‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 15 sur 87 · C. linosyris · texte numérisé non relu

C. linosyris

2 E. eanadense.

SYNANTHEllEES.

que Bose , au contraire , assure que son apparition en France est due à l’habitude que les Canadiens avaient d’emballer avec cette plante les peaux de castors qu’ils nous expédiaient. Par l’incinération, l’érigéron du Canada fournit, selon M. Dubuc, de Rouen, cinq ou six pour cent de potasse. M. Bouillon- Lagrange a vérifié cette assertion. Ce fait doit donner l’espoir que par sa culture , qui peut s’exécuter dans les plus mauvais terrains, cette plante pourrait donner un produit avantageux.

GRINDÉLÏE. Grindelia. Folioles involucrales coriaces , appendiculées. Anthères à appendices basilaires. Aigrette à une , deux ou trois squammellules filiformes, inappendiculëes.

C’est à H. Grindel, auteur d’un ouvrage sur la botanique, que l’on a consacré ce groupe , auquel R. Brown et Runth réunissent le genre donia , qui n’en diffère que par ses anthères inappendiculées à la base et par son aigrette bar— bellulée.

La Grindélie inuloïde 1 , originaire du Mexique, se cultive dans les jardins botaniques.

SOLIDAGO. Solidago. Involucre cylindroïde. Couronne environ quinquëflore. Aigrette à poils simples.

Solidago est dérivé de solidari , souder , parce que l’on regardait la verge d’or comme excellente pour réunir les plaies. Ces synanthérées sont liées aux asters par de fortes analogies ; leurs fleurs sont jaunes. Beaucoup d’entr’elles croissent dans l’Amérique septentrionale ; d’autres sont européennes ; on en cultive plusieurs pour l’ornement des jardins.

Le Solidago verge d’or2 doit ce dernier nom à la beauté de

1 G . inuloides.

2 S. virga-aurra

CLASSE XIII

ses quenouilles de fleurs d’un jaune doré ; il croit dans nos bois. Cette plante est amère, astringente ; 011 l’a vantée comme vulnéraire , et Arnaud de Villeneuve dit même qu’elle est efficace contre les calculs des reins. Elle entre dans le Vulnéraire suisse.

Le Solidago leucodendron de Forster est un frêle arbuste qui forme à lui seul de petits bois , à Sainte-Hélène , où il croît ; c’était dans l’un de ceux-ci qu’était située la maison de Bonaparte dans cette île.

XIV. SÉNÉCIONÉES. Calathide radiée ou incouronnée. R.éceptacle ordinairement inappendiculé. Ovaire pédicellulé , à dix ou vingt cotes. Squammelles filiformes, barbellulées.

CACALIE. Cacalia. Involucre cylindroïde. Calathide androgyniflore , tubuliflore. Aigrette simple, sessile.

Dioscoride a désigné par le mot kclkcjlKio. un végétal qui nous est inconnu , mais dont la description peut s’adapter à la cacalie des Alpes. Ces synanthérées sont herbacées ou ligneuses. Toutes les parties du monde en possèdent.

La Cacalie à feuilles de laitron r, qui porte de belles fleurs d’un rouge de sang , est cultivée dans nos jardins. M. Desportes dit que cette plante se mange dans l’Inde , dont elle est originaire , et qu’à la Chine on s’en sert en médecine.

CINERAIRE. Cineraria. Involucre unisérié , à folioles linéaires , soudées inférieurement. Akène cannelé; aigrette sessile, filiforme, barbellulée.

Dérivé de cinis , cineris , cendre , ce mot indique la cou-

1 C. sonchifolid.

y YNANTHEREES.

leur cendrée de la partie inférieure des feuilles de quelques cinéraires. Ces végétaux sont répandus sur tout le globe, particulièrement dans les régions tropicales.

La Cinéraire maritime 1 , qui est entièrement couverte d’un duvet cotonneux et offre des feuilles pinnatifides, est une belle plante du midi de la France.

