C. sanguine a, b
CAPRJFOLIEES .
manière dont le lierre se comporte à l’égard des arbres. Les végétaux de ce genre sont en général des arbrisseaux grimpons, à feuilles alternes ; on n’en connaît qu’un petit nombre d’espèces , qui sont disséminées dans les quatre parties du globe.
Le Lierre grimpant 1 est un arbrisseau sarmenteux qui s’enroule autour des arbres , d’où lui vient son nom d 'hélix , ou qui s’étend .à la surface des monumens en ruine. Ce végétal acquiert parfois d’assez fortes dimensions ; Richard dit que clans une promenade des environs de Florence , il en existe dont la tige a près d’un pied de diamètre ; Bory-de— Saint- Vincent rapporte en avoir observé de presque aussi volumineux dans le département du Calvados. Le lierre est d’abord rampant quand il est jeune , et alors ses feuilles sont entières ; ce n’est que plus tard qu’elles deviennent lobées : aussi est-ce à tort que l’on a voulu, sur la simple configuration de ces organes en former plusieurs espèces. C’est à l’aide de petites radicelles , extrêmement nombreuses , qu’il s’attache sur les arbres et les murailles ; ces appendices qui naissent tout le long de sa tige , du côté où elle est en contact avec son soutient, ont été improprement nommés suçoirs, car ils ne servent point à alimenter l’arbrisseau qui les produit ; et si 011 le voit parfois tuer les arbres sur lesquels il s’enroule , ce n’est point en les épuisant qu’il le fait , car ces radicelles ne s’y enfoncent pas assez pour en extraire les sucs , mais c’est en les étouffant par les contours de sa tige. Ces organes fibrillaires ne nuisent pas non plus aux monumens ; ce végétal peut être même considéré comme favorisant leur conservation en étreignant étroitement leurs matériaux , aussi est-ce à tort que Pline le nommait le destructeur des tombeaux.
Les premiers livres connus parlent du lierre ; sa végétation singulière a frappé l’homme à toutes les époques ; la vieille Egypte le consacrait à Osiris , sous le nom de chenosiris , qui , selon Plutarque , signifie plante d’Osiris. Dans la Grèce ,
1 II. hélix.
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c’était l’attribut de Bacchus, soit à cause de l’analogie de son feuillage avee celui de la vigne, soit, dit Desfontaines, parce que sa verdure perpétuelle était l’emblème de l’éternelle jeunesse du dieu des vendanges , soit enfin à cause de la propriété qu’on lui prêtait de suspendre l’ivresse , ou , suivant d’autres, d’en augmenter le délire lorsqu’on le mêlait au vin.
Les anciens ont fort souvent employé le lierre dans leurs cérémonies ou dans leurs monumens , tantôt comme symbole , tantôt comme ornement. A la fameuse pompe de Ptolémée- Philadelphe , Athénée dit que l’on voyait des satyres vêtus de rouge , dont la tête était décorée d’une couronne de feuilles de lierre en or. La statue de Nissa ou de Nysa, que l’on croit avoir été la nourrice de Mercure , et qu’un mécanisme admirable faisait se lever, se baisser et verser du lait sur un autel, avait une semblable couronne, dont les grappes de fruits étaient en pierres précieuses ; et un éléphant qui se trouvait près de l’antre de Bacchus , d’où s’écoulaient des ruisseaux de lait et de vin , portait un collier de fleurs de lierre en or. Théophraste rapporte qu’en revenant de l’Inde, Alexandre avait ordonné qu’à l’imitation du premier conquérant de ce pays, ses soldats fussent couronnés avec cette plante. Le lierre était alors employé dans les cérémonies des babitans de la Thrace ; et les bacchantes s’en couronnaient pendant leurs orgies nocturnes. Les Romains en faisaient un autre usage; chez eux, ainsi que nous le révèlent les vers de Virgile et d’Horace, il servait à parer le front des poètes. Dans l’antiquité , ce végétal emblématique orna souvent les productions de l’art ; on se plaisait à le cultiver près du sarcophage des guerriers , et l’on voyait alors dans le développement de ses branches un symbole de l’escalade des villes assiégées.
