‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 44 sur 87 · FAMILLE DES TÉ RE B INT H AC ÈE S · texte numérisé non relu

FAMILLE DES TÉ RE B INT H AC ÈE S

Calice monosépale ; corolle polypétale , insérée à la base du calice , rarement nulle ; étamines en nombre

i L. latifolium.

■2 I. virgimca.

RHODORACÉES. 4^5

égal, ou double des pétales. Drupe, baie ou capsule uni ou multiloculaire.

Les végétaux de cette famille sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles alternes.

SUMAC. Rhus . Corolle pentapétale, pentandre. Drupe sphérique , monosperme.

Rhus vient de /joJW, rouge, et indique la couleur des fruits de quelques espèces.

Le Sumac vénéneux 1 , qui croît dans l’Amérique du nord , est un des végétaux les plus délétères que l’on connaisse.

Le Sumac copal , qui habite l’Amérique , et le Sumac vernis , qui vient aussi dans ce pays et au Japon, fournissent des résines qui entrent dans la confection des vernis , tandis que le Sumac des corroyeurs sert au tannage.

COMOCLADE. Comocladia . Corolle tripétale , triandre. Drupe recourbé.

Ce groupe , dont le nom est formé de , chevelure , et de xActJW, rameau, ne contient que des végétaux indigènes de l’Amérique.

AMYRIS. Amyris. Calice quadridenté; corolle tétrapétale, octandre. Drupe monosperme.

Par ce nom , qui est dérivé de /ut/po, je coule, on a voulu indiquer les produits résineux que donnent plusieurs de ces végétaux.

L’ Amyris élémifère 2, qui croît en Ethiopie , passe pour être l’arbre qui fournissait la Résine élémi des anciens.

ANACARDIER. Anacardium. Corolle peutapé-

« R. toxicoderulron.

2 A. elemifera.

CLASSE XIV

taie, pentandre. Noix cordiforme sur un réceptacle charnu.

Ce genre est voisin de l’acajou ; son nom , qui provient de clvci , avec , et de KeLpS'iet, coeur, indique la forme de ses noix. Les anacardiers sont originaires de l’Inde , et l’on mange leurs fruits dans ce pavs.

MANGUIER. Mangifera. Corolle pentape'tale , pentandre. Drupe oblong, subréniforme.

Les manguiers habitent l’Inde ; leurs fruits ont une saveur délicieuse, et on les mange diversement apprêtés.

CAMELEE. Cneorum. Calice tridenté; corolle tripétale, triandre. Capsule tricoque, triloculaire.

Les camélées ne comptent que deux espèces , dont une croît dans la France méridionale.

MOLLE. Schinus. Fleurs dioïques. Mâles en chatons , à corolle pentape'tale , décandre. Baie triloculaire, trisperme.

Ce genre ne contient que deux espèces exotiques à l’Europe.

PISTACHIER. Pistacia. Fleurs dioïques. Mâles en chatons ; corolle nulle , cinq étamines. Drupe ovoïde.

Les pistachiers sont des arbres ou des arbrisseaux plus ou moins résineux, qui croissent principalement en Europe, et dont les amandes sont comestibles et oléagineuses.

Le Pistachier lentisque 1 , qui habite la Provence et le

i P. lentiscus.

RH0D0RACEES.

Levant, ainsi que l’Afrique, fournit la résine nommée Mastic; le Pistachier térébinthe , la Térébenthine de Chio, et le Pistachier vulgaire, les fruits que l’on nomme chez nous pistaches.

MONBIN. Spondias. Corolle pentapétale, décandre. Drupe ovoïde, à noix pentagone, quinquéloculaire.

Les monbins habitent l’Asie et l’Amérique. Les fruits de plusieurs espèces sont bons à manger.

AILANTE. Ailantus . Fleurs ordinairement monoïques , à cinq pétales roulés à la base. Trois à six capsules aplaties, membraneuses, monospermes.

Les ailantes ont une dénomination d’origine indienne ; ils habitent l’Asie.

