‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 20 sur 87 · CUCURBITACÉES · texte numérisé non relu

CUCURBITACÉES

préfère pour faire confire dans le vinaigre, est appelée Cornichons.

Le concombre cultivé passe pour posséder quelques vertus médicales. Hartmann préconise le sue de son fruit contre la phthisie ; c’est surtout comme cosmétique qu’on l’emploie ; on pense qu’il adoucit la peau et calme ses irritations.

Le Concombre melon 1 paraît être originaire d’Asie; mais, ainsi qu’il en est des végétaux long— tems associés à la civilisation , on n’a que des indices peu certains sur sa patrie. Les fruits de cette plante étaient connus à Rome sous le nom de cucumis. La dénomination de Melon provient de leur forme arrondie, analogue à celle d’une pomme , psKov, en grec.

Les Romains faisaient usage du melon , et Pline et Colu— melle rapportent que l’empereur Tibère aimait extrêmement ce fruit , dont il mangeait presque toute l’année , et que pour en avoir dans toutes les saisons , on cultivait la plante qui le fournit dans de grands vases vitrés , posés sur des roues , et que l’on pouvait même exposer au soleil dans les jours les plus froids. Si les écrits ne nous révélaient l’antique usage de cet aliment , on le découvrirait sur les monumens ; il existe des bas-reliefs sur lesquels Hercule est représenté tenant une corne d’abondance de laquelle s’échappe des concombres et des melons. Quelques auteurs pensent que la France doit le melon aux conquêtes de Charles VIII, en Italie; il était répandu en France vers i586. Jacques de Pons , dans son Traité des melons , dit qu’à Constantinople on en cultive une espèce que l’on suspend au plancher pour l’hiver ; il en est encore aujourd’hui de même dans les états napolitains; à la tin de la saison , toutes les façades des quartiers pauvres de Naples, ou des maisons de campagne, sont décorées de melons que l’on garde suspendus pour manger l’hiver. On sait combien aujourd’hui le melon est en honneur sur nos tables. M. Payen a extrait du suq<

i C, tnelo .

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de ce fruit. Parmi les variétés de melons, on doit surtout noter le cantaloup , qui se distingue par sa surface tuberculeuse, et qui renferme la chair la plus sucrée ; il fut nommé ainsi , selon quelques - uns , parce qu’on le cultiva d’abord dans une campagne , nommée Cantalupo , située dans le voisinage de Rome; mais ce fait paraît inexact, car il n’y a que peu de tems que l’on a envoyé de France des semences de cette variété dans ce pays.

Le Concombre coloquinte 1 est une plante grimpante , originaire de tout le Levant. Bruce dit qu’elle abonde aux environs de Suez. La pulpe de son fruit est blanche et spongieuse quand elle est sèche ; elle est extrêmement amère et purgative , propriétés qui paraissent dues à un principe que 3VI. Vauquelin en a extrait, et auquel il a imposé le nom de Colocynthine .

Les anciens employaient souvent la coloquinte en médecine , ainsi que le divulguent les écrits d’Hippocrate , de Dioscoride et de Paul d’Ægine. Aujourd’hui on en fait encore usage en Angleterre ; chez nous, elle entre dans une foule de préparations pharmaceutiques.

La coloquinte est un violent purgatif ; si on l’administre à dose trop considérable, elle occasionne des selles sanglantes, et peut agir comme poison . Geoffroy prétend même qu’appliquée à l’extérieur du ventre , elle détermine des déjections , et M. Orfila a vu que trois gros, introduits dans l’estomac d’un chien , suffisaient pour le faire périr en une journée.

COURGE. Cucurbita. Fleurs monoïques. Corolle subcampaniforme ; ëtamines triadelphes ; trois stigmates. Pe'ponide ; semences échancrëes ou bordées.

Ce nom vient de cucurbitus , vase.

} Ç. coîucynthis.

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La Courge potiron 1 , qui est originaire de l’Inde , porte des fruits qui deviennent réellement monstrueux ; on en a vu peser jusqu’à soixante livres. Le goût de leur pulpe est d’autant plus sucré que celle-ci a une teinte d’un jaune orangé plus foncé. Il y a une variété de potiron dont les fruits sont verts; ceux-ci sont moins agréables au goût, mais ils ont la propriété de se conserver plus de tems.

Les médecins grecs faisaient usage de cette courge ; Hippocrate la regardait comme rafraîchissante. Ce fruit, d’abord usité en médecine, a ensuite pris place parmi nos alimens ; on en fait une foule de préparations culinaires, jusqu’à des beignets , des petits pains et des confitures ; dans les pays qui sont favorables à sa culture , on engraisse meme les bestiaux avec lui ; ses semences peuvent donner une certaine quantité d’huile , que l’on nomme Huile de terre pour la distinguer de celle que l’on obtient des fruits du noyer. Un arpent de terrain peut porter jusqu’à quatre mille potirons, dont on peut extraire mille cinq cents livres de graines qui peuvent donner de cinq cents à mille livres de cette huile.

La Pastèque, ou melon d’eau 2 , qui croît dans l’Inde et le Levant, possède un fruit qui offre une chair d’un beau rouge, renfermant des semences noires. Ce fruit, d’une saveur douce et légèrement sucrée , se débite abondamment par trancheSr dans toutes les villes du midi de la France et en Italie ; il se résout en eau dans ta bouche, ce qui lui à valu son nom , et il y produit une sensation de froid fort agréable.

La Courge calebasse 3 est employée à une foule d’usages ; son fruit exhale une odeur de musc ; sa chair est amère et purgative ; mais il paraît cependant que les Egyptiens la mangent à l’aide de la cuisson. Ce fruit doit principalement son emploi à son écorce solide , qui le rend propre à faire des vases de forme variée ; tantôt il présente un long goulot 7

t C. maximus.

2 C. citrullus. L.

3 C lagenaria. L.

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telle est celui de la variété nommée Courge bouteille ; tantôt il offre un étranglement, et il sert aux voyageurs , à cause de sa légèreté, pour porter quelque boisson : c’est la Courge despélerins ; d’autres variétés ont des fruits alongés serpentiformes ; c’est la comparaison delà forme des calebasses avec celle de la partie inférieure de certains vases distillatoires qui a fait nommer ceux-ci cucurbites par les premiers chimistes. Ces fruits sont adaptés à presque tous les usages de la vie; les sauvages en font des vases ; d’autres fois, remplis d’air, ils servent en guise deliége pour apprendre à nager ; enfin, les nègres transforment ces fruits en un instrument de musique .

* * Polypé taies.

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