Le lierre était particulièrement l’attribut de Bacchus, qui passait pour avoir enseigné sa puissance contre l’ivresse ; on le voit aussi parfois décorer les statues d’Hercule, comme pour indiquer que ce dieu aimait également les débauches bachi-
CAPRI FOLIEES.
ques, ainsi que le dit Macrobe. Quelques bas-reliefs antiques le représentent même environné de satyres et couronné de lierre ; ils portent cette épigraphe : Herculi placido ; sur d’autres , on voit des Hercules musagètes ayant leur lyre suspendue à l’un de ces arbrisseaux situé près d’eux , et dont ils tiennent des rameaux dans leurs mains. Beaucoup de vases antiques sont entourés de guirlandes de feuilles de vigne et de lierre , alliance symbolique des plantes favorites du dieu du vin. Le bois du végétal que nous décrivons servait aussi anciennement à faire des vases que l’on prétendait propres à éprouver la pureté du vin : Caton et Pline se réunissent pour dire que quand cette boisson était mêlée d’eau , celle-ci restait dans le vase, qui avait au contraire la propriété d’absorber le vin . Wormius a démontré que cette assertion était fausse , et que les deux liquides transsudaient ensemble par les porosités de ce bois.
Aujourd’hui on cultive assez souvent le lierre dans nos jardins paysagers , pour ajouter à l’effet pittoresque des ruines ; mais il paraît qu’il est assez difficile à transplanter dans quelques climats , car Plutarque dit qu’Alexandre ne put jamais venir à bout de faire croître le lierre de la Grèce à Babylone, quoiqu’il eût grande envie d’y jouer le personnage de Bac— chus avec son costume rigoureux.
Avec le bois du lierre, on fait des globules pour panser les cautères ; ses feuilles servent aussi pour ces exutoires ; leur décoction a été conseillée dans le traitement de la gale et pour détruire les poux. Les fruits de ces arbrisseaux sont purgatifs et vomitifs. Les paysans en font parfois usage dans les fièvres intermittentes. Il paraît que durant la peste de Londres , on les prescrivait comme sudorifiques ; Boyle pense qu’ils ont cetté propriété.
Les troncs des lierres qui habitent les régions méridionales de l’Europe , et ceux du nord de l’Afrique , laissent transsuder une gomme résine que l’on appelle improprement Gomme de lierre , et que certains auteurs nomment Hédérine ; elle
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est noirâtre et brûle en exhalant une odeur d’encens. Cette substance , qui vient du Levant et de l’Inde , était employée comme excitante par Stahl ; elle entre dans quelques préparations officinales, et sert à fabriquer des vernis.
GUI. Viscum. Fleurs dioïques. Calice entier; corolles à quatre lobes pëtaliformes , portant des loges polliniques dans les fleurs mâles. Baie monosfperme.
La vénération des Celtes pour le gui lui a valu ce nom gaulois, dont le primitif est gwid, arbuste, et qui signifie Arbuste par excellence ; de cette dénomination , les Grecs ont fait i%oç9 glu , et les latins viscum. Ce genre se compose de plantes ligneuses et parasites qui vivent sur les arbres; leurs ramifications sont opposées, dichotomes et articulées. Les climats chauds des deux hémisphères sont ceux où se trouvent la plupart des espèces de ce groupe.
Le Gui blanc 1 offre un embryon dont la structure est particulière ; sa radicule possède une sorte de tubercule évasé comme un cor de chasse , qui se retourne en tous sens dans le fluide visqueux où elle se trouve plongée, et semble entraînée par l’atlrac ion des corps sur lesquels s’opère la germination. Duhamel a eu l’occasion de reconnaître que les semences de ce végétal contenaient parfois deux et jusqu’à quatre embryons. Celui-ci offre quelques particularités physiologiques. M. Decandolle a prouvé par ses expériences qu’il vivait aux dépends des arbres sur lesquels il se trouve implanté , et que ses tiges et ses feuilles ne peuvent absorber l’eau dans laquelle on les plonge ; sur les corps les moins propices , tels que le verre et la pierre , il commence bien son évolution ainsi que sur la terre, mais elle ne peut s’y continuer. L’observateur que nous venons de citer a reconnu qu’il ne
P. album.
CAPRI FOLIEES.
se développait pas sur le figuier. Le gui est aussi remarquable par l’extrême tendance de ses racines à fuir la lumière , et que M. Dutrochet a constatée , ainsi que par la direction de ses rameaux , qui , au lieu de s’élever dans l’atmosphère , se dirigent parfois vers la terre , si le végétal parasite est implanté à la partie inférieure d’une branche.
