‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 46 sur 87 · FAMILLE DES C AR YOPHYLLÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES C AR YOPHYLLÉES

Calice monosépale ou polysépale; corolle tétra ou pentapétale, rarement nulle ; onglets généralement très-longs; cinq ou dix étamines ordinairement ; deux , trois ou cipq styles subulés. Capsule mono , tri ou quinquéloculaire ; embryon recourbé.

Les caryophyllées offrent en général des tiges herbacées et articulées ; elles portent des feuilles opposées , rarement vertieillées ; leurs fleurs sont ordinairement hermaphrodites et rouges ou blanches ; on voit parfois sur chacun de leurs pétales un petit appendice denté, qui est d’une moindre importance

CARYOPHYl.LEES. 4^9

dans les caractéristiques des genres qu’on ne l’avait précédemment pensé.

GYPSOPHILE. Gypsophila. Calice campanule; corolle pentapétale , décandre , distyle. Capsule quinque'valve , uniloculaire.

Cette dénomination, formée de yv^of, gypse, mur, et de <p/Àor, ami, indique les lieux où se plaisent ces plantes. Les gypsophiles ont un port élégant ; leurs feuilles sontconnées et leurs fleurs ordinairement en panicules ; elles habitent particulièrement l’Europe.

SAPONAIRE. Saponaria. Calicule nul ; calice tubuleux, quinquédenté ; cinq pétales onguiculés, entiers; dix étamines; deux styles. Capsule quadrivalve , uniloculaire.

Cette dénomination, qui provient de sapo, savon, indique la propriété qu’ont ces plantes de rendre l’eau savonneuse. Les espèces de ce genre sont en général herbacées , et leurs fleurs sont roses, blanches ou jaunes; elles habitent l’Europe méridionale et l’Orient.

La Saponaire officinale 1 , ou Savonnière, croît aux environs de Paris ; sa racine contient un extractif mucilagineux qui fait mousser l’eau , et qui a été nommé Saponine par Bucholz, qui l’a étudié. Les anciens employaient cette plante en guise de savon pour déterger les étoffes qu’ils destinaient à la teinture ; aussi est-ce à tort que Bosc lui refuse la propriété de blanchir le linge. Certains antiquaires croient reconnaître en elle le slrulhium d’Hippocrate.

Les médecins qui nous ont précédé ont accordé à cette earyophylléc les meme vertus qu’au savon ; ils pensaient qu’elle

1 S. officinalis.

CLASSE XIV

était fondante, dépurative et sudorifique, ce qui la fit principalement administrer dans les engorgemens des viscères, dans la syphilis et les affections goutteuses rhumatismales , dernières maladiesoù Stalh et Bergius en ont particulièrement fait l’éloge.

ŒILLET. Dianthus. Calice cylindroïde , quinquédente', caliculé; cinq pétales onguiculés, à limbe souvent denté ; dix étamines; deux styles. Capsule oblongue , uniloculaire.

C’est à leur beauté que ces plantes doivent ce nom, qui signifie Fleur de Jupiter, Fleur de dieu, et est formé de Atoç , Jupiter, et de etvôor, fleur; OEillet vient d’une tache comparée à un œil , que l’on voit sur les pétales de quelques espèces. Ce groupe est composé de végétaux à tiges articulées , et dont les feuilles sont opposées et les fleurs terminales ; leur nombre s’élève à plus de cent vingt , dont plus de la moitié se trouve en Europe, principalement dans les régions méridionales; les autres habitent l’Afrique et l’Asie ; une ou deux espèces seulement se rencontrent en Amérique.

L’OEillet giroflée 1 , que J. Bauhin etTournefort ont désigné par le nom latin de caryophyllus, à cause de son odeur de girofle, et que l’on appelle plus communément OEillet des fleuristes, est indigène de la France méridionale, ainsi que de l’Italie et de l’Espagne ; il se plaît dans les lieux arides, sur les côtes crayeuses et sur les murs. Cette espèce, qui, à l’état sauvage , offre une corolle rouge plus ou moins foncée , est la souche de cette foule de variétés nuancées de toutes les couleurs que nous trouvons actuellement dans les jardins , et auxquelles les amateurs ont donné de si ridicules noms. On pense que Réné d’Anjou fut le premier qui cultiva cette plante , qu’il aimait particulièrement; le Grand-Condé lui prodiguait aussi des soins pendant sa détention à la Bastille , ce qui fit le sujet de quelques vers de mademoiselle de Scudéri.

i JD. caryophyllus.

