FAMILLE DES P ASSIFL ORÉES
Calice monosépale , turbiné ou tubuleux , quinquélobé ; corolle pentapétale ou nulle ; cinq éta-
i O. bastlicwn.
2 O. minimum.
PASS1FL0REES.
mines monadelphes inférieurement, environnées ordinairement d’une couronne filamenteuse ou glanduleuse. Ovaire libre, stipulé, uniloculaire, à trois à cinq tropliospermes pariétaux. Fruit charnu, uniloculaire, polysperme. Endosperme charnu.
Les passiflorées sont des végétaux herbacés ou ligneux dont la tige est sarmenteuse et munie de vrilles; quelquefois ce sont des arbres.
PASSIFLORE. Passiflora. Calice urcéolé ; corolle pentapétale ; couronne filamenteuse , triple ; trois stigmates claviformes.
Ce nom est formé de passionis flora , parce que Pierre de Cieza , dans son histoire du Pérou , crut reconnaître le symbole des instrumens de la passion , dans les divers organes de la fleur des passiflores ; celles-ci habitent presque toutes l’Amérique méridionale ; ce sont des végétaux volubiles et sar— menteux et rarement des arbres. Leurs fruits sont édules.
La Passiflore bleue *, qui est originaire du Brésil, est une des espèces que l’on cultive le plus fréquemment en France.
PAPAYER. Carica. Fleurs unisexes. Mâles : corolle infundibuliforme , quinquélobée ; dix étamines. Femelles : corolle quinquélobée ou pentapétale. Fruits à une ou à cinq loges polyspermes.
Le nom de carica , qui est celui du figuier, a été imposé à ces végétaux à cause de leur analogie avec l’arbre de la Carie. Les papayers sont ligneux et presque tous originaires de l’Amérique méridionale. Quelques auteurs les placent dan» une autre famille.
f P. cœrulea.
CLASSE XIV
Le Papayer ', qui croît dans l’Inde, porte des fruits édules ; leur suc laiteux a été regardé comme propre à expulser les vers, mais il s’est montré infidèle dans les essais de Corvisart.
famille des plant aginées.
Fleurs hermaphrodites ou unisexes. Corolle monopétale, tubuleuse ou urcéolée, quadrilobée ou entière ; quatre étamines saillantes. Pyxide.
Les plantaginées sont ordinairement herbacées ; elles portent des feuilles radicales, et leurs corolles sont persistantes.
PLANTAIN. Plantago. Fleurs hermaphrodites , en épi. Calice tétrasépale ; corolle quadrilobée. Pyxide bi ou quadriloculaire.
Les plantains sont fort nombreux et universellement répandus ; plus de vingt— cinq espèces habitent la France.
Legrand Plantain 2, qui est commun chez nous, et que Linnée dit acquérir quatre à cinq pieds de hauteur en Laponie , était autrefois un remède fort employé. Thémison passe pour en avoir introduit l’usage en médecine. Dioscoride et Galien l’ont préconisé contre l’hémoptysie et la dysenterie ; Pline et Celse , puis, à leur exemple , Boyle et Tragus , le pensaient efficace dans la phthisie pulmonaire. Aujourd’hui , quelques médecins se servent du plantain pour combattre les fièvres intermittentes , et son eau distillée jouit d’une grande réputation dans le traitement des maux d’yeux.
LITTORELLE. Littorella. Fleurs monoïques.
i C. papa y a .
i P. major .
PLOMBAGINÉES.
mâles : corolle tubuleuse, quadrilobée. Femelles : corolle urcëolee, tronquée. Capsule monosperme.
Cette appellation , dérivée de littora, rivage, indique les lieux qu’habite l’unique espèce de ce genre. On la trouve sur les bords de nos étangs.
FAMILLE DES PLOMBAG INÉES.
Calice monosépale , tubuleux, plissé, quinquédenté. Corolle monopétale ou pentapétale, pentandre; ovule pendant; trois à cinq styles. Capsule monosperme.
Cette famille renferme des végétaux ligneux et herbacés «\ feuilles alternes ou radicales. Elle diffère des nyctaginées par la situation de l’ovule et par l’existence de plusieurs styles.
DENTEL AIRE . Plumbago. Calice hérissé ; corolle monopétale , infundibuliforme , quinquélobée ; fdets staminaux à base élargie. Capsule à sommet quinquévalve.
La couleur d’un bleu de plomb , plumbum , qu’offrent les fleurs de l’espèce vulgaire, aura déterminé ce nom. Les dentelaires sont pour la plupart originaires des contrées chaudes des dèux hémisphères.
La Dentelaire européenne * abonde vers le bassin de la Méditerranée. Sa racine , qui est âcre, est un sialagogue énergique; elle a été autrefois usitée comme émétique , et il parait qu’actuellement , dans le midi de la France, elle sert à l’extérieur pour traiter la gale.
i P. europœa.
CLASSE XIV
STATIGE. Statice. Corolle monopétale , infundibuliforme ou pentapëtale. Capsule indéhiscente.
C’est de stare, rester, que provient cette appellation ; elle indique la persistance de ces plantes dans les jardins, où on les emploie souvent en bordures. Les staticés sont des herbes à feuilles radicales , dont les fleurs offrent des couleurs variées ; il en est de rouges, de bleues, de blanches et de jaunes ; on les rencontre principalement sur les côtes maritimes.
Le Gazon d’olympe , qui se trouve cultivé dans presque tous les parterres , n’est probablement qu’une variété du statice armeria .
FAMILLE DES NYC T AGINÉES.
Involucre uniflore ou multiflore. Corolle infundibuliforme ou tubuleuse ; cinq étamines. Akène recouvert par le disque.
Les nyctaginées sont des arbres , des arbustes ou des herbes dont les feuilles sont simples et ordinairement opposées, et qui offrent un involucre monophylle ou polyphylle.
NYCTAGE. Nyctago . Corolle infundibuliforme , quinquélobée , pentandre.
Les nyctages sont des végétaux herbacés , originaires de l’Amérique, principalement du Pérou et du Mexique.
Le Nyctage faux jalap 1 , ou Belle de nuit, doit le premier nom à ce que l’on crut d’abord que c’était lui qui fournissait le jalap , et le second à l’habitude qu’ont ses fleurs de ne s’ouvrir que la nuit , ou lorsque le tems est sombre , phénomène
i N. jalapa.
JASMINEES.
qui est dû à l’action de la lumière , et que Linnée avait attribué «à l’empire de l’habitude, qui, selon lui, portait ce végétal à s’épanouir dans notre hémisphère pendant le tems qui correspond aux heures diurnes de son pays natal. Le nyctage faux jalap est originaire du Pérou ; sa racine passe pour purgative; ses fruits sont remplis d’une grande quantité de fécule que l’on pourrait peut-être employer à l’alimentation , et avec laquelle les Japonais font une sorte de fard.
BOERHAAVIE. Boerhaavia . Involucre à folioles en forme d’ écailles. Une à quatre examines.
Ce groupe, dédié à l’illustre médecin Boerhaave, se compose d’espèces herbacées ou ligneuses , indigènes de l’Amérique , de l’Asie et de l’Afrique.
PISONE. Pisonia. Fleurs souvent dioïques. Six à dix étamines.
C’est à G, Pison , naturaliste et médecin , né à Leyde, que l’on a dédié ces plantes. Ce sont des arbres ou des arbustes originaires de l’Amérique méridionale.
FAMILLE DES JASMINÉES.
Fleurs hermaphrodites , rarement polygames. Calice monosépale ou nul ; corolle monopétale , tubuleuse , régulière , offrant quatre , cinq ou huit lobes , et parfois polype'tale ou nulle; presque constamment deux étamines. Capsule ou baie à une ou deux loges mono ou dispermes.
