‹ Traité élémentaire de botanique appliquée, contenant la description de toutes les familles végétales, et celle des genres cultivés ou offrant des plantes remarquables par leurs propriétés ou par leur histoireChapitre 54 sur 87 · J'JO · texte numérisé non relu

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avait été préliminairement lesté de 120,000 boisseaux de lentilles. Le boisseau romain étant 0,77 de celui de Paris, si l’on suppose au premier un poids d’environ dix kilogrammes, le poids de ce lest devait être de douze cents tonneaux.

Aujourd’hui la lentille sert encore à l’alimentation des classes pauvres, et elle est cultivée en grand pour leur usage dans certains pays.

POIS. Pisum. Stipules fort larges. Calice à cinq lobes foliacés, inégaux ; corolle papilionacée ; stigmate velu. Légume oblong, aptère, comprime'; graines sphe'riques à hile arrondi.

L’étymologie de ce genre est obscure ; il est formé de végétaux herbacés, à feuilles ailées, sans impaire, trijuguées et munies de vrilles et de larges stipules. Les pois paraissent originaires des contrées orientales du bassin de la Méditerranée ; ils ont une si grande affinité avec les Gesses , qu’il est impossible de les en isoler autrement que par des considérations fondées sur les organes de la végétation.

Le Pois cultivé *, dont la patrie est inconnue, est journellement employé sur nos tables. On en connaît un grand nombre de variétés ; le Pois des champs 2 en est issu , selon quelques-uns; d’autres, ainsi que Poiret, regardent ce dernier comme étant la souche de l’espèce.

GESSE. Lathyrus. Stipules semi-sagittées ; pe'tioles termine's en vrille. Étendard cordiforme , grand ; ailes lunule'es ; style comprime' , élargi au sommet ; stigmate velu antérieurement. Légume oblong, polysp erme.

L’étymologie de ce nom générique est obscure. Les gesses sont des végétaux herbacés, dont la tige est souvent ailée et

1 P. sativum.

■1 P. arvense.

LEGUMINEUSES.

grimpante ; ils croissent particulièrement dans la région méditerranéenne ; quelques uns habitent cependant l’Amérique.

La Gesse cultivée 1 est celle dont on tire le plus de profit dans les champs ; on la nomme aussi Pois carré ; mais , comme elle craint le froid , ce n’est guère que dons le midi que sa culture offre de grands avantages. Tous les animaux de nos fermes en mangent ; elle engraisse surtout les moutons. Les habitans de plusieurs contrées du midi de l’Europe s’alimentent parfois avec les semences de cette légumineuse , en les préparant en purée. Ces semences sont aussi au nombre de celles que l’on a voulu, mais vainement, substituer au café.

La Gesse pois ciche 2 , que certains botanistes ne regardent que comme une variété de la gesse précédente , est cultivée pour les mêmes usages qu’elle ; il paraît cependant que ses semences ne peuvent être adaptées à notre nourriture, car on a publié des observations qui constatent qu’introduites dans le pain , elles ont produit des symptômes d’empoisonnement suivis de mort. C’est principalement dans le midi et en Espagne que se cultive cette légumineuse, qui a reçu les noms de Jarosse et de Pois breton.

La Gesse odorante 3 , ou Pois odorant, est maintenant cultivée dans tous les jardins , à cause de son parfum agréable. L’île de Ceylan est sa patrie originaire.

La Gesse des prés 4 , citée par Arthur Young comme le plus excellent fourrage, est très-abondante dans le nord et le midi de l’Europe. En France, on ne la cultive pas, malgré qu’elle promettrait d’y prospérer.

OROBE. Orobus. Calice campanule' , à cinq divisions ine'gales ; carène bifide à sa base ; stigmate velu. Le'gume cylindroïde; semences globuleuses.

Les orobes portent une appellation déri vée de opoCouf , nom-

1 L. salivas.

2 L. cicera. L.

o L. adora tas.

\ L. pratensis.

CLASSE XIV

riture de bœuf ; la plupart croissent dans les montagnes de l’Europe méridionale.

ABRUS. Abrus. Calice quadrilobé , à lèvre supérieure unilobe'e ; corolle papilionacée; neuf étamines monadelphes, et une dixième avortée. Légume velu, court ; semences sphériques.

L’Abrus élégant 1 , arbuste originaire de l’Inde , porte des graines d’un beau rouge , marquées d’une grande tache noire , et avec lesquelles on fait des coliers : c’est l’unique espèce de ce genre, dont le nom est dérivé de uCpof, délicat.