Le gui croît sur nos arbres fruitiers, principalement sur les pommiers, dont il épuise les sucs nutritifs ; on le rencontre aussi , mais plus rarement , sur les frênes , les saules et les peupliers. Pline dit qu’il est fort commun sur les chênes de l’Italie, et Belon rapporte qu’il abonde sur ceux du mont Athos , mais qu’il est différent de celui qui envahit nos pommiers. Il est à croire que ces deux auteurs ont pris le loranthus pour la plante qui nous occupe , car elle est excessivement rare sur le chêne ; cependant Desfontaines l’y a vue une fois , et l’on en possède un échantillon à la galerie botanique du jardin du roi. Cette absence du gui sur l’arbre où l’histoire dit qu’aneiennement on le trouvait si fréquemment, a diversement été expliquée. Quelques écrivains ont prétendu que les premiers chrétiens avaient mis tout leur zèle à détruire le gui sur les chênes, pour effacer les stigmates de la religion des Celtes ; mais cette hypothèse est fort mauvaise, car il s’y serait bien reproduit si les sucs de cette amentacée eussent été propices à le nourrir.
Les grives et quelques autres oiseaux mangent les baies du gui ; leur pulpe les nourrit, puis ils en rendent les semences sans altération, et bientôt après celles-ci germent sur les branches salies par la fiente de ces oiseaux. Ce mode de reproduction , que Théophraste connaissait , est celui que suit le plus communément cette plante , car ses lourdes baies n’auraient pu être transportées d’un arbre à un autre sans le secours des animaux , mais il 11e faut pas croire, comme Pline , que la station des graines du gui dans les voies digestives des grives et des pigeons est indispensable à leur germination. Ce mode de propagation est contesté par Scaliger , qui met toute sa lo-
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»ique à prouver que le gui n’est qu’une sorte d’excrément des arbres, idée que le poète Ion semble partager en nommaut ce végétal Sueur du chêne. Daléchamps, qui compare sa production sur les arbres à celle des cornes des animaux , soutient que les grives digèrent entièrement les semences du gui et que dans ses expériences il ne les a point retrouvées parmi leurs excrémens.
Les investigations les plus profondes ne nous ont point éclairés sur la cause de l’espèce de ciüte que les Gaulois avaient voué au gui. C’était celui du chêne qui obtenait seul leurs hommages et tous les ans, au commencement de l’année, qui arrivait vers le solstice d’hiver, on le cueillait avec de pompeuses cérémonies, qui ont été décrites par César et par Pline. Le peuple, en foule, se reudait avec les druides au milieu des forêts, en faisant retentir l’air des cris de : Au gui Van neuf ; des autels triangulaires étaient formés avec le gazon , et l’on gravait sur le tronc des arbres les noms sacrés des dieux. Puis un de ces prêtres , vêtu d’une tunique blanche , montait sur le chêne chargé du végétal révéré , et, avec une serpe d’or, coupait les rameaux du gui , tandis que d’autres druides les recevaient au bas de l’arbre , dans des linges , pour les empêcher de toucher la terre . C’était après cette conquête que l’on immolait des victimes eu l’honneur des divinités que l’on priait de répandre sur le gui leur bénédiction ; ensuite, on distribuait au peuple l’eau dans laquelle on l’avait plongé et qui était réputée jouir de la puissance d’accorder la fécondité aux époux , de détruire les sortilèges et de guérir une foule de maladies. Daléchamps dit que de son tems ces idées superstitieuses s’étaient répandues parmi les chrétiens , et qu’il y en avait qui faisaient des chapelets en bois de gui , ou qui l’enchâssaient dans des colliers d’argent, qui passaient pour chasser les démons.
Certains commentateurs ont pensé que le gui , dont les branches et les feuilles deviennent d’un jaune doré en vieillissant , était ce fameux rameau d’or que la Sybille ordonnait à Enée de cueillir sur un des arbres de PAverne , et qui de-
CAMPANULEES.
vait le protéger dans les enfers ; mais on ne peut admettre cette explication , car plus loin , ce poète s’étend sur la distinction du gui qui se trouve également sur le chêne. Pline avait entrevu que les sexes étaient isolés dans le gui , mais il prit les mâles pour les femelles.