BRUCEE. Brucea . Fleurs dioïques. Mâles: corolle tétrapétale , tétrandre. Quatre capsules monospermes.

C’est au voyageur écossais J. Bruce que ce genre a été dédié; il ne contient qu’une plante de l’Abyssinie.

PTELÉE. Ptelea. Corolle tetra ou pentapétale. Capsule largement ailée, biloculaire.

On ne connaît qu’une seule espèce dans ce genre ; elle habite l’Amérique septentrionale.

CARAMBOLÎER. Avcrrhoci. Corolle pentapétale, dix étamines submonadelphes. Baie pentagone, à cinq loges dispermes.

Ce genre , dédié au médecin arabe Averrhoes , est composé

CLASSE XIV

de végétaux qui croissent dans l’Inde, et dont les fruits sont édules.

NOYER. Jugions. Fleurs monoïques. Les mâles en chatons, formés de cinq à sept écailles, quinze à vingt examines. Femelles solitaires ; corolle quadrilobée. Drupe à noyau sillonne, bivalve.

Ce nom est une syncope de Jovis glans , gland divin , qui est celui que les Latins donnaient aux fruits du noyer, à cause de leur excellence.

Le Noyer vulgaire 1 est , depuis long-tems , cultivé en France, où il s’est acclimaté.

FAMILLE DES RHAMNÉES.

Calice monopétale, quadri ou quinquédenté; corolle te'tra ou pentapétale , rarement nulle; étamines en nombre égal aux pétales. Baie, nuculaineou capsule, ordinairement à plusieurs loges monospermes.

Les rhamnées sont des arbres, des arbustes ou des arbrisseaux à feuilles simples, stipulées, et ordinairement alternes.

ST APHYLŒR . Staphylea. Corolle pentapétale. Deux ou trois capsules vésiculeuses.

Les staphyliers portent un nom qui est dérivé de CTa.Z\)Kt\9 grappe de raisin. Un de ces végétaux habite la France.

FUSAIN. Evony 'mus. Corolle tétra ou pentapétale, tétrandre ou pentandre; stigmate unique. Capsule

i J. rt a .

RHAMNÉES. 4^9

tetra ou pentagone , quadri ou quinquévalve , quadri ou quinquéloculaire ; semences arille'es.

Cette dénomination est formée de bon, et de ovo^jlol, nom. Les fusains sont des arbustes qui habitent l’hémisphère boréal.

Le Fusain d’Europe 1 , qui croît dans nos forets, sert pour esquisser les dessins et pour fabriquer la poudre à canon .

GELASTRE. Celastrus. Corolle pentapëtale. Capsule ovoïde, trivalve, triloculaire.

Ce groupe contient environ vingt espèces , qui toutes sont exotiques à l’Europe.

RUBENTIE. j Rubentia. Corolle à cinq pëtales à onglet large. Drupe oliviforme à noyau biloculaire.

On ne connaît qu’une seule rubentie ; elle est originaire de Madagascar.

GASSINE. Cassine. Corolle à cinq pétales réunis à la base. Baie triloculaire.

Ces végétaux portent le nom qu’on leur donne en Amérique. Tous sont exotiques à l’Europe.

HOUX. Ilex. Corolle à quatre pe'taies re'unis; quatre e'tamines ; quatre stigmates sessiles. Baie sphe'rique, quadriloculaire , te'trasperme.

Ilex provient du mot celtique ec , qui signifie poiute. Les houx sont répandus sur presque toute la surface du globe.

Le Houx commun 2 , qui croît en Europe , est parfois employé pour les ouvrages de tour et de marqueterie ; il servait anciennement en médecine.

} E. europcem.

i I. aquifoliunu

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PRINOS. Prinos. Corolle à six lobes ; six étamines. Baie à six loges.

Les prinos sont presque tous indigènes de l’Amérique du nord. Quelques botanistes les ont reportés dans une autre famille.

AUGURE. Aucuba. Fleurs monoïques. Mâles tétrapétales. Baie uniloculaire.