HARICOT. Phaseolus. Corolle papilionacée , articulée avec la carène ; carène contournée en spirale. Légume long , droit ou falciforme.

Phaseolus vient d e phaselus , petit navire. Par ce mot, on a voulu indiquer la forme des semences de ces légumineuses , qui est en effet analogue à celle d’une barque. Les haricots sont des végétaux herbacés , ordinairement volubiles , et qui habitent l’Inde et les contrées chaudes de l’Amérique.

Le Haricot commun 2 , dont les fleurs sont blanches ou tirent un peu sur le jaune , offre des semences blanches ou diversement bariolées, qui fournissent les tables des personnes de toutes les classes de la société.

Le Haricot multiflore 3 , qui est originaire de l’Amérique , et que l’on nomme Haricot d’Espagne , parce que c’est de ce pays que nous l’avons tiré , porte de belles fleurs d’un rouge écarlate ; il est employé pour la décoration.

DOLIG. Dolichos. Étendard portant deux callosités

1 A. precatorius. 3 P. multijlorus •

2 P. vulgaris.

LEGUMINEUSES.

à sa base ; carène non contournée. Légume oblong, polysperme; semences à hile latéral.

C’est de c To^/^os', long, que provient ce nom , qui exprime l’étendue des gousses de ces légumineuses ; celles-ci sont herbacées et volubiles, et pour la plupart indigènes des régions chaudes du globe.

Le Dolic du Japon 1 porte des semences dont les habitans de cette île retirent une sorte de bouillie qui remplace le beurre dans les sauces.

LUPIN. Lup inus. Étendard cordiforme ; carène acuminée ; cinq anthères arrondies et cinq oblongues. Légume coriace, obliquement toruleux.

Les lupins portent un nom qui est dérivé de lupus , loup , et par lequel on a voulu exprimer l’épuisement qu’ils causent à la terre ; ils habitent les deux continens.

Le Lupin blanc 2 , qui est herbacé et paraît originaire du Levant, a été mentionné par Théophraste , Dioscoride , Pline et Galien. A Rome , il se consommait une grande quantité de ses semences ; on en faisait usage comme de nos pois ou de nos fèves, et ceux qui aspiraient aux honneurs en distribuaient aux malheureux pour obtenir des suffrages populaires. Les anciens s’en servaient aussi comme d’un signe représentatif des monnaies , ce qui se voyait principalement dans les jeux où l’on avait l’habitude d’imprimer sur ces semences un cachet qui les rendait reconnaissables à leur propriétaire.

Le lupin n’olfrant à l’homme qu’un aliment inférieur à celui que lui donnent d’autres légumineuses , sa culture a été généralement abandonnée, et on ne l’ensemence que pour les bestiaux ; cependant A. Richard rapporte que ses graines passent encore pour une friandise à Florence. En Egypte , on se sert de leur farine en guise de pâte d’amande.

i D. soja.

•i L. allais.

CLASSE XIV

ÉRYTIIRINE. Erjrthrina . Calice tronqué , bilobé ; étendard long, rabattu; ailes courtes; carène bipétale. Légume alongé.

Les érythrines ont une dénomination qui provient de epvôpoç, rouge; ce sont des arbrisseaux grimpans, et dont les fleurs sont ordinairement grandes et d'un rouge éclatant; ils habitent pour la plupart les deux Indes.

L’Erythrine corail 1 , qui est originaire des Antilles, où on le cultive pour défendre les propriétés , porte des graines réniformes, luisantes et d’un beau rouge, marquées d’une tache noire , et avec lesquelles on fait des colliers et des bracelets.

DALBERGIE. Dalbergia . Étendard grand, cordiforme , à onglet linéaire ; carène à pétales soudés au sommet; étamines diadelphes. Légume trèsmince, linguiforme, mono ou disperme.

Ces végétaux sont des arbres et des arbrisseaux qui habitent les contrées tropicales de l’Asie et de l’Amérique.

PTEROCARPE. Pterocarpus. Étendard cordiforme. Légume orbiculaire, plan, entouré d’une aile veinée.

Les ptérocarpes portent une appellation dérivée de mepov, aile , et de Kctpiroç, fruit ; ce sont des arbrisseaux dont l’écorce contient un suc propre , rougeâtre ; ils habitent l’Asie, l’Afrique et l’Amérique.

MYROXYLE. Myroxylum . Calice tronqué; corolle irrégulière ; pétale supérieur cordiforme , les quatre autres linéaires. Légume très-alongé.

Le Myroxyle baumier 2 , arbre qui croît au Pérou et dans la

i L. corailodendron.

•i 31. balsamifenuii .

