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sentent des couches annuelles de bois de plus de trois lignes d'épaisseur.
Dans certaines espèces comme Cèdres, Frênes etc. les couches n’adhèrent pas tellement les unes aux autres qu’on ne puisse les séparer, même assez facilement, C'est ainsi que nos Indiens divisent les couches concentriques du Frêne, pour la fabrication des mannes et paniers qu'ils confectionnent avec tant d'habileté,
126. Les couches de bois les plus voisines de l'écorce, et qui se distinguent d'ordinaire par une couleur plus claire et une contexture moins resserrée, sont appelées aubier, en opposition à celles du centre, qui sont ordinairement plus foncées et plus dures, et qu'on appelle cœur (Chêne, Bouleau-Merisier).
127. Le plus grand mouvement dela sève, tant dans son ascension que dans sa descente, a lieu, avons nous dit, dans les parties les plus extérieures du bois et les plus intérieures de l’écorce (123) ; c'est que le cellulose (15) qui se forme dans les cellules par l’incrus. tation, suit une course contrifuge dans le bois et centripète dans l'écorce. Carla sève en formant chaque année une couche de cambium, forme en même temps une couche de liber (Fig. 29), de sorte que l'écorce offrira autant de couches concentriques que le tronc, quoique d’une manière moins apparente, Mais dans le bois, l'incrustation des vaisseaux commençant par les couches les plus anciennes, celles-ci deviendront avec l’âge d’un tissu si serré qu’elles ne permettront presque plus aucun mouvement aux liquides de la plante, comme nous le voyons dans le cœur du Chène, Au Néñlier, etc, tandisque dans l'écorce, la croissance prenant lieu par les couches intérieures, chasse ou repousse les plus.extérieures en les forçant à se gercer
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et à se fendre, cemme nous le voyons dans les Pins, Îes Erables, etc.
128. La sève puisée dans le sol par les racines, subit diverses modifications, avant même de parvenir aux feuilles, en se mélangeant avec les matières déjà contenues dans les vaisseaux de la plante ; c’est ainsi qu’elle devient sucrée dans l’Erable, la Canne, le Maïs, etc., et amère dans le Noyer, le Bouleau, etc. Et comme dans les climats tempérés les racines continuent à absorber de la nourriture, après même que les froids ont dépouillé la tige de ses feuilles, et que les nouvelles couches de cambium et de liber sont formées, il arrive alors que les vaisseaux des plantes se gorgent d’une surabondance de sève, si bien que si on pratique une incision sur le tronc, aussitôt que la chaleur permettra à la sève de se mettre en mouvement, on verra celle-ci couler en abondance, et cela aussi longtemps que l'augmentation de la chaleur ne forcera pas les bourgeons à se développer et à retenir la nourriture pour leurs nouvelles fonctions. C’est uniquement à ce phénomène que se rattache l’exploitation de nos Erablières pour le sucre. On a vu des Erables donner jusqu'à quatre gallons de sève par jour et des Bouleaux jusqu’à vingt gallons.
129. Maintenant, si au lieu d’une tranche d'une plante dicotylédonée on en prend une d’une plante monocotylédonée, on remarquera une toute autre structure. Comme dans ces plantes il n’y a point de moëlle centrale, on trouvera les valaseaux et les fibres s’entremêlant avec le tissu utriculaire dans toute l'épaisseur de la tige (Fra. 25 et 26). Chaque année les nouveaux tissus formant une nouvelie couche centrale, au lieu de s’étendre en une doublure extérieure, l’incrustration des cellules commencera à l'extérieur, de sorte que dans ces plantes, le centre de la tige sera toujours la
partie la plus tendre (Palmier, Maïs). Cette croissance par l'intérieur des monocotylédones leur a fait donné le nom par certains Botanistes de plantes endogènes (de endon, dedans, et gennaô, engendrer), par opposition aux dicotylédones qu’ils appellent exogènes. Ces plantes endogènes ou monocotylédones n’offrent point d'ordinaire d’écorse distincte du reste de la tige, de sorte que dans ces plantes, l’épiderme est appliqué sur les tissus de la tige même ; celles qui sont de consistence herbacée sont le plus souvent creuses, et partagées par des nœuds solides de distance en distance (Cannes, Céréales, Fic. 40.)
De certaines modifications que subissent parfois les organes des plantes.
