‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 30 sur 87 · IX. SELINEES. Fruits comprimés , plans , souvent ailés · texte numérisé non relu

IX. SELINEES. Fruits comprimés , plans , souvent ailés

SELIN. Selinum. Involucre ou non ; involucelle. Pétales cordiformes , égaux. Diakène ovoïde , comprimé, costulé, à bords membraneux aliformes.

Ce nom provient de rehtivn , lune, et indique la forme des semences de quelques sélins. Ces plantes habitent l’Europe.

Le Sélin des bois 2 passe pour diurétique et emména-, gogue ; les habitansde l’Amérique l’emploient pour se purger.

PEUGEDANE. Peucedanum . Involucre et involucelle. Pétales oblongs , égaux , recourbés au sommet. Diakène strié , à bords subailés.

Cette dénomination est dérivée de rrsvKëS'ccvoç, petit pin ^

i L. levisticum.

x S. sylvestre.

CLASSE XIII

elle indique que l’on retirait autrefois de ces plantes une espèce de résine.

Le Peucédane officinal 1 , dont les fleurs sont jaunes, et qui habite l’Europe méridionale, était anciennement employé en médecine; aujourd’hui il est inusité. Il en est de meme du Peucédane silaüs qui passait pour diurétique et lithontriptique.

BERGE. Hercicleum. Involucre et involucelle polypliyl les. Pe'tales inégaux , bifurqués. Fruit elliptique, très-comprimé, strié , échancré au sommet ; akènes à bords souvent membraneux.

C’est à Hercule que ces plantes ont été consacrées , parce que ce fut lui qui , d’après Pline , enseigna leurs usages.

La Berce de Sibérie 2 sert d’aliment dans le pays qu’elle habite , et l’on en extrait une liqueur alcoolique fort en usage.

La Berce spondyle, qui vient en France , est vénéneuse , selon Decandolle , lorsqu’elle s’est développée dans un endroit aquatique. On a pensé pendant un tems que c’était elle que les habitans du nord de l’Europe faisaient entrer dans leur boisson , mais cette assertion ne paraît pas exacte.

PANAIS. Pastinaca. Involucre et involucelle ordinairement nuis. Pétales subégaux, entiers , recourbés. Fruit suborbiculaire , très-comprimé , à bords subailés ; akènes trinervés.

Cette appellation provient de pastus , aliment. Les panais offrent des feuilles larges et lobées ; leurs fleurs sont jaunes ; ils habitent principalement les environs de la Méditerranée.

Le Panais cultivé 3 , qui croît spontanément en Europe , est

1 P. officinale.

2 H. sibiricum.

3 P. sativa.

OMBELLIFERES.

depuis longtems l’objet des soins de l’homme , à la nourriture duquel il contribue ; déjà les Romains, qui en faisaient un gÿand usage , le cultivaient dans leurs jardins , et Pline leur avait donné des préceptes à cet effet. C’est sa racine charnue et aromatique qui en est la partie usitée. MM. Poiret , Mérat et Delens disent qu’elle contient douze livres pour cent de sucre cristallisable. Dans quelques pays on cultive cette plante en grand pour l’alimentation des cochons et de quelques autres bestiaux. Ses graines ont été employées avec succès contre les fièvres par divers médecins.

Le Panais opopanax r, qui habite le midi de la France et i’Orient, laisse découler un suc gommo— résineux des incisions que l’on pratique sur ses tiges. Cette substance qui est brune , opaque et friable , est appelée Opopanax ; on la tire de la Syrie et du Levant, par Marseille ; les individus qui croissent en France n’en produisent pas ; selon M. Pelletier , cette gomme-résine est composée de résine 42>° 5 gomme 33,4 ; cire o,3 ; amidon 4>2> extractif et acide malique 4>4 * ü" gneux g, 8 ; huile volatile et perte 3,9, et de traces de caoutchouc ; elle est tonique et excitante ; on s’en sert peu ; cependant, quelques médicamens composés en contiennent des proportions plus ou moins considérables.

ANETH. Anethum. Involucre et involucelle nuis. Fleurs jaunes. Pétales entiers , roulés. Diakène ovoïde , oblong , comprimé , strié.

Ce mot vient de ecvnôov qui est dérivé de auQco , je brûle.