LÉGUMINEUSES

province de Carthagène , aux environs de la ville de Tolu , selon A. Richard, fournit les deux baumes dont l’aspect est si différent , et qui sont appelés Baume du Pérou et Baume de Tolu.

11. MÏMOSÉES. Calice monosepale ; corolle mo> nopétale, régulière; étamines ordinairement nombreuses , monadelphes ou libres.

M1MEUSE. Mimosa. Fleurs polygames. Calice à cinq divisions pétaloïdes, régulières ; corolle nulle ; quatre à douze étamines. Légume comprimé, uniloculaire, à articulations monospermes.

Cette dénomination est dérivée de imitateur. Les

mimeuses sont des arbustes ou des végétaux herbacés souvent munis d’aiguillons ; quelques-unes sont remarquables par les mouvemens d’irritabilité dont elles sont douées. Ces végétaux habitent les contrées tropicales de l’Asie et de l’Amérique.

La Mimeuse sensitive *, qui croît dans les forets du Brésil, est celle dans laquelle les mouvemens d’irritabilité ont le plus d’étendue : il suffit du moindre attouchement pour les déterminer ; le froissement d’une vapeur, l’action des acides et l’électricité les excitent instantanément, et, comme si cette plante était soumise à l’empire de l’habitude , quand on la place dans une voiture, d’abord toutes ses folioles se contractent, mais bientôt el’es reprennent, malgré les oscillations, leur disposition normale. On a aussi eu l’occasion de voir que , sous l’influence de l’opium , l’irritabilité de la sensitive cesse de se manifester.

Des observations délicates ont conduit M. Dutrochet à admettre dans la sensitive un système nerveux formé de corpuscules extrêmement tenus et disséminés dans ses tissus, et selon

l M. pu die a.

CLASSE XI S'

lui les mouvemens de cette plante seraient déterminés à l’aide de l’action nerveuse mise en jeu par les agens extérieurs.

INGA. Inga. Fleurs polygames. Corolle monopétale, tubuleuse ou subinfundibuliforme , à quatre ou cinq lobes aigus, égaux. Semences enveloppées de pulpe.

Ce groupe , dont le nom est indien , est formé d’arbres ou d’arbrisseaux de l’Amérique , remarquables par la beauté de leur feuillage et de leurs fleurs.

SCHRANKÏE. Schrankia. Fleurs polygames. Corolle infundibuliforme ; dix à douze étamines libres. Légume quadri valve.

Les schrankies sont des plantes herbacées dont les feuilles bipinnées sont irritables ; leurs fleurs sont roses. Elles habitent l’Amérique et les Antilles.

ADENANTHÈRE. Adenanthera. Calice quinquédenté ; corolle régulière , pentapétale ; dix étamines libres ; anthères terminées par une glande. Semences renfermées dans une sorte de cavité membraneuse.

Sous ce nom, qui provient de ulevof, glande , et de etvfltipec, anthère, on comprend trois ou quatre espèces d’arbres originaires des Moluques ou de l’Inde.

L’Adénanthère pavonin 1 offre des semences d’un rouge éclatant, avec lesquelles on fait des colliers ou que l’on mange dans l’Inde , qui est sa patrie.

i .4. pavonina.

LEGUMINEUSES.

AGAGIE. Acacia. Fleurs polygames. Corolle monopétale, régulière, quadri ou quinquélobée. Légume sec, inar ticulé, bivalve, polysperme.

Les acacies sont des arbres ou des arbustes souvent garnis d’épines; leurs feuilles sont ordinairement bipinnées, et leurs folioles, qui sont adhérentes au pétiole par désarticulations, disparaissent sur quelques espèces de la Nouvelle-Hollande , où celui-ci prend l’aspect d’une feuille simple. Bory-de-Saint- Yincent a observé que sur ces végétaux on trouve les folioles dans le jeune âge, mais qu’elles tombent bientôt. Les acacies habitent les contrées tropicales des deux continens.

L’Acacie véritable 1 , qui est un arbre d’environ quarante pieds d’élévation, et dont les fleurs sont jaunes, croît dans la Haute-Egypte ; c’est de son tronc ou de ses rameaux que découle la gomme arabique, substance qui doit être considérée à-la-fois comme alimentaire et comme médicale, et que l’on emploie fréquemment dans les arts. Malgré que l’on ait contesté les propriétés nutritives de cette gomme, il est cependant évident qu’elle est propre à réparer nos forces ; Lind le confirme en nous apprenant que des peuplades de nègres s’en nourrissent exclusivement pendant les tems de disette, et l’on sait que les Arabes, qui vont recueillir ee produit dans les forêts intérieures , n’ont pas d’autre aliment durant deux mois entiers que se prolonge sa récolte. Cette propriété nutritive est encore confirmée par l’histoire d’une caravane qui s’était égarée dans le désert , en se rendant d’Éthiopie en Égypte , et dont les hommes ne vécurent que de gomme dissoute dans de l’eau, cette substance se trouvant heureusement parmi les marchandises dont les chameaux étaient chargés.