130. Nous devons ici, pensons nous, mentionner la nouvelle théorie généralement admise parmi les Botanistes modernes, qui consiste à considérer tous les organes floraux de la plante comme des modifications d’un même organe, la feuille. Ainsi suivant eux, le calice n’est qu’un verticille de feuilles qi se sont plus ou moins soudées entre elles ; comme elles, il est de couleur herbacée, ses bords sont ou dentés, ou entiers, etc. Les pétales ne sont que de véritables feuilles à couleurs plus brillantes, on y retrouve même quelquefois le pétiole, et toujours le limbe et les veines. Il ne sera pas difficile de reconnaître un pétiole dans le filet, et le limbe d’une feuille non encore développé, dans l’anthère de l’étamine ; le connectif est bien la nervure médiane. Enfin on reconnaîtra encore facilement dans le pistilune feuille qui s'est replice sur elle même, de manière à présenter sa face inférieure en dehors, et à renfermer dans sa cavité l'ovaire et les ovules. La fleur, d’après cette théorie, peut donc être considérée comme.un rameau dont toutes les feuilles se trouvent réunies par le non dé velappe-
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ment de l’axe qui les porte, affectées d’une structure plus délicate, revêtues de couleurs plus brillantes, et rendues capables de remplir l'important office de la reproduction. C'est ainsi que nous voyons dans la Pivoine commune les feuilles perdre peu à peu leur distinction caractéristique à mesure qu’elles approchent de la fleur, si bien que les plus voisines ne sont plus que de simples bractées qui en ont totalement perdue la forme ; de ces bractées aux sépales et aux pétales, la transition sera facile pour y retrouver encore la feuille plus ou moins modifiée. Cette théorie peut fournir une explication assez facile de certaines anomalies qu’on rencontre parfois dans les plantes, comme des boutons sortant d’une corolle, des étamines et des pistils se convertissant en pétales, etc.; cependant comme son application rencontrerait des difficultés sérieuses dans une foule de cas, et qu'elle ne contribuerait pas peu à embarrasser le commençant dans un grand nombre d’autres, contentons nous de la consigner ici sans plus de développements.
131. La nourriture qu’on met à la disposition des plantes, par les engrais et les amendements qu'on fait subir au sol, influe grandement sur leur développement et leur caractère. Telle plante qui peut croître vigoureusement sur un terrain sec et sablonneux, s’étiolera et finira bientôt par perir si elle est placée dans un terrain argileux ou très humide ; par ce qu’elle ne rencontrera que des éléments trop étendus pour sa nourriture. T'elle autre plante très prolifère sous les tropiques, demeurera constamment stérile dans ies climats tempérés, et vice versâ. Si les différentes plantes paraissent rechercher telle ou telle température, telle ou telle qualité de terrain, c’est que la même nourriture ne peut convenir indistinctement à toutes. Sous ce rapport encore la
ture , et » la y la dishent plus e la s, la iille une u'on tons conppliune emtres, éve-
des
alité onvebre la
plante se rapproche de l’animal ; comme il y a des animaux, carnivores, herbivores et omnivores, de même aussi il y a des plantes à qui il faut un sol argileux, siliceux, sec ou humide, enfin il en est qui peuvent croître indistinctement partout.
132. Par certains soins de culture et avec une nourriture abondamment fournie, on est parvenu à changer complètement la forme et la disposition de certains organes, dans ungrand nombre de plantes. Ces plantes nourries avec luxe, ont semblé entrer dans l'esprit de ceux qui les cultivaient, pour ne faire étalage que de ce qui pouvait briller, dussent-elles pour cela, sacrifier leurs plus précieux avantages, durée, santé (rusticité), taille, voire même la faculté de se reproduire, et se voir ainsi rangées dans la classe des monstres. Grand nombre de nos fleurs qui font aujourd’hui le plus bel ornement de nos jardins, et l’orgueil de l’horticulteur, ne doivent jes qualités qui les foi t rechercher qu’à de tels soins de culture. C’est ainsi que le simple Eglantier de nos forêts a été transformé en la belle Rose-cent-feuilles, cette reine de nos parterres que les Dahlias simples des forêts du Mexique, à disque jaune et à rayons d’un rouge sombre, sont devenus ces magnifiques capitules, qui brillent autant par la richesse et la diversité de leurs couleurs que par le volume de leurs fleurs ; que l'impatiente simple des marais de l'Inde, est devenue cette Balzamine-Camellia qui nous offre souvent dans la même fleur une variété infinie de nuances dans les couleurs ; enfin c’est encore ainsi qu’on est parvenu à avoir des Cerisiers, des
‘Pruniers etc., à fleurs doubles, uniquement destinés à
l'ornement , ne retenant que l’agréable, ils semblent avoir laissé à d’autres plus humbles le soin de se rendre utiles.
133. Mais comme avec toute sa science et son habileté l’homme n'a jamais pu créer un atôme, il n’a pu doubler
se