I.—De la Fecondation
134.—Nous avons vu que toutes les plantes parfaitement organisées étaient pourvues dans leurs fleurs d’organes mâles appelés étamines (77), et d'organes femelles appelés pistils (83). Le concours de ces deux scrtes d'organes est indispensable pour la fécondation de la
graine nécessaire à 14 reproduction de la plante. Du moment que la fleur est parfaitement épanouie, les lobes
des anthères se repliant sur 16 connectif (21) laissent échapper le pollen qu’elles renferment, Ce pollen, ou matière fécondante, sous forme de poussière extrêmement fine, est retenu par le stigmaïtte à l’aide des papilles visqueuses qui le composent, et les grains de cette poussière enfilant le tube du style parviennent jusqu’à l’ovaire qu’ils sont destinés à féconder. Nous avons vu aussi (82) que les grains de pollen, de même que les cellules
élémentaires, sont formés de deux sacs emsboîtés l’un dans H
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l’autre, l’intérieur étant rempli d’un certain liquide mucilagineux, dans lequel flottent les granules de fovilla, et l'extérieur présentant des solutions de continuité sous forme de trous, de fentes etc. Les grains de pollen appliqués sur le stigmate subissent alors une espèce de
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Fig. 83. Pistil du Celosia argentea très grossi, pour montrer les hénomènes de lafécondation. Les grains de pollen tombés sur e stigmate, envoient leur tube pollénique suivant toute la lon-
gueur du canal stylaire, pour arriver dans la cavité de l'ovaire o; arrivés là, les tubes polléniques se mettent en rapport avec les ovules ov, que supporte le placentaire p.
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germination, c’est-à-dire, que le sac interne fait hernie à travers les ouvertures de la membrane externe, et sous forme d’un fil extrémement tenu s’infiltre à travers les papilles du stigmate, enfile le canal central du style jusqu’à la cavité de l’ovaire, pénètre dans l’ovule et parvient à l'embryon par le micropyle (Fig. 83). L’embryon recoit alors la fovilla et la fécondation est accomplie. Une fois la fécondation opérée, l’ovule continue à se développer avec l’ovaire qui deviendra le fruit dont-il sera lui-même la graine.
135. L'étude et l’observation ont permis aux horticulteurs de faire des fécondations artificielles ; ce procédé areçu le nom d’Aybridation (du grec Aybrida, métis). Il consiste à transporter le pollen d’une fleur, sur le stigmate d'une autre fleur d’une espèce ou d’une variété différente. (C’est ainsi qu’on a obtenu une foule d'hybrides ou de métis auxquels nos jardins doivent aujourd’hui une foule de leurs fleurs d'ornement.
136. On comprendra aisément que si au moment de l’épanouissement des fleurs une cause quelconque vient entraver la nature dans son opération, alors la fécondation pourra, manquer, et l’on aura que des fruits coulés ou avortés. (C’est ainsi que des pluies trop abondantes venant enlever le pollen des anthères en l’empêchant de s’attacher au stigmate, ou qu’une chaleur excessive fesant sécher celui-ci ou le rendant incapable de retenir le pollen, procureront ces fruits coulés ou avortés. De là, la cause de ces récoltes si faibles en rendement, quoique le grain eût la plus belle apparence en herbe ; de là, cette quantité de sacs ou de bourses dont on voit souvent les Cerisiers et les Pruniers se charger dans certaines années, à la place des fruits. Dans ce dernier cas l’ovule s'étant desseché, l'ovaire seul a pu continuer à se
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développer, mais d'une façon tout à fait anormale. Les ergots du Seigle ne sont autre chose que des grains dont
la fécondation a ainsi manqué.
137. Mais admirons encore ici la sagesse de la Providence. Comme toutes les fleurs ne sont pas pourvues de tous les organes nécessaires à la fécondation de la graine, dans les plantes où ces organes se trouvent partagés dans des fleurs différentes, ou sur différents individus, elle a pourvu à ce que desintermédiaires étrangers concourussent au but de la nature et la servissent dans ses fins. C’est ainsi que les abeilles, les bourdons etc.,transportent le pollen des fleurs staminées sur les fleurs pistillées de ces mêmes plantes. Nous voyons aussi que dans les plantes dioïques, dont quelquefois les individus mâles sont à de grandes distances des individus femelles, et en général dans toutes les plantes diclines(90), la poussière pollénique estordinairement plus abondante et assez légère pour être transportée par les vents même à des distances considérables. Et ces pluies de souffre, dont nous ont entretenus certains auteurs, n'étaient autre chose que des nuages de pollen échappés de forêts considérables d'arbres résineux, comme Melèses, Sapins, etc., et transportés dans les airs par les vents. Enfin, pour certaines espèces du règne végétal, dont la fécondation et la maturition des graines paraît devoir s’opérer difficilement, la nature permet de les reproduire et multiplier d’une autre manière tout aussi efficace, car outre le Semis des graines pour multiplier les plantes, on reconnaît encore la Division des racines, le Bouturage des branches, et la Greffe, qui produisent les mêmes résultats. Le semis des graines des plantes vivaces produit souvent de nouvelles variétés, tandis que la reproduction par des moyens artificiels, perpétue les plantes sans presque aucune altération.
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