On ne connaît qu’une seule espèce d’aucube ; elle est originaire du Japon.

GONDALIE. Condalia. Calice quinquélobé ; corolle nulle ; cinq étamines. Drupe monosperme.

Ce genre, dédié au médecin espagnol A. Condal, ne contient qu’une espèce qui est indigène du Chili.

NERPRUN. Rhamnus. Fleurs hermaphrodites ou unisexes. Corolle tétra ou pentapétale , tétrandre ou pentandre, monostyle; deux à quatre stigmates. Baie à deux à quatre loges.

L’étymologie de ce nom est obscure. Les nerpruns sont des arbrisseaux épineux ou inermes, et indigènes ou exotiques.

Le Nerprun cathartique 1 , qui est dioïque , habite nos forêts; ses baies sont purgatives ; c’est avec leur pulpe que l’on fabrique le vert de vessie.

Le Nerprun des teinturiers 2 , qui croît dans la France méridionale , offre des fruits que l’on emploie pour teindre en jaune, ou pour fabriquer le stil de grain ; ils sont connus dans le commerce sous le nom de Graines d’Avignon.

l II. catharticus.

2 R infectorius.

RHAMNÉES. 4^ 1

JUJUBIER. Ziziph us. Corolle pentapétale. Drupe charnu , à noyau biloculaire.

Le jujubier est appelé zizouf g n Arabie : c’est de ce mot qu’est provenue cette dénomination générique.

Le Jujubier commun 1 est un grand arbrisseau épineux, qui est indigène de la Syrie, de l’Egypte et de la Barbarie. M . Poiret dit qu’il était si commun près de l’antique Hippone , que les ruines de cette cité sont encore appelées par les Arabes baledel-unied , ce qui signifie la Yille des jujubiers; mais aujourd’hui ce végétal est devenu rare dans la contrée. Selon Pline , il a été introduit en Italie par Sextus-Papirius ; il s’est naturalisé dans ce pays aussi bien qu’en Espagne et dans le midi de la France. Les fruits du jujubier, qui se servent sur les tables se mangent crus; ils ont un goût qui n’a rien d’agréable; on les emploie en médecine dans les préparations pectorales.

Le Jujubier des lotophages 2 , est un arbrisseau à rameaux tortueux et chargés d’épines ; ses fruits sont globuleux , et leur chair est d’une saveur agréable. M. Poiret l’a rencontré fréquemment sur les côtes de la Barbarie, surtout dans les parages de Tunis , et particulièrement dans l’île de Zerbi , qui était habitée par les Lotophages.

Homère a donné une grande célébrité à ce végétal ; c’est lui qu’il désigne sous le nom de Lotos , et dont les fruits , qui nourrissaient les Lotophages , passaient pour être si délicieux qu’ils faisaient oublier aux étrangers le souvenir de leur patrie.

Déjà Clusius, J. Bauhin, Shaw et Linnée avaient soupçonné ou admis que celui-ci n’était qu’une espèce de jujubier ; mais il était réservé à Desfontaines, qui avait exploré le pays habité par ces anciens peuples, de nous éclairer sur ce sujet. D’après lui, on regarde aujourd’hui comme certain que cet arbrisseau est bien le lotus des anciens : un passage dans lequel Polybe >

1 Z. vulgaris.

2 Z. lotus. Ency.

CLASSE XIV

qni a vu ce végétal, le décrit avec détail , ne laisse nul doute à cet égard , et d’ailleurs le botaniste français n’a trouvé aucune plante qui puisse être confondue avec lui sur le territoire que lui assignent les auteurs. Polybe donne aussi des détails sur la conservation du fruit du lotus ; il rapporte que les Lotophages le cueillaient et le renfermaient dans des vases dans lesquels ils se contentaient de le broyer pour le manger ; ainsi apprêté, sa saveur était analogue à celle de la figue ou des dattes. On en faisait aussi une sorte de vin.