L’Aneth puant2, qui croît dans la France méridionale et jusqu’en Normandie, était pour les Romains le symbole de la joie, ils s’en couronnaient dans leurs festins ; aujourd’hui celte plante est employée en Russie pour apprêter les alimens, et les Anglais assaisonnent ordinairement certains poissons avec

opopanax.

2 A. graveolens.

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ses feuilles. Ses semences sont stimulantes et carminatives; Dioscori<Je et Galien les croyaient narcotiques ; on en extrait une huile essentielle jaune , dans la proportion de deux livres sur cent , selon Thomson , et dont Cullen dit que les nourrices anglaises se servent contre les colliques desenfans.

L’Aneth fenouil 1 était extrêmement connu des anciens , qui lui accordaient une grande puissance contre les maladies les plus redoutables ; il avait même parmi eux la réputation de guérir la rage, appliqué sur la morsure de l’animal qui l’avait communiquée. Hippocrate le prescrivait comme propre «à augmenter la sécrétion du lait ; Pline lui prêtait la merveilleuse propriété de rajeunir les serpens ; aujourd’hui sa racine est regardée comme apéritive, et ses fruit sont rangés parmi les Semences chaudes ; ils contiennent une huile essentielle très-aromatique , qui les a fait employer en médecine comme toniques et stimulants ; dansquelques pays on les mêle au paiu pour lui communiquer un léger parfum. Les confiseurs les font entrer dans la composition de certaines liqueurs , ou en préparent des bonbons. En Italie on mange presque toutes les parties de cette plante en guise de céleri, soit crues , soit cuites.

FÉRULE. Ferula. Involucre nul ou à folioles linéaires ; involucelle polyphylle. Pétales cordiformes, étalés, égaux. Fruits ovoïdes, comprimés , subplans : akènes à trois nervures.

Ce nom A ient de ferire , frapper , parce que chez les Romains on se servait des tiges de férules pour corriger les écoliers ; c’est ce qui fit dire à Columelle qu’elles étaient fatales aux mains ; Martial les flétrissait ainsi dans ses épigrammes : Ferulœ tristes sceplra pedagogorum.

Ces ombellifères ont une tige lisse , des feuilles découpées et des fleurs jaunes . Leurs tissus sont abreuvés de sucs propres.

\ A.feniculurn. L.

OMBELLIFERES.

abondans , que l’on emploie en médecine Elles croissent en Asie , en Afrique et en Europe. Les tiges des férules étant molles et souples , Bacchus , par une prévoyance extraordinaire , avait ordonné que les hommes adonnés au vin ne se sera issent que de cannes faites avec ces plantes , afin d’éviter les blessures que se font souvent les gens ivres ; ordinairement les prêtres de ce dieu , pour montrer l’exemple , ne s’appuyaient que sur des tiges de férules. Le bois léger de celles-ci servait anciennement pour confectionner de petites boîtes et des étuis dans lesquels on renfermait les objets précieux : Strabon et Plutarque rapportent que c’était dans un semblable étui qn’Alexandre conservait les oeuvres d’Homère.

La moelle de ces ombellifères est très-inflammable ; cette propriété, qui était connue dés poètes anciens, leur fit supposer que Prométhée avait ravi le feu du ciel dans une tige de férule, pour vivifier son image humaine. Aujourd’hui, pour les pâtres de l’Italie et de la Sicile , c’est cette moelle qui remplace l’amadou. Il paraît que les fleurs de ces végétaux étaient employées pour la toilette des dames romaines ; Pline , dans un long chapitre où il énumère celles qui servaient à leur coiffure , dit que les bouquetières y faisaient entrer des corolles de férules .

La Férule asa fétida 1 , que l’on a parfois écrit assa , par erreur, parce que ce nom provient du mot hébraïque asa s qui signifie guérir , est une plante vivace qui croît spontanément dans l’Orient , et qui fut découverte 617 ans avant l’ère vulgaire ; Dioscoride, qui en parle, lui assigne déjà la Perse pour patrie , et Kœmpfer a eu l’occasion de reconnaître qu’elle y croît encore en abondance ; on la trouve aussi dans l’Inde , la Syrie et la Lybie.