On employait autrefois , en médecine, une substance solide,

i A. ter a.

CLASSK XIV.

nommée Suc d’Acacia , et qui se préparait avec les fruits de racacie véritable.

L’Acacie du Sénégal 1 , qui est fort analogue à l’espèce précédente, et habite les régions brûlantes de l’Afrique, fournit la gomme du Sénégal qui est tout-à-fait analogue à la gomme arabique , et qui se trouve plus répandue qu’elle dans le commerce

L’Acacie cachou 2 , bel arbre des Indes orientales , produit la substance médicale tonique , appelée Cachou ; celle-ci dont la nature fut long-tems ignorée , et que l’on nomma d’abord Terra Japonica , est un extrait des fruits de ce végétal.

111. GÆSALPINIEES. Calice à divisions profondes , étalées; corolle pentapétale, irrégulière ou régulière , non papilionacée , quelquefois nulle ; ordinairement dix étamines libres.

ARACHIDE. Arachis . Corolle papilionacée , renversée ; étamines monadelphes. Légume court , réticulé, indéhiscent, mono ou disperme.

L’Arachide souterraine 3, qui est l’unique espèce de ce genre, est nommée aussi Pistache de terre à cause de la singulière particularité que présente son fruit qui , après la fécondation de l’ovaire , s’enfonce de deux à quatre pouces sous le sol pour s’v développer et y mûrir.

Cette légumineuse paraît être indigène de l’Afrique et avoir été propagée en Asie et en Amérique par les émigrations des nègres ; Margrave l’a observée au Brésil et umph «à Amboine ; Plumier, qui la vitaux Antilles, lui imposa le nom d ' Arachnida, qui fut anciennement employé par Pline pour une plante souterraine privée de tiges et de feuilles.

i A. sérié gai.

■i A . catechu.

A. hypogæa.

LEGUMINEUSES.

Liunée lui donna un nom spécifique , qui vient du grec vrro , sous , et de yn , terre ; étymologie qui rappèle l’intéressante particularité du développement du fruit. Le légume de ce végétal est long d’environ un pouce et renferme deux ou trois graines rougeâtres de la grosseur d’une petite noisette , à l’intérieur desquelles se trouve une substance blanche farineuse qui contient une certaine quantité d’huile ; la saveur de l’amande de ce fruit est analogue à celle des noisettes et des pistaches, mais elle est moins agréable à cause d’un peu d’âcreté qu’elle possède et qui se dissipe par la cuisson.

Le fruit de l’Arachide est un vrai trésor pour les nègres ; ils le mangent apprêté de plusieurs manières ; les habitans de la Nouvelle-Espagne en font même leur principal aliment. Les colons en consomment beaucoup ; ils le transforment même en sucreries et ils en préparent des émulsions. On le mange aussi à l’huile et au vinaigre. Sonnini , qui a fait un traité sur cette plante , dit qu’avec des précautions on peut conserver son fruit sans qu’il rancisse.

Les semences de l’arachide ont été proposées pour remplacer le café , mais elles sont loin d’avoir son arôme ; elles peuvent, dans la fabrication du chocolat, être substituées au cacao , et en Amérique, il y a des fabriques où l’on n’emploie plus que ces semences; en Espagne cette coutume s’est aussi introduite. Il y a peu d’années qu’on en vendit de grillées sur les places de Paris.

L’huile que renferment les semences de l’arachide n’est pas inférieure à celle de l’olive ; elle forme la moitié de leur poids ; on l’exploite avec un grand avantage , elle ne rancit qu’au bout d’un tems considérable et est fort bonne à une foule d’usages. Le marc produit par son extraction peut constituer de bon pain , lorsqu’on le mêle avec une certaine quantité de froment; ce marc est mangé avec avidité par les cochons. Tout, est bon dans celte plante , les feuilles forment un excellent fourrage.

L’Europe méridionale jouit déjà, depuis un certain nombre

CLASSE XIV

d’années , de la culture de l’arachîde ; c’est un terrain de sable et légèrement humide qu’elle préfère , surtout pendant le développement des organes de la végétation . Mais pour que le fruit mûrisse, il faut beaucoup de soleil. M. Petit-Radel dit que dans les campagnes de Rome , cette plante a produit cent pour un. On obtient encore de plus grands avantages dans des pays extrêmement favorables , car il paraît que le produit peut aller jusqu’à deux cents pour un .

