OMBELLIFÈRES
plantes qui la composent ; le premier a essayé d’y établir plusieurs coupes génériques , d’après la présence ou la disposition des espèces de faisceaux de vaisseaux propres , qu’il appelle Bandelettes ou vittœ , et qui se trouvent dans le fond des sillons du fruit, valUculœ. Sprengel a distribué plus naturellement cette famille qu’on ne l’avait fait avant lui, et nous suivrons sa méthode qui est principalement basée sur la structure du fruit; la disposition de l’involucre ou de l’involucelle offrant de trop grandes anomalies, pour pouvoir servir exclusivement.
1. ÉRYNGIÉES. Ombelles incomplètes; inflorescence ordinairement en capitule.
PANICAUT. Eryngium . Fleurs capite'es, à réceptacle paléacë ; inyolucre polyphylle. Calice à cinq lobes raides ; pétales échancrés ou bifides. Fruit ovoïde , strie , calicifère.
Ce nom est dérivé de spvyyiov , éructation. Ces végétaux ont un réceptacle que l’on peut considérer comme une réunion de rayons d’ombelle qui se sont soudés; certaines espèces sont remarquables par la belle couleur bleue dont se teint toutes leurs parties supérieures. Les panicauts babîtentles deux hémisphères ; Pline dit que les racines et les tiges de plusieurs étaient admises sur la table des Grecs ; les Germains et les Gaulois en faisaient aussi usage , et dans quelques pays on mange encore leurs jeunes pousses comme des asperges.
Le Panicaut des champs 1 , qui est commun dans nos campagnes, est appelé vulgairement Chardon à cent tètes, et Chardon Roland ou plutôt Rouland. Selon Bory- de-Saint— Vincent, ces derniers noms proviennent de ce qu’en Castille, où il est fort abondant , les vents de l’automne l'enlèvent et
E. campcstre.
CLASSE XIII
le roulent dans les ravins où ils l’accumulent en masses énormes que les paysans exploitent pour leur chauffage . La racine de cette espèce est amère et aromatique ; on la mange , selon de Candolle , dans quelques pays, après l’avoir fait cuire . Dioscoride dit que de son tems on se nourrissait avec ses feuilles. Cette plante a été employée en médecine comme diurétique et fondante , Hoffmann et quelques autres praticiens disaient avoir guéri la phthisie par son usage ; elle est inusitée aujourd’hui.
EGHINOPHORE. Echinophora . Involucre tri ou quadriphylle ; involucelle monophylle , turbiné. Fleurs externes mâles ; les internes femelles. Akène unique , fertile.
Les échinophores ont un nom dérivé de s^ivoç , hérisson, et de tyepco , je porte. Ils sont remarquables par les pédicelles de leurs fleurs mâles qui dégénèrent en épines. L’Europe est leur patrie.
SANICLE. Sanicula. Fleurs capitées ; involucelle. Pétales entiers , réfléchis au sommet. Diakène ovoïde , aigu , hérissé de pointes uncinées.
Ce nom, qui est dérivé de sanare , guérir, indique la grande confiance qu’inspirait la Sanicle d’Europe, pour le traitement des contusions et des fractures.
La Sanicle du Maryland 1 est employée contre la syphilis par les sauvages et quelques médecins américains.
ASTRANGE. Astrantia. Involucre di ou triphylle ; involucelle coloré. Pétales bilobés. Akènes à cinq côtes spongieuses.
Les astrances portent un nom qui provient de etfrpov, astre,
S. mnrylanâicn.
OMBELLf FERES .
et deetvn , semblable; elles habitent l’Asie, l’Afrique et l’Europe ; l’éclat de leur involucre corolliforme les fait cultiver pour l’ornement.
II. HYDROCOTYLINÉES. Involucre nul ou subnui ; ombelles imparfaites. Fruit ovoïde , solide.
HYDROGOTYLE. Hydrocotyîe. Ombelle simple, involucrée. Pétales entiers , ovales , égaux , étalés. Diakène lenticulaire , bilobé ; semence distincte du péricarpe.
Hydrocotyle vient de vfoop , eau, et de kotvku gobelet. Ces végétaux sont disséminés sur tous les points du globe ; ils se plaisent dans les lieux aquatiques.