , ou à paillettes laminées ,

Ce groupe est consacré au souvenir de J. OEder, professeur de botanique à Copenhague.

L’OEdère prolifère 2 de Linnée , qui est indigène de l’Afrique méridionale, et que H. Cassini croit former deux espèces, est l’unique plante de ce genre , selon ce botaniste qui l’a réformé.

FILAGE. Filago. Réceptacle subcylindrique, paléacé seulement à la circonférence. Disque masculh flore ou androgyniflore ; quatre étamines. Akènes du centre à aigrette sessile, plumeuse.

Les plantes de ce groupe sont couvertes de filamens cotonneux , c’est ce que l’on a voulu indiquer par leur nom , qui provient de filum , fil ; leurs fleurs hermaphrodites sont quadrifides ; elles croissent en grande partie en France.

i El. orientale.

\ 2 ; OE. proliféra.

CLASSE XIII

La Filage naine *, qui vient sur les plages maritimes de l’Europe méridionale , a été pour Linnée le type de ces synanthérées.

MICROPE. Micropus. Involucre double. Disque masculiflore ; couronne tubuliflore , féminiflore. Ovaire comprimé, inaigretté, lisse.

Le nom de ces plantes vient de jtz.xpof, petit , et de rrous , pied, parce qu’on les a comparées au Petit pied de lion. Leur réceptacle est nuoupaléacé, selon H. Cassini.

Le Micrope droit 2 , l’un des types de cette section , se trouve dans l’Europe tempérée.

GONYZE. Conyza . Folioles involucrales linéaires, non s carieuse s. Couronne tubuliflore ; disque androgyniflore ; anthères à appendices basilaires filiformes. Aigrette barbellulée.

Selon Dioscoride , ce nom vient de ncovco^, , cousin , moucheron, parce que les conyzes avaient la réputation d’éloigner ces animaux ; Mérat dit qu’il provient de xoi/u?, gale , qui exprime qu’elles guérissent cette maladie. Les conyzes sont des arbres ou des herbes indigènes des régions chaudes des deux continens ; leur réceptacle est nu.

La Gonyze rude 3 est fort répandue en France et dans l’Europe tempérée. On la nomme, dans plusieurs pays, Herbe aux mouches, parce que l’on y prétend encore que son odeur pénétrante chasse ces insectes.

INULE. Inula. Folioles involucrales externes appendiculées. Anthères à appendices basilaires

j F> pygmcea. 3 C. squarrosn.

a M. e reclus.

SYNARTHEKEES.

plumeux. Aigrette simple , filiforme , barbellulée * sessile.

Si Ton retranche quelques plantes qui , d’après les caractères que H. Cassini a donnés à ce genre, ne doivent plus en faire partie , on trouve que les vraies inules sont indigènes des contrées qui forment la région centrale de l’ancien continent. Les plus belles se plaisent dans les lieux aquatiques, sur les bords des rivières: telle est chez nous l’Inule britannique.

L’Inule aunée 1 paraît certainement être le végétal appelé 9KSV10V , par Dioscoride , nom qui , d’après Pline , fait allusion aux larmes d’Hélène , que l’on disait s’étre converties en cette fleur. D’autres étymologistes prétendent que la dénomination de cette radiée vient de ce qu’Hélène lui avait découvert une propriété enivrante , et que ce fut d’elle dont elle se servit pour tarir les larmes des Grecs ; aussi , selon quelques uns, le nom d’inule n’est qu’une altération de celui de la femme de Ménélas E \evtl .

Pline dit que l’aunée passait pour avoir la puissance souve** raine de conserver la beauté des femmes ; son origine fabuleuse aura enfanté cette croyance. Cette plante était potagère chez les Romains. Belon rapporte que lors de son voyage on la mangeait confite , et qu’elle passait alors comme cordiale dans l’Orient ; l’école de Salem e lui prêtait aussi cette propriété.

La racine de l’aunée est d’un jaune brun à l’extérieur et blanche en dedans. Par la distillation , on en obtient une substance concrète , analogue à du camphre ou à une huile volatile ; on y trouve en outre de l’acide acétique, une résine et de la matière fibreuse , ainsi que des acétates de chaux et de potasse. M. Rose, chimiste de Berlin, a découvert en oulre dans cette plante une substance d’un gris jaunâtre que Thompson a nommée Inuline.