Le prestige de la poésie a disparu ; les voyageurs ne sont plus séduits par les fruits de ce jujubier, qui captivaient tellement les compagnons d’Ulysse qu’il fallut les arracher violemment à la terre sur laquelle il croissait , mais les tems n’ont point diminué de l’importance de ce végétal ; ses drupes sont recueillis avec soin et approvisionnent les marchés du royaume de Tunis , et, comme autrefois, les hommes en font leur nourriture, les donnent aux bestiaux et en composent une boisson .

PALIURE. Paliurus. Corolle pentape'tale. Drupe sec , bordé d’une membrane.

Ces végétaux portent le nom d’une ville d’Afrique; ils habitent l’Europe et l’Amérique.

ELEODENDRON. Elœodendrum. Calice pentaphylle ; corolle pentape'tale. Drupe sec , à noyau bi ou triloculaire.

Ces végétaux, dont le nom est dérivé de eAct/ct, olivier, et de S'svS'pov, arbre, habitent la Nouvelle-Hollande, l’Afrique et la Sicile.

POMADÉRIE. Pomaderis. Corolle pentape'tale

RHAMNÉES. 4?^

ou nulle ; cinq étamines. Capsule tricoque , fermée intérieurement par une membrane.

On ne connaît que deux pomadéries ; elles sont originaires de la Nouvelle-Hollande.

HO VENTE. Hovenia, . Corolle pentapétale , enveloppant les étamines. Capsule triloculaire, entourée par le calice.

L’Hovénie douce x, qui croît au Japon, porte des pédoncules qui deviennent charnus et rougeâtres, et qui sont un aliment recherché parles habitans de cette île.

GEANOTHE. Ceanothus . Calice à divisions roulées en dedans ; cinq pétales à sommet creusé. Capsule tricoque.

Les céanothes sont tous des végétaux exotiques à l’Europe .

PHYLIGE. Phylica . Fleurs capitées ou en épis. Calice velu ; cinq pétales squammiformes ; stigmate unique. Capsule tricoque.

Les phylices sont presque toutes naturelles au cap de Bonne- Espérance.

BRUNIE. Brunia. Fleurs capitées , sur un réceptacle commun. Corolle pentapétale. Capsule.

Ces végétaux ont été dédiés au voyageur hollandais Lebrun ; ils sont presque tous indigènes du Cap de Bonne-Espérance,

i H. dulcis.

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GOUANIE. Gouania. Calice offrant cinq appendices internes; cinq pétales squammiformes. Fruit triloculaire , trisperme.

Ce genre est dédié au naturaliste Gouan ; il ne contient que des végétaux exotiques.

PITTOSPORE. Pittosporum. Cinq pétales connivens en tabes ; cinq étamines. Capsule uniloculaire, bivalve, polysperme.

Ce mot est formé de 'Zïittcl, résine, et de rrropo?, semence. Les pittospores sont des végétaux indigènes de l’Asie , de l’Afrique et de la Nouvelle-Hollande. On en a fait le type d’une famille spéciale.

FAMILLE DES LYTHRÉES.

Calice monosépale , tubuleux ou campanule ; corolle de quatre ou six pétales attachés au sommet du calice , ou nulle ; ordinairement six ou douze étamines ; un style. Capsule mince , ordinairement à deux ou à quatre loges.

Les lythrées sont herbacées ou sous-ligneuses ; leurs feuilles sont simples, alternes ou opposées, sans stipules. Leur capsule paraît souvent uniloculaire à cause de la destruction de ses cloisons, qui sont extrêmement minces; mais elle ne l’est cependant pas originairement.

LAGERSTROEMIE. Lagerstroemia . Calice campanule' ; corolle à six pétales ondulés , à onglet

LYTHREES.

filiforme ; étamines nombreuses. Capsule à six valves , six loges.

C’est àM. Lagerstroem, naturaliste suédois, que ce groupe a été dédié. Use compose d’arbrisseaux pour la plupart originaires des Indes orientales.

HENNE. Lawsonia. Calice quadrifide; corolle tétrapétale, octandre. Capsule quadriloculaire.

C’est à la mémoire de W. Lawson, cultivateur anglais, que ce genre a été dédié.

