‹ Traité élémentaire de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 53 · INFLORESCENCE · texte numérisé non relu

INFLORESCENCE

lorsqu'il ne porte que des demi-fleurons à corolle irrégulière, comme dans le Pissenlit, la Laitue ; enfin il est dit radié, lorsqu'il présente des fleurons sur le centre de son disque, et des demi-fleurons à sa circonférence, comme dans les Marguerites, les T'agètes, etc. ; dans ce dern'er cas, les fleurons de la circonférence portent le nom de languettes. (Cette inflorescence est particulièrement affectée à la famille des Composées.

La capitule sous plusieurs rapports peut être comparé à une fleur simple, les languettes tenant lieu de pétales et l’involucre de calice. Nous dirons même que généralement parlant, il n’y a que les personnes déjà initiées à l’étude de la Botanique qui reconnaissent plusieurs fleurs dans un capitule. Le capitule bien considéré n’est autre chose qu'un épi dont le rachis aplati porte

des fleurs sessiles en forme de tête. Aussi il arrive PR RE

Fig. 77. Spathe du Gouet (Arum); À, spadice retiré de la spathe ; p, pistils, dont les supérieurs avortent ; e, étamines fertiles; d, étamines stériles ; m, massue ou spadice proprement dit.

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souvent qu’en croissant il se rapproche plus ou moins de l’épi, comme on le voit dans la Brésine, et surtoui dans le T'rèfle incarnat. La bractéo:e de chaque fleuron du capitule a reçu, comme dans l’épillet des graminées (70), le nom de paillette; c'est que souvent elle ne consiste qu’en une simple écaille, comme dans la Bardane, ou même simplement en des poils, comme dans le Bleuet, &c.

96.—On divise les inflorescences en définies et en indéfinies, en centrifuges (du latin fugere, fuir, et centrum, le centre) et en centripètes (de petere, aller vers, et centrum), suivant l’ordre d'évolution des fleurs. Ainsi un épi de Plantain, un capitule de Pâquerette, est une inflorescence indéfinie ou centripète, parceque les fleurs s’épanouissant de la base au sommet, de la circonférence au centre, on comprend qu'elle puisse aller ainsi indéfiniment. L’inflorescence au contraire est définie ou centrifuge lorsque la fleur terminale s’épanouit la première (Rue, Brésine). On donne le nom de cime à cette dernière inflorescence, lorsque l’allongement des pédicelles porte les fleurs à peu près au même niveau (Sureau blanc).

97.—Enfin l’inflorescence est encore dite terminale ou axillaire, suivant que les fleurs partent des côtés de la tige (Verveine), ou qu’elles la terminent (Erithrone) ; fasciculée, lorsque les fleurs sont rassemblées en faisceaux au sommet de la tige (Bouquet parfait) ; et verticillée, lorsqu'elles se rangent en couronne autour de la tige, comme dans les Labiées, &c.

VI—Du Fruit.

98.—Le fruit n’est autre chose que l’ovaire fécondé et parvenu à son entier développement. On distingue deux parties dans le fruit : le péricarpe (de pers, autour, et carpos, fruit) et la graine. Tout ce qui n’est pas graine dans

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le fruit appartient donc au péricarpe. Ainsi les gousses, les follicules, les coques de noix &o., sont des péricarpes.

99.—Le péricarpe se compose de trois parties, savoir : 10. de l'épicarpe (de epi, sur, et carpos), qui est uno membrane mince qui recouvre le fruit à l'extérieur ; c’est la peau du fruit; 20. de l’endocarpe (de endon, dedans, et carpos), qui est une autre membrane, souvent de consistence écailleuse, qui tapisse l’intérieur du fruit et entoure la graine; 30. enfin du sarcocarpe (de saræ, chair, et carpos), qui est ordinairement une matière charnue, parenchymateuse, qui remplit l’espace entre l’épicarpe et l’endocarpe. Ainsi dans une Pomme, la pellicule extérieure est l’'épicarpe, la matière pulpeuse que nous mangeons est le sarcocarpe, et les écailles qui forment les cellules des pepins sont l’endocarpe.

Le fruit, avons nous dit, est l'ovaire parvenu à maturité ; cependant le réceptacle (93) dans certains cas semble aussi appartenir au fruit. Ainsi dans le Fraisier, le réceptacle de sec qu'il était, se gorge de sucs, augmente de volume et déborde bientôt les ovaires qu’il enveloppe dans son parenchyme: les petits grains noirâtres de la Fraise ne sont donc pas les graines, mais bien les véritables fruits de la plante.