La Cinéraire pourprée , rapportée de Ténériff par Masson , en 1777, mérite encore d’étre mentionnée. C’est une jolie espèce dont les fleurs pourpres exhalent le soir une odeur délicieuse.

DORONIQUE. Doronicum. Involucre à folioles linéaires. Akènes de la couronne cannelés , inaigrettés, glabres ; akènes du disque velus, à aigrette filiforme , barbellulée.

Selon Vaillant, ce mot vient de l’arabe doronigi, et signifie poison des léopards. Les doroniques sont indigènes des montagnes de l’Europe.

Le Doronique mort aux panthères 2 est une belle plante composée, à larges fleurs jaunes, qui était regardée, on ne sait pourquoi, comme funeste à ces carnassier^. Elle croît en France, et sert à orner les jardins.

OTHONNE. Othonna. Involucre unisérié, monophylle. Demi-fleurons lancéolés ; akène cylin^ droïde, à aigrette soyeuse.

Ces plantes sont originaires d’Afrique ; elles portent le nom qu’on leur donne dans cette partie du monde.

L’Othonne à feuilles de giroflée 3 est fort répandue dans les jardins ; c’est le type de ce genre .

1 C. mari lima.

2 D. pardulianchts,,

i O. cheiri/olia.

CLASSE XIII

SENEÇON. Senecio. Involucre calieulé , cylindroïde , à folioles unisériëes , souvent sphacèlées au sommet. Réceptacle réticulé. Couronne liguliflore ou régularitlore. Aigrette sessile , longue , soyeuse.

La couleur blanche des aigrettes des séneçons, comparée à la barbe des vieillards , a déterminé cette dénomination , qui provient de senex , vieillard. Ces végétaux sont répandus sur les diverses régions du globe ; un grand nombre se trouve en Europe.

Tournefort partageait ce groupe en deux sections : le genre senecio } dont les calathides sont totalement flosculeuses , et le jacobœa, cbez lequel elles sont radiées ; beaucoup d’auteurs ont adopté ses vues.

Le Seneçon commun 1 offre une calathide régulariflore ; il abonde dans nos champs. On l’employait anciennement en cataplasmes contre les tumeurs inflammatoires ; Boerhaave le prescrivait dans l’angine , et Tournefort comme vermifuge. Le docteur Fina2zi , de Milan , a publié dans ces derniers tems une brochure dans laquelle il vante ce seneçon contre les convulsions. H est inusité dans la médecine française ; mais dans notre pays on le donne fréquemment à manger aux oiseaux.

Le Seneçon jacobée 2, qui abonde dans nos campagnes , appartient au genre jacobœa de Tournefort. Il doit son nom à l’époque de sa floraison. Cette plante , anciennement vantée contre une foule de maladies , est actuellement tombée dans l’oubli .

Le Seneçon élégant 3, dont les fleurons sont jaunes , et les demi-fleurons de couleur purpurine , et qui est originaire du

3 S. clegans.

1 S vulgaris.

2 S. jacobœa.

SYNANTHÉRÉES. ï

cap de Bonne-Espérance, est cultivé pour l’ornement des parterres.

XV. NASSAUVIÉES. Calathide labiatiflore, androgyniflore , incouronnëe. Stigmatophores divergens, tronques, à collecteurs piliformes, terminaux, touffus.

NASSAUVIE. Nassauvia. Rëceptacle nu. Corolle labiëe , à lèvre extérieure tridentée , l’interne biligulée. Squammellules laminées, denticulées.

Cominerson a dédié ce genre au prince de Nassau , qui l’accompagnait dans ses voyages.

La Nassau vie odorante 1 , qui exhale un parfum agréable et habite les terres magellaniques , est la seule espèce que l’on connaisse.

XVI. MUTISÉES. Calathide labiatiflore , ordinairement radiée. Stigmatophores convergens , courts ; collecteurs papilliformes , épars.

