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Nous avons vu que toutes les graines des plantes

phanérogames (8) étaient composées de cotylédons et d’un embryon ou plantule (108). La plantule est le germe plus ou moins apparent destiné à produire une nouvelle plante, et les cotylédons, sont les corps charnus, spongieux, qui entourent la plantule, et qui doivent lui fournir la nourriture qui lui sera nécessaire, jusqu’à ce que par le progrès de la végétation, elle puisse la tirer du sol par sa racine. Aussi voit-on le plus souvent les cotylédons se faner et périr de ce moment.

115. La germination est le premier développement des parties de la graine confiée à la terre. L'eau, la chaleur et l’air sont indispensables pour mettre en activité le principe de vie renfermé dans la graine. Sous l’influence de ces circonstances, la graine commence d’abord à se gonfler en absorbant de l'humidité, l’'Oxygène de l'air venant ensuite s’unir au Carbone de la

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graine en formant du gaz acide carbonique qui se disperse dans l’atmosphère, les éléments des cotylédons décomposés par cette perte d’Oxygène, se résolvent alors en une espèce de syrop qui se porte vers la plantule et détermine son premier mouvement; et de ce moment date l’existence de la nouvelle plante. La plantule se développe alors en deux parties distinctes ; l'extrémité libre de la tigelle qu’on appelle radicule s'enfonce dans le sol en se ramifiant presque aussitôt, et la tigelle proprement dite prenant une marche opposée porte les cotylédons avec la gemmule à la surface (Fic. 81). Les cotylédons, quiavant même de paraître à la surface du sol se sont colorés en vert, forment les premières feuilles de la plante ; on leur donne souvent alors le nom de feuilles séminales.

116. Certaines plantes, comme les Pois, les Haricots rouges, etc., ne sortent jamais leurs cotylédons hors de terre ; s’est aussi le cas pour toutes les plantes monocotylidonées (Ognons, Avoine, etc.), dans lesquelles le cotylédon reste dans les téguments de la graine, la tigelle et la radicule prenant alors chacune leur marche opposée.

117. Certaines graines, comme les Glands, les baies de Laurier etc., perdent dansun temps assez court leur faculté germinative ; tandis que d’autres, comme le Blé, les Haricots etc., peuvent la conserver pendant des siècles.

Fig. 81. Graine de la Belle-de-nuit en germination : T, radicule qui commence à se ramifier , t, tigelle; on voit en c les cotylédons portant la gemmule à leur aisselle et constituant déjà une plante.

66 PHYSIOLOGIE VEGETALE.

Le savant Botaniste Anglais Lindley rapporte que des graines de Framboisier, trouvées dans la cavité ventrale d’un squelette humain, près de Dorchester, en Angleterre, ont pu germer après plus de seize siècles de léthargie, puisque le même tombeau renfermait des médailles de l’empereur Romain Adrien.

118. Les graines étant en grande partie composées de Carbone, elles conserveront d'autant plus longtemps leur faculté germinative qu’elles seront soustraites à l’action de l’'Oxygène, qui en s’unissant à ce Carbone, l’enleveraiten formant du gaz acide carbonique. De là la sage précaution de soustraire les graines que l’on destine à la semence, à la lumière et à l’humidité. Aussi voyons nous que des graines enfoncées trop avant dans le sol peuvent rester des années sans se mettre à germer, parce que l’Oxygène de l’air ne peut parvenir jusqu’à elles, et donneront signe de vie du moment que par quelque accident, elles se trouveront rapprochées de la surface. De là ces croissances spontanées, de plantes souvent même étrangères à la localité, sur les emplacements de constructions récemment détruites, ou sur des boulversements inaccoutumés du sol. Des noyaux trouvés dans une couche de sable qu’on rencontra à plus de vingt pieds sous terre, en creusant un puit dans l'Etat du Maine, ont germé et donné naissance à des plantes que par leurs fruits on reconnut êtres des Pruniers maritimes.

119. On comprendra facilement par ce qui précède, que la lumière qui est si essentielle à la croissance de la plante, peut nuire et même mettre obstacle à la germination, parce que la lumière favorise la décomposition de l’acide carbonique de l’atmosphère et la fixation du Carbone par la plante ; tandis que la germination ne peut avoir lieu que par ün procédé tout contraire, la décomposition de la graine ; et cette décomposition ou désor-

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ganisation de la graine ne peut s’opérer qu’en lui fesant perdre de son Carbone.

120. La durée de la germination pour des graines placées en terre dans des circonstances favorables est variable. Le Blé, le Seigle, sortent de terre au bout de deux jours ; le Haricot, la Rave, l’Epinard etc. le troisième jour ; la Laitue, le quatrième ; la Citrouille, le cinquième ; la Betterave, le sixième ; le Panais, le septième ; le Chou, le dixième ; l’Asperge, du quinzième au vingtième ; la Rue, le vingtième; le Persil, le quarantième, etc. Il faut une année pour le Pêcher, le Noyer, etc., et deux ans pour le Noisettier. Notons toutefois, que la germination se fera d’autant plus promptement, que les graines seront demeurées moins longtemps exposées à la lumière après la maturité, c’est qu’alors elles auront absorbé une moindre quantité de Carbone, et que leurs tissus recelant encore une assez grande quantité d'humidité, requerront une moindre quantité d'Oxygène pour leur décomposition. Aussi voit-on d'ordinaire les graines qui tombent d'elles mêmes de la plante entrer en germination dans un temps très court.

121. Il arrive quelquefois aussi que des graines peuvent entrer en germination sur la plante même qui les porte. (C'est ce qui a lieu surtout pour les graines à fruits pulpeux, ou féculentes, comme Melons, Concombres, Blé, Seigle, etc. Ce résultat est toujours la conséquence de la chaleur jointe à l'humidité.

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