FAMILLE DES BERBER1DÉES
Calice tetra ou hexasépale; corolle tetra ou hexapétale ; quatre ou six étamines ; anthères s’ouvrant par des opercules. Baie ou capsule indéhiscente , uniloculaire , polysperme.
Les berbéridées sont herbacées ou ligneuses ; leurs feuilles sont alternes , simples ou composées et stipulées ; elles portent ordinairement des fleurs jaunes. B. de Jussieu les avait réunies aux laurinées : celles-ci s’en distinguent par leur périanthe simple , un fruit monosperme, et l'absence de stipules.
VINETTIER. Berberis. Calice hexasépale ; corolle hexapétale ; hexandre ; onglets des pétales offrant deux glandes. Baie ovoïde* di ou trisperme.
Ce genre, qui porte un nom d’origine indienne, est composé d’arbrisseaux dont les feuilles primordiales avortent et forment des épines. Ils habitent les contrées tempérées des deux continens.
Le Yinetticr commun 1 , qui est aussi appelé Epine-vinette
1 B. vulgaris
VINIFERES.
et qui se plaît dans les terrains calcaires de la France , offre des étamines remarquables par leur extrême irritabilité. Son bois sert pour la teinture et ses fruits à faire des confitures.
N ANDINE. Nandina. Calice hexase'pale , entouré d’écailles pétai oïdes , imbriquées ; corolle hexapétale , hexandre. Baie sèche , globuleuse.
La Nandine domestique 1 , arbrisseau élégant qui croît au Japon où il est appelé Nandin , est l’unique espèce.
ÉPIMEDE. Epimedium. Calice tétrasépale ; corolle tétrandre ; pétales appendiculés. Capsule ovoïde , bivalve.
L’Epimède des Alpes 2, qui est vulgairement appelée Chapeau d’évëque à cause de la forme de ses appendices pétaloïdes , et qui habite les Alpes, est l’unique espèce.
H AM AMÉLIE. Hamamelis. Corolle à pétales linéaires portant une écaille basilaire ; anthères bicuspides. Capsule bicorne , bivalve.
Hamamélie provient de o[/.oç , semblable, et de pnhsa,, pommier. L’unique espèce de ce genre habite la Virginie, on en a fait le type d’une famille spéciale.
FAMILLE DES VINIFÈRES,
Calice quadri ou quinquédenté ; corolle à quatre ou cinq pétales libres ou adhérens par le sommet ;
iV. do me stic a.
E. alpinum ,
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quatre ou cinq étamines ; ovaire biloculaire. Baie contenant une à quatre semences dressées.
Les vinifères se composent d’arbrisseaux ou d’arbustes sarmenteux et volubiles à feuilles alternes , souvent découpées , et offrant des vrilles et des stipules.
GISSE. Cissus. Calice quadridenté ; corolle tétrapétale , tétrandre. Baie mono ou polysperme.
Les végétaux de ce genre, dont le nom provient de kiççoç , lierre, habitent les contrées intertropicales des deux mondes.
VIGNE. Vitis. Calice quinquédenté j corolle caduque, à cinq pétales soudés au sommet et isolés à la base ; cinq étamines. Baie tétrasperme.
Ce nom paraît provenir du celtique givid, qui signifie le meilleur des arbres. Les vignes sont indigènes des deux continens.
La Yigne commune 1 est regardée par les historiens comme étant originaire de Nysa, dans l’Arabie heureuse. A l’aspect que ce végétal offre chez nous , il est impossible de se faire une idée des dimensions qu’il peut acquérir dans les contrées chaudes ; en Italie, la longueur que quelques vignes présentent, et le grand espace qu’elles couvrent parfois en s’enlaçant mutuellement , faisait dire métaphoriquement à Pline qu’elles croissent sans fin. On peut se faire une idée de l’accroissement diamétral de la vigne , en apprenant que l’escalier qui montait au comble du temple d’Ephèse était fait d’un seul cep de ce végétal, que l’on avait tiré de Chypre ; à Métapont , les colonnes du temple de Junon étaient de bois de vigne , et il y avait , du tems de Pline, dans la ville de Populonium , une statue de Jupiter exécutée avec un seul tronc de cette vinifère.
i V. viniftra.
VINIFERES.
Les mythologistes placent aussi le berceau de la vigne dans l’Arabie heureuse, et, selon eux, ce fut de là qu’Osyris, qui représente le Bacchus des Grecs, la transporta dans les divers pays qu’il subjugua. En effet, elle paraît originaire de l’Asie, et ce fut de cette partie du monde qu’elle se répandit dans les autres régions du globe. Sa culture a suivi partout la civilisation , et a commencé avec elle. Tout le monde sait que l’Ecriture nous représente Noé s’adonnant à la soigner ; ensuite ses enfans lapropagèrent dans les différentes contrées où ils furent s’établir. Plus tard, les Phéniciens, dans leurs courses sur la Méditerranée, en dotèrent les rivagesde cette mer, etl’implantèrent dans les îles de l’Archipel ; et les colonies de Phocéens , fixées à Marseille, la cultivèrent sur son territoire.
Vers l’époque de la fondation de Rome , il est probable que la vigne était peu cultivée en Italie, puisque Romulus etNuma défendirent les libations de vin que l’on faisait aux funérailles à l’imitation des asiatiques. Déjà cependant on y taillait la vigne, puisque le second, par une politique sage, permit de faire des libations de vin aux divinités, mais il fallait qu’il provint d’une vigne taillée. Dans la suite, la vigne fut l’objet de grands soins en Italie , et les Gaulois formèrent le projet d’envahir ce pays pour jouir du bienfait de la liqueur que donnaient ses fruits; et quelques uns, pour enrôler leurs compagnons dans leur entreprise et les décider à franchir les Alpes , se contentèrent de leur envoyer des vases remplis de vin.
La culture de la vigne se répandit bientôt dans la Gaule > et lorsque Jules César y porta ses armes , les environs de Marseille et de Narbonne avaient de riches vignobles. Domitien , par une loi barbare, ordonna de les détruire ; et ce fut sous l’empereur Probus, qui protégea l’agriculture, qu’ils reprirent leur splendeur.
Dans la suite, les grands de l’état accordèrent leur protection à cette culture , et eurent eux-mèmes des champs de vignes. Les capitulaires de Charlemagne disent que les rois de France en possédaient dans leurs domaines. Les palais de nos
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anciens monarques avaient leur vignoble et leur pressoir; l’enclos du Louvre lui-mème était tapissé de vignes ; de pieux personnages donnèrent aussi l’exemple : saint Martin , saint Remi cultivèrent cet utile végétal.