Le Henné oriental 1 , qui habite l’Egypte, la Perse , l’Inde et l’Amérique, paraît être Yacopher de l’Ecriture. Les Grecs le désignaient sous le nom de KVrpof, parce qu’il provenait de Chypre. Les Arabes nomment cet arbrisseau al henneh. Dès la plus haute antiquité, ses feuilles servaient aux Hébreux et aux Egyptiens pour teindre les étoffes en jaune— brun , ce qui se pratique encore aujourd’hui parmi les Maures et les Arabes. A cette époque aussi , les Egyptiennes fesaient déjà usage du suc de ces organes pour se colorer les ongles, ainsi que le révèle l’inspection des momies. Les femmes Arabes ont même conservé cette coutume qui, parmi elles, est une marque de dignité interdite aux esclaves , et dont elles s’abstiennent seulement pendant les jours de deuil. Ces femmes et quelques Chinoises d’Amboine se servent aussi de ces feuilles pour se teindre les cheveux , tandis que l’Arabe peint avec elle la crinière et les sabots de son coursier. Berthollet a constaté, en Egypte, que le principe colorant de cette ‘plante pouvait diversement se nuancer par l’alun et le sulfate de fer, et devenir pour nous un excellent ingrédient tinctorial.

Le henné est employé dans l’Inde, la Turquie et l’Egypte contre diverses maladies cutanées. Belon dit que ce dernier pays en expédiait de son tems à Constantinople , et que ce

i L. i ncrt ni s.

CLASSE XIV

commerce donnait un revenu considérable au pacha. Les fleurs de ce végétal exhalent une odeur hircine qui plaît aux femmes de l’Orient. Olivier dit qu’elles aiment à s’en orner dans les cérémonies religieuses, et qu’elles se parfument et font leur toilette avec une eau distillée que Ton en confectionne.

SALICAIRE. Lyth rum . Calice tubuleux , à six à douze dents; corolle de six pétales égaux; ordinairement six à douze étamines. Capsule biloculaire, polysperme.

C’est de hvôpov, sang caillé, que provient cette dénomination qui indique la couleur rouge des fleurs de l’espèce commune ; le nom français fait allusion à ses feuilles qui ressemblent à celles du saule , arbre près duquel elle se plaît particulièrement. Les salicaires sont des végétaux herbacés ou sous-ligneux; plusieurs viennent en Europe.

La Salicaire commune 1 abonde dans les prairies humides de la France. On a conseillé ses feuilles dans l’hémoptysie, et Dehaen et Stœrck les ont vantées contre les diarrhées. En Irlande, elles sont un remède vulgaire pour cette dernière maladie.

NÉSÉE. Nesea. Calice campanule' à dix à douze dents ; corolle penta ou hexap étale ; dix à douze étamines. Capsule membraneuse tri ou quadrivalve, tri ou quadriloculaire.

Les nésées sont des plantes herbacées ou ligneuses indigènes de l’Amérique.

GUPHÉE. Cuph ea. Calice tubuleux, offrant une gibbosité ; corolle irrégulière , hexape'tale ; douze

1 Z. salie aria.

PORTULACÉES .

étamines. Fruit membraneux , ordinairement uniloculaire.

Les cuphées sont des végétaux ligneux ou herbacés , ordinairement visqueux, et originaires de l’Amérique équatoriale.

PEPLIDE. Peplis. Calice campanule à six lobes colorés ; corolle hexapétale rudimentaire ou nulle ; six étamines. Capsule biloculaire.

Ce nom est celui que les Grecs donnaient au pourpier ; on l’a imposé aux péplides à cause de leur ressemblance avec ce végétal. Les espèces de ce genre croissent en Europe et en Afrique.

FAMILLE DES PORTULACÉES.

Calice à deux sépales soudés ou quinquélobé; corolle pentapétale , monopétale ou nulle , ordinairement pentandre ; style simple ; trois à cinq stigmates. Capsule uniloculaire, trivalve, oupyxide, ordinairement poly sperme.