Les jasminées sont des végétaux ligneux , à feuilles ordinairement opposées, et simples ou composées.
CLASSE XIV
LILAS. Syringa. Calice quadridenté; corolle hypo» cratériforme , quadrilobëe ; anthères sessiles. Capsule bivalve, biloculaire , disperme.
Les lilas sont des arbrisseaux d’un port élevé, qui offrent des feuilles opposées et des fleurs disposées en grappes paniculées.
Le Lilas commun 1 peut parvenir à une hauteur de quinze à vingt pieds, quand on a le soin toutefois de le délivrer de cette quantité de drageons qui , lorsqu’il croît en liberté , le transforment en un épais buisson.
Originaire de la Perse et du Levant , ce végétal fut introduit en Europe, en i5Ô2, par Augier Ghislen de Busbecq , ambassadeur de Ferdinand Ier, empereur d’Allemagne, près de Soliman II. La première description et la première figure de cette plante furent offertes par Mathiole dans ses commentaires sur Dioscoride , publiés en i565. La beauté de ses thyrses empourprés et le suave parfum qu’ils exhalent ont assuré au lilas , dès son introduction , une des premières places dans nos jardins ; il fleurit au commencement du mois de mai , et nous annonce que bientôt nos parterres revêtiront leurs plus riches couleurs.
L’extrême amertume des feuilles de cet arbrisseau empêche qu’elles ne soient dévorées par aucune larve d’insectes ; la cantharide seule en fait parfois un horrible dégât ; mais cela est assez rare. Ses jeunes pousses , vidées de leur moelle , servent aux Turcs pour faire des tuyaux de pipe. Quoique les fruits du lilas fussent reconnus comme astringens, on ne les utilisait pas ; cependant ils méritent de fixer les regards sous le rapport médical, car des expériences récentes , entreprises par M. Cruveilhier, ont prouvé que leurs capsules, encore vertes, étaient un excellent fébrifuge, et dans cinq ou six cas de fièvres
i S. vulgaris.
JASMIN ÉES 38g
intermittentes , ce médecin a obtenu par elles la guérison des malades.
Le Lilas de Perse 1 , indigène du pays dont il porte le nom , a été apporté en Europe environ un siècle plus tard que l’espèce précédente ; ses fleurs sont beaucoup moins brillantes et ne fleurissent qu’un mois après le lilas commun.
FONTANESIE. Fontanesia. Corolle à quatre divisions très-profondes. Capsule orbiculaire, ailée, biloculaire , disperme.
La Fontanésie phillyroïde 2, arbrisseau de la Syrie, est l’unique espèce de ce genre, qui a été consacré à la mémoire du professeur Desfontaines.
FRENE. Fraxinus . Fleurs ordinairement polygames. Périanthe ordinairement nul , ou calice tétrasëpale, et corolle tétrapëtale; deuxëtamines. Samare linguiforme , mince, ailëe supérieurement.
L’étymologie de ce nom générique est obscure. Les frênes sont de grands arbres qui , à l’exception d’une espèce , offrent des feuilles imparipennées ; ils croissent en général dans l’Amérique du nord et dans le midi de l’Europe.
Le Frêne commun 3 est un des plus beaux arbres de nos forêts. C’était lui que les latins appelaient ornus. Toutes les parties de ce végétal sont utiles à l’homme ; son bois est employé pour le charronnage et l’ébénisterie ; l’écoree qui le recouvre sert pour teindre la laine, à laquelle, selon A. Richard , elle communique une couleur bleue ; dans certains pays , on l’utilise pour le tannage des cuirs ; quelques médecins la considèrent comme un fébrifuge énergique , ce qui l’a fait
S. per sic a.
F. phillyreoides.
o F. excelsior.
CLASSE XIV
nommer Quinquina d’Europe ; mais, quoique cette écorce soit amère et astringente à un assez haut degré , Lînnée la consi dère comme étant inférieure à l’antidote du Pérou, et Torti dit l’avoir administrée sans succès ; cependant elle paraît avoir agi heureusement dans les mains de MM. Coste et Willemet. Selon ceux-ci , les feuilles du frëue commun sont purgatives et pourraient remplacer le séné, ce qui avait déjà été entrevu par Tablet en 1711. Les fruits de cet arbre ont également leur utilité ; en Angleterre , on les confit et on les met dans les sauces.
Le Frêne à fleurs 1 passe pour être le véritable fraxinus des anciens : c’est un arbre de moyenne grandeur, qui ne diffère de Pespèce précédente que par ses fleurs munies de quatre pétale longs et linéaires ; il croît dans l’Europe méridionale , surtout en Calabre.
Le Frêne à feuilles rondes 2 offre aussi des fleurs munies d’un calice et d’une corolle; il croît spontanément dans la Calabre et dans la Tartarie. La substance médicale appelée Manne est le suc propre ou la sève élaborée de cet arbre , qui transsude spontanément par les porosités de son écorce, ou qui s’écoule à l’aide d’incisions que l’on y pratique.
La manne paraît avoir été ainsi appelée du mot hébraïque man—hu, qui veut dire nourriture divine, selon les commentateurs bibliques , et que les juifs auraient articulé en trouvant le désert jonché de cette substance. Il est plus positif d’admettre que ce nom provient de inanare , couler. Le frêne à feuilles rondes est probablement le seul sur lequel on recueille la manne , et c’est à l’habitude que l’on a de le greffer sur le fraxinus ornus qu’est due l’opinion inexacte que c’est ce dernier qui excrète ce produit.
C’est en Calabre, et principalement en Sicile, que l’on cultive le frêne qui fournit la manne. Cette substance ne se récolte que tous les deux jours et pendant les mois de juin et
1 F. ornus.
2 F. rotundifolia.
JASMINEES.
de juillet; elle coule sous la forme d’un lluide clair, qui s’épaissit peu à peu , et que l’on recueille le matin lorsque la fraîcheur de la nuit l’a fait se concréter.
On a long-tems professé de fausses idées sur l’origine de la manne. Quelques uns voulaient que ce fut une rosée du ciel, et Mathiole , malgré ses hautes connaissances , partageait cette opinion erronée , et professait que c’était un excrément des astres ; cependant le franciscain Ange Palea , en i543, avait admis que cette substance est élaborée par les frênes , et Donatus Altomarus le prouva , ainsi que le botaniste Ray , en faisant couvrir ces arbres avec des toiles, au-dessous desquelles la sécrétion s’opéra de même. Quelques écrivains, ainsi que Christophe Avéga , avaient aussi émis que ce sont les insectes, tels que les cigales et les coehenilles , qui produisent la manne ; mais il est très-facile de se convaincre qu’il ne peut en être ainsi, et que tout au plus ils contribuent peut-être à en favoriser l’écoulement , en piquant les écorces des arbres avec leur trompe.
Ceux qui ont soutenu l’origine aérienne de la manne se sont principalement étayés du témoignage du jésuite C. Lapide, qui, dans ses commentaires sur l’Exode, dit avoir vu tomber de cette substance en Pologne , ainsi que sur les assertions d’Herréra et du droguiste Pomet ; le premier, qui rapporte que ce phénomène n’est pas rare en Amérique, et l’autre qui prétend l’avoir observé dans le Dauphiné. Tant d’autres témoignages se sont ajoutés à ceux-ci , que la science a cherché à expliquer ce phénomène que l’on a observé quelquefois aussi dans les environs de Briançon. On peut le concevoir en supposant que, pendant de fortes chaleurs, les fluides sucrés qui doivent former la manne se sont vaporisés en abondance de certains végétaux, et que l’espèce d’atmosphère qu’ils forment vient à se condenser et «à tomber pendant la nuit : c’est au moins l’explication d’un des naturalistes les plus considérés de notre époque.
