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48.—La moelle parait surtout nécessaire à la plante dans le jeune âge, et finit presque toujours par disparaître avec le temps, ou par se dessécher et ne renfermer plus que de l'air. Outre la masse de moelle centrale dans les dicotylédones, on la trouve encore disséminée dans toute l'épaisseur du tronc,
par veines qui partant du centre, se rendent jusqu’à
l'écorce, c’est ce qu’on appelle les rayons médullaires (fig. 27 et 29). Les rayons médullaires diminuent de volume à mesure qu’ils se rapprochent du centre ou de la moelle centrale. Nous verrons plus loin (127) quelle fonction ils sont destinés à remplir.
49.—Les plantes monocotylédones n'offrent pas d'ordinaire d’écorce distincte du reste de la tige (fig. 25) ; et dans un grand nombre de ces plantes, comme dans les graminées, le tissu épidermique est remplacé par une couche de matière vitrée, formant un vernis plus ou moins épais ; cette matière se termine ordinairement sur les arètes des feuilles par de petites dents en forme de scies extrêmement fines, mais capables toutefois d’écorcher les doigts de ceux qui, sans précautions, se plaisent à presser ces feuilles dans le sens de leur longueur.
50.—Les plantes acotyiédones ou cryptogames manquent de tige proprement dite et ne possèdent ordinairement que le type cellulaire. Cependant il en est un certain nombre, comme palmiers, fougères, mousses, hépatiques, chez lesquelles le stipe tient lieu de tige et possède aussi des faisceaux fibro-vasculaires. La disposition de ces faisceaux affecte alors une disposition différente et des dicotylédones et des
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monocotylédones. Si l’on prend, par exemple, une coupe horizontale du stipe d’un Cyathéa ou fougèreen-arbre, on remarquera au centre une masse considérable de tissu cellulaire, viendra ensuite une zône de vaisseaux fibro-vasculaires, laissant de larges intervalles pour faire communiquer une bande plus extérieure de tissu cellulaire avec la masse centrale. L’épiderme est disparu, et les bases des frondes, sur lesquelles on peut observer une organisation analogue à celle du stipe, constituent une enveloppe qui tient lieu de l'écorce.
51.—Les bourgeons ou yeux sont les rudiments des rameaux qu’on observe à l’aisselle des feuilles. Il y en a de deux sortes : les bourgeons à feuilles, ou ceux qui contiennent les rudiments d’un nouveau rameau, et les bourgeons à fruit, ou ceux qui doivent donner lieu à une fleur pour former les fruits. C’est avec peine que les horticulteurs, même les plus exercés, peuvent distinguer les bourgeons à feuilles de ceux à fruit.
On donne aux bourgeons le nom de pousses ou scions lorsqu'ils sont développés; cependant si les scions au lieu de naître sur la tige sortent de terre, comme dans les Asperges, on leur donne alors le nom de turions. Les bourgeons sont d'ordinaire protégés par des écailles particulières, ils sont alors dits écailleux (Erable, Pommier); dans le cas contraire ils sont dits nus (Noyer). Les bourgeons étant destinés à protéger les jeunes pousses contre l’humidité et contre le froid, leurs écailles sont assez serrées pour que l’eau, la pluie ou la neige ne puissent atteindre
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les jeunes feuilles avant leur épanouissement ; souvent aussi ils sont enduits d’une certaine matière résineuse (Peuplier, Aulne). Outre les bourgeons axillaires, la plupart des arbres présentent à l’extrémité de leurs rameaux un bourgeon plus gros et plus fort‘qu’on appelle bourgeon terminal, et qui est destiné à continuer le rameau. Dans les arbres à feuilles cpposées, il arrive souvent qne le bourgeon terminal avorte, les deux suivants se développant ensuite occasionnent une bifurcation du rameau (Lilas).
Presque tous les arbres sont aussi susceptibles de donner naissance à des bourgeons adventifs des différentes parties de leur tige, de leurs branches ou de leurs rameaux.
Dans quelques végétaux, comme les Cactus, les rameaux présentant une surface plane ou étendue les ont fait quelquefois prendre pour des feuilles, mais il est toujours facile de distinguer des feuilles de rameaux foliacés, car ceux-ci portent des fleurs et des fruits, ce que ne font jamais des feuilles. Dans les plantes à rameaux foliacés, les feuilles subissant elles-mêmes une métamorphose, ne sont représentées que par des petits coussinets chargés d’épines sur les arètes des rameaux (Cierges, Mamillaires).