CARYOPHYLLEES.

Les œillets peuvent se multiplier de graines, de marcottes, de bouture et par la greffe. Le semis est fort long, puis il n’est praticable que pour les variétés simples ou semi-doubles, ou celles dont les étamines seules sont dégénérées, et dont on a fécondé artificiellement les stigmates. Les marcottes réussissent principalement à cause delà propension qu’ont les tiges noueuses à pousser des racines de leurs nœuds , endroits où s’arrêtent les fluides.

Naguère , on se servait en médecine d’un sirop préparé avec les pétales de l’œillet , et qui passait pour tonique et astringent ; ou l’administrait dans les fièvres ataxiques et pestilentielles; aujourd’hui les parfumeurs fixent l’arôme de ces organes, et les distillateurs en fabriquent un ratafia d’œillet.

LYCHNIS. Lychnis. Calice tubuleux , quinque'dente' ; cinq pe'tales onguicule's , ordinairement appendicule's ; dix etamines; cinq styles. Capsule offrant une à cinq loges.

Lychnis provient de Kvyvoç , lampe , dénomination que les Grecs donnaient à une plante qui leur servait à confectionner des mèches, et que l’on croit être une agrostemme.

Le Lychnis croix de Jérusalem 1 , qui est originaire du Japon , et dont lés fleurs sont d’un beau rouge écarlate et parfois blanches * est cultivé fréquemment dans les jardins.

AGROSTEMME. Agrostemma. Calice à cinq dents line'aires ; cinq pe'tales appendicule's ; dix examines; cinq stigmates. Capsule quinque'valve , uniloculaire.

Agrostemma vient de ctypoç , champ, et cou¬

ronne. Ces plantes sont herbacées et originaires de l’Europe.

L’Agrostemme coronaire 2 , qui porte des fleurs pourpres et croît en Italie, est cultivée dans nos jardins.

i L. chalcedunica.

2 A. coronaria .

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SILENE. Silene. Calice cylindroïde ou renflé, denté; cinq pétales onguiculés, bifides, ordinairerement appendiculés ; dix étamines ; trois styles. Capsule subtril oculaire , s’ouvrant par six dents.

Quelques silènes exsudent un suc visqueux : c’est de là qu’est venue l’idée de personnifier en eux le patron des ivrognes, si souvent couvert d’une bave bachique. Ce groupe, dans lequel, à l’exemple de Gaertner, les botanistes modernes comprennent plusieurs cucubales de Linnée, contient un fort grand nombre d’espèces qui, pour la plupart, habitent l’Europe. L’Asie, l’Afrique et l’Amérique en possèdent aussi.

GUGUBALE. Cucubalus. Calice campanule', quinquédenté; cinq pétales linéaires, bifides. Fruit charnu , uniloculaire , indéhiscent.

Ce nom vient de kcikoç , mauvais , et de jSoA» , jet.

Le Cucubale baccifer 1 , si remarquable par l’anomalie qu’offre son fruit, et qui croît en France, est l’unique espèce.

VÉLEZIE. Felezia. Calice tubuleux, denté; cinq à six pétales à onglets filiformes ; cinq ou six étamines. Capsule cylindrique , uniloculaire.

C’est à F. Yelez , auteur espagnol , que ce genre a été dédié ; il ne contient qu’une espèce qui habite l’Europe.

ORTÉGIE. Ortegia. Calice pentaphylle ; corolle nulle; trois étamines; un style. Capsule tri valve , uniloculaire.

C’est à Gomez de Ortcga, botaniste espagnol, que ce groupe

i C. bacciferus

CARYOPHYLLÉES.

a été dédié; il est formé par deux plantes herbacées qui croissent en Italie et en Espagne.

HOLOSTEE. Holosteum. Calice pentase'pale ; cinq pe'tales bi ou tridente's ; cinq examines ; trois styles. Capsule à six dents , uniloculaire.