Les auteurs de l’antiquité parlent diversement de la manne ; c’est évidemment celte substance qu1 Aristote mentionne lors—
CLASSE XIV
qu’il dit que les abeilles forment leurs rayons avec les larmes qui découlent des arbres, et c’est probablement aussi elle qui composait cette couche miellée que Théophaste observa sur les feuilles des chênes , et qu’il attribuait à un dépôt de l’atmosphère. Hippocrate conseille de traiter certains ulcères avec le miel du cèdre , qui probablement était une sorte de manne * e’est aussi de ce produit dont parle Pline , quand il dit qu’il pleut du miel au lever de certains astres, pendant les jours caniculaires, et qu’à leur aspect les paysans rendent grâce à Jupiter ; enfin , c’est de la manne dont il est question dans la géographie de Pomponius Mêla, où cet auteur raconte que, dans quelques régions fertiles de l’Inde , le miel découle des feuilles des arbres, et c’est encore d’elle dont parle Virgile, en disant que les chênes produiront leur miel aérien.
Malgré que la manne semble avoir été connue par les Grecs et les Romains, ainsi que par les médecins arabes, elle ne paraît avoir été que fort peu employée par eux dans la médecine. Les caloyers du mont Liban se nourrissent pendant une partie de l’année avec cette substance, à ce que rapporte Belon, et les italiens en faisaient autrefois une assez grande consom—
mation comme aliment ; ce fut dans la suite que ces derniers en reconnurent les vertus purgatives , et que son emploi se répandit en Europe.
Outre les frênes, un grand nombre d’autres végétaux fournissent aussi de la manne ; parmi eux, on doit principalement citer l’ hedjsaviim allia gi , qui fournit celle de Perse; le mélèze, sur lequel on trouve la manne de Briançon ; le cèdre du Liban , l’orme, le tilleul, le noyer, et d’autres arbres sont aussi parfois couverts d’exsudations sucrées ; les végétaux herbacés n’en sont même pas exempts : Mathiole dit que dans les envhrons de Trente la manne est si abondante à leur surface, qu’elle entrave les travaux des faucheurs , et Bruce raconte que les herbes de l’Abyssinie sont parfois aussi recouvertes d’une sub-*. stance glutineuse sucrée.
jasminées. 3c)3
NYCTANTHE. Nyctanthes. Calice entier ; corolle tubuleuse , à cinq lobes cordiformes. Capsule comprimée , à deux loges monospermes.
Le Nyctanthe arbre triste 1 , qui est originaire de l’Inde, et dont les fleurs exhalent leur parfum aux approches de la nuit, est l’unique espèce de ce genre , dont le nom provient de nuit, et de ctvôof, fleur.
CHIONANTHE. Chionanthus. Corolle de quatre pétales linéaires. Drupe subsec, à une ou deux loges monospermes.
Cette dénomination est formée de Xtcovi ne,*ge> et de civQo$r9 fleur. Les chionanthes sont des arbrisseaux élégans, dont les corolles sont ordinairement blanches, et qui habitent l’Amérique septentrionale et l’Australasie.
NOTELEE. Notelœa. Corolle à quatre pétales soudés par les étamines. Drupe à noyau cartilagineux.
Ce nom est formé de roTor, midi , et de eheua, olivier. Les notélées sont des arbustes ou des arbrisseaux analogues aux oliviers, et qui habitent la Nouvelle-Hollande.
BORYA. Borya. Fleurs dioïques. Mâles : diandres ou triandres. Femelles ; calice à quatre divisions , dont deux plus grandes et pétai oï'des. Drupe,
Ce genre , dédié à Bory-de-Saint— Vincent, se compose d’arbustes et d’arbrisseaux originaires de l’ Amérique septentrionale.
i N. arbor tristis .
CLASSE XI\
OLIVIER. Olea. Corolle subcampanulée, quadrilobée. Drape uniloculaire , monosperme.
Suivant de Théis, ce nom provient du celtique eol , huile, dont les Grecs ont fait gÀct/ct, et les latins olea, à cause du produit des oliviers ; ceux-ci sont des arbres ou des arbrisseaux qui habitent les contrées chaudes de la terre .
L’Olivier d’Europe 1 est sans contredit un des végétaux les plus utiles aux hommes ; ses usages multipliés le faisaient appeler le premier des arbres par les agronomes de l’antiquité, olea prima omnium arborum est , dit Columelle ; et un auteur moderne qui a écrit sur l’économie politique , peint l’importance des oliviers, en exprimant que ce sont des mines à la surface de la terre, minière sopra la terra. Frappés des immenses services que ces arbres leur rendaient, les peuples delà Grèce leur créèrent une origine divine. Ils racontaient que Neptune et Minerve s’étant disputés la gloire de donner un nom à la ville d’Athènes , dont les murs commençaient à s’élever , les dieux furent pris pour juges, et qu’ils décidèrent que la cité naissante le recevrait de celui qui produirait la chose la plus utile à l’homme. Le souverain des mers, en frappant la terre de son trident, en fit sortir un fougueux coursier , emblème des combats , tandis que Minerve enfonçant sa lance dans le sol en faisait jaillir un olivier chargé de fleurs et de fruits. La déesse obtint le suffrage de l’aréopage céleste , et pour attester sa victoire , les dieux lui décernèrent une couronne faite avec les branches de l’arbre utile qu’elle venait de créer , et qui fut regardé comme le symbole de la paix.
L’olivier est originaire des contrées de l’Asie , qui semblent avoir été le berceau de l’homme ; de là il fut transporté en Egypte, en Barbarie , puis en Europe où il s’est acclimaté de tems immémorial. Quelques érudits prétendent que ce fut
i O. europœa.
JASMINEES.
Hercule qui dota la Grèce de cet arbre précieux , et que, de retour de ses glorieux travaux , il le planta sur les pentes du mont Olympe, en consacrant son feuillage à la récompense des vainqueurs des jeux Olympiques ; mais la plupart des historiens pensent que ce fut Cécrops qui l’apporta de l’Epypte et l’introduisit dans l’Attique en fondant Athènes.
Ce ne fut que beaucoup plus tard que l’olivier se trouva introduit en Italie , car Pline dit qu’à l’époque de Tarquinle-*Superbe , il n’y en avait point encore dans ce pays , ni en Espagne, ni en Mauritanie; pour cette dernière contrée, cependant , il est probable que le naturaliste Romain commet une erreur, car on pense que les Phéniciens qui fondèrent Carthage y transportèrent avec eux cet arbre utile. Ce sont les Phocéens qui vinrent créer une colonie à Marseille , six cents ans avant Jésus-Christ, qui passent pour avoir introduit l’olivier dans notre patrie , et l’on croit que ce fut de la Gaule que cet arbre passa en Italie. Il s’est si bien acclimaté en Europe que les botanistes lui ont donné un nom qui semble indiquer qu’il en est originaire.
Arîstée, fils d’Apollon, passait pour avoir enseigné aux Grecs la culture de l’olivier ; celle-ci avait déjà produit des variétés chez les Romains, à l’époque de Columelle ; Olivier de Serre, environ quinze cents ans après cet auteur , en mentionne dixhuit ; et aujourd’hui on en connaît environ une trentaine.