Depuis Pline on a répété partout que l’on fabrique la glu avec les baies du gui, et Plaute, faisant allusion à la manière dont se reproduit cette plante , disait que les grives rendaient leur mort , parce que l’on se servait de cette substance pour les prendre. Il paraît que c’est une erreur et que les baies de ce végétal n’en contiennent point et ne présentent que de la gomme et du mucilage. Il est vrai que par le moyen de l’ébullition on obtient de l’écorce du gui une certaine quantité de glu , qui contient un principe particulier que M. Macaire a nommé Viscine , mais en France, elle se prépare plus ordinaire avec l’écorce du houx.
Le gui est une plante âcre qui est susceptible d’occasionner des déjections et des vomissemens, lorsqu’il est introduit à l’intérieur. Il a été spécialement vanté comme antispasmodique et surtout contre l’épilepsie. Mathiole en a fait le premier l’éloge pour le traitement de cette affection: Paracelse, Daléchamps, Bovle, Sauvage, Dehaen, Haller et d’autres l’ont imité ; tandis que Cullen , Tissot , Desbois de Rochefort et Peyrilhe ont contesté celte vertu en énumérant la liste de leurs insuccès. Cependant, cette plante , réputée sacrée, et qui n’a peut-être dû qu’à cela son emploi contre cette maladie à laquelle on prêtait une origine divine , a été soumise à de nouveaux essais par des médecins de nos jours qui prétendent en avoir obtenu des avantages.
FAMILLE DES CAMPANULEES.
Corolle monopétale, à quatre , cinq ou huit lobes réguliers ou irréguliers, ordinairement cinq étami-
2<j6 CLASSE XIII.
nés libres ou syngénèses. Capsule ordinairement biloculaire , à loges polyspermes; très-rarement un drupe ou une capsule uniloculaire.
Tels sont les caractères généraux que l’on doit donner aux campanulées , quand on veut y comprendre quelques genres dont certains auteurs ont formé de petites familles. Ces plantes sout ordinairement herbacées et contiennent un suc lai — ' teux et blanc ; leurs feuilles sont presque constamment alternes et entières , et jamais elles n’offrent de stipules ; ce qui isole nettement les campanulées de la famille des rubiacées avec laquelle elles ont des affinités.
MIGHAUXIE. Michauxia. Corolle campanule'e à huit lobes; huit étamines ; huit stigmates. Capsule à huit loges.
C’est au célèbre voyageur Michaux que ce genre a été dédié; il ne contient que deux espèces originaires de l’Orient.
GANARINE. Canarina . Corolle campanule'e à six lobes ; six examines ; six stigmates. Capsule à six loges.
La Canarine campaniforme *, qui croît aux Canaries, et dont le nom générique indique la patrie , est la seul** qui soit décrite.
CAMPANULE. Campanula. Corolle campanule'e , quinque'lobe'e , pentandre ; filets staminaux à base très-large. Capsule ordinairement triloculaire.
La corolle de ces végétaux ayant la forme d’une clochette, leur a valu ce nom , qui est un diminutif de campana , cloche.
i C campanulata.
CAMPANULÉES.
Les campanules sont presque toutes des herbes lactescentes .
La Campanule raiponce 1 offre des racines qui ont le goût de la noisette et que l’on mange en salade ; elle est cultivée dans les potagers.
La Campanule à larges feuilles , la Campanule gantelée, la Campanule à feuilles de pécher , et quelques autres espèces qui , ainsi que la raiponce , viennent dans notre pays , servent à l’ornement des jardins ; il en est de meme de la Campanule dorée , dont les fleurs sont jaunes , et qui croît spontanément à Madère.
TRAGHELIE. Trachelium. Corolle infundibuliforme, quinquélobée , pentandre. Capsule triloculaire.
Ce nom , qui provient de T pec/nhoç, cou , indique la grande longueur du tube grêle de la corolle des trachélies; cellesci sont originaires du Levant et de l’Afrique.
La Trachélie bleue a est cultivée pour la décoration des jardins.
GESNERIE. Gesneria. Corolle tubuleuse , bilabie'e ; quatre examines didynames. Capsule uniloculaire, bivalve.
C’est à Conrad Gesner , naturaliste suisse, surnommé le Pline de l’Allemagne, que l’on a dédié ce genre. Les gesnéries sont des arbustes ou des herbes originaires de l’Amérique méridionale et des Antilles.
