FAMILLE DES SANTAL ACÉES
Périanthe monosépale , à trois à cinq divisions ; trois à cinq étamines ; ovaire uniloculaire , à deux à quatre ovules pendans. Fruit coriace ou charnu , renfermant ordinairement un noyau monosperme.
Cette famille a été établie par R. Brown pour certains genres appartenant particulièrement aux éléagnées, mais qui diffèrent d’elles par leur ovaire libre et monosperme.
SANTAL. Sanialum . Perianthe tubuleux , quadrifide , offrant quatre écailles glanduleuses ; quatre étamines. Baie drupacée.
C’est de l’arabe ssandal que l’on a formé le nom de ces végétaux , qui sont tous des arbres ou des arbrisseaux indigènes de la Nouvelle-Hollande et des îles de l’Inde ou de la Mer du Sud .
Le Santal blanc 2 est un arbre qui a l’aspect du myrte ; il croît dans l’Inde et au Chili ; son bois a une odeur agréable ; il était inconnu aux Grecs , mais , au contraire , fort en usage dans la médecine arabe , où il passait pour alexipharmaque ; les médecins indiens l’emploient pour le traitement des fièvres ; c’est un médicament stimulant et sudorifique dont on fait peu d’usage en France.
Le Santal citrin 3 est une espèce voisine de la précédente.
i II vulgaris. 3 S.freycinetianum. Gaudich.
•i S. album.
SANTALACÉES.
On avait cru que la différence des bois que l’on nommait Santal blanc et Santal citrin n’était due qu’à ce que l’un était l’aubier et l’autre le cœur de l’arbre, ou qu’on les tirait de végétaux de différens âges. M. Gaudichaud a reconnu qu’ils appartenaient à deux espèces. Le santal citrin croît au Malabar, aux îles Marquises et ailleurs. Les Chinois font une grande consommation de ce bois ; chez eux il est employé à des usages fort variés ; ils préfèrent celui qui est d’un beau jaune pour les ouvrages de marqueterie et la confection des vases , et ils brûlent celui qui est moins coloré dans leurs temples ou leurs habitations , pour les parfumer ; c’est avec lui qu’ils consument les morts des familles riches et que cellesci font faire leurs cercueils. Par le grand usage qu’ils en font, les Chinois ont presque dépeuplé l’Océanie de ce santal , région plus voisine d’eux que les Moluques , où ils sont aujourd’hui obligés d’en aller charger leurs vaisseaux. Maintenant, en Europe, on exécute un assez grand nombre d’ouvrages de tabletterie en bois de santal.
THÉSION. Thesium. Périanthe tubuleux , à quatre ou cinq examines. Fruit calicifère.
Selon Pline, le ônrstou des anciens n’a aucun rapport avec le nôtre. La plante qui portait ce nom radical chez les Grecs le devait, d’après ce que dit Thimachide, à ce qu’elle passait pour avoir fait partie de la couronne que Thésée donna à Ariane. Les thésions sont des végétaux herbacés ou ligneux , dont le plus grand nombre est indigène du cap de Bonne— Espérance .
Le Thésion à feuilles de lin 1 est commun en France. Il vient dans toute l’Europe , ainsi qu’en Afrique et en Asie.
OSYRIS. Osyris. Fleurs dioïques. Périanthe a troh$ divisions ; mâles triandres.
L’Osyris blanc 2 ou Rouvet , est un petit arbuste portant
i T. linophyllum. 2 O. alla.
CLASSE XI
des espèces de drupes rouges , ombiliqués à leur sommet ; il est commun dans le midi de la France ; c’est la seule espèce que l’on connaisse , et probablement elle n’a aucun rapport avec cette plante divine , ainsi que dit Pline , appelée en Egypte Osyris , et qui guérissait de tous les maux , ni avec cette autre dont les longs rameaux servaient aux Romains pour battre leurs vêtemens.