100. Afin de donner au lecteur une idée exacte des différentes transformations que subissent les organes de la fleur, en avançant vers le but qui doit être le terme de leur fonctionnement, nous lui dirons qu’il mange le calice devenu charnu dans la Pomme, la Poire, la Nèfle, etc.; qu’il mange le sarcocarpe dans la Prune, la Cerise, le Melon, etc.; qu'il suce les téguments de la graino dans la Groseille, l’Airelle, etc. ; qu’il mange le péricarpe entier dans le Raïsin, en rejetant les graines ou pepins; qu’il mange l'embryon proprement dit dans les Pois, les Fèves, etc.; enfin qu’il mange le réceptacle de la Fraise et de la Figue.

56 ORGANOGRAPHIE ET GJOSSOLOGIE.

101. On appelle fruits dékiscents, ceux dans lesquels les carpelles (86), lors de la maturité, s'ouvrent d'eux mêmes pour laisser tomber la graine (Pensée, Ancolie) ; et fruits indéhiscents, ceux dont les péricarpes ne don:nent passage à la graine qu’en se détruisant sur le sol (Melon, Gland). Les pièces ou panneaux des fruits qui s'écartent ainsi pour laisser tomber la graine, ont reçu le nom de valves; ce sont les carpelles de l'ovaire ;. et selon qu'un fruit s’ouvre en une, deux, trois ou plusieurs pièces, il est dit wnivalve, bivalve, trivalve, multivalve, elce

On dit la déhisence locwlicide (du latin cædere, détruire et Zoculus, cellule), lorsque les fruits s'ouvrent par leur suture dorsale ; et septicide (de septum, cloison, et cædere), lorsque chaque cloison s'ouvre par une suture particulière (Lin commun). Quelquefois les valves s'ouvrent en s’enroulant sur elles-mêmes avec plus ou moins d’élasticité, comme on le voit dans la Chélidoine et surtout la Balsamine.

102. Les fruits se partagent en deux groupes prineipaux ; fruits simples et fruits agrégés. Quant à leurs formes, elles sont extrêmement diversifiées, nous nous contenterons de décrire ici les plus usitées.

La follicule, est un fruit sec, s’ouvrant par une suture ventrale, et contenant des graines libres (Pied-d’Allouette).

La capsule (âe capsula, petite boîte), est un fruit seo à plusieurs loges réunies à une colonne centrale appelée columelle, Elle laissa passer ses graines par des trous, des fentes, ou l’écartement des différentes pièces qui la composent (Pavot).

La silique, est un fruit sec, à deux valves, et à deux cellules séparées par une cloison intermédiaire à laquelle

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els sont attachées les graines (Girofée, Fia. 78, et toutes | eux les Crucifères).

D; La silicule ne diffère de la silique qu'en ce qu'elle a L va À moins de longueur, étant presque ovale (Thlaspi). k qui Le légume où gousse, est un fruit sec, à deux valves, qu s'ouvrant par une suture ventrale, et portant des graines de: attachées à l’une ou à l'autre valve (Pois, et toutes les ue plantes à corolles papilionacées). | éd 78 80 | ", m | dé- | par 4 et à ure ves s ou HILL (4 Dine (J | nei- qu:

surs HA D vé La drupe, estun fruit charnu qui ne s'ouvre pas, et Il dont la graine ordinairement unique, est renfermée dans 11 : un noyau pierreux (Cerise). ii he L'akène, estun petit fruit sec, distinct de la graine I qu’il renferme (Bourrache, Asters, et généralement toutes (l les Composées), de sec ill ilée Fig, 78. Silique de Giroflée ; les graines sont attachées à la (l ri cloison médiane. je ? Fig. 79. Samare de la Pleine (Acer dasycar :m). fl la Fig. 80. Section longitudinale d’un ovuletrès-grossi: on y dis- 1 tingue facilement la primine, la secondine et la nucelle ; au bas en He bé c se trouve la chalaze nu point d'attache de la funicule, par où ( l'ovule reçoit sa nourriture, et enfin en # se trouve le micropgle El elle par où passera la fovilla pour atteindre et féconder la nucelle. Nil | ES

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58 ORGANOGRAPHIE ET GLOSSOLOGIÉ.

Le caryopse, est un fruit sec, indéhisceñt, à graine unique adhérente au péricarpe (Froment, Sarrasin).

La samare, est un fruit sec indéhiscent, à une seule loge, avec des appendices en forme d'ailes (Erable, Fic. 79).

La baie, est un fruit charnu, qui ne s'ouvre pas et qui ne contient pas de noyau, ou dont les graines n’ont d’autres enveloppes que celles de la pülpe qui les environne (Groseille).

Enfin on appelle cônes, les fruits des arbres résineux. Ils sont formés d’écailles qui en se serrant les unes sur les autres protègent les graines qu’elles portent à leur base, car ces graines n'étant point renfermées dans des ovaires, n’ont d’autres enveloppes que ces écaïlles. Les cônes des Pins, Cèdres etc., mettent de dix-huit à vingt mois à murir leur graines.

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