CHAPTALIE. Chaptalia. Couronne double; l’extérieure liguliflore , l’intérieure abortiflore. Disque double , labiatiflore ; l’extérieur androgyniflore , l’intérieur masculiflore. Akène incollifère ; aigrette barbellulée.

Ce genre a été dédié au ministre Chaptal. Yentenat, qui en est le créateur, l’avait fondé pour une seule espèce.

La Chaplalie tomenteuse 2 est une plante herbacée, fort commune dans les forets d<> la Caroline.

N. suaveolens .

2 C. tomeniosa.

CLASSE XIII

XVI 1. TUSSILAGINEES. Calathide à couronne féminiflore ; disque masculiflore. Réceptacle nu. Style masculiflore à sommet claviforme , e'chancré, garni de collecteurs ; stigmates des fleurs femelles entourant les stigmatophores.

TUSSILAGE. Tussilago. Réceptacle nu, alvéolé. Couronne liguliflore ; disque régulariflore. Aigrette capillaire , barbellulée.

C’est de tus sim agere , qui agit sur la toux , qu’est dérivé ce nom , la plante qui seule constitue ce groupe d’après II. Cassini, ayant depuis long-tems la réputation d’être salutaire dans les pffections de poitrine.

Le Tussilage pas d’âne 1 doit son nom spécifique vulgaire à la configuration de ses feuilles, que l’on a comparées à l’empreinte du sabot d’un âne ; la dénomination de farfara est celle que les Latins donnaient au peuplier blanc ; elle a été imposée à ce tussilage par la comparaison que l’on a établie entre ses feuilles cotonneuses inférieurement et celles de cet arbre. Cette synanthérée fleurit au printems; et comme elle ne développe ses feuilles qu’après ses fleurs, elle est désignée à cause de cela par l’épithète d e filiiis ante patrem dans quelques vieux auteurs.

Le tussilage renferme du tannin et un principe extractif ; ses racines passent pour astringentes. Hippocrate l’employait contre l’ulcération des poumons. Dioscoride , qui le nommait bechion, ainsi que Galien et Pline, le vantent contre la toux , et de là vient sans doute sa réputation étendue ; mais celte plante , qui à son mucilage joint une certaine amertume , ne doit être bonne que dans les affections chroniques de la poi-

i T. farfara.

SYNANTHEREES.

irine ; Barbier pense meme qu’elle est plutôt tonique que béchique, ce que Meyer et Cullen admettaient sans doute, eux qui l’employaient contre les scrophules. En France , ce sont les fleurs de tussilage qui sont utilisées ; en Allemagne r on préfère les feuilles. Linnée dit que dans son pays on fume meme celles-ci pour guérir la toux .

Le Tussilage pétasite *, maintenant reporté dans un autre genre , à cause de ses fleurs flosculeuses et dioïques , et dont le nom spécifique, qui vient de t7rsTci<roç« parasol, indique l’ampleur des feuilles, possède des feuilles astringentes et des fleurs qui sont réputées pectorales. Cette plante ayant été regardée comme bonne contre la teigne , a aussi été appelée Herbe aux teigneux.

XVlll. ADÉNOSTYLÉES. Calathide incouronnée ou radiée. Réceptacle inappendiculé. Stigmatophores semi -cylindriques , à collecteurs glanduliformes , extérieurs.

P AUÈOlt AIRE. Paleolaria. Inyolucre cylindroïde. Corolle paléacée intérieurement. Deux bourlets stigmatiques roses. Aigrette à huit ou dix paillettes membraneuses , ordinairement lancéolées , munies d’une énorme cote.

Par ce mot, on a voulu faire allusion à la structure de l’aigrette de ces synanthérées, qui est composée de squammellules paléiformes fort remarquables.

La Paléolaire à fleurs roses 2, qui est la seule espèce , croît au Mexique, et est cultivée dans nos écoles de botanique.

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