‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 36 sur 87 · TEUCRIEES. Corolle unilabiée · texte numérisé non relu

TEUCRIEES. Corolle unilabiée

6UGLE . A juga. Calice quinquédenté. Corolle unilabiée ; lèvre à trois lobes , dont le moyen est cordiforme. Akènes réticulés.

L’étymologie de cette dénomination est obscure.

La Bugle rampante 2 , qui est très-commune dans nos bois , était anciennement considérée comme un excellent vulnéraire , et Muller et Rivière pensaient qu’elle guérissait la phthisie ; le tems a fait justice de ces illusions. Cette plante, à ce que rapporte Willemet, est alimentaire en Italie : on mange en salade ses jeunes pousses et ses racines.

GERM ANDRÉE. Teucrium . Calice quinquédenté; corolle unilabiée , profondément fendue en dessus; filets anthérifères situés dans la fente. Akènes non réticulés.

Selon Pline , ces plantes sont ainsi appelées , parce que ce fut Teucer, prince troyen , qui dévoila leurs propriétés. Les germandrées croissent principalement vers le bassin de la Méditerranée.

La Germandrée petit chêne 3 , qui porte un nom que les Grecs lui imposèrent à cause de la forme de ses feuilles, qui se rapprochent de celles du chêne, se trouve communément

3 T. chamœdris*

1 VF. rosnmrinifnlia.

a A. reptans.

en France. Cette plante passait en Egypte et en Italie pour être un bon fébrifuge ; dans ce dernier pays on y avait une telle confiance, que Mathiole dit qu’on la nommait Herbe à la fièvre ; le principe amer et tonique qu’elle contient peut en effet avoir eu d’heureux effets dans cette maladie. Cette germandrée a aussi passé pour excellente contre la goutte ; mais elle perdit beaucoup de la confiance qu’elle inspirait lorsqu’elle eut échoué sur Charles— Quint, qui en prit en vain pendant soixante jours pour se guérir de cette affection pour laquelle Vésale l’avait singulièrement vantée.

La Germandrée maritime r, aussi nommée Herbe aux chats, à cause de la propension que ces animaux ont pour elle , est un sous-arbrisseau originaire des contrées méditerranéennes. Cette espèce a été conseillée dans une foule de maladies. Les annales scientifiques de MM. Hufeland et de Férussac ont dernièrement retenti du récit des succès que l’on a obtenus de son emploi contre les polypes des fosses nasales. Lind ne l’a point cependant vue les justifier.

La Germandrée scordium 2 , qui se plaît dans les lieux humides de la France, exhale une forte odeur d’ail, à laquelle elle a dû, dans l’antiquité, d’être regardée comme s’opposant à la putréfaction des cadavres , et qui a fait croire à Galien que ceux-ci se corrompent plus lentement dans les lieux où elle croît ; c’est aussi à cause de son odeur que Busbec s’en servait contre la peste.

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