‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 45 sur 87 · FAMILLE DES SAXIFRAGES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES SAXIFRAGES

Calice quadri ou quinquélobé ; corolle tetra ou pentapétale , rarement nulle ; examines en nombre égal ou double des pétales ; deux styles. Capsule bivalve, uni ou biloculaire , polysperme.

Les saxifragées sont ordinairement herbacées ; leurs feuilles sont alternes, simples ou composées, et quelquefois un peu charnues.

HEUGHERE. Heuchera. Calice campanule ; corolle à cinq pétales lancéolés, pentandre. Capsule bicorne.

Ce genre, qui est dédié au botaniste allemand H. Heucher, est composé d’espèces qui habitent l’Amérique septentrionale.

SAXIFRAGE. Saxifraga . Calice campanule', quinquéfide ; corolle pentapétale , décandre. Capsule à deux pointes recourbées , uniloculaire.

Les saxifages croissant ordinairement sur les pierres, on en a conclu qu’elles étaient salutaires pour dissoudre les calculs vésicaux ; voilà l’origine de leur dénomination qui est formée de saxum-frango , je romps la pierre. Ces végétaux sont pour la plupart originaires des hautes montagnes du globe, surtout des Alpes et des Pyrénées.

La Saxifage pyramidale * qui tapisse les Alpes , est cultivée pour décorer les jardins.

TIARELLE. Tiarellci. Calice profondément quin-

« S. pyramidaUs .

CLASSE XIV

quélobé ; corolle pentapétaîe , décandre. Capsule oblongue, uniloculaire, à valves subplanes, iné-

Ces végétaux sont ainsi appelés à cause de la forme de leur fruit , qui est analogue à une petite tiare ; ils habitent l’Amérique du nord.

MITELLE. Mitella. Calice quinque'dente' ; cinq pétales finement laciniés; dix étamines. Capsule uniloculaire.

La ressemblance du fruit de ces saxifragées avec une petite mitre , a déterminé cette appellation. Ces végétaux proviennent tous de l’Amérique septentrionale.

DORINE. Chryso splénium. Calice à quatre ou cinq lobes inégaux , colorés ; corolle nulle ; huit ou dix étamines. Capsule bivalve , bicorne , uniloculaire.

C’est de %pvroç9 or, et de e mMiv , rate , qu’est dérivé ce nom par lequel on a voulu indiquer que ces plantes étaient précieuses pour le traitement des maladies de la rate. Les donnes habitent les lieux humides de l’Europe.

MOSCATELLINE. Adoxa. Calice quadri ou quinquélobé ; corolle nulle; huit ou dix étamines ; quatre ou cinq styles. Baie à quatre ou cinq loges monospermes.

La Moscatelline printanière 1 , petite plante dont le nom générique , dérivé de cl , sans, et de S'omet, éclat , indique la modeste apparence , compose seule ce genre que l’on devra

i A. moschatellina.

PARONYCHIÉES 4^

extraire des saxifrages dont il ne réunit nullement les caractères. La moscatelline , appelée ainsi à cause de l’odeur du musc qu’exhalent ses fleurs, croît en France.

HYDRANGEE. Hydrangea . Calice quin que denté; corolle pentapétale, de'candre. Capsule bicorne y couronnée par le calice.

Ce nom est formé de vS'poç , eau , et de ayyeiov, vase. A l’exception d’une seule espèce , ces plantes habitent l’Amérique du nord.

L’hortensia r , dont Commerson fit un genre qu’il dédia à Hortense Lepaute, femme d’un horloger de ses amis , est rangé dans ce groupe par Smith. Cet arbuste présente deux sortes de fleurs ; la plupart sont stériles et formées de lobes pétaliformes , que l’on a considérés comme un calice , mais que Decandolle croît n’ëtre que des bractées , et à la partie centrale desquelles on découvre des fleurs rudimentaires , dont ces bractées paraissent s’ëtre appropriées lès sucs nutritifs et avoir paralysé le développement. On rencontre en outre des fleurs complètes à la bifurcation des pédoncules.

