‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 23 sur 87 · FAMILLE DES ARAL1ACÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES ARAL1ACÉES

Calice entier ou denté ; corolle penta ou hexapétale ; cinq ou six étamines ; deux à douze styles. Capsule ou baie ordinairement à cinq ou dix loges.

Les araliacées sont des arbres ou des plantes herbacées à feuilles alternes , et dont les fleurs sont disposées en ombelles .

GUSSONIE. Cussonia. Corolle à cinq pétales trigones , pentandre. Capsule biloculaire.

C’est à P. Cusson , professeur de botanique à Montpellier, que l’on a dédié ce genre , qui ne comprend que deux arbustes du cap de Bonne-Espérance.

ARAL1E. Aralia. Calice quinquédenté ; corolle pentapétale. Baie quinquéloculaire.

Ce genre , dont le nom est américain , renferme des végétaux pour la plupart indigènes du nouveau continent.

ARALIACEES .

GINSENG. Panax. Fleurs polygames. Calice quinquédenté ; corolle pentapétale , pentandre , distyle. Baie biloculaire.

Le mot •TTcLVaJç , veut dire panacée universelle ; ginseng est un nom chinois qui signifie homme plante ; il est dû à la ressemblance des racines de plusieurs de ces végétaux avec la forme humaine. Les Iroquois donnaient à ceux-ci une appellation analogue en les nommant garent-oqucn, cuisse d’homme.

Les ginsengs sont des arbres , des arbustes ou des végétaux herbacés ; ils habitent généralement les régions tropicales des deux continens, et principalement les îlesqui avoisinent l’Inde.

Le Ginseng à cinq feuilles1, est une espece herbacée qui croît dans la Tartarie chinoise et l’Amérique septentrionale. Sa racine était regardée comme un des plus précieux dons de la nature ; les noms que lui donnent les Japonais et les Chinois signifient la première des plantes , la merveille de V univers. On avait meme chez ces peuples une si haute opinion de ses vertus que l’empereur Rien-Long disait qu’elle rendrait l’homme immortel, si quelque chose pouvait jouir de cet avantage.

Anciennement les Chinois avaient une peine extrême à se procurer du ginseng ; on était obligé , pour le cueillir, d’envoyer une armée de dix mille homme dans les contrées affreuses où il se trouvait, aussi sa racine se payait-elle au poids de l’or ; mais son prix diminua beaucoup , aussitôt qu’on eut découvert que cette plante croissait également dans l’Amérique septentrionale , car alors les Hollandais en approvisionnèrent les ports de l’Empire chinois, et ils en obtinrent de grands bénéfices jusqu’au moment où, pour empêcher le dépréciement de cette racine , les mandarins prétendant que celle qu’on leur apportait était fausse , en firent brûler les cargaisons. Le ginseng passait pour un remède souverain pour réparer les

i P. guinquefoliwn.

CLASSE XIIX.

épuisemens de toute nature , et l’on allait jusqu’à croire qu’il prolongeait la vie des vieillards ; aussi le voit-on appelé Esprit de terre et Recette d’immortalité , dans les livres chinois.

Ce fut en 1697 flue l*011^ connaître cette plante en France. Les rapports des missionnaires lui accordaient la plus grande confiance, mais la médecine rationnelle à bien vite démontré , comme on le pense, qu’elle ne jouissait nullement des propriétés emphatiques dont on l’avait dotée ; aussi en a-t— on rapidement abandonné l’usage en France, et maintenant, meme en Chine, elle n’est plus employée : il semble qu’elle y ait perdu ses vertus en y devenant abondante. Mais , il faut le dire , quoiqu’on reconnaisse dans l’encyclopédie chinoise des figures de ginseng, qui se rapportent bien au panax quinquef olium , cependant d’autres plantes ont aussi été décrites sous ce nom dans les ouvrages chinois.

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