Dans le midi de la France, les oliviers sont fort laids ; il faut les voir dans une terre un peu plus méridionale, si l’on veut apprécier leur beauté : nous nous rappelons une foret de ces arbres que nous avons observée sur l’ancien territoire Sabin, où ils avaient acquis les plus belles proportions , et portaient à une grande hauteur leur feuillage argenté et resplendissant. Ces végétaux croissent lentement , aussi leur bois est dur ; à deux ans ils commencent à donner des fruits , et à six, selon Mératet Delens , leurs rameaux sont en plein rapport. Ils vivent communément trois cents ans, mais leur carrière peut aller jusqu’à six cents et plus. Pline dit que de son
CLASSE XIV
tems on voyait encore à Linterne, dans la campagne de Rome, les oliviers qu’y avait plantés Scipion l’Africain : Ils devaient alors être âgés de deux cent cinquante ans , ce qui n’est pas rare ; mais le naturaliste romain ajoute qu’on accordait même une telle longévité à l’arbre que nous décrivons , que l’on croyait généralement que celui qui avait été planté par Hercule se voyait aussi alors dans un champ d’Olympie, et qu’à cette époque , l’olivier de Minerve végétait encore dans la citadelle d’Athènes ; Bosc va plus loin, et sa crédulité adopte sans critique la fable de notre poete Delille , qui proteste avoir cueilli un rameau de l’arbre de la déesse , qui , selon lui , existerait encore , et comme la ville de Cécrops aurait plus de quatre mille ans ; si l’on ne peut admettre cette assertion , diverses raisons tendent à faire croire qu’il existe actuellement en Palestine des oliviers qui datent de l’époque des croisades.
Les oliviers ne présentent pas ordinairement de fortes dimensions ; cependant on cite de ces arbres dont la tige offrait cinq et même six pieds de diamètre , et M. Bouche , dans son histoire de la Provence, en mentionne un dont le tronc creux pouvait abriter une vingtaine de personnes. Suivant M. Bernard , qui a essayé d’apprécier l’âge de ces arbres , ils présenteraient un diamètre d’environ neuf pouces après quatrevingts ans d’existence.
Les écrits de toutes les époques font mention de l’olivier : déjà il figure dans les premiers évènemens révélés par les livres fondamentaux de nos croyances religieuses ; ce fut un rameau de ce végétal rapporté dans l’arche par une colombe qui annonça à Noé que les eaux avaient commencé à découvrir la terre. L’incorruptibilité du bois de cet arbre et le beau poli dont il peut être revêtu , l’ont fait souvent choisir par les premiers sculpteurs, pour exécuter leurs ouvrages. Déjà il existait dans le fameux temple de Salomon deux statues d’ Anges colossales, qui étaient faites avec ce bois et recouvertes de lames d’or ;les portes de l’oracle du même monument sc trouvaient également construites en olivier, et toute leur sur-
JASMINEES.
face, qui était enrichie de sculptures représentant des Chérubins , des fleurs et des palmes , avait aussi été recouverte du métal précieux. Les formes gracieuses du feuillage de ce végétal , l’ont souvent fait choisir pour les décorations architecturales , et on le reconnaît parfois dans les chapitaux des anciens temples.
Parmi les nations antiques , l’olivier était le symbole de la victoire , ainsi que celui de la paix et de l’humilité : c’était avec les rameaux de cet arbre que les Lacédémoniens couronnaient Eurybiade et Thémistocle après le combat de Salamine. Virgile , par anachronisme , nous peint les habitans du Latium arrivant vers Enée avec des branches d’olivier dans les mains, pour demander la paix ; mais on sait qu’après les victoires de Scipion sur Annibal , les citoyens de Carthage qui vinrent implorer la clémence du général Romain, étaient portés sur un navire tout couvert d’olivier.
Les Grecs avaient consacré l’olivier à Minerve , et l’on peut voir jusqu’à quel point il était chéri par eux, en lisant les chœurs qu’il inspira à Sophocle dans sa tragédie d’OEdipe à Colonne. Ils le révéraient tellement, que pendant un tems ils n’employaient que des vierges et des hommes purs pour le cultiver , et que dans certaines contrées on exigeait meme un serment de chasteté de ceux qui s’occupaient de la récolte des olives. L’importance de ce végétal était si bien reconnue en Grèce que les délits qui le concernaient étaient jugés par l’Aréopage , et que ce tribunal nommait des inspecteurs chargés d’en surveiller les plantations ; les possesseurs de celles-ci chez les Romains, à ce que dit Pline , n’avaient pas même le droit de disposer des arbres qui les composaient, quand ils voulaient les employer à des usages profanes, et l’exil punissait le citoyen qui en altérait un pied dans un bosquet consacré à Minerve.
La récolte des olives s’exécute à l’époque de l’année où le froid commence à se faire sentir , aussi sur les monumens antiques où cette action est représentée, ceux qui s’en occupent sont-
CLASSE XIV
ils fourrés de vétemens d’hiver ; cela se voit en particulier sur un bas-relief figuré par Spon et Montfaucon, et dans lequel les hommes occupés à cueillir ces fruits ont la tête revêtue d’un capuchon ou cucullus pour se garantir des frimats. Actuellement , c’est dans le mois de novembre ou de décembre que s’opère en Provence la cueillette des olives : elle se fait à la main ou avec la gaule.
On mange les olives diversement apprêtées; Olivier dit que l’on se contente, dans le Levant, de saler celles que l’on expédie à Constantinople. Dans certaines régions de l’Italie , ont les laisse sécher sur les arbres , puis ont les passe au four et on les sert ensuite sur les tables. Les Provençaux mangent même ces fruits sans apprêt, comme nousle faisons des prunes, mais ainsi ils sont mauvais , à cause de l’apreté de leur eau de végétation ; ce n’est généralement qu’après leur avoir fait subir une préparation dans de la saumure qu’on les emploie en France.
On cultive surtout l’olivier pour extraire de l’huile de ses fruits ; l’invention de la meule et du pressoir dont on se sert pour obtenir celle-ci est attribuée à Aristée, auquel Diodore de Sicile dit que ses compatriotes ont dû l’art d’élever cet arbre utile ; à l’époque à laquelle vivait Pline , c’était l’huile de la Campanie qui passait pour être la meilleure , maintenant c’est celle d’Aix en Provence que l’on préfère. Les oliviers donnent jusqu’à deux cents livres d’huile et plus ; mais M. Bernard dit qu’il est fort rare qu’en Provence ils en produisent deux cent cinquante. L’Afrique en fournissait probablement autrefois de plus féconds , puisque Pline assure qu’il s’y trouvait de ces arbres que l’on nommait milliaires , parce qu’ils fournissaient jusqu’à mille livres d’huile. L’extraction de celle-ci se fait d’abord à froid, et le produit obtenu est appelé Huile vierge ; ce n’est que lorsque le marc n’en rend plus , qu’on le fait bouillir avec de l’eau pour en retirer une nouvelle quantité ; ce marc sert ensuite à faire du feu. Ce n’est qu’environ un mois après la récolte des olives qu’on en opère
JASMINÉES. 399
l’expression ; elles donnent alors un produit plus considérable, parce que pendant ce délai leur eau de végétation se perd , et leur mucilage se transforme en huile ; on pourrait retarder cette opération un tems beaucoup plus considérable , car il semble que les siècles n’altèrent point le fluide oléagineux contenu dans ces fruits ; nous avons vu parmi les objets précieux de la collection des stuclii de Naples, un assez grand nombre d’olives trouvées sous les cendres de Pompéi ; et malgré que près de deux mille ans se soient écoulés depuis leur récolte , elles avaient encore conservé leur forme , et il s’en distillait de l’huile qui remplissait en partie les colonnes de verre creuses du petit meuble façonné en monument, dans lesquelles elles se trouvaient.