52.— Les épines qu'on rencontre sur plusieurs arbres ne sont autre chose que des bourgeons ou scions qui ont avorté dans leur développement. Leur consistance dure, résistante, démontre de suite qu'ils appartiennent au système ligneux, comme le prouve aussi leur structure. Il ne faut pas confondre les épines avec les aiguillons, Ces derniers appartiennent
au tissu épidermique, aussi peut-on les enlever sans même empo”wæ: l'écorce. Les aïiguillons ne sont autre chose que des poils réunis et transformés.
53.—C'est eu égard à la tige qu’on divise les plantes en arbres, arbrisseaux et herbes.
Un arbre, est une plante à tige solide qui s'élève à une certaine distance de terre sans se répandre en ramifications. |
Un arbrisseau, est une plante de plus petite dimension qu’un arbre, dont la tige solide aussi se ramifie à peu de distance du sol.
Enfin une herbe, est une plante à racine annuelle ou vivace, mais ne donnant jamais de tige solide.
54.—La tige existe dans tous les végétaux vasculaires, quoique dans plusieurs elle ne prenne que peu de développement, ces plantes sont dites acaules (sans tige) (Plantain, Jacinthe).
On appelle hampe, la tige qui ne s’élève que pour porter la fleur d’une plante (Tulipe), et chaume, les tiges crouses des herbes et des graminéss.
On donne le nom de tronc à la tige de nos arbres, et celui de stipe à celle des Palmiers et des Fougèresen-arbres, lesaeiles d'ordinaire sont sans ramifications.
5b.--La tige est dite annuelle, lorsqu'elle ne vit qu’une seule année (Balsarine, ”:° nent); bisannuelle, vivant deux années, c’est-à-dire, la première année ne donnant que des feuilles, et la deuxième année donnant sa fleur «près quoi elle meurt (Rose- Trémière, Digitale) ; enfin elle est dite vivace, quand elle vit plus de deux années (Framboisier, Sureau).
56,— Ta tige est encore dite stolonifère, lorsque de
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l’aisselle de ses feuilles inférieures naissent des bourgeons qui s’allongent en coulant sur le sol pour y prendre racine, en même temps qu'ils développent des touffes de feuilles à leur extrémité (Fraisier, fig. 23).
On appelle tige aiguillonnée, celle qui est couverte de pointes aigües qui peuvent s’enlever sans léser la plante (Rosier) ; et tige épineuse, celle dont certains rameaux avortent dans leur développement et se convertissent en pointes dures (Prunier, Aubépine).
57.—La tige, suivant sa direction, a reçu différents noms qui rentrent dans le langage ordinaire ; elle est dite dressée, ascendante, couchée, etc. ; grimpante, lorsqu'elle s'élève en s’attachant aux corps qui l’avoisinent (Vigne, Liane) ; volubile, lorsqu'elle s’enroule autour des corps voisins en formant une spirale, dite dextrorse lorsqu'elle monte de gauche à droite (Liseron), et sinistrorse lorsqu'elle monte de droite à gauche (Houblon). Pour déterminer la position d’une tige volubile il faut se supposer au centre de la spirale.
On appelle tige simple celle qui ne présente aucune ramification, et tige rameuse celle qui porte des rameaux.
58.—On appelle rhizome, des tiges, qui au lieu de s'élever, rampent obliquement ou horizontalement au dessous, ou à la surface du sol, la partie antérieure émettant des racines fibreuses, des feuilles et des fleurs, et la partie postérieure se détruisant peu à peu avec l’âge (Sceau-de-Salomon, fig. 31).
59.--Enfin les bulbes .et les tubercules doivent ensore être considérés comme appartenant plus à la
tige qu’à la racine, puisqu'ils portent des bourgeons et des feuilles et qu’ils donnent naissance à des racines. Le bulbe n’est à proprement parler qu’un rhi-
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zome plus arrondi, plus charnu ou plus épais, qui donne naissance à des racines dans sa partie inférieure et à des feuilles dans sa partie supérieure. Le
bulbe étant considéré comme une tige, les écailles ou enveloppes lui tiennent lieu de rameaux ; aussi le voit-on produire des bourgeons latéraux à l’aisselle de ces écailles (Lis, fig. 19).
Le bulbe est dit tuniqué, lorsque les écailles qui le composent forment des gaînes qui s’emboîtent les
Fig. 31. Rhizome souterrain (Sceau-de-Salomon).
Fig. 32. Bulbe tuniqué (Oignon).
Fig. 33. Bulbe solide (Tulipe).
Fig. 34. Tige de Martagon tigré avec des bulbilles aüriennes à l'aisselle des feuilles.
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