L’hortensia croît à la Chine et au Japon; il n’est parvenu que depuis peu de tems en France ; précédemment on le cultivait à l’Ile-de-France. Il forme actuellement un des plus riches ornemens de nos salons. Les Chinois ont souvent représenté ses fleurs sur leurs toiles et leurs papiers peints.

FAMILLE DES PARONYCHIÉES.

Calice monose'pale , quinquélobé, ou à cinq se'pales cohérens intérieurement ; corolle a cinq pétales, souvent très-petits ou nuis; ordinairement

i 11. hortensis.

CLASSE XIV

cinq étamines insérées sur le calice , et dont quelques unes sont stériles. Capsule déhiscente ou indéhiscente, monosperme ou polysperme; périsperme farineux.

Les végétaux de cette famille sont herbacés ou sousfrutescens ; ils portent des feuilles opposées et munies ou non de stipules.

LŒFFLINGIE. Lœfflingia. Calice à divisions bidentées ; corolle pentapétale , triandre. Capsule uniloculaire , trivalve, polysperme.

Ce groupe a été consacré à la mémoire de J. Lœffling, botaniste voyageur, élève de Linnée ; il ne contient qu’un fort petit nombre d’espèces indigènes de l’Europe.

SCLERANTHE. Scleranthus. Calice tubuleux , quinquélobé, renflé inférieurement ; corolle nulle ; cinq ou dix étamines. Capsule monosperme.

Ce nom provient de mchtipe f, dur, et de ctvôoç , fleur ; il indique la densité des petites fleurs des scléranthes. Ces végétaux habitent l’Europe et la Nouvelle-Hollande.

POLLICHIE. Pollichla. Calice quinquédenté , devenant bacciforme ; corolle nulle ; une étamine.

La Pollichie champêtre 1 , qui croît au Cap , est la seule espèce de ce genre , qui a été consacré à J. Pollich , botaniste allemand.

PARONIQUE. Paronychia. Calice monosépale ,

î P. campe s fris.

PARONYCHIÉES .

turbine; corolle nulle; cinq étamines avec un appendice linéaire entre chaque ; un style. Capsule monosperme, quinquévalve.

Cette dénomination est dérivée de vrctpovv’fcici , panaris , et elle indique la confiance que le Grecs avaient en ces plantes pour la guérison de cette maladie , contre laquelle Dioscoride les vante encore beaucoup. La France possède plusieurs paronîques.

HERNIAIRE. Herniaria. Calice quinquéfide; cinq pétales filiformes ; cinq étamines. Capsule monosperme, indéhiscente; semence réniforme.

L’ignorance a fait croire que ces végétaux étaient utilesc intre les hernies, de là provient leur dénomination. Les Anglais les appellent rupture wort , ce qui indique qu’ils leur ont supposé la meme propriété ; ils croissent particulièrement aux environs de la Méditerranée.

QUERIE. Queria. Cinq sépales ; corolle nulle ; trois étamines ; trois styles. Capsule trivalve , uniloculaire, monosperme.

La Quérie d’Espagne 1 est l’unique espèce de ce genre, qui est dédié à J. Quer, botaniste de ce pays.

POLYCARPON. Polycarpon. Cinq sépales soudés inférieurement, et à bords membraneux; cinq pétales échancrés; trois à cinq étamines. Capsule uniloculaire , trivalve , polysperme.

C’est de rrohv , beaucoup, et de KapTOS , fruit, que pro-

i Q. hispanica.

CLASSE XIV

vient cette épithète générique , qui indique l’abondance de fruits que l’on rencontre sur ces petites plantes. Les polycarpons habitent l’Europe et l’Amérique.

POLYCARPEE. Polycarpea. Cinq pétales échancrés; cinq étamines. Capsule trigone, uniloculaire, polysperme.

Les polycarpées ont un nom qui indique leurs rapports avec le genre précédent. La principale espèce habite le Pic de Ténériffe.

CORRIGIOLE. Corrigiola. Corolle à pétales égalant le calice; cinq étamines; trois stigmates. Capsule triquètre , trivalve , monosperme.

Cette dénomination est dérivée de corrigia , courroie. Ce genre , qui a été récemment intercalé dans les paronychiées , se compose d’espèces indigènes delà France et de l’Afrique.

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