CRYPTOGAMIE
EI. Reproduction des plantes cryptogames,
154, Les plantes cryptogames (8) sont celles dans lesquelles les organes générateurs semblent ne pas exister ou du moins affectent une forme bien différente des étamines (77) et des pistils (83) des autres plantes, T'elles sont les Fongères, les Champignons, ete. C’est à cette classe de plantes qu'’appartiennent encore les Lichens qui recouvrent le tronc des arbres, les Mousses qui se développent sur les toits des maisons, les Moisisegures, la Rouille, le Charbon des Graminées, qui sont des espèces de Ohampignons, etc. (Ces plantes se reproduisent au moyen de spo'es, ou sporules, souvent d'un volume microscopique. (Ces spores ne sont autre chose que des utricules remplies d’une matière organique amorphe (sans forme déterminée), possédant la faculté de se développer et de donner naissance à de nouveaux individus, lorsqu'elles se trouvent exposées à l'influence de certaines circonstances d'humidité et de chaleur, nécessaires pour déterminer leur développement.
155. Des études attentives et l'invention des verres convexes ont permis aux naturalistes modernes de constater, si non ia manière, du moins le mode le reproduction d'un grand nombre d’êtres dont la multiplication
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CRYPTOGAMIE. 95 rose- avait paru jusqu'alors mystérieuse ; et de reconnaître que ante toutes ces productions tant du règne animal que du règne fine végétal, qu’on qualifiait de spontanées, rentraient dans la
peu règle générale des lois de la nature, que toute nouvelle mp° production provient d'une semence. Ainsi les Mousses marre des toits, les Lichens des arbres, ne se sont montrés que parceque la semence de ces plantes, transportée là par les vents, s’y est trouvée dans des circonstances favorables à son développement. La Moisissure qui se déclare dans du pain trop vieux, ne peut venir que d’une semence qui s'est attachée au grain dans le champ; .. broyée sous la meule avec le grain, elle a subi de plus dans l'action fermentative de la pâte et la chaleur du four, pas sans perdre sa vertu germinative. Le Charbon qui se ente déclare dans l’épi de blé, avant même que celui-ci soit ntes. développé, est de même un champignon dont la semence D'est a été puisée dans le sol avec les sucs nonrriciers de la ) les plante, et qui a rencontré là les circonstances favorables sses à son développement etc.
Disis- Si les spores reproducteurs sont renfermés plusieurs sont dans une même utricule, ils reçoivent alors le nom de . villes sporidies. Les Mousses si nombreuses dans nos climats vent tempérés, sont presque inconnues sous les tropiques, mais utre par contre, plusieurs plantes cryptogames de nos climats ique qui ne sont toujours que très petites et d’une consistence ulté herbacée, prennent sous les tropiques la dimension des Paux grands arbres, telles sont les Fougères de la Nouvelle énce Hollande, etc.
1e IL. Des Plantes Aquatiques.
rres 156. On appelle généralement plantes aquatiques de celles qui croissent dans l’eau ; elles sont dites marines Bpro- lorsqu'elles croissunt dans l’eau salée. Toutes les
ation plantes aquatiques qui ne s'élèvent pas au dessus de la
96 PHYS'OLOGTE VEGETALE.
surface de l’eau sont cryptegames, c’est-à-dire qu’elles n’ont point de fleurs ; elles sont de plus toutes de consistence herbacée. Ces p'antes sont généralement roüges, brunes, ou d’un vert olive. Les sporidies qui les reproduisent, sont généralement formées de la substance même de la plante. Ces plantes paraissent absorber leur nourriture par chaque point de leur surface, et nullement par leurs racines, puisque celles-cine servent pour la plupart du temps, qu’à les attacher à des rochers comme les Varecbs, ou à envelopper un petit caillou qui faisant l'office du plomb d’une sonde, sert à les tenir dans une position verticale lorsqu'elles sont promenées par les courants (Goëmons). Les plantes marines sont beaucoup plus nombreuses sous les tropiques que dans les zones tempérées,
METHODOLOGIE. 9T elles nsis- TROISIEME PARTIE.
uges, ie. À METHODOLOGIE.
leur 157. La Méthodolcgie est cette partie de la Botanique mené qui a pour object la classification et la nomenclature des à plu- | végétaux. Tant que la Botanique ne fut pas élevée ne les au rang des sciences, et ne consista qu’en un amas de isant connaissances plus ou moins parfaites des plantes, sans dans unité, et sans aucun lien commun, on ne vit pas la ar les nécessité de recourir à des méthodes rationelles de clas- Deau- sification des végétaux ; mais à mesure que l'étude des s les plantes s’étendit, on sentit de plus en plus le besoin
d’une telle méthode. Vers ia fin du dix-septième siècle on était déja initié à tous les mystères de la vie végétale lorsque Tournefort inventa le genre et créa un système régulier de classificatiou ayant pour base l'absence ou la présence de la corolle dans la fieur, en fondant ses divisions sur les différentes formes que présente cet organe. Après Tournefort le savant botaniste Suédois Linné refondit les genres et les espèces d’après les organes de la reproduction, et simplifia la nomenclature encore Împarfaite. Il donna à chaque genre un nom particulier, et à chaque espèce un qualificatif qu’il ajouta au nom du genre, et créa ainsi la langr » botanique qui est encore en usege aujourd’hui. Mais les systôêmes de Fournefort et de Linné étant tout artificiels ne répondaient encore qu’imparfaitement aux besoins de la science, lorsqn’en 1759, Bernard de Jussieu publia sa méthode naturelle, suivant laquelle il rangea tous les végétaux en familles, d’après leurs rapports les plus intimes. Cette méthode perfectionnée par les travaux des DeCandolle, des Richard, des Endlicher, &c., a fait faire
98 METHODOLOGIE.
à la science un pas immense etest presque uniquement la seule adoptée aujourd’hui.
Nous nous dispenserons d’entrer dans les détails de la méthode de Tournefort, parceque depuis longtems déjà on n’en fait plus usage ; nous nous bornerons à donner les clefs des méthodes de Linné et de Jussieu, afin de pouvoir mettre le lecteur en état de se servir de l'une ou de l’autre, car hien qne la méthode naturelle soit généralement adoptée aujourd'hui on est forcé de reconnaître que la méthode de Linné est de beaucoup plus facile, et peut être grandement utile surtout aux commençants.
Methode artificielle de Linne.
158. Linné suppose d’abord que toutes les plantes sont pourvues d’étamines et de pistils ; si dans quelques unes nous ne pouvons distinguer ces organes, il en infère que cela n’est dû qu’à leur exiguité, ou à une forme anormale de celle qu’ils affectent généralement dans les autres plantes. De là les deux grandes divisions des végétaux en phanérogames, ou ceux dans lesquels les organes de la roproduction sont apparents, et en cryptogames ou ceux dans lesquels ces mêmes organes paraissent ne pas exister. Linné partage ensuite tous les végétaux, par la seule considération de leurs organes reproducteurs en vingt-quatre Classes, et ces Classes se subdivisent ensuite en Ordres, les Ordres en Genres, et les Genres en Espèces. Commeillustration de ces divisions, on peut rapporter les Classes aux Provinces d’un même Empire, les Ordres aux villes, les Genres aux familles, et les Espèces aux individus.
159. Un individu est un être organisé, complet par lui-même, et distingué des autres. Ainsi dans un champ de carottes il y a autamt d'individus qu’il y a de plants.
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