Depuis l’origine de la civilisation , l’huile que l’on extrait de l’olive a été employée à une foule d’usages sacrés ou profanes, et est devenue l’objet d’un grand commerce. Les Hébreux la considéraient comme extrêmement agréable à Jéhovah, aussi souvent ils l’employaient dans leurs sacrifices ; c’était avec elle qu’ils consacraient leurs pontifes et leurs rois : Aaron et Saül en reçurent les premiers l’onction , et cette coutume à passé dans la chrétienté.
Dans les tems héroïques , les Grecs faisaient déjà un grand usage de l’huile. Pendant leurs cérémonies funèbres, ils en arrosaient profusément le bûcher qui devait consumer le cadavre, ou bien ils en oignaient celui-ci, comme Homère rapporte qu’on le fit pour le corps d’Hector , avant de le rendre à son père infortuné. Alors , l’huile servait aussi à lisser la crinière des chevaux , pour en rehausser le brillant ; c’est encore un de ces usages que nous révèle l’auteur de l’Illiade , lorsqu’après le trépas de Patrocle , Achille s’écrie douloureusement : « Mes » coursiers ont perdu le héros qui les guidait dans les ba- » tailles ; versée par sa main , l’huile embellissait leur cri- » nière flottante. »
Les Phéniciens faisaient déjà un grand commerce de l’huile; Aristote rapporte qu’ils l’échangeaient contre des lingots d’or
CLASSF. XIV.
4oo
et d’argent avec les habitans de l’Espagne , dans les temps où l’olivier n’était point encore cultivé dans ce pays. Dans l’antiquité, outre la consommation alimentaire de ce fluide , on en employait beaucoup aussi pour s’oindre le corps après les bains ; cette coutume était réputée favorable à la santé : on croyait qu’elle entretenait la souplesse des muscles et la flexibilité des articulations, et Démocrite pensait meme qu’elle contribuait à la longévité. Dans les cirques, les gladiateurs se frottaient amplement d’huile avant de se livrer aux exercices, et, quand ceux-ci étaient terminés , le mélange qu’elle formait avec la poussière et la sueur était enlevé de la superficie de leur corps avec des espèces de racloirs ( strigilis ) de bronze, d’or ou d’argent, dont Mercurial, dans son traité de gymnastique, et Montfaucon ont donné plusieurs figures. Le produit de cette opération, appelé strigmenta , passait pour un remède excellent contre diverses maladies , et Dioscoride en recommande lui-même l’usage : aussi cette raclure dégoûtante se vendait-elle fort cher ; Pline dit que certains gymnases en débitaient pour 80,000 sesterces par an, ce qui fait environ 8,000 f. de notre monnaie. L’huile entrait aussi dans la composition du mortier dont les anciens faisaient usage , ce qui a encore lieu dans l’Inde et dans l’Afrique septentrionale. Maintenant cette substance remplace le beurre dans les pays méridionaux où la chaleur ne permet pas d’avoir de prairies et de nourrir beaucoup de vaches ; elle fait une cuisine plus délicate. Cette huile sert encore pour fabriquer les savons et dans les manufactures de draps.
L’olivier et ses produits ont souvent été employés en médecine ; son écorce est amère, et les médecins français l’ont dernièrement administrée en Grèce comme succédanée du quinquina, pour traiter les fièvres intermittentes de nos soldats ; Ses feuilles jouissent de la même propriété , mais elles sont moins efficaces. L’huile est adoucissante : Prosper Alpin dit que les Orientaux l’emploient souvent en frictions, comme un préservatif de la peste; mais M. Desgenettes, dans son his —
JASMINÉES.
toire médicale de l’armée d’Orient, n’ose se prononcer sur son efficacité. M. Labillardière dit l’avoir employée sur lui avec succès, pour expulser le Tœnia , et qu’il l’a vue réussir dans divers cas semblables.
TROENE. Ligustrum. Calice quadridente' ; corolle infundibuliforme , quadrifide ; anthères saillantes. Baie biloculaire, te'trasperme.
Les étymologîstes sont partagés sur cette dénomination ; les uns la font dériver de ligare , lier, de l’usage auquel on emploie les rameaux flexibles de cette plante dans quelques contrées ; d’autres, de la Ligurie, pays de l’Italie où le troène se trouve abondamment.
Le Troène commun 1 est un des plus utiles arbrisseaux. Sa beauté, l’élégance de son feuillage et le parfum de ses fleurs le font souvent choisir pour la confection des haies. Son bois dur est recherché par les tourneurs , et le charbon qu’il produit entre dans la fabrication de la poudre à canon. Ses fruits, dont beaucoup d’oiseaux sont excessivement friands, fournissent à la peinture une couleur bleu-foncé, tandis que les chapeliers savent en extraire une couleur noire qui leur sert à teindre leurs chapeaux. Les marchands de vin ont aussi recours aux baies du troène pour colorer des vins trop pâles.
Il est évident, selon M. Poiret, que le ligustrum de Virgile est le troène : Alba liguslra cadunt, vaccinia nigra leguntur. Mais on n’est pas d’accord sur la seconde plante citée par le grand poète. Certains érudits pensent que cette dernière est l’airelle ( vaccinum myrtillus ) dont les fruits noirs sont recherchés, tandis qu’on dédaigne ceux du troène.
JASMIN. Jasminum. Corolle hypocrate'riforme , b
i L. vulgare.
CLASSE XIV
limbe plan, à cinq ou huit lobes. Baie bilobe'e, biloculaire.
Les Arabes nomment ces végétaux ysmyn , à ce que dit Forskal ; il est probable que c’est de là que provient le nom que nous leur donnons. Ce groupe est composé d’une trentaine d’espèces , qui , à l’exception de deux qui sont indigènes des parties tempérées de l’Europe , croissent dans les régions chaudes des deux hémisphères.
Le Jasmin officinal *, ou Jasmin commun charmant arbrisseau que nous avons si souvent l’occasion d’admirer dans nos jardins, est susceptible de s’y élever à une hauteur de quinze à vingt pieds, lorsqu’il se trouve appuyé. La médecine ancienne s’était emparée des fleurs de cette espèce , et les regardait comme possédant une propriété émolliente et emménagogue. Aujourd’hui elles ne servent plus que dans la parfumerie.
Le Jasmin grandiflore ou Jasmin d’Espagne 2 est celui qui fournit principalement l’huile essentielle répandue dans le commerce sous le nom d’ Huile de jasmin ; on le cultive à cet effet en pleine terre, dans les environs de Grasse et en Italie. Les habitans de la Barbarie font avec ses tiges des tuyaux de pipes.
Une jolie espèce à fleurs jaunes d’une odeur agréable , le Jasmin jonquille 3 , est aussi cultivée dans nos jardins ; plus sensible au froid que quelques-unes de ses congénères , elle doit habiter l’orangerie pendant l’hiver.
FAMILLE DES PRIMUL ACEES.
Calice persistant; corolle monopëtale, ordinaire-
\ J. officinale. 3 J. odoratissirmim.
i J. grandiflonwi.
PRIMULACEES.
ment quinquélobée et pentandre; étamines opposées aux lobes de la corolle. Capsule ou pyxide uniloculaire; trophosperme central.
Ces caractères , qui sont ceux des vraies primulacées , ne peuvent s’adapter à tous les genres que nous avons décrits dans cette famille , parce que nous en avons rapproché plusieurs , tels que les globulaire , samole , utriculaire , grassette et ményanthe, qui n’ont que de l’affinité avec elle et dont on a meme formé récemment quelques groupes spéciaux. Les primulacées sont généralement herbacées; leurs feuilles sont simples, opposées ou verticillées , rarement alternes; le fruit s’ouvre à son sommet en cinq ou dix petites valves, ou il se fend transversalement.
GENTENILLE. Centunculus. Calice quadrifide; corolle rotacée, quadrilobée , tétrandre ; pyxide sphéroïdale.
