‹ Traité élémentaire de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 53 · PT DR EE LIN LE PRE TT SELLE MR · texte numérisé non relu

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vous formez avec du suifet de la résine en les fesant fondre ensemble,

Les jeunes arbres d’un demi pouce à deux pouces de diamètre, que vous coupez à trois ou quatre pouces du sol, sont les sujets qui offrent les plus grandes chances pour la réussite de cette greffe. Un principe essentiel qu’il ne faut jamais oublier, c’est que le sujet soit toujours en sève, et que la greffe soit sur le point de le devenir.

$ IX, De la greffe en ecusson.

152. On appelle écussonner, l'opération qui consiste à enlever une petite portion d’écorce, munie d’un bon œil, à un rameau, pour linsérer sous l’écorce d’une autre plante préalablement incisée en T. Cette portion d’écorce ainsi enlevée a ordinairement la forme d’un écu des anciens chevaliers (Fig. 84 et 85); de là son nom d'écusson. Comme il! est facile de le voir, il y a deux parties dans cette opération : l’enlèvement de l’écusson, et son application sur le sujet. Cette greffe se pratique à deux époques différentes ; au printemps, et alors on l’appelle écussonner à œil poussant, par ce que cet œil pousse de suite ; et au moment de la seconde sève, c’està-dire vers la fin de Juillet ou au commencement d’Août, et on dit alors qu’on écussonne à œil dormant, parce que cet œil ne se développera que le printemps suivant. Cette dernière est la plus usitée, et peut-être la seule avantageuse dans notre climat, parce que les pousses d'écussons à œil poussant, ne peuvent d'ordinaire mûrir assez leur bois pour résister aux gelées de l'hiver qui suit. Le moyen de déterminer l’époque favorable pour opérer la greffe à œil dormant, c’est lorsque vers la fin de Juillet, ou au commencement d’Août, vous remarquez que l’ecorce des arbres s’enlève facilement sans adhérer au cambium et sans le déchirer.

92 PHYSIOLOGIE VEGETALE.

153. L'écussonnage est une opération délicate, mais qui réussit infailliblement quand on y apporte les soins convenables, Vous commencez donc par couper sur les arbres que vous voulez reproduire, des pousses

du printemps même, qui vous fourniront vos écussons. Vous enlevez le limbe des feuilles, et n’en conservez que le pétiole, puis enfonçant la lame de votre canif dans l’écorce d’une de ces pousses au-dessus d’unœil, vous l’amenez en descendant de manière à passer autant que possible entre le bois et l'écorce jusqu’à environ deux lignes au-dessous de l'œil. Vous retournez alors la partie enlevée pour vous assurer si votre écusson est bien levé. Si, n'ayant point enlevé de bois, votre écusson ne présente aucun vide à l’endroît de l’œil, et que vous y distinguez deux petits points verdâtres qui sont les racines de la feuille et du bouton, votre écusson est excellent. Si au contraire, vous avez un peu entré dans le bois, il faut alors l'enlever, ayant grand soin toutefois de ne pas arracher la racine de votre bouton, car alors votre écusson ne vaudrait rien. Choisissant ensuite une place sur votre sujet où l’écorce est bien saine et nette, vous pratiquez une incision en forme de T jusqu’au bois, et en en relevant les bords avec la lame de

Fig. 84. Ecusson de pommier préparé et vu de profil. Fig. 85. Ecusson vu par la face interne.

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votre canif, vous y introduisez votre écusson que vous tenez par le pétiole, ayant soin que le cambium de celuici s'applique exactement sur le cambium de votre sujet, puis, ramenant les bords de l’écorce soulevée sur votre écusson, vous assujétissez le tout au moyen d’une attache en fil de grosse laine (Fig. 87) que vous avez soin de ne pas trop serrer, parce qu’eile occasionnerait un étranglement du sujet. Sila partie supérieure de votre écusson se trouvait dépasser la ligne transversale de votre incision, vous la raccourcirieg aveo la lame de votre canif, sans relever votre écusson. Au printemps suivant, lorsque vous verrez l'œil de votre greffe commencer à se développer, vous amputerez votre sujet à cinq ou six lignes seulement au-dessus de la greffe, à moins que vous n'ayez greffé sur quelque grosse branche que vous voulez aussi conserver.

Rien n'empêche qu’on ñe greffe plusieurs espèces différentes sur le même sujet, mais il faut avoir soin qu’elles soient le force à peu près égale, car sans cela les plus fortes affameraient les plus faibles. On laisse ordinairement passer la plus grande chaleur du jour pour écussonner, et on choisit de préférence des jours humides. Dans les temps secs on donne à ses sujets trois

Fig. 86. Rameau de pommier incisé et qui a reçu l’écusson. Fig. 87. Rameau de pummièr écussonné et recouvert de sa ligature en laine.

94 PHYSIOLOGIE VEGETALE.

ou quatre jours avant de les greffer, de copieux arrosements, Un bon greffeur place de cent à cent cinquante

écussons par heure. Cependant les arbres à écorce fine comme Pruniers, Cerisiers, Rosiers etc., exigent un peu

plus de précautions et demandent un peu plus de temps.

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