PHYTEUME. Phyteuma. Calice et Corolle à cinq divisions linéaires , profondes ; cinq étamines libres. Capsule bi ou tri 1 oculaire.
Les grecs appelaient <p VTiVfj.ci une plante que Dioseoride
\ C. rufMinculus.
2 T, cixmlçum.
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et Pline disent propre à faire naître l’amour ; on a cru que les phyteumes avaient de l’analogie avec elle. Les espèces de ce genre sont assez nombreuses ; elles ont une inflorescence spi— ciforme ou en capitule ; l’Europe est principalement leur p atrie.
Le Phyteume en épi », dont les fleurs sont blanches, se trouve dans nos bois.
LOBELIE. Lobelia. Corolle tubuleuse , quinquëlobée , bilabiée , irrégulière ; cinq étamines monadelplies et synanthères. Capsule bivalve , uni , bi ou triloculaire.
Ce genre a été consacré à la mémoire de Lobel , célèbre botaniste Flamand. Les lobélies sont des arbustes ou des végétaux herbacés ordinairement pouvus d’un suc lactescent , et répandus dans presque toutes les régions du globe, surtout dans l’Amérique et l’Afrique méridionales ; l’Europe en possède plusieurs espèces.
La Lobélie cardinale a, qui est originaire de la Virginie, est recherchée dans nos parterres à cause de la belle couleur écarlate de ses fleurs.
La Lobélie syphilitique 3 , dont les fleurs sont bleues , et que l’on trouve dans les forêts de l’Amérique septentrionale , possède une racine qui est diurétique , purgative ou vomitive , selon la dose à laquelle 011 l’administre. Les sauvages du Canada se traitaient de la syphilis avec cette plante , avant l’ar rivée des européens ; un vieux chef révéla ses propriétés à Kalm. Ce voyageur , de concert avec Linnée, la vanta contre cette maladie ; mais il paraît qu’en Europe on n’obtint en général que peu de succès de l’administration de ce médicament.
1 P. spicata.
2 Z. cardinalis.
3 Z. syphilitiea.
CUCURBITACEES.
GOODÉNIE. Goodenia. Corolle â tube fendu ; limbe quinquélobe' , irrégulier , ordinairement bilabié ; cinq étamines libres. Capsule bivalve , bi ou quadriloculaire.
Les goodénies sont de petits arbustes ou des végétaux herbacés qui ont tous la Nouvelle-Hollande pour patrie.
JASIONE. Jasione. Fleurs en capitules globuleux , à involucre polyphille. Corolle à cinq lobes linéaires ; cinq étamines syngénèses. Capsule biloculaire.
Les naturalistes de l’antiquité avaient nommé ainsi une plante édule avec laquelle nos jasiones n’ont point de rapports.
La Jasione des montagnes 1 , qui est le type de ce genre , habite notre pays.
FAMILLE DES CUCURBITACËES.
Fleurs ordinairement unisexes et monoïques. Calice quinquélobé ; corolle monopétale , quinquélobée; cinq étamines monadelphes ou triadelphes ; anthères ordinairement linéaires, uniloculaires et courbées en S ; trois stigmates. Péponide ou baie ; périsperme nul.
Les cucurbitacées sont herbacées et sarmenteuses , et leur tige est parfois grosse , fistuleuse et hérissée de poils vésiculeux à la base et plus ou moins roides ; ces végétaux sont grimpans ou rampans , et ordinairement munis de vrilles ;
* J. mon farta.
CLASSE XIII
leurs feuilles sont alternes ; lorsque leurs étamines sont tria— delphes, elles sont réunies deux à deux, et une est libre.
GRONOVIE. Gronovia. Pëtales squammiformes; style filiforme. Baie globuleuse , monosperme.
La Gronovie grimpante 1 , qui habite l’Amérique, a été ainsi nommée par Linnée pour rappeler à la fois la mémoire du botaniste F. Gronove , et l’audace qu’il déployait «à la recherche des plantes.
SIGYONE. Sicyos. Corolle subplane ; étamines monadelphes ; style trilobé. Baie hérissée , monosperme.
Les sicyones ont un nom dérivé de (mtvoç , concombre ; elles habitent l’Amérique.
BRYONE. Bryonia. Fleurs monoïques ou dioïques ; corolle campanulée ; étamines triadelphes. Baie globuleuse, contenant trois à six semences.