Les portulacées sont des végétaux herbacés ou sous— frutescens , dont les feuilles sont simples , charnues , et ordinairement opposées.

POURPIER. Portulaca. Corolle pentapétale; douze étamines ; cinq stigmates. Pyxide.

L’étymologie de ce genre est obscure ; d’après Linnée, elle ferait allusion à la propriété laxative du pourpier et proviendrait de portula , petite porte. Ces végétaux habitent les contrées chaudes des deux mondes.

CLASSE XIV

Le Pourpier édule f, cpiî est originaire de l’Inde, s’est naturalisé en France , où il est cultivé comme plante alimentaire.

TALINE. Talinum. Corolle pentape'tale ; douze étamines. Capsule trivalve.

Les talines sont herbacées ou suffrutescentes et portent des feuilles alternes. Elles habitent les deux Amériques.

MONTIE. Montia. Corolle monopétale à cinq divisions , dont trois plus petites ; trois ou cinq étamines. Capsule turbinée , trivalve.

La Montie des fontaines 2, qui habite l’Europe, est l’unique espèce de ce genre qui est dédié à J. Monti, professeur d’histoire naturelle bolonais.

TELÈPHE. Telephium. Calice quinquélobé ; corolle pentapétale , pentandre. Capsule trigone, trivalve , subtriloculaire.

Ce genre est dédié à Télèphe, roi de Mysie, dont Achille guérit les blessures avec une plante appelée telephium par les anciens. Les végétaux que nous nommons ainsi croissent en Europe et en Afrique.

TRIANTHEME. Trianthemci. Calice quinquélobé, coloré; corolle nulle; cinq à dix étamines. Ordinairement pyxide.

Ces végétaux , dont l’appellation est dérivée de Tpstf, trois, et (lectrôos-, fleur, sont indigènes de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique.

f P. uleracea.

2 M. fontana.

CRASSULÆES.

PORTULACAIRE. Portulacaria . Corolle pentapétale , pentandre. Fruit triquètre , aile , monosperme.

La Portulacaire d’Afrique r, dont le nom générique indique l’affinité avec le pourpier, est l’unique espèce.

GLAYTONXE. Claytonia. Corolle monopétale, campanulée , pentandre. Capsule trivalve , trisperme.

C’est au botaniste anglais J. Clayton que ces végétaux ont été dédiés. Ils sont herbacés et exotiques.

La Claytonie de Cuba 2 est alimentaire dans l’île dont elle porte le nom .

TAMARISG. Tamarix. Corolle te'tra ou pentapétale, tétrandre ou pentandre ; trois stigmates. Capsule triangulaire, trivalve, polysperme; graines aigrettées.

Ces végétaux portent le nom d’un peuple qui habitait le revers des Pyrénées , et sur le territoire duquel il s’en trouvait en abondance. Ils sont herbacés ou ligneux et habitent principalement les contrées chaudes ou tempérées de l’ancien continent. On en a fait le type d’une nouvelle famille.

FAMILLE DES CRASSULÉES.

Calice divisé profondément ; corolle polypétale ou monopétale ; étamines en nombre égal ou double des pétales ou des lobes ; trois à douze pistils ,

i P. afra.

2 C. cubensis.

CLASSE XIV

ayant ordinairement à leur base une glande nectariforme. Capsules uniloculaires, polyspermes, en nombre égal aux pistils.

Cette familie est composée de plantes herbacées ou suffrutescentes , à feuilles ordinairement charnues.

TILLEE. Tillœa. Calice triphylle; corolle tripétale, triandre. Trois capsules dispermeS, étranglées au milieu.

C’est au botaniste M.-A. Tilli , né en Italie , que ces plantes ont été dédiées. Elles croissent dans les lieux humides, et habitent la Nouvelle-Hollande , l’Amérique et l’Europe.

BULLIARDE. Bulliarda. Calice quadrilobé ; corolle tétrapétale , tétrandre , tetrastyle.

C’est au botaniste français Bulliard que l’on a dédié ce genre, qui a été créé pour une espèce qui croît près de Paris.