GEOFFREE. Geoffrœa. Étendard grand , plan , e'chancre'. Fruit drupace' , ovoïde ; noyau subligneux, bivalve , monosperme.

C’est au naturaliste François Geoffroy, professeur au jardin du Roi , que ces végétaux ont été dédiés ; ce sont des arbres et des arbustes qui croissent dans l’Amérique équinoxiale.

MORINGA. Moringa. Corolle pentapétale, subrégulière, ordinairement décandre. Légume triangulaire , trivalve ; semences trigones.

Le Moringa aptère1, qui habite l’Orient, est seulement connu par ses graines qui sont dépourvues d’ailes et que l’on trouve dans le commerce sous le nom de Noix de Ben. On en extrait en Europe une huile grasse , inodore , qui est employée dans l’horlogerie , et dont les parfumeurs se servent pour enlever l’arôme de quelques fleurs : elle est appelée Huile de ben .

Le Moringa à semences ailées 3 est un arbrisseau indigène de l’Inde, et que l’on cultive aujourd’hui en Amérique. On assure qu’au Malabar ses feuilles remplacent l’oseille , et D’Acosta raconte que ses fruits se vendent dans les marchés comme nos haricots ; on ne paraît pas s’être encore occupé

i M. optera.

■± M. pter Ygosperrna.

LÉGUMINEUSES. 58 1

(l’extraire de l’huile de ces derniers, contrairement à ce qu’en ont dit certains auteurs.

FEVIER. Gleditsia. Fleurs polygames. Trois à cinq pétales ; trois à dix étamines. Gousse plane, très-alongée ; semences séparées par des cloisons et environnées de pulpe.

Ces végétaux ont été dédiés à J. Gleditsch de Leipsîck ; ce sont des arbres ordinairement armés d’épines rameuses trèsfortes, et qui sont originaires de l’Amérique et de l’Asie.

Le Févier de la Chine 1 et le Févier triacanthos qui habite l’Amérique , sont assez fréquemment cultivés dans nos jardins.

G YMN OGL ADE . Gyrnnocladus . Fleurs dioïques ou polygames. Calice infundibuliforme , quinquédenté; dix étamines. Légume lisse, large, comprimé, pulpeux intérieurement; semences osseuses.

Le Gymnoclade du Canada 3 , qui paraît tout dénudé et mort pendant l’hiver, quand ses grandes feuilles sont tombées , doit som nom générique à cette particularité ; celui-ci est formé de rameau, et de yv^vof , nu.

GUIL ANDINE. Guilandia. Corolle à cinq pétales lancéolés , subégaux ; dix étamines à filets libres , lanugineux. Légume hérissé; une à trois semences.

Ce genre , qui est dédié au botaniste prussien M. Guilandin, est composé d’arbres ou d’arbrisseaux indigènes des contrées in ter tropicales.

! G . horrida.

jt G. canadensis.

CLASSE XIY.

CÆSALPINIE. Cœsalpinia . Sépale inférieur plus long; corolle pentapétale, subrégulière; filets an thérifères libres , subégaux , laineux. Légume comprimé, aigu.

C’est au célèbre botaniste Cæsalpini , professeur de médecine à Pise , que ce genre est dédié ; il est formé d’arbres qui vivent dans les régions intertropicales.

La Cæsalpinie hérissée 1 est indigène de l’Amérique méridionale ; c’est cet arbre qui fournit le Bois de Brésil ou Brésillet de Fernamboue, dont on fait une consommation considérable pour la teinture en rouge.

POINCIANE. Poinciana. Cinq pétales stipités, le supérieur anomal ; filets anthérifères hérissés , trèslongs. Légume plan , multiloculaire ; cloisons spongieuses.

C’est au commandeur de Poinci, qui s’est occupé d’histoire naturelle , que l’on a dédié ces végétaux ; ils habitent les régions chaudes des deux continens.

La Poinciane ornée a est un bel arbrisseau dont on forme des haies aux Antilles ; à la Jamaïque , on la nomme Séné , parce que ses feuilles produisent les memes effets que ce médicament.

HOFFMANSEGGIE. Hoffmanseggia. Corolle à cinq pétales onguiculés , glanduleux à la base , le supérieur plus large ; dix étamines libres. Légume linéaire.

C’est au naturaliste Hoffmanseg que ces végétaux sont dédiés ; ils habitent l’Amérique méridionale.

i C. echiualn.

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