‹ Traité élémentaire de botanique [microforme]Chapitre 34 sur 60 · RE · texte numérisé non relu

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jeune âge peuvent être impunémeut foulés aux pieds des passants, se reproduