V. SMYRNIEES. Involucre ordinairement
i A. petroselinum.
3oo
CLASSE XIII
nul. Fruits subéreux extérieurement , solides ou comprimés.
M AGERON. Smyrnium. Pétales acuminés , subégaux , faiblement infléchis. Fruit ovoïde; akènes à trois cotes.
Le Maceron commun 1 , nommé aussi Gros persil de Macédoine , et qui croît dans l’Europe méridionale, était autrefois employé comme plante potagère , ou dans l’art médical.
CACHRYDE. Cachrys. Involucre polyphylle , réfléchi. Pétales lancéolés. Diakène très-gros , ovoïde , lisse ou velu.
Ces végétaux habitent la Sibérie , l’Afrique et la France.
La Cachryde odontalgique a, qui est extrêmement acre, est employée sur les bords du Yolga comme sialagogue.
GRITHME. Crithmum. Involucre et involucelle polyphylles. Pétales roulés, égaux. Diakène ovoïde, comprimé, strié.
Le Crithme maritime 3, qui est aussi appelé Criste-marine, se trouve sur les rochers qui bordent les mers d’Europe. On mange ses feuilles charnues , après les avoir fait confire dans du vinaigre. Hippocrate administrait cette ombellifère dans quelques maladies ; aujourd’hui certains médecins la regardent comme diurétique.
CORIANDRE. Coriandrum. Involucre nul ; in-
î S. olusatruni.
2 C odontalgica.
3 C. /nantir num.
OMBELLIFERES.
3oi
volucelle polyphylle. Pëtales infléchis, cordiforrn es , inégaux. Diakène sphérique.
La Coriandre cultivée 1 est originaire de l’Italie , et s’est presque naturalisée en France ; ses feuilles et ses fruits , à l’état frais, exhalent une odeur de punaise fort prononcée, à laquelle elle doit son nom générique , qui est un dérivé de x,opiç, punaise; mais ces derniers, parla dessication, contractent au parfum agréable qui les fait employer pour donner du goût au pain , aux pâtisseries ou aux sauces , ou pour confectionner des dragées et diverses liqueurs , Cependant quand on les mêle en trop grande abondance aux ragoûts, ainsi que cela a lieu au Pérou , ils leur communiquent une odeur infecte. Ces semences passent pour carminatives et stomachiques , on dit qu’elles ont parfois guéri des fièvres intermittentes.
CICUTAIRE. Cicutaria. Involucre ordinairement uniphylle ou nul ; involucelle de trois à cinq folioles. Pétales cordiformes , subégaux. Fruit globuleux , subdidyme ; akènes à cinq côtes.
La Ciculaire vireuse 2, qui se trouve dans les marais du nord de la France, est une des ombellifèresles plus vénéneuses; elle agit à l’instar des poisons narcotico-âcres , et l’on connaît plusieurs accidens funestes occasionnés par sa racine que l’on avait prise pour celle du panais. Elle tue les bestiaux qui en mangent , à l’exception des chèvres et des cochons ; on dit même que cette plante rend délétère les eaux stagnantes dans lesquelles elle croît , et Linnée attribue à son usage la mortalité considérable qui régna de son tems sur les animaux de la province de Tornéo. Dans l’Europe septentrionale, comme on ne possède pas la grande ciguë , on lui substitue la
i C. sativum.
2 C. vira sa.
CLASSE XIII
cicutaire vireuse ; mais il ne faut le faire qu’avec précaution , car elle est plus énergique qu’elle.
ÉTHUSE. Æthusa. lnvolucre nul ; involucelle de trois à cinq folioles unilatérales , pendantes. Pétales cordiformes , inégaux. Fruit ovoïde ; akène à cinq côtes simples.
Ce nom, qui est dérivé de cuôœ, je brûle , indique l’acreté de séthuses.
L’Etbuse petite ciguë «, qui est aussi appelée Ciguë des jardins, doit être considérée comme une des ombellifères les plus vénéneuses ; elle croit souvent parmi le persil et le cerfeuil , et elle est alors cueillie avec eux et introduite dans nos alimens, aussi la voit-on fréquemment donner lieu à des empoisonnemens dont les symptômes sont les mêmes que ceux produits par la grande ciguë ; 'S icat a vu la mort en être la suite six heures après l’ingestion de la plante , et Orfila a observé que sept onces du suc de celle-ci suffisaient pour tuer un chien en une heure.
Presque tous les auteurs s’évertuent à tracer des caractères qui empêchent de confondre le persil et l’éthuse. Cependant , dans aucune période de leur développement , cette confusion n’est possible. La petite ciguë offre une tige légèrement striée, et d’une couleur foncée en bas , tandis qu’elle est glauque supérieurement ; ses feuilles sont trois fois divisées , et ses folioles petites et fines ont une couleur d’un vert noirâtre , et exhalent une odeur vireuse quand on les écrase ; cette plante n’a point d’involucre, et son involucelle est latéral, pendant, et ne présente que trois à cinq folioles linéaires ; ses pétales sont blancs et irréguliers , et ses diakènes ovoïdes et chargés de dix côtes saillantes. Dans le persil, au contraire, la tige est grosse , cannelée profondément et d’un vert
i Æ. cjriapiurn.
OMBELLIFERES.
clair ; les (cailles ont cette meme teinte , elles ne sont que deux fois ailées ; leurs folioles sont larges et cunéiformes , et quand on les écrase elles exhalent l’odeur agréable que tout le monde connaît ; dans la plante alimentaire il y a un involucre de six à huit folioles , et un involucelle circulaire de huit à dix ; ses pétales sont égaux et jaunes , et ses fruits alongés ne présentent que quelques stries à peine saillantes.
Selon nous ou pourrait bien plutôt confondre la petite ciguë avec le cerfeuil, son feuillage s’en rapprochant beaucoup ; mais on l’en distinguera en ce que, dans ce dernier, l’involucelle est complet, et les diakènes beaucoup plus alongés.
TORDYLE. Tordylium. Involucre et involucelle polypliylles. Pétales bifides, étalés. Diakène comprimé , à bords saillans , crénelés.
Le Tordyle officinal *, qui, ainsi que ses congénères, habite l’Orient et l’Europe méridionale, servait d’aliment aux Turcs, à ce que ditBelon ; on lui accordait autrefois quelques vertus médicales.
VI. CAUCALIDÉES. Involucre polyphylle. Fruits hispides ou épineux.
GAUGALIS. Caucalis. Involucre presque nul ; involucelle à folioles simples. Pétales cordiformes , les marginaux souvent bifurqués et plus grands. Diakène hérissé d’aspérités raides.
Cette appellation, qui a été donnée par les anciens à plusieurs ombellifères , provient de KcLVK&kiç , tige couchée. Ces végétaux habitent presque tous les environs de la Méditerranée.
T. officinale.
CLASSE XIII
CAROTTE. Daucus. Involucre pinnatifide ; un involucelle. Fleurs centrales petites ou avortées. Pétales cordiformes. Diakène hérissé de poils raides.
Daucus est dérivé de S'etteo , j’échautfe , et indique la propriété stimulante de ces plantes ; carotte vient du celtique car, qui signifie rouge. Ces végétaux croissent presque tous vers la région Méditerranéenne, surtout en Afrique.
La Carotte édule 1 , qui se trouve en France à l’état sauvage , est devenue par la culture une de nos principales plantes potagères ; elle exige un sol profond , léger et un peu sablonneux. C’est en automne ou après l’hiver qu’on la sème dans le nord de la France ; comme ses graines sont garnies de poils par lesquels elles s’accrochent , pour les semer plus facilement on les mêle avec du sable fin. Malgré l’autorité de Rosier , c’est une pratique vicieuse que de les transplanter , car alors leur pivot se bifurque ou il s’enfonce moins profondément ; il vaut mieux les éclaircir et élaguer les individus les moins vigoureux. Margrave avait découvert que le suc de la carotte contenait du sucre liquide ; Bouillon -Lagrange et Parmentier l’ont reconnu également, et- ce dernier dit que trois livres trois onces de suc peuvent fournir une livre deux onces de sirop de sucre. Forster , Hunter, et Hornby d’Yorck ont retiré de bonne eau-de— vie de cette racine en laissant fermenter le liquide que l’on en obtient.
La racine de la carotte forme un aliment sain , qui parfume ceux avec lesquels on le mélange. En Egypte, on la confit au vinaigre, et parfois chez nous on en fait des confitures. Maintenant, à l’imitation des Anglais, nous cultivons cette plante en grand pour les bestiaux ; elle leur offre une nourriture fort substantielle, et les engraisse d’une manière rapide.
i D. carota.
ÛMBELLIFERES .
Miller assure qu’un arpent de terre ensemencé avec elle donne plus de fourrage que trois arpens de navets. Les bœufs , les moutons, les chevaux et les porcs paraissent s’en nourrir avec plaisir, et l’on remarque, dit Bosc , que cette racine augmente la quantité du lait des vaches , et donne à celui-ci une qualité supérieure. La facilité que l’on a de la conserver ajoute encore à son prix , car il sixflit pour cela de la garantir du froid.
La racine de la carotte était employée par Arétée contre l’éléphantiasis ; dans la suite, elle a été regardée comme efficace pour combattre le cancer , et Desbois de RoChefort et JBouillon-Lagrange pensèrent qu’elle était utile pour apaiser ses douleurs ; mais Bayle et Cayol , dont l’autorité est si recommandable , l’ont regardée comme n’améliorant nullement cette maladie. Les semences de cette plante sont stimulantes ; les Anglais les prennent parfois en infusion théiforme ; on les croit diurétiques.
Une espèce de ce genre 1 , qui croît aux environs de Bone -, en Afrique, sert aux Turcs et aux Arabes, ainsi que dans le midi de la France, pour faire des cure-dents qui parfument la bouche et que l’on dit propres à fortifier les gencives.
ATHAMANTE. Athamanta. Involucre et involucelle. Pétales subégaux. Diakène ovoïde, strié, pubescent.
Ce nom est celui d’Athamas , roi de Thèbes , ou il rappelle une montagne de la Thessalie.
L’Athamante libanote 2 , qui habite la France, était regardé par Linnée comme étant le libanotis des anciens, qu’ils administraient contre l’épilepsie.
BUBON. Bubon. Involucre et involucelle. Pè¬
se
i D. visnnga.
i A. libanotis.
CLASSE XIII
taies lance'olés , recourbés. Diakène ovoïde , strié, velu ou glabre.
Bubon vient de CovQcov, aine, et signifie : qui guérit les inflammations de l’aine .
Le Bubon galbanum 1 est un sous-arbrisseau indigène de l’Ethiopie, et dont, à l’aide d’incisions, on obtient une gommerésine solide, à cassure vitreuse, que l’on nomme Galbanum. Cette substance, qui se distille spontanément aussi des articulations de la tige pendant les fortes chaleurs, servait en guise d’encens aux Orientaux , pour parfumer leurs appartemens. Chez les anciens , le galbanum était assez souvent administré en médecine. Aujourd’hui il est presque abandonné; seulement il entre encore dans une foule de médicamens inventés par la polypharmacie qui a précédé notre doctrine rationnelle.
BUNIUM. Bunium . Involucre rarement nul ; involucelle polyphylle. Pétales cordiformes , inégaux. Diakène ovoïde, strié.
C’est de Covvoç, éminence, qu’est dérivé ce nom, qui indique l’habitat de ces ombellifères.