C’est cette ombellifère qui fournit la gomme nommée asa fœiida , dans les officines : elle s’écoule sous la forme d’un suc blanc qui bientôt jaunit et se concrète. Kœmpfer dit que c’est à la fin de la belle saison que se fait sa récolte , et qu’on

1 F. asa fœtida.

y prélude par l’arrachement des feuilles, quarante jours avant. Ce voyageur rapporte qu’à l’époque de ce travail les Persans abandonnent en masse leurs villages, pour se rendre dans les localités où abonde la férule résinifère ; puis ils coupent sa racine, qui a parfois la grosseur de la cuisse humaine, couvrent la section avec de l’herbe , et au bout de deux jours viennent recueillir le suc qui s’en est écoulé , et pratiquer une nouvelle section . Ils font ensuite solidifier ce suc au soleil , et quand il est devenu sec , cassant, il constitue Y asa fœlida du commerce. Celui-ci est composé de résine, d’huile volatile, de gomme , de bassorine , de malate de chaux , et en plus quelques chimistes y ont reconnu du phosphore et du soufre , dernier corps qui explique pourquoi ses émanations noircissent l’argent. Cette substance exhale une odeur que les Européens regardent comme extrêmement fétide, et qui lui a valu le surnom de stercus diaboli de la part des Allemands; au contraire , les peuples de la Perse considèrent l’asa fœtida comme si agréable qu’ils l’ont nommé mets des dieux ; et dans ce pays , ainsi que dans l’Inde , c’est un condiment employé journellement : La Harpe rapporte qu’à Surate son usage est si considérable que l’air des rues de la ville en est totalement infecté. Il est probablement tout aussi cher aux habitans de l’Abyssinie , puisque Bruce dit que les jours où l’on apporte de Y asa fœtida aux marchés on est obligé d’employer des soldats pour contenir la foule des acheteurs.

Dans l’Asie cette gomme-résine est fort peu usitée comme médicament ; cependant Ainslie rapporte que les brames en prennent ordinairement, parce qu’ils la considèrent comme stomachique et aphrodisiaque. Boerhaave regardait Y asa fœtida comme le plus énergique des antispasmodiques , et les médecins européens sont presque tous de son opinion ; il est fréquemment employé dans l’hystérie. Bergius en a fait usage avec succès comme fébrifuge, et Hoffmann contre les vers.

La Férule persique 1 a été regardée par quelques botanistes

i F. persica.

ombellifer.es .

comme fournissant le Sagapenum , appelé autrefois Gomme séraphique, à cause des grandes vertus dont on le croyait doué. La Férule commune 1 habite le midi de la France.

ANGÉLIQUE. Angelica. Involucre nul ou tri— phylle ; involucelle polyphylle. Akènes ovoïdes , comprimés , cannelés, à bords membraneux.

Ce nom fait allusion à l’arôme agréable et aux vertus médicales de ces végétaux, que Fuchs dit que l’on nommait autrefois , dans le même sens, Herbes du saint-esprit.

L’Angélique archangélique 2 se plaît dans les localités froides et humides de la Norwége et de la Laponie. Les peuples de ces deux états en font une grande consommation. Les Lapons se nourrissent de ses jeunes tiges et les mangent crues sur leur pain ; puis , quand elles sont arrivées à leur maturité, ils les dessèchent et les font cuire dans du lait de Renne; ils font aussi bouillir de cette manière ses boutons , et cela constitue un excellent stomachique. Les Norwégiens mêlent à leur pain la racine d’angélique , et celle-ci passe , parmi les Lapons , pour prolonger la vie , aussi ils la mâchent comme du tabac. Chez nous , on confit les tiges de cette ombellifère ou l’on en prépare des liqueurs ; tous les bestiaux recherchent l’angélique avec avidité , et l’on dit qu’elle communique au lait un arôme qui décèle ceux qui en font usage. Cette plante stimulante et aromatique entre dans un grand nombre de médicamens officinaux.

IMPER ATOIRE. Imperatoria. Involucre nul ; un involucelle uni ou diphylle. Pétales courbés , subégaux. Akènes comprimés , membraneux , à trois côtes aiguës et à bords ailés.

C’est aux vertus dont on les croyait douées que ces om—

i F. commurtis. i A. archangelica. L.

3ïo

bellifères ont dû cette appellation , qui provient d ’imperarc. Les impératoires diffèrent des angéliques par les côtes de leur fruit.

