FAMILLE DES SAXIFRAGES
Calice quadri ou quinquélobé ; corolle tetra ou pentapétale , rarement nulle ; examines en nombre égal ou double des pétales ; deux styles. Capsule bivalve, uni ou biloculaire , polysperme.
Les saxifragées sont ordinairement herbacées ; leurs feuilles sont alternes, simples ou composées, et quelquefois un peu charnues.
HEUGHERE. Heuchera. Calice campanule ; corolle à cinq pétales lancéolés, pentandre. Capsule bicorne.
Ce genre, qui est dédié au botaniste allemand H. Heucher, est composé d’espèces qui habitent l’Amérique septentrionale.
SAXIFRAGE. Saxifraga . Calice campanule', quinquéfide ; corolle pentapétale , décandre. Capsule à deux pointes recourbées , uniloculaire.
Les saxifages croissant ordinairement sur les pierres, on en a conclu qu’elles étaient salutaires pour dissoudre les calculs vésicaux ; voilà l’origine de leur dénomination qui est formée de saxum-frango , je romps la pierre. Ces végétaux sont pour la plupart originaires des hautes montagnes du globe, surtout des Alpes et des Pyrénées.
La Saxifage pyramidale * qui tapisse les Alpes , est cultivée pour décorer les jardins.
TIARELLE. Tiarellci. Calice profondément quin-
« S. pyramidaUs .
CLASSE XIV
quélobé ; corolle pentapétaîe , décandre. Capsule oblongue, uniloculaire, à valves subplanes, iné-
Ces végétaux sont ainsi appelés à cause de la forme de leur fruit , qui est analogue à une petite tiare ; ils habitent l’Amérique du nord.
MITELLE. Mitella. Calice quinque'dente' ; cinq pétales finement laciniés; dix étamines. Capsule uniloculaire.
La ressemblance du fruit de ces saxifragées avec une petite mitre , a déterminé cette appellation. Ces végétaux proviennent tous de l’Amérique septentrionale.
DORINE. Chryso splénium. Calice à quatre ou cinq lobes inégaux , colorés ; corolle nulle ; huit ou dix étamines. Capsule bivalve , bicorne , uniloculaire.
C’est de %pvroç9 or, et de e mMiv , rate , qu’est dérivé ce nom par lequel on a voulu indiquer que ces plantes étaient précieuses pour le traitement des maladies de la rate. Les donnes habitent les lieux humides de l’Europe.
MOSCATELLINE. Adoxa. Calice quadri ou quinquélobé ; corolle nulle; huit ou dix étamines ; quatre ou cinq styles. Baie à quatre ou cinq loges monospermes.
La Moscatelline printanière 1 , petite plante dont le nom générique , dérivé de cl , sans, et de S'omet, éclat , indique la modeste apparence , compose seule ce genre que l’on devra
i A. moschatellina.
PARONYCHIÉES 4^
extraire des saxifrages dont il ne réunit nullement les caractères. La moscatelline , appelée ainsi à cause de l’odeur du musc qu’exhalent ses fleurs, croît en France.
HYDRANGEE. Hydrangea . Calice quin que denté; corolle pentapétale, de'candre. Capsule bicorne y couronnée par le calice.
Ce nom est formé de vS'poç , eau , et de ayyeiov, vase. A l’exception d’une seule espèce , ces plantes habitent l’Amérique du nord.
L’hortensia r , dont Commerson fit un genre qu’il dédia à Hortense Lepaute, femme d’un horloger de ses amis , est rangé dans ce groupe par Smith. Cet arbuste présente deux sortes de fleurs ; la plupart sont stériles et formées de lobes pétaliformes , que l’on a considérés comme un calice , mais que Decandolle croît n’ëtre que des bractées , et à la partie centrale desquelles on découvre des fleurs rudimentaires , dont ces bractées paraissent s’ëtre appropriées lès sucs nutritifs et avoir paralysé le développement. On rencontre en outre des fleurs complètes à la bifurcation des pédoncules.