Le Bunium terre noix 2., qui croît dans nos champs , offre une racine tubéreuse de la grosseur d’une châtaigne. Les paysans l’emploient pour leur nourriture , dans la Bourgogne, où l’on dit qu’on en extrait parfois plusieurs voitures d’une seule pièce de terre.
Vil. SCANDIGINÉES. Involucre ordinairement nul. Fruits pyramidaux , alonge's, à sommet bicuspide.
SCANDIX. Scandix. Involucre ordinairement nul;
i B. galbanum.
’i B. bulbocastanurn
OMBELLIFÈRES. 3o*2
involucelle. Pétales échancrés, inégaux. Diakène hispide , surmonte d’une très-longue pointe.
Les Grecs appelaient ainsi une de leurs plantes alimentaires, que l’on croit être le scandix pecten qui habite l’Europe.
CERFEUIL. Chœrophyïlum . Involucre nul; involucelle. Pétales échancrés , inégaux. Diakène alongë , lisse ou strié.
Cette appellation provient de %cupco, je réjouis, et de tyvhhov, feuille : elle indique l’agréable odeur des organes foliacés de ces plantes.
Le Cerfeuil cultivé *, qui croît spontanément dans l’Europe méridionale, est soigné dans tous les potagers pour la consommation culinaire. On lui prête quelques vertus médicales; certains médecins le regardent comme dépuratif et antiscorbutique ; d’autres l’ont vanté dans la phthisie.
Le Cerfeuil musqué 2, aussi appelé Cerfeuil d’Espagne, est rangé en Suède parmi les plantes alimentaires.
Le Cerfeuil sylvestre est regardé comme délétère par Bulliard et Orfila; mais cette assertion demande à être confirmée. Le Cerfeuil tacheté passe également pour dangereux.
Vlll. AMMÏDEES Fruits ovoïdes, munis de côtes très-marquées.
CUMIN. Cuminum. Involucre et involucelle à peu de folioles. Pétales subégaux , légèrement échancrés. Diakène ovoïde , strié.
Le Cumin officinal 3 , qui est originaire de l’Egypte, est
t C. sativwn. 3 C. cyminum .
‘-i C. odoratwu.
CLASSE XIII
cultivé parles peuples du nord de l’Europe, qui, à l’imitation des Turcs, font entrer ses früîts dans leur pain et leurs fromages. Ils sont aromatiques, stimulans , et on les emploie principalement dans la médecine vétérinaire.
BERLE. Sium. Involucre et involucelle polyphylles. Pëtales cordiformes. Fruits ovoïdes ou subpyramidaux; akènes à cinq côtes.
Ce nom générique est d’origine chaldéenne.
La Berle de la Chine 1 , ou le Ninzi, est potagère dans ce pays ; ses racines y sont regardées comme un excitant puissant. Margrave a extrait du sucre de celles de la Berle chervi , que l’on cultive et que l’on mange dans le nord de l’Europe.
GIGUE. Conium. Involucre polyphylîe; involucelle triphylle , latëral. Pëtales inëgaux , cordiformes. Diakène subglobuleux , à côtes tuberculeuses.
Conium est une traduction presque littérale de Kaveiov , qui est le nom qu’Hippocràte donnait à la ciguë.
La Ciguë maculée 2 , ou Grande ciguë, habite les endroits secs de l’Europe ; elle est bisannuelle et présente une tige striée, glabre et fistuleuse, marquée de petites taches pourpres à sa partie inférieure ; ses feuilles sont trois fois ailées et glabres ; ses involucelles sont formés de trois folioles membraneuses et unilatérales ; les fleurs de cette plante sont blanches ; chacun de leurs akènes offre cinq côtes crénelées. La ciguë exhale une odeur fétide et nauséeuse. M. Brandes l’a trouvée composée d’une matière particulière qu’il nomme Cicutine ou Conéine; d’une huile très-volatile, odorante ; de résine ; de matière colorante et de sels. M. Giseke a extrait de ses semences un principe alcalin, jaune, d’une odeur vireuse,
S. ninzi.
2 C. maculatum .