Ce nom provient de oXot, tout, et de orreov, os ; Pline dît que c’est par contraste que les Grecs l’imposèrent à cette petite plante molle et délicate.

L’Holostée ombellée x, qui croît en France, est peut-être l’unique espèce.

MOLLUGINE. Mollugo. Calice pentaphylle , colore ; corolle nulle ; trois à cinq examines. Capsule trivalve , triloculaire.

Les mollugines sont des plantes herbacées, à fleurs solitaires ou en ombelles ; elles habitent particulièrement les climats équatoriaux.

BUFFONE. Buffonia. Calice quadriparti ; corolle tëtrapëtale, te'trandre, distyle. Capsule bivalve, uniloculaire, disperme.

En désignant ainsi de chétives plantes, on dit que Linnée a voulu se venger de Buffon , son détracteur. Ce genre ne se compose que de deux espèces qui croissent dans le midi.

SAGINE. Sagina. Calice quadriphylle ; corolle tëtrapëtale, ou nulle; quatre ëtamines; quatre styles. Capsule quadrivalve, uniloculaire, polysperme.

Les sagines passaient pour être profitables aux moutons :

H. unibellatum.

CLASSE XIV

sagina signifie qui nourrit. Ce sont Je petites herbes qui se rencontrent souvent sur les pierres ; l’Europe est principalement leur patrie.

MŒHRINGIE. Mœhringia. Calice tétrapliylle ; corolle tétrapétale, octandre, distyle. Capsule quadri valve, uniloculaire.

Ce genre, dédié au botaniste G. Mœhring, ne contient que trois espèces qui croissent dans les Alpes et l’île de Crète.

SPARGOUTE. Spergula . Calice quinquéphylle ; corolle à cinq pétales entiers ; cinq ou dix examines ; cinq styles. Capsule uniloculaire, quinquévalve.

Spergula est dérivé de spargere , répandre ses semences. Ces végétaux sont herbacés et habitent l’Amérique et l’Europe.

La Spargoute des champs 1 est commune en France. Les Flamands la cultivent comme plante fourragère et la sèment après le blé ; en Norwége, dans les tems de disette, on fait du pain avec ses graines.

CERAISTE. Cerastium. Calice pentasépale ; corolle à cinq pe'tales bifides ; cinq ou dix étamines ; cinq styles. Capsule cylindrique , incurvée , déhiscente par dix dents.

C’est de Hepcif, corne , que provient cette dénomination qui retrace la forme de la capsule des céraistes. Selon Guillemain, c’est probablement parce que l’on a observé le fruit de ces plantes avant sa maturité, qu’on le décrit comme étant parfois

i S. arvensis.

CARTOPHYLLEES.

globuleux : nous partageons cette opinion. Quelques espèces, ainsi que cela se voit dans le Céraiste pentandre, n’offrent que cinq étamines ; Linnée prétend y avoir observé les filets rudimentaires des autres, mais De Candolle n’a pu les apercevoir. Les céraistes habitent presque tous l’Europe.

Le Céraiste cotonneux1 est souvent cultivé pour l’ornement des jardins, à cause de l’aspect flatteur que lui donne le duvet blanc qui le recouvre.

GHERLERIE. Cherleria. Corolle à cinq pe'tales échancrés; dix e'tamines. Capsule trivalve, à trois loges dispermes.

Ce genre, qui a été dédié à J. Cherler, collaborateur de J. Bauhin, ne contient qu’une seule espèce qui habite les Alpes et les Pyrénées.

SABLINE. Arenaria. Calice pentasépale; corolle à cinq pétales entiers ; dix étamines ou moins ; trois styles. Capsule ovoïde , ordinairement quinquévalve , déhiscente au sommet.

Ce nom, qui provient de arena, sable, indique les lieux que préfèrent ces végétaux. Le nombre de leurs étamines et celui des valves de leur capsule varient : c’est ce qui a engagé judicieusement quelques botanistes à réunir à ce groupe les alsines de Linnée, qui n’en diffèrent que parleur capsule trivalve et leurs cinq étamines , disposition organique que l’on rencontre parfois dans les sablines. Ces plantes sont herbacées , et leurs fleurs sont roses ou blanches ; elles habitent presque toutes les régions tempérées ou froides de notre hémisphère ; quelquesunes croissent cependant en Amérique.

La Sabline rouge a, dont les fleurs sont roses, est"fort commune en France.

i C. tomentosurn.

■x A. rubra.

CLASSE XIV

STELLAIRE. Stellaria. Calice pentase'pale; corolle à cinq pétales bifides ; dix étamines ; trois styles. Capsule ovoïde, uniloculaire, à six valves.

La dénomination de ees plantes provient de Stella , étoile, et indique la disposition stelliforme de leurs fleurs. Les stellaires sont herbacées et portent des feuilles étroites , linéaires, et des fleurs blanches. Presque toutes habitent l’Europe.

ELATINE. Elatine. Calice tri ou tétraphylle ; corolle tri ou tétrapétale; six ou huit étamines ; trois ou quatre styles. Capsule quadrivalve, quadriloculaire.

C’est de iKciTDy sapin , qu’est formé ce nom qui rappelle la ressemblance des feuilles des élatines avec celles de cet arbre. Ces végétaux sont herbacés et habitent l’Europe ; plusieurs se trouvent dans les localités humides de la France.

FAMILLE DES LINÈES.

Calice à trois à cinq divisions, persistant ; corolle à quatre ou cinq pétales onguiculés; quatre ou cinq étamines fertiles, submonadelphes , et souvent quatre ou cinq stériles ; quatre ou cinq styles. Capsule à quatre ou cinq valves bifides, et à huit ou dix loges monospermes.

Les linées sont des plantes herbacées ou de petits arbustes ; leurs feuilles sont presque constamment alternes.

LIN. Linum. Calice pentase'pale ; corolle penlapé-

LINÉES. 497

taie ; cinq examines fertiles, cinq stériles. Capsule à dix loges.

C’est du celtique llin , qui veut dire fil , que ce mot est dérivé; les Grecs nommaient ces plantes htvov. Elles habitent les deux continens.

Le Lin usuel 1 croît spontanément, selon Richard , sur le plateau de la Haute-Asie , et il est cultivé en Europe de tems immémorial. Il passait parmi les anciens pour être originaire de l’Egypte, pays dans lequel il s’élève jusqu’à quatre pieds ; mais cette assertion paraît douteuse, depuis que Forster a démontré que , sous le nom de Byssüs, les nations de l’antiquité désignaient le coton et les tissus que l’on en fabriquait. C’était effectivement avec celui-ci que les prêtres égyptiens se vêtissaient , et non avec le lin , comme les traducteurs le disent ; les bandelettes des momies sont également faites en coton. Cependant il paraît que du tems de Pline , on cultivait du lin sur, les rivages du IVil et en d’autres lieux ; et celui-ci dit que dans toute la Gaule on en faisait alors des voiles pour les navires; Cahors était célèbre pour les matelas de lin que l’on y confectionnait. Le naturaliste romain dit aussi que les femmes de la Germanie portaient de beaux vêtemens de lin , que l’on fa-*briquait dans les antres de ce pays , et l’histoire rapporte que les Scandinaves en possédaient déjà lors de leurs premières invasions .

Actuellement le lin textile sert à confectionner nos plus beaux tissus ; ses semences contiennent un sixième de leur poids de mucilage, qui réside dans leur tégument , tandis que leur amande possède environ un cinquième de son poids d’une huile grasse que l’on en extrait pour l’emploi des arts. La graine de lin se réduit en une farine grossière qui servait chez les Spartiates pour nourrir les esclaves ; quelques peuples de l’Asie la mangent encore actuellement après l’avoir mêlée avec du miel.

5 <£. usitatissimum.

CLASSE XIV

Le Lin cathartique r, qui est commun dans nos bois, est émétique et purgatif; en Angleterre et en Suède, on s’en sert fréquemment dans les affections vermineuses des enfans.

FAMILLE DES MALPIGHIACÉES.

Calice monosépale, quinquélobé; corolle à cinq pétales onguiculés ; dix étamines ordinairement monadelphes à la base ; anthères biloculaires. Capsule ou nuculaine à trois loges monospermes , ou trois capsules; cotylédons charnus.