L’ïnule aunée a joui d’une grande réputation chez les an-

i T. helen/wn. L.

CLASSE XIII

ciens. Hippocrate, Galien et Dioscoride la prescrivaient déjà dans les maladies de l’utérus. Quelques médecins modernes l’ont vantée contre les dartres, la gale et diverses affections cutanées. D’autres en ont fait usage avec succès dans les hvdropisies ; mais Cullen et Alibert ayant jeté de la défaveur sur cette plante , elle est maintenant peu employée dans la médecine humaine ; elle entre cependant dans une foule de médicamens composés. Les vétérinaires au contraire en font un grand usage.

L’Inule dysentérique 1 passe pour être salutaire daris la maladie dont elle porte le nom.

GARPESIE. Carpeslum. Folioles involucrales externes foliacées , appendiculées. Réceptacle nu. Akène inaigretté , collifère supérieurement.

La Carpésie penchée a, dont les calathidcs solitaires sont pendantes , se rencontre dans les provinces méridionales de la France. Une autre espèce , qui avec celle-ci constituent ce genre , vient à la Chine.

BUPHTHALME. Buphthalmum. Involucre imbriqué. Akène ovoïde, ailé, couronné d’une membrane dentée.

La grande fleur orbiculaire de ces synanthérées a donné l’idée de ce nom, qui provient de j2 ovç, bœuf, et de ocpô^À/xof, œil. Les buphthalmes sont des plantes qui habitent les contrés chaudes des deux continens. La France en possède plusieurs.

GRANGEE. Grangca . Réceptacle nu. Fleurons hermaphrodites quinquélobés; les femelles triden-

i 1. dysenterica.

2 C. c en muni.

SYNANTHEREES.

tees. Ovaire à poils globulifères. Aigrette coroniforme , charnue , laciniée.

LaGrangée d’Adanson *, qui estime plante des Indes orientales, est le type de ce petit genre, dont l’étymologie est obscure ; car s’il était dédié au voyageur Granger , comme on l’a pensé , l’orthographe en serait défectueuse .

XI 11. ASTEREES. Calathide ordinairement radiée. Clinanthe ordinairement inappendiculé. Stigmatophores incurvés en dedans; collecteurs au-dessus du stigmate.

AIRELLE. Amellus. Akènes marginaux surmontés de paillettes très-courtes, acuminées; ceux du disque à aigrette à cinq soies ciliées.

Virgile avait désigné ainsi cette plante , qui croissait sur les rivages du fleuve Mella.

L’Amelle lychnite 2, qui porte des feuilles cotonneuses ^ et des fleurs à disque jaune et à couronne bleue analogues à celles des asters , est indigène du cap de Bonne— Espérance.

ASTER. Aster Involucre imbriqué. Réceptacle plan , alvéolé. Aigrette sessile , à soies denticulées.

La coulenr agréable et la disposition radiée des fleurs de ce genre les a fait comparer à des astres , aster : de là provient ce nom. Ces synanthérées sont herbacées ou ligneuses ; elles ont des rapports avec les inules et les verges d’or, mais il est facile de les en distinguer au premier coup— d’œil par la couleur de leur couronne qui est toujours violette , purpu—

O . adansonii.

2 A. lychnitis.

CLASSE XIII

rine, bleue ou blanchâtre. Les auteurs disent que les soies de l’aigrette des asters sont simples , mais en observant celles de plusieurs espèces au microscope , nous avons vu qu’elles étaient denticulées.

La limite géographique de ce groupe est extrêmement étendue ; on trouve beaucoup d’asters dans les deux Amériques ; d’autres viennent à la Chine. Presque toutes les espèces ligneuses croissent au Cap ; l’Europe en possède aussi ; en tout on en compte deux cent trente espèces , dont un assez grand nombre se cultive dans nos jardins, pour l’ornement.