THAPSIE. Thapsia. Involucre et involucelle nuis. Pétales lancéolés , courbés. Akènes comprimés , striés , à deux ailes échancrées .

Dioscoride dit que le thapsia a dû cette appellation à l’île de Thapsos où il fut découvert. Ces végétaux habitent le bassin de la méditerranée.

La Thapsie villeuse *, qui croit en France, possède des racines âcres que l’on regarde comme antiherpétiques. D’autres espèces sont purgatives , ce qui leur a valu le nom de Faux turbith.

LASER. Laserpitium. Pétales subégaux , recourbés au sommet. Diakène ovoïde , à huit ailes membraneuses , intercostales.

On pense que c’est à ce genre qu’appartient le végétal qui produisait la gomme-résine qui, sous le nom de sylphion , était si précieuse aux Grecs , et que les Romains , pour lesquels elle n’avait pas moins de prix , appelaient laser. Ce végétal croissait dans les montagnes de la Cyrénaïque, et l’on nommait la contrée qu’il habitait Regio Sylphiphera ; sa découverte fut attribuée à Aristée , et eut lieu six cents ans avant J.-C. Peu de tems après , Hippocrate essaya infructueusement de le cultiver dans sa patrie.

Le laser était regardé par les Romains comme possédant les plus merveilleuses vertus ; on allait meme jusqu’à croire qu’il rajeunissait les vieillards, aussi le vendait-on au poids de l’or. A Rome on conservait, dans les trésor de l’état ,

i T. vil l o sa.

OMBELLIFERES.

celui que l’on possédait , et Pline dit que Jules César en Ht vendre cent onze livres pour subvenir aux frais de la guerre civile. Dans la suite, la plante célèbre qui produisait cette substance devint extrêmement rare , puisque l’on en présenta une à Néron , avec un grand cérémonial et comme une chose fort curieuse ; puis après , elle se perdit entièrement et ne fut connue que par les médailles que l’on avait frappées en son honneur , et sur lesquelles se voyait son effigie. Strabon et Pline attribuent à des causes différentes sa disparution ; le premier croit que ce furent les Barbares qui l’extirpèrent , et l’autre pense que les tributaires de Borne l’arrachèrent pour lui donner plus de prix.

Des longues recherches des antîquitaires et des naturalistes pour trouver le végétal qui produit le laser, il n’est encore résulté rien de bien positif ; quelques uns pensent <pu* c’est le lascrpitium gummiferum qui le fournît ; d’autres le laserpilium derias , que M. Pacho a retrouvé dans la Cyrénaïque.

ARTEDIE. Artedia. Invo lucre et involucelle pinnatifides. Fleurs centrales stériles , régulières ; les extérieures fertiles, irrégulières. Diakène environné d’une membrane lobée.

L’Artédie squammeuse 1 . qui croît sur le Liban , est l’unique espèce de ce genre, dédié à Tichtyologiste suédois Artédi.

LAGOECIE. Lagœcici. Ombelle simple ; involucre pinnatifide. Calice multifide ; pétales bicornes ; style unique. Akène unique.

La Lagoécie cuminoïde 2, qui croît dans l’orient, est

î A. squamrnata. •. i L. ciuninoides.

l’unique espèce de ce genre anomal, dont les caractères sont si remarquables, et dont le nom est dérivé de Kcryaç, lièvre, et de o/x-of, gîte.

FAMILLE DES ONAGRÉES.

Calice monosépale, à deux à cinq divisions ; corolle de deux a cinq pétales , quelquefois nulle, insérée au sommet du calice ; étamines en nombre ordinairement égal ou double des pétales. Capsule ou baie ordinairement pluriloculaire , polysperme.

Les onagrées sont ordinairement herbacées , et portent des feuilles simples, opposées ou éparses ; leurs fleurs sont axillaires ou terminales. Les genres macre, mentzélie et turnère, que nous avons décrits avec ce groupe , possèdent cependant des caractères qui s’en éloignent un peu , aussi ont-ils été transportés dans d’autres familles par quelques botanistes.

GERGODEE. Cercodea. Calice quadrilobé; corolle quadripétale , octandre. Baie sèche , tétragone , à quatre loges monospermes.