Ces plantes portent un nom qui est dérivé de cenlum , et qui indique qu’elles sont communes. On en connaît trois espèces : deux viennent en Amérique et une en France.
ANAGALLIDE. Anagallis . Corolle rotacée, quinquélobée, pentandre. Pyxide sphéroïdale.
Ces plantes ont un nom dérivé de je ris ; il rap¬
pelle la propriété d’exciter la gaîté , que Pline et d’autres naturalistes anciens leur attribuaient. Elles habitent les quatre parties du globe.
L’Anagallide des champs *, que l’on nomme aussi Mouron, est commun parmi les moissons ; ses fleurs sont rouges et quelquefois bleues. Dioscoride croyait cette plante efficace
s A. arvensis.
CLASSE XIV
contre le venin de la vipère. Rufus d’Ephèse, quatre-vingt dix-sept ans après Jésus-Christ , prétendit qu’elle guérissait la rage : cette opinion s’est accréditée dans ces derniers tems, surtout en Russie ; mais on a reconnu qu’elle n’était nullement fondée. Il en est de même des vertus que Miller lui prêtait contre la phthisie. L’anagallide des champs est amère et âcre ; Orfila a reconnu que trois gros de son extrait peuvent empoisonner un chien ; les troupeaux la dédaignent.
LYSIMACHIE. Lysimachia . Corolle rotacée, quinque'lobée ; cinq e'tamines ordinairement submonadelphes.
Linnée prétend que l’on a donné à ces plantes le nom de Lysimachus , roi de Sicile , parce qu’il fut le premier qui utilisa leurs vertus : Pline lui attribue même leur découverte. Les lysimachies sont des végétaux herbacés et dont les fleurs sont communément jaunes ; on en trouve un assez grand nombre en Europe : elles se plaisent dans les lieux humides.
La Lysimachie vulgaire 1 est commune sur les bords de la Seine. Elle passe pour vulnéraire ; les médecins n’en font aucun usage.
HOTTONIE. Hottonia. Corolle hypocratëriforme, à limbe quinquélobé, plan; cinq e'tamines. Capsule sphe'roïdale , inde'hiscente.
C’est au botaniste P. Hotton , professeur à l’université de Leyde, que ce groupe a été dédié.
L’Hottonie aquatique 2 vient dans nos marais , où elle se fait remarquer par ses feuilles ailées , submergées , et par ses épis de fleurs d’un rose pâle. On en connaît une autre espèce qui croît dans l’Inde.
i Z. vulgaris.
■i H. palustris:
PRIMULACÉES.
GORIS. Coris. Calice ve'siculeux, a gorge offrant cinq lames triangulaires ; corolle tubulée, à cinq lobes inégaux, bifides.
Ce nom vient de aopiç, punaise ; il rappelle la forme des semences de ces plantes, qui a quelque analogie avec celle de cet insecte.
Le Coris de Montpellier 1 , qui a le port d’une bruyère et offre des fleurs roses, est le seul décrit.
LIMOSELLE. Limosella. Corolle campanulée, quinquélobée ; quatre étamines subégales. Capsule bivalve, subbiloculaire.
Cette dénomination provient de limus , limon, et indique les habitudes aquatiques des limoselles. Celles-ci sont de trèspetites plantes ; certains botanistes les ont placées parmi les scrophulariées, à cause du nombre de leurs étamines et de la cloison incomplète que présente leur fruit.
La Limoselle aquatique 2 se trouve en Europe ; elle est commune sur les bords de la Seine.
TRIENTALE. Trientalis. Calice et corolle à sept lobes ; sept étamines.
La Trientale d’Europe 3 a environ quatre pouces de haut , ce que l’on a voulu exprimer par son nom qui est formé de 1 riens, le tiers, le tiers d’un pied; ses fleurs sont blanches.
ANDROSAGE. Androsace. Calice campaniforme, subpentagone ; corolle hypocratériforme , à cinq lobes glanduleux. Capsule quinquévalve.
Androsace provient de avS'poç, homme, et de aciKor, bon—
1 C. monspeliensis.
2 L . aquatica.
H T. europœa .
CLASSE XIV
clier, parce que les feuilles de quelques espèces ressemblent à cette arme défensive. Ces primulacées ont ordinairement leurs feuilles disposées en rosettes radicales , et leurs fleurs sont solitaires ou groupées en ombelles munies d’un involucre ; elles sont particulièrement originaires de l’Asie et de l’Europe, dont elles habitent les plus hautes montagnes, telles que la chaîne altaïque , les Alpes et les Pyrénées ; on n’en connaît que deux espèces américaines.
L’Androsace septentrionale 1 , d’après Amelin , est employée par les Sibériens contre les maladies des bestiaux , et même dans la médecine humaine ; d’autres espèces passent , parmi les Tartares, pour être salutaires aux individus qui ont des calculs vésicaux.
PRIMEVERE. Primula. Corolle infimdibuliforme. Capsule à cinq ou dix valves incomplètes.
Par ce nom, dérivé de primas, premier, on a voulu indiquer que les primevères sont les premières fleurs qui apparaissent au printems. Ces végétaux sont herbacés , et leur inflorescence est en ombelle simple ; ils habitent principalement l’Europe , et aussi l’Asie.
La Primevère oreille d’ours 3 , qui est originaire des Alpes , est fort souvent cultivée dans nos jardins, où elle a produit une foule de variétés.
La Primevère commune qui se trouve dans nos haies, est regardée comme inerte par Cullen et Peyrilhe, opinion qui semble s’étayer de l’usage alimentaire que l’on en fait dans plusieurs pays où l’on mange ses feuilles. Boerhaave et Linnée prétendent que ses fleurs provoquent le sommeil , etChomel dit qu’elles calment les irritations nerveuses ; elles passaient anciennement pour être efficaces contre la goutte, ce qui fit appeler cette plante kerba arlhrilica.
i A. septentrionalis.
a P. auricula
o P. ver/s,
PRIMÜLACÉES. 4°7
CORTUSE. Coriusa. Corolle rotacée , quinquélobée. Capsule bivalve.
Ce genre fut le premier auquel on imposa , dans l’âge moderne , un nom patronimique ; il le dut à Lécluse , qui le dédia à son ami A. Cortuse , botaniste de Padoue. On n’y trouve que deux espèces : l’une qui est originaire des Alpes, et l’autre de la Sibérie.
SOLDANELLE. Soldanella . Corolle campanulée, à découpures fines et nombreuses ; cinq étamines.
La Soldanelle des Alpes 1 est probablement la seule espèce son nom générique provient de soldus , solidus , sou , et retrace la forme de ses feuilles.
DODÉG ATHÉE. Dodecatheon . Corolle rotacée, à cinq lobes subspatulés; cinq étamines monadelphes , à anthères sagittées.
Pline rapporte que ce nom , qui signifie douze dieux , était donné à des plantes qui réunissaient en elles la majesté de tous les dieux ; mais il n’était nullement appliqué à nos dodéca— tbées , qui sont originaires de l’Amérique.
CYCLAME. Cyclamen. Corolle à cinq lobes renversés. Capsule globuleuse , quinquévalve , charnue.
Par ce nom dérivé, de x,vx,hoç9 cercle, on a probablement voulu indiquer les anneaux que forment les pédoncules de ces plantes, ou la forme orbiculaire de leur racine.
Le Cyclame d’Europe 2 possède des racines extrêmement âcres, et qui sont susceptibles de produire la mort, ainsi que le relate Bulliard. 11 paraît qu’anciennement on s’en servait pour empoisonner les flèches ; cependant les gens de la cam~
i S, alpirta. a C. europceum.