L’Aster de la Chine 1 ou Reine marguerite est une des plus belles conquêtes de nos jardins ; l’Europe doit cette plante aux missionnaires établis dans l’empire chinois ; il y a plus d’un siècle qu’elle a été introduite parmi nous, car Thouin dit qu’elle était cultivée au Jardin du Roi dès 1728. Ce célèbre horticulteur rapporte que les premières qui furent semées dans cet établissement donnèrent des individus à fleurs blanches analogues au chrysanthème des champs, mais que les graines que l’on recueillit sur ceux-ci produisirent quelques pieds à fleurs rouges , et que cette couleur, peu commune chez les plantes de cette famille , et la grandeur des fleurs de cet aster fixèrent l’attention des amateurs. Alors ceux-ci , dans un comité qu’ils tenaient dans un couvent de Chartreux, convinrent de lui donner le nom de Reine marguerite , pour exprimer sa suprématie sur les marguerites. Ce fut en 1734 que se produisit la variété violette de l’aster de la Chine , et ensuite les horticulteurs en obtinrent une foule d’autres variétés. Celles-ci forment actuellement une décoration précieuse pour nos appartemens parce qu’elles fleurissent à l’automne , quand toute la végétation est sur son déclin.

PAQUERETTE. Bellis. ïnvolucre subcampanule

i A. sinensis.

SYNANTHÉRÉES.

Réceptacle conique. Couronne unisériée. Ovaire ovoïde , à deux bourlets latéraux.

Ce nom, dérivé de bellus , indique la beauté de ces synanthérées , et la dénomination de Pâquerette provient , selon Poiret , de l'apparition de leurs fleurs vers l’époque de la première grande fête de l’année.

La Pâquerette vivace 1 est excessivement commune sur les pelouses de nos coteaux. Ses jolies fleurs l’ont fait appeler marguerite , de margarita , perle ; et elle leur a dû son introduction dans nos jardins , où l’on en trouve actuellement des variétés prolifères rouges , blanches ou panachées. Quelques notions paraissent indiquer que l’on a parfois mangé les feuilles de cette plante.

BELLIE. Bellium . Fleurons hermaphrodites quadrifides. Aigrette double; l’externe à huit paillettes, l’interne à huit arêtes.

Les bellies portent un nom qui rappelle la ressemblance que leur port offre avec celui des pâquerettes. Ce sont des plantes de l’Europe méridionale.

BOLTONE. Boltonia. Réceptacle alvéolé. Akène plan , à rebord membraneux; aigrette sétifère, portant deux arêtes raides.

J. Bolton , botaniste anglais , a reçu la dédicace de ce genre qui ne se compose que de deux espèces originaires de l’Amérique septentrionale.

GHRYSOGOME. Chrysocoma . Calathide régula-

t S perenn/s.

CLASSE Xlir.

riflore , equaliflore , anclrogyniflore. Réceptacle alvéolé. Aigrette capillaire , barbellulée.

L’étymologie de ce genre indique la beauté de quelques unes des fleurs de ses plantes ; elle provient de , or,

et de KOfJLti, chevelure. Les chrysocomes habitent les deux continens.

La Chrysocome linière 1 se trouve dans les environs de Paris.

ERIGERON. Erigeron. Involucre subcylindrique, à folioles linéaires. Réceptacle alvéolé. Demi-fleurons courts et linéaires. Akène comprimé, hispide, à squammellules filiformes , barbellulées.

C’est probablement en établissant une comparaison entre les aigrettes de ces plantes et la barbe d’un vieillard que l’on a créé ce nom , qui paraît provenir de epiov , laine , barbe , et de yepcov , vieillard. Ce genre est fort difficile à distinguer des asters et des solidago ; il ne diffère des premiers que par l’exiguité de ses fleurs ligulées. Quelques auteurs, et tel est de Candolle, reportent meme les espèces à fleurs jaunes dans les inules ou dans les verges d’or. H. Cassini avoue aussi qu’il est difficile d’isoler nettement les genres érigéron, solidago et aster. On n’y parvient que par le sentiment de leurs rapports naturels , et non à l’aide de caractères spéciaux. Les érigérons sont disséminés dans les contrées tempérées des deux hémisphères.

L’Erigéron du Canada 2 est excessivement commun en France et dans tous les lieux arides de l’Europe. On croit généralement que cette synanthérée est originaire du Canada : Linnée pense qu'elle a traversé les mers à l’aide de ses aigrettes pour venir s’implanter sur le vieux continent , tandis

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