FAMILLE DES URTICÉES
Fleurs ordinairement monoïques ou dioïques , solitaires ou réunies en épi , en grappe , ou dans un involucre. Une à douze étamines ou plus. Ak^ne i crustacé , enveloppé par le calice qui devient charnu.
Cette famille se compose de plantes herbacées , d’arbrisseaux , ou de grands arbres , parfois lactescens ; leurs feuilles sont alternes et les fleurs sont quelquefois réunies dans un in— volucre plan oupyriforme, de nature charnue. Les filets des étamines sont souvent courbés vers la partie centrale de la fleur , et ils se redressent avec l’élasticité d’un ressort , au moment de la fécondation. Le fruit est parfois enveloppé par l’involucre qui supporte les fleurs , qui prend un accroissement considérable et se transforme en un faux péricarpe charnu et succulent (Figuier, Dorsténie). Au premier abord les urticées paraissent offrir des végétaux fort disparates, mais , si l’on suit la série des genres, on s’aperçoit qu’ils se lient tous assez naturellement.
FIGUIER. Ficus. Fleurs monoïques , à réceptacle charnu , pyriforme , creux , offrant au sommet une ouverture garnie d’écailles.
Les figuiers sont des arbres ou des arbrisseaux qui contiennent des sucs lactescens ; leurs feuilles sont alternes , entières ou lobées, et leurs fleurs sont groupées à l’intérieur d’un réceptacle dont l’ouverture est en partie obstruée par des écailles , et flans.
CLASSE XII
lequel on trouve réunies des fleurs mâles et des fleurs femelles; les premières, très-peu nombreuses, sont situées vers l’ouverture et se composent d’un calice à trois divisions et de trois étamines. Les pistils ou fleurs femelles , en nombre beaucoup plus considérable , occupent presque toute l’étendue du réceptacle ; leur calice est à cinq divisions , et l’ovaire unique porte deux stigmates sétacés. Les fruits sont de petits drupes unispermes , supportés par le réceptacle épaissi considérablement. Ces végétaux ne croissent que dans les régions chaudes; on n’en connaît point au-delà du 4°m3- degré de latitude , excepté le figuier domestique ; presque tous sont indigènes de l’Asie ; l’Afrique, l’Amérique méridionale et la Nouvelle-Hollande ont cependant aussi des représentans de ce genre. Tournefort et Linnée ne mentionnèrent que peu d’espèces de figuiers; Persoon en comptait en 1807 fluatre” vingt-seize, et Sprengel en décrit cent dix— huit.
Le Figuier commun r porte une dénomination latine qui rappelle que l’on a cru qu’il était spécialement originaire de la Carie; mais il est en meme tems indigène du midi de l’Europe et de l’Afrique septentrionale. Dans la France méridionale et surtout dans l’Italie , le figuier s’élève jusqu’à vingt et vingtcinq pieds , tandis que dans les régions du nord de la France il ne forme que de petits arbustes. On donne le nom de Capri— figuiers à ceux qui sont à l’état sauvage. Les figuiers passent pour avoir été indroduits en France par les Phocéens qui fondèrent Marseille, et M. Bernard croit que les caprifiguiers qui se trouvent en Provence ne sont que des figuiers domestiques que l’abandon a fait dégénérer.
Sous le nom de caprification on a désigné une opération que l’on regardait comme essentielle aux fruits du figuier. Aristote, Théophraste et Pline en ont parlé. Ce dernier dit que le figuier sauvage engendre des moucherons qui vont dépécer les fruits du figuier domestique , les ouvrent , et pénètrent
1 P. carica