CLASSE XIV
pagne en prennent parfois pour se purger. Ce végétal agit comme drastique et émétique ; certains praticiens disent meme que ses effets ont lieu quand on l’applique sur l’abdomen. On le conseille pour expulser les vers ; mais aujourd’hui les médecins n’en font aucun usage. Les porcs aiment beaucoup les racines de ce cyclame ; c’est ce qui l’a fait appeler Pain de pourceau. Il paraît que l’bomme lui-méme peut s’en nourrir après leur avoir fait perdre leur âcreté par la cuisson.
GLOBULAIRE. Globularia. Fleurs en capitule. Corolle tubuleuse , subbilabiée , à cinq lanières inégales ; quatre ou cinq étamines. Akène ovoïde.
Par ce nom, qui est dérivé de globus , globe, on a voulu indiquer le mode d’inflorescence de ces plantes.
La Globulaire turbith r, qui habite le midi de la France, avait été considérée, par les fondateurs de la botanique moderne , Lobel , Dalécbamps et Bauhin, comme un poison redoutable ; ce fut pourquoi ils la nommèrent Herbe terrible. Lécluse et Garidel, qui l’avaient vu employer parles paysans de l’Espagne et de la Provence , réfutèrent cette erreur ; celle-ci fut cependant encore entretenue par Gilibert, qui, dans ses écrits* donne à cette globulaire l’épithète de féroce. M. Loiseleur-Des-» longcbamps vient, à l’aide d’expériences positives, de nous fixer à l’égard de ses vertus; il a démontré que ce végétal n’était qu’un purgatif doux qui pourrait utilement remplacer le séné.
La Globulaire commune 2 était regardée par Lémery comme vulnéraire ; elle est légèrement purgative.
SAMOLE. Samolus. Corolle subcampanulée; cinq filets anthérifères , et cinq stériles. Capsule quinquévalye.
Linnée pensait que ce nom indiquait que le samole était iu-^
», G. alypum. 2 G. vulgaris *
PRIMULACÉES.
digène de l’île de Samos ; maïs de Théis affirme qu’il a une origine celtique, et qu’il provient de san, salutaire, et de mos, porc, parce que cette plante passait parmi les Gaulois pour être efficace dans les maladies de ces animaux. Pline constate aussi ce fait , et il paraît qu’anciennement on la cueillait avec des cérémonies bizarres.
Le Samole aquatique 1 , qui habite à la fois les quatre parties du globe et la Nouvelle— Hollande , se trouve dans nos marais.
UTRICULAIRE. Uiricularia. Calice diphylle. Corolle bilabie'e, e'peronne'e, diandre; stigmate bilobe'.
Lesutriculaires sont des plantes submergées , dont les feuilles inférieures sont ramifiées , capillaires, et présentent des espèces de vésicules ou d’utricules remplis d’un fluide aériforme destiné à les soutenir vers la surface de l’eau ; leurs fleurs sont jaunes ou bleues . Ces végétaux sont disséminés dans les diverses régions du globe ; plusieurs habitent l’Europe.
GRASSETTE. Pinguicula. Calice quinquélobé. Corolle bilabiee , e'peronnée , diandre. Stigmate bilamellé.
Les grassettes ont des feuilles qui semblent enduites d’huile ; c’est ce que l’on a voulu exprimer par leur nom , qui provient de pin guis , gras; elles habitent l’Europe et l’Amérique.
GLAUX. Glaux . Calice colore' , campanule' , quinque'lobe' ; corolle nulle ou unipëtale ; cinq étamines; style unique. Capsule quinquévalve , uniloculaire.
Le nom de ykciVKof est celui d’une divinité marine , et exprime la couleur azurée de la mer. Dioscoride avait appelé
i S. valera/trii ,
CLASSE XIV
y\a.V)tiov une petite plante dont le feuillage est bleuâtre , et qui habite les rivages. On aura cru la reconnaître dans le Glaux maritime 1 qui croît sur les bords de l’Océan.
FAMILLE DES BORR AGINÉE S.
Calice monosépale , quinquélobé ; corolle monopétale, quinquélobée , ordinairement régulière , à gorge nue ou appendiculée; cinq étamines. Ovaire quadriloculaire ; style ordinairement simple. Fruit sec ou charnu, formé de quatre nucules uniloculaires , monospermes , ou moins par avortement.
Les borraginées sont des végétaux herbacés ou ligneux, dont les feuilles sont alternes et souvent hérissées de poils rudes, ce qui les avait fait appeler Aspérifoliées par Linnée. Leurs fleurs sont disposées en épis unilatéraux.
SÉBESTIER. Cordia. Corolle infundibuliforme, rarement quadrilobée ettétrandre; quatre stigmates. Fruit drupacé , globuleux ou ovoïde , à noyau quadriloculaire.
C’est à la mémoire de E. Cordus, botaniste allemand, que ces végétaux ont été consacrés ; ce sont des arbrisseaux originaires des contrées équatoriales.
Le Sébestier domestique 2 est un arbre à fleurs blanches , indigène de l’Inde , et que l’on rencontre aussi en Egypte , où il parait avoir été importé ; dans ce dernier pays , ses fruits font partie de la matière médicale des Arabes ; anciennement on s’en servait aussi en Europe ; ils sont visqueux , et l’abondance de mucilage qu’ils contiennent les rend adoucissans*.
i G. maritima.
2 C. myxa.
BORRAGINEES.
EHRÉTIE. Ehretia. Corolle infundibuliforme ; style bifide. Baie à quatre loges monospermes.
Ce genre a été dédié à U. Ehret, botaniste français ; il se compose d’arbres et d’arbrisseaux originaires des contrées équatoriales.
TOURNEFORT1E. Tournefortia. Corolle hypocratériforme , à gorge nue ; stigmate pelté. Baie à deux noyaux dispermes.
C’est à P. de Tournefort , que ce groupe a été dédié ; il est formé d’arbrisseaux ou d’arbustes souvent volubiles , à inflorescence spiciforme , et presque tous originaires de l’Amérique méridionale.
ELLISIE. Ellisia. Calice dépassant la corolle ; corolle infundibuliforme. Coques à deux loges dispermes.
C’est à J. Ellis, naturaliste anglais, que ce genre a été dédié ; il ne contient que deux espèces indigènes de l’Amérique septentrionale.
HYDROPHYLLE. Hydrophyllum . Corolle campanulée , à lobes portant intérieurement cinq gouttières mellifères. Coque globuleuse , bivalve , uniloculaire, monosperme.
Les hydrophylles portent un nom dérivé de vS'eop , eau , et de cpt'AÀo v, feuille ; elles sont toutes originaires de l’Amérique.
DICHONDRE. Dichondra . Corolle rotacée ; anthères cordiformes ; deux pistils. Deux akènes.
Ces végétaux ont une appellation qui provient de «T/f, deux,
CLASSE XIV
et de xovS'pof, semences ; ils habitent l’Australasie , les Antilles et divers autres lieux.
CÉRINTHE. Cerinthe. Corolle tubuleuse, ventrue , à gorge inappendiculëe. Deux coques osseuses , biloculaires et dispermes.
Les cérinthes ont un nom qui provient de Kiipoç, cire, parce qu’elles passent pour augmenter la sécrétion de cette substance , chez les abeilles ; elles habitent l’Europe.
HÉLIOTROPE. Heliotr opium. Corolle hypocratériforme , à lobes séparés par des sinus repliés ; gorge nue. Nucules cohérens.
Dioscoride et Pline prétendaient que les fleurs de ces végétaux se tournent constamment vers le soleil ; leur nom, qui est dérivé de hA/o?, soleil, et deTperra, je tourne, révèle cette croyance. Les héliotropes sont répandues sur tout le globe, dont elles affectionnent principalement les contrées chaudes.