Ces végétaux sont des arbustes ou des arbrisseaux , rarement des arbres ; il en est de grimpans. Ils portent ordinairement des feuilles alternes, et leurs fleurs sont généralement jaunes ou blanches.

BANÏSTERÏE. Banisteria. Etamines monadelphes. Trois capsules indéhiscentes, ailées.

C’est à J. Banister, voyageur et botaniste anglais, que ces plantes ont été dédiées. Les banistéries sont des arbustes sarmenteux, exotiques.

TRIOPTERÏDE. Triopteris. Etamines monadelphes , inégales. Trois capsules à trois ailes , dont une inférieure.

Les trioptérides ont une dénomination qui provient de Tpeif, trois, et de i-rspov, aile , et rappelle la structure de leur fruit elles croissent dans l’Amérique équatoriale et aux Antilles,

.» t. catharticum.

ACÉRINÉES.

MALPIGHIE. Malpighia. Calice glandulifère ; pétales réniformes ; étamines monadelphes. Nuculaine ce'rasiforme, à trois nucules.

Ce groupe , dédié au célèbre anatomiste Malpiglii , contient des arbres et des arbustes à feuilles opposées, et qui portent des fleurs roses ou purpurines.

La Malpighie brûlante 1 , dont les feuilles sont recouvertes de poils naviculaires qui produisent une piqûre fort douloureuse , offre des fruits de la grosseur d’une cerise , et que l’on mange dans les Antilles, après les avoir transformés en confitures.

ERYTHROXYLE. Erythroxyïum. Calice anguleux; pétales sessiles, munis d’une écaille. Drupe anguleux , monosperme.

On voit que les caractères de ce groupe s’éloignent de ceux de la famille, aussi certains botanistes en ont fait le type d’une division particulière. Les érytbroxyles sont des arbres ou des arbrisseaux indigènes de l’Amérique et des îles voisines de l’Afrique.

FAMILLE DES ACÉRINÉES.

Calice monophylle , quinquélobé ; corolle pentapétale , octandre ou décandre , monostyle. Deux samares accolées.

Les végétaux de cette famille sont des arbres à feuilles opposées.

s DT. n re ti s

5oo

CLASSE XIV

ÉRABLE. Acer. Fleurs ordinairement polygames par l’avortement du pistil.

Par celte appellation , les botanistes ont voulu indiquer la densité du bois de ces végétaux. Les érables habitent les deux continens.

FAMILLE DES HIPPOC AST ANÉES.

Calice monophylle , ventru, quin que' dente'; corolle pentapétale , irre'gulière ; six à huit e'tamines. Capsule trivalve , à trois loges ordinairement dispermes , dont une ou deux avortent.

Les végétaux de cette famille sont des arbres à feuilles opposées.

MARONNIER. Æsculus. Genre unique.

Les Latins nommaient æsculus un chêne dont les fruits étaient édules. Les espèces de ce genre sont originaires de l’Asie et de l’Amérique.

FAMILLE DES SAPINDÉES.

Fleurs parfois polygames. Calice mono ou polysépale ; corolle te'tra ou pentapétale , ou nulle ; ordinairement huit étamines. Capsule, samare ou drupe.

Les sapindées sont presque toutes ligneuses , souvent grimpantes et munies de vrilles ; leurs feuilles sont alternes , ordinairement composées, et leurs fleurs disposées en grappes.

SAPINDÉES. 5oi

Quand la corolle n’offre que quatre pétales , cela est parfois dû à un avortement.

GARDIOSPERME. Cardiospermum. Calice te'trasépale; corolle à quatre pétales à appendice pétaloïde. Capsule vésiculeuse ; arille cordiforme.

Cardiosperme provient de KctpS'ici, cœur, et de c^eppiu,, semence. Ces plantes sont herbacées et volubiles ; elles habitent l’Amérique et l’Inde.

PAULLÏNIE. Paullinia. Calice pentasépale ; corolle à quatre pe'tales portant une e'caille. Capsule pyriforme.