Bryonia provient de B£>u<y,je pousse abondamment. Ces végétaux sont indigènes et exotiques.
La Bryone dioïque 2 est une plante grimpante qui se trouve dans nos haies ; sa racine est parfois grosse comme la cuisse, et comme elle a la forme et la coloration de celle du navet, on l’a nommée Navet du diable , à cause des accidens qu’elle occasionne. Par l’analyse chimique , on découvre qu’elle contient une matière amère, soluble dans l’eau et dans l’alcool , et que l’on appelle Bryonine : c’est à elle que l’on attribue la vertu drastique de cet organe ; on en obtient en outre une grande quantité de fécule , que l’on peut
I G. scander/ s.
1 B. dioica.
CUCURBITACEES.
employer pour notre nourriture ; puis de l’huile verte , concrète; de la résine, de la gomme, du sous-malate de chaux, ou quelques autres sels.
La racine de bryone est un purgatif violent. Les anciens connaissaient déjà ses vertus , ainsi qu’on le voit dans Dioscoride, qui la nomme Vigne blanche , et ils l’employaient communément contre l’hydropisie et la manie. Les médecins qui nous ont précédés en ont fait usage dans quelques hydropisies, ainsi que contre les apoplexies. Arnauîd de Villeneuve la regardait comme un spécifique de l’épilepsie ; d’autres comme aussi efficace que l’ipécacuanha dans la dysenterie , et conseillaient de nommer ce végétal Ipécacuanha européen. Aujourd’hui les hommes de l’art n’ordonnent presque jamais la bryone , mais les habitons des campagnes se purgent en prenant une cuillerée du suc qui s’amasse dans le creux que l’on v forme après l’avoir coupée au niveau du sol. M. Orfila a reconnu que quatre gros de cette racine suffisaient pour faire périr un chien en vingt heures ; à l’extérieur , elle développe aussi une grande activité , et appliquée sur la peau , elle y produit la vésication.
On peut cependant se nourrir de la racine de bryone, en la privant de son principe délétère par des lavages répétés ou par la torréfaction ; cette propriété nutritive avait été indiquée par Galien. Bosc, à ce qu’il paraît, en fit usage pendant nos troubles révolutionnaires ; les jeunes pousses de ce végétal sont bonnes à manger : Darwin les trouvait aussi délicates que des asperges.
Bory Saint-Vincent dit que , dans plusieurs villes de l’Allemagne , les artisans s’amusent à cultiver la bryone dioïque dans des pots ; puis, qu’à certaine époque ils la replantent en laissant seulement dans la terre l’extrémité de la racine, tandis que sur sa masse charnue et arrondie ils sculptent et peignent grossièrement une figure humaine dout le feuillage de la plante forme la chevelure.
CLASSE XIII
MELOTHRIE. Melothria . Fleurs hermaphrodites. Corolle rotacée ; ëtamines triadelphes. Baie à trois loges polyspermes.
Ce nom provient de (JLShoôpov , bryone. Les mélothries sont des cucurbitacées herbacées et grimpantes.
MOMORDIQUE. Momordica. Fleurs monoïques. Etamines triadelphes ; Péponide trivalve , charnue ou sèche , s’ouvrant avec élasticité'.
Ce nom vient de momordi , j’ai mâché; il indique l’état des semences, qui sont irrégulièrement aplaties et semblent avoir été mordues.
La Momordique élastique 1 , qui est indigèue de la France , et dont les semences s’échappent du fruit indéhiscent par l’ouverture que laisse le pédoncule , est devenue le type du genre ecballium dn professeur Richard.
CONCOMBRE. Cucurnis. Fleurs monoïques. Corolle campanulée , plissée ; étamines triadelphes; trois stigmates. Pe'ponide ordinairement relevée de cotes.
Cucurnis provient du mot celtique cucc, qui est le radical de toute chose creuse.
Le Concombre cultivé2 offre des fruits alongés, incurvés, dont la surface est lisse ou rugueuse ; il est originaire de l’Orient, et, par les soins du jardinage, on en a obtenu diverses variétés que l’on mange crues ou cuites , et que meme, en Russie, on sale pour l’hiver ; celle qui est blanche fst fréquemment servie sur nos tables ; la verte , que l’on
1 il/, elateriurn.
2 C. saliva.