L’étymologie de ce nom , qui provient de KSpKoç, queue , et de eiS'of, forme , indique la disposition alongée des pétales des cercodées. Ces plantes sont des arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande .

LOPÉZIE. Lopezia. Corolle à cinq pétales inégaux ; une étamine ; capsule subquadrivaîve.

C’est à T. Lopez , savant espagnol , que ce groupe a été consacré. Il se compose de végétaux indigènes du Mexique,

onagrées.

CIRCEE. Circœa. Calice diphylle ; corolle dipétale , diandre. Capsule piriforme , indéhiscente , à deux loges dispermes.

C’est à Circée que ces plantes ont été dédiées , parce que , selon deTliéis, semblables à cette magicienne dont les charmes retenaient les voyageurs , elles arrêtent les passans par leurs fruits hérissés d’épines qui s’accrochent à leurs vêtemens. Les circées sont des végétaux herbacés qui habitent les lieux ombragés de l’Europe .

La Circée de Paris 1 doit ce nom à ce que les régénérateurs de la science la trouvèrent d’abord près de cette capitale ; on la nomme vulgairement Herbe aux magiciennes ; elle passait autrefois pour être anodine.

JUSSIEE.Jw^zVfæ. Calice quadriou quinquélobé; corolle à quatre ou cinq pétales ; huit ou dix étamines. Capsule à quatre ou cinq loges , s’ouvrant sur ses angles.

C’est à B. de Jussieu que ce groupe a été dédié ; il se compose de plantes herbacées ou de sous-arbrisseaux qui croissent, en général , dans les localités aquatiques de l’Amérique ou de l’Inde.

ONAGRE. GEnothera. Calice quadrilobé ; corolle quadripétale , octandre. Capsule cylindroïde ou tétragone , quadrivalve , quadriloculaire ; semences inaigre ttées.

Le nom de ces plantes provient de ovaypct , pâture d’âne ; elles sont indigènes de l’Amérique.

L’Onagre bisannuelle 2 , qui a été apportée en Europe vers

i €. lutetiana.

OE. bienuis.

CLASSF XIII.

i6i4 , après s'étre échappée des jardins , s’est naturalisée en France et en Espagne ; elle offre des racines charnues que les allemands servent sur leurs tables et qu’ils mangent crues ou cuites . Les porcs en sont très— friands .

GAURE. Gaura. Calice quadrilobé ; corolle te'trape'tale , oclandre ; ovaire quadriloculaire. Capsule uniloculaire, te'tragone.

C’est de yctvpoç , superbe , qu’est dérivé ce nom par lequel on a \oulu indiquer la beauté de ces plantes ; les gaures sont originaires de l’Amérique ; une seule espèce croît à la Chine.

EFILGBE. Epilobium. Calice quadrilobé'. Corolle te'trape'tale , octandre. Capsule grêle, tétragone , quadrivalve, quadriloculaire; semences aigrettées.

Ce nom , qui veut dire fleur violette sur la silique, est formé de S'tti , sur , de hoQoç , silique , et de iov , violette. Les épilobes sont des plantes herbacées , à fleurs pourpres ou roses , et dont un grand nombre se trouvent en France.

L’Epilobe en épi 1 , appelé vulgairement Laurier Saint- Antoine, croit spontanément dans nos bois et est cultivé comme ornement. Lémery accorde quelques propriétés médicales à ses feuilles ; aujourd’hui on ne les emploie nullement.

FUCHSIE. Fuchsia. Calice colore' , quadrilobé' ; corolle te'trape'tale , ordinairement plus de huit e'tamines. Baie quadriloculaire.

Ce groupe, dédié à T. Fuchs , botaniste du xvi®. siècle , est formé par des arbrisseaux originaires de l’Amérique.

La Fuchsie écarlate 2 est devenue excessivement commune dans nos jardins.

i E. spicatum.

3 F. coccinea

ONAGREES.

MACHE. Trapa. Calice quadrilobé ; corolle quadripétale , tétrandre. Noix uniloculaire , portant deux ou quatre épines.