C’est à Simon Pauli, naturaliste danois, que ce genre est dédié; il est formé d’arbres ou de lianes grimpantes, à fleurs blanches , qui habitent l’Amérique , le Japon et l’Afrique.

SERJANIE. Serj ania. Corolle à quatre pe'tales à appendice en forme de capuchon. Trois samares accole'es.

Les serjanies sont des arbustes grimpans , munis de vrilles , et qui habitent tous l’Amérique.

KŒLREUTERIE. Kœlreuteria . Calice quinquélobé ; quatre pétales appendiculés. Capsule vésiculeuse, à trois loges dispermes.

La Kœlreutérie paniculée *, arbre à fleurs jaunes, originaire de la Chine et naturalisé dans nos parterres , est la seule espèce de ce groupe qui est dédié «à J. Kœlreuter, naturaliste allemand.

i K. paniculata.

SAVONNIER. Sapindus. Calice pentaphylle ; corolle pentape'tale , octandre; pe'tales à base appendiculée. Trois fruits charnus , dont deux avortent ordinairement.

L’appellation de ce genre est une syncope de sapo indiens : elle provient de ce que l’écorce et les fruits de plusieurs des espèces qu’il contient ont la faculté de blanchir le linge à l’instar du savon , et de mousser comme lui avec l’eau : les savonniers sont des arbres qui habitent les régions chaudes de l’Asie , de l’Afrique et de l’Amérique.

Le Savonnier, arbre à savon 1 , qui croît en Amérique , possède surtout ce principe qui fait mousser l’eau , et que les chimistes ont appelé Saponine. Les fruits du Savonnier édule sont comestibles , ceux de quelques autres espèces s’emploient dans la médecine indienne.

EUPHORIE. Eupho ria. Calice quinquédenté ; corolle pentape'tale ; quatre , six ou huit e'tamines. Baie monosperme.

Ces végétaux , qui tirent leur nom de evqopoç , fertile , sont des arbres originaires de l’Asie ; l’un deux appelé Litchi par les Chinois, produit un fruit que ceux-ci mangent avec délices.

AMIROLE. Amirola. Fleurs monoïques. Mâles : calice quinque'fide ; corolle nulle ; huit e'tamines. Femelles ; capsule tricoque.

Les amiroles sont des arbres à feuilles simples ou ternées , qui habitent l’Amérique méridionale.

i S. saponaria.

MÉNISPERMÉES.

GUPANIE. Cup ania . Calice tétrasépale ; cinq pe' taies en cornet. Capsule trivalve , à trois loges ordinairement monospermes.

C’est à un moine italien , F. Cupani , que ce groupe a été dédié ; il se compose d’arbres qui habitent l’Amérique et l’Inde.

DODONEE. Dodonœa. Trois à cinq sépales ; corolle nulle ; cinq à huit étamines. Capsule membraneuse , ailée.

Ce groupe dédié au botaniste Dodonée , se compose d’arbrisseaux ordinairement visqueux , à fleurs souvent polygames , et qui habitent l’Amérique , l’Asie et la Nouvelle- Hollande.

FAMILLE DES MÉNISPERMÉES.

Fleurs unisexes , à organes disposés sur plusieurs rangs. Calice polyphylle ; corolle de trois à huit pétales ou nulle ; étamines définies , libres ou monadelphes. Ordinairement drupes monospermes.

Les ménispermees sont des arbrisseaux sarmenteux et volubiles , dont les feuilles sont alternes et sans stipules.

MENISPERME. Menispermum. Fleurs dioïques.

Six à douze sépales ; six à huit pétales. Mâles : douze à vingt étamines. Deux à quatre drupes réniformes.

Les ménispermes ont un nom qui provient de [/.iivn , crois*.

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saut, et de (rrrêp^u. , semence ; ce sont des arbrisseaux grimpai] s qui habitent l’Amérique et l’Inde.

SGHIZ ANDRE . Schizandra. Fleurs monoïques. Neuf sépales ; corolle nulle. Males ; cinq étamines. Baies monospermes.

Ce mot signifie anthères fendues ; il provient de 6"X,iÇco , je fends, et de etvS'poç, mâle. On ne connaît qu’une schizandre ; elle est originaire de l’Amérique du nord.

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