L’Héliotrope du Pérou 1 , arbuste dont les fleurs exhalent un parfum suave, est communément cultivée dans nos jardins.
L’Héliotrope d’Europe , que les Latins nommaient verrucaria } et que nous appelons Herbe aux verrues , passait anciennement pour détruire ces excroissances. On lui attribuait aussi d’autres vertus chimériques , telles que celles d’éloigner les scorpions et de guérir le cancer.
VIPÉRINE. Echium. Corolle subinfundibuliforme, à limbe oblique, irrégulier. Tétrakène.
On a comparé les graines aplaties ou la tige maculée de ces plantes à la tète ou au corps de la vipère : telle a été l’origine
1 H. perm'ianurn .
BORRAGINÉES.
de leur nom qui est dérivé de , qui est celui de cet ophidien. Les vipérines sont ligneuses ou herbacées, et habitent les deux continens.
GRÉMÏL. Lithospermum . Corolle infundibuliforme, à gorge nue. Akènes osseux, lisses ou ride's.
Ce nom indique la densité des semences de ces borraginées ou l’efficacité qu’on leur supposait contre les calculs vésicaux ; il provient de À/Ôos", pierre, et de o-rrspp.a, semence. Les grémils abondent principalement vers le bassin de la Méditerranée ; l’Amérique en possède aussi.
PULMONAIRE. Pulmonaria. Calice pentagone ; corolle infundibuliforme , à gorge velue ; stigmate subbilabie'. Te'trakène lisse.
C’est de pulmo , poumon, que provient ce nom , qui indique l’efficacité que l’on prêtait «à ces végétaux dans les maladies de poitrine.
La Pulmonaire officinale 1 , qui habite notre pays , est potagère dans le nord de l’Europe ainsi qu’en Ecosse ; ce sont sans doute les taches dont ses feuilles sont revêtues , et que l’on a comparées à celles du poumon, qui ont déterminé les partisans de la doctrine des signatures à l’employer dans les maladies de cet organe ; aujourd’hui elle est inusitée.
ONOSMA. Onosma. Corolle infundibuliforme, à limbe redresse', ventru ; gorge nue. Akènes lisses, luisans.
Onosma provient de ovoç, âne, et de o<rpin, odeur. Ces plantes habitent l’Orient et l’Europe méridionale.
L’Onosma échioïde 2 possède une racine dont les anciens
i P. ujfficinalis.
i O. echioides.
CLASSE XIV
extrayaient une couleur rouge qui leur servait pour s’enluminer le visage ou pour teindre les étoffes. Pallas dit que les Tartares des bords de la mer Caspienne l’emploient encore pour la teinture de leurs vêtemens.
GONSOUDE. Symphytum . Corolle subcampanulée ; gorge munie d’appendices acumine's.
Symphytum, est dérivé de (rvv, réunion, et de qvrov, plante, et indique les vertus vulnéraires que l’on prêtait aux consoudes ; ce dernier nom, qui provient de consolido, a été donné dans le même but.
La Consolide officinale 1 , qui abonde dans nos prairies humides, était anciennement regardée comme un vulnéraire presque miraculeux. La confiance qu’elle inspirait, pour réunir les parties divisées, était telle que Paracelse prétendait qu’elle guérissait les fractures des membres sans le secours d’appareil, et Sennert rapporte même qu’on en faisait usage pour effacer la trace des plaisirs, ad sophisticalionem virginitatis. Il y a peu de tems , on administrait encore la consolide comme astringente, pour arrêter les hémorrhagies ; mais cette plante n’est réellement qu’émolliente.
LTGOPSIDE. Lycopsis. Corolle infundibuliforme, à tube coude' ; gorge à cinq e'cailles fimbrie'es.
Les lycopsides ont un nom dérivé de hvaoç , loup , et de «4œil. Elles sont herbacées et hérissées de poils; plusieurs habitent l’Europe.
ÉGHIOÎDE. Echioïdes. Calice accrescent; corolle infundibuliforme , re'gulière , à tube droit ; gorge nue. Akènes strie's.
Les échioïdes portent un nom qui indique leurs rapports
i S. officinale.
BORRAGINÉES.
avec le genre echium ; ce sont des plantes herbacées dont deux espèces habitent la France méridionale.
MYOSOTIS. Myosotis > Corolle hypocratëriforme, à lobes ëchancre's ; gorge à cinq e'cailles convexes, glabres; anthères pelte'es.
C’est de souris, et de cotoç, oreille, qu’est formée cette dénomination. Les myosotis sont des plantes herbacées dont les fleurs sont blanches ou bleues et disposées en épis dépourvus de bractées. Plusieurs se trouvent en Europe.
BUGLOSSE. Ànchusa. Calice tubuleux; corolle infundibuliforme, à limbe plan ; gorge à cinq appendices ordinairement barbus.
Selon de Théis, anchusa provient de ety%ov<rci9 fard, parce que l’une des espèces servait anciennement à la toilette.
La Buglosse orcanette 1 , qui habite la France méridionale, offre dans sa racine un principe colorant d’un beau rouge. Les Turcs s’en servent fréquemment dans la teinture ; chez nous, cette racine n’est presque plus en usage dans cet art , à cause du peu de solidité de la couleur qu’elle produit ; mais les distillateurs et les pharmaciens s’en servent pour colorer les liqueurs.
BOURRACHE. Borrago. Corolle rotacëe, à lobes aigus ; gorge à cinq appendices ëchancre's ; filets anthërifères surmontës d’une corne.
Apulée, dans son livre sur les plantes médicales, dit que ce nom est une altération de corago , et qu’il indique les effets cordiaux de la bourrache.
La Bourrache officinale 2 était regardée par Pline comme
i A. tinctoria.
2 B. officinalis .
CLASSE XIV
propre à ranimer Faction du cœur : c’était à tort. C’est une plante mucilagineuse , cpii contient une faible proportion de nitrate de potasse. Aujourd’hui, en France, on l’administre comme diurétique, tandis qu’en Afrique les Maures s’en nourrissent.
BAPETTE. Asperugo. Corolle infundibuliforme ; gorge à cinq écailles convexes. Akènes comprimés.
La Rapette couchée 1 , qui croît en Europe et que l’on mange en Italie, est l’unique espèce de ce genre; son nom, qui est dérivé à?asper, indique les aspérités de ses feuilles.
GYNOGLOSSE. Cynoglossum . Corolle infundibuliforme ; gorge munie d’écailles. Fruits déprimés.
Ce nom, qui est formé de x,vyof, chien, et de yhcooTa,, langue, rappelle que l’on a comparé la feuille douce au toucher des cynoglosses à la langue d’un chien .
La Cynoglosse officinale 2, qui est commune dans nos campagnes, n’a point encore été assez étudiée pour que l’on puisse fixer ses propriétés. Certains médecins, tels que Haller et Desbois de Rochefort, la regardent comme inerte, tandis que Murray et d’autres assurent qu’elle est vénéneuse. Les paysans russes l’emploient dans le traitement de la rage.
RINDÈRE. Rindera. Corolle à divisions linéaires; gorge nue. Akènes comprimés, subailés.
C’est à A. Rinder, médecin de Moscou, que ce genre a été dédié. Il ne contient que deux ou trois espèces.
NOLANE. Nolana. Calice vaste, pentagone; co-
i A. procwnbens.
■x C. officinaUs.
BORRAGINEES.
rolle campanulee, plissée. Cinq carpelles drupacées.
Les nolanes sont indigènes de l’Amérique méridionale ; elles s’éloignent des vraies borraginées par la structure de leur fruit.