La Maere nageante 1 produit un fruit que ses quatre pointes ont fait comparer à une chausse— trape : c’est de ce rapprochement que provient son nom générique, qui n’est qu’une syncope de calcitrapa. Ce végétal croît dans les mares et les étangs de l’Europe et de l’Asie, et flotte à leur surface à l’aide des pétioles vésiculeux de ses feuilles ; ses noix renferment une amande farineuse dont la saveur est analogue à celle de la châtaigne ; on les mange depuis long-tems en Chine , où cette macre est devenue l’objet d’une culture régulière , en meme tems que l’on a pour elle une sorte de vénération. Bory de Saint Vincent appréciant l’avantage que l’on pourrait tirer des marais des environs de Bordeaux , en y faisant croître ce végétal , heureusement nommé Châtaigne d’eau, l’y a implanté il y a déjà un certain nombre d’années, et son essai a prospéré. 11 est actuellement commun en Bretagne.

Anciennement les habitans de la Thrace faisaient du pain avec les fruits de la macre , et il paraît que ceux-ci étaient regardés comme précieux par les Egyptiens, puisque l’on en trouve dans les cercueils qui contiennent des momies. Actuellement , dans plusieurs pays de l’Europe , les habitans des campagnes s’en nourrissent. On compte encore dans ce genre une ou deux espèces qui se rencontrent à la Chine et à la Cochinchine, mais ce ne sont peut-être que des variétés de la précédente.

MENTZELIE. Mentzelia. Calice quinquélobé ; corolle pentapétale ; étamines très-nombreuses , dont six plus longues. Capsule ovoïde, uniloculaire.

Ce genre a été dédié à C. Mentzel, médecin et botaniste

i T- notons-

CLASSE XIII

prussien ; il se compose de végétaux herbacés , indigènes des deux Amériques.

TURNÈRE. Turnera. Calice quinquélobé ; corolle pentape'tale , pentandre. Capsule uniloculaire, trivalve.

C’est à W. Turner, médecin et botaniste anglais, que ce genre a été dédié ; il est formé d’arbustes et d’arbrisseaux originaires de l’Amérique méridionale.

FAMILLE DES RIBESIOÏDES.

Fleurs ordinairement hermaphrodites. Calice quadri ou quinque'lobé ; corolle quadri ou pentapétale, rarement nulle ; quatre ou cinq étamines. Baie uniloculaire , polysperme , à deux trophospermes pariétaux.

Cette famille se compose d’arbustes inermes ou épineux , à feuilles alternes , lobées ou dentées ; leurs fleurs sont solitaires ou en grappes.

GROSEILLER. Ribes. Genre unique.

Les Arabes nomment rybes une espèce de rhubarbe que Tragus avait cru reconnaître dans les groseilliers.

Le Groseillier à maquereau l 2, le Groseillier noir a, ou cassis, et le Groseillier rouge 3 , ont des usages trop connus pour qu’il soit utile de s’appesantir sur leur histoire ; seulement nous dirons que les fruits de la dernière espèce renferment

1 R. grossularia.

2 R. nigru/n.

3 R. rubrum.

MELASTOMEES.

une grande quantité d’acide citrique , et qu’il serait avantageux d’en extraire ce produit. M. Filloy, pharmacien de Dijon, rapporte qu’on pourrait l’établir à environ six francs la livre, tandis qu’il en coûte communément trente dans le commerce.

FAMILLE DES MÉLASTOMÉES.

Galice monose'pale , entier ou divise' ; corolle de quatre à six pe'tales ; examines en nombre double ; anthères biloculaires à connectif supe'rieur ; stigmate simple. Fruit sec ou charnu, ayant trois à huit loges polyspermes.

Les mélastomées sont herbacées ou ligneuses ; leurs feuilles sont opposées, simples, et offrent des nervures longitudinales, parallèles et rapprochées; leurs anthères s’ouvrent ordinairement par un pore terminal.

MÉLASTOME. Melastorna . Corolle de quatre à six pétales ; anthères ayant parfois un appendice bicorne. Fruit charnu à trois à six loges.

Mélastome provient de noir, et de cTTo^est, bouche.

Ces végétaux sont herbacés ou ligneux , et ordinairement d’un aspect agréable; ils habitent les pays chauds.

BLAKEE. Blakea. Involucre e'cailleux. Calice hexagone ; corolle hexape'tale. Capsule à six loges.

C’est à E. Blakee , horticulteur anglais, que ces végétaux ont été dédiés ; ils habitent l’Amérique.

CLASSE Xllf.

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