L’hortensia croît à la Chine et au Japon; il n’est parvenu que depuis peu de tems en France ; précédemment on le cultivait à l’Ile-de-France. Il forme actuellement un des plus riches ornemens de nos salons. Les Chinois ont souvent représenté ses fleurs sur leurs toiles et leurs papiers peints.
FAMILLE DES PARONYCHIÉES.
Calice monose'pale , quinquélobé, ou à cinq se'pales cohérens intérieurement ; corolle a cinq pétales, souvent très-petits ou nuis; ordinairement
i 11. hortensis.
CLASSE XIV
cinq étamines insérées sur le calice , et dont quelques unes sont stériles. Capsule déhiscente ou indéhiscente, monosperme ou polysperme; périsperme farineux.
Les végétaux de cette famille sont herbacés ou sousfrutescens ; ils portent des feuilles opposées et munies ou non de stipules.
LŒFFLINGIE. Lœfflingia. Calice à divisions bidentées ; corolle pentapétale , triandre. Capsule uniloculaire , trivalve, polysperme.
Ce groupe a été consacré à la mémoire de J. Lœffling, botaniste voyageur, élève de Linnée ; il ne contient qu’un fort petit nombre d’espèces indigènes de l’Europe.
SCLERANTHE. Scleranthus. Calice tubuleux , quinquélobé, renflé inférieurement ; corolle nulle ; cinq ou dix étamines. Capsule monosperme.
Ce nom provient de mchtipe f, dur, et de ctvôoç , fleur ; il indique la densité des petites fleurs des scléranthes. Ces végétaux habitent l’Europe et la Nouvelle-Hollande.
POLLICHIE. Pollichla. Calice quinquédenté , devenant bacciforme ; corolle nulle ; une étamine.
La Pollichie champêtre 1 , qui croît au Cap , est la seule espèce de ce genre , qui a été consacré à J. Pollich , botaniste allemand.
PARONIQUE. Paronychia. Calice monosépale ,
î P. campe s fris.
PARONYCHIÉES .
turbine; corolle nulle; cinq étamines avec un appendice linéaire entre chaque ; un style. Capsule monosperme, quinquévalve.
Cette dénomination est dérivée de vrctpovv’fcici , panaris , et elle indique la confiance que le Grecs avaient en ces plantes pour la guérison de cette maladie , contre laquelle Dioscoride les vante encore beaucoup. La France possède plusieurs paronîques.
HERNIAIRE. Herniaria. Calice quinquéfide; cinq pétales filiformes ; cinq étamines. Capsule monosperme, indéhiscente; semence réniforme.
L’ignorance a fait croire que ces végétaux étaient utilesc intre les hernies, de là provient leur dénomination. Les Anglais les appellent rupture wort , ce qui indique qu’ils leur ont supposé la meme propriété ; ils croissent particulièrement aux environs de la Méditerranée.
QUERIE. Queria. Cinq sépales ; corolle nulle ; trois étamines ; trois styles. Capsule trivalve , uniloculaire, monosperme.
La Quérie d’Espagne 1 est l’unique espèce de ce genre, qui est dédié à J. Quer, botaniste de ce pays.
POLYCARPON. Polycarpon. Cinq sépales soudés inférieurement, et à bords membraneux; cinq pétales échancrés; trois à cinq étamines. Capsule uniloculaire , trivalve , polysperme.
C’est de rrohv , beaucoup, et de KapTOS , fruit, que pro-
i Q. hispanica.
CLASSE XIV
vient cette épithète générique , qui indique l’abondance de fruits que l’on rencontre sur ces petites plantes. Les polycarpons habitent l’Europe et l’Amérique.
POLYCARPEE. Polycarpea. Cinq pétales échancrés; cinq étamines. Capsule trigone, uniloculaire, polysperme.
Les polycarpées ont un nom qui indique leurs rapports avec le genre précédent. La principale espèce habite le Pic de Ténériffe.
CORRIGIOLE. Corrigiola. Corolle à pétales égalant le calice; cinq étamines; trois stigmates. Capsule triquètre , trivalve , monosperme.
Cette dénomination est dérivée de corrigia , courroie. Ce genre , qui a été récemment intercalé dans les paronychiées , se compose d’espèces indigènes delà France et de l’Afrique.