GRASSULE. Crassula. Calice quinquélobé ; corolle pentapétale ou monopétale , pentandre, pentastyle.

Les crassules , ainsi que l’indique leur nom , sont des plantes grasses ou à tiges et à feuilles charnues. Plusieurs sont indigènes de l’Europe.

GOTYLET. Cotylédon. Corolle monopétale, campanulée ou tubuleuse, quinquélobée , décandre , pentastyle.

Ce nom fait allusion à la forme creuse des feuilles de quelques cotylets ; il provient de aoTVhn, écuelle. Ces plantes sont herbacées ou ligneuses et habitent principalement l’Afrique.

CRASSULÉES.

K AL A NC OE Kolancoe . Calice quadrilobé; corolle monopétale , infundibuliforme , quadrilobée , octan dre , tétrastyle.

Les végétaux qui portent ce nom chinois sont des arbrisseaux ou des herbes grasses indigènes de l’Inde et de l’Afrique.

SEDON. Sedum. Calice quinquélobé ; corolle pentapétale , de'candre , pentastyle.

Cette appellation provient de sedere , s’asseoir, parce que plusieurs sédons sont immédiatement implantés sur les pierres. Ces végétaux habitent particulièrement les climats chauds ; quelques uns croissent en France.

Le Sédon âcre 1 est dans ce cas ; on le trouve sur les murs ; contrairement aux autres plantes de cette famille , ses organes contiennent un suc âcre dont l’activité suffit pour faire périr des chiens, ainsi qu’Orfda l’a démontré. Cependant , cela n'empêche point que ce sédon ne soit un médicament vulgaire que les Suédois , à ce que dit Linnée , s’administrent contre la fièvre et le scorbut. Divers médecins du Nord assurent en avoir obtenu du succès dans cette dernière maladie. Depuis longtems cette crassulée passe en Allemagne pour être d’une grande efficacité contre l’épilepsie, mais, malgré les assertions favorables de quelques praticiens de notre pays , la confiance que l’on avait en elle s’est considérablement affaiblie depuis qu’elle a échoué complètement dans les essais tentés par M. Esquirol. On l’a aussi vantée récemment contre le cancer.

Le Sédon orpin 2, qui croît également en Europe , offre des feuilles charnues que M. Decandolle dit être alimentaires dans certains pays. On s’en sert surtout pour la guérison des brûlures , des blessures, des hémorrhoïdes et des cors aux

i S. acre.

2 S. lelephium.

48a CLASSE Xiv.

pieds ; elles contribuent à cette dernière en agissant mécaniquement.

RHODIOLE. Rhodiola. Fleurs dioïques. Calice quadrilobé ; corolle tétrapëtale , octandre , tétrastyle.

Le Rhodiole rose r, plante de l’Europe méridionale , est la seule espèce ; son nom provient de poS'ov , rose , et indique l’odeur qu’exhale sa racine.

JOUBARBE. Sempervivum. Calice à douze lobes ; corolle à douze pétales ; douze à quarante examines. Douze capsules.

Les joubarbes ont des feuilles charnues , et qui sont toujours vertes , ce que l’on a voulu exprimer par leur appellation générique; elles habitent l’Afrique méridionale et l’Europe.

La Joubarbe des toits 3 croît sur les vieux murs et les toitures de nos habitations de campagne. Anciennement on administrait son suc dans les fièvres bilieuses et la dysenterie ; cette plante est aussi un remède populaire pour les cors aux pieds, et dans certaines campagnes on l’environne de soin.s parce que l’on croît qu’elle préserve les habitations contre les maléfices .

PENTHORE. Penthorum. Calice à cinq ou dix divisions ; corolle à cinq pe'tales line'aires ; dix examines. Cinq carpelles stelle's.

Cette dénomination indique les cinq angles que présente l’ensemble des carpelles; elle provient de nevre, cinq, et de opoç , bornes. On ne connaît qu’une penthore ; elle est originaire de la Virginie.

i R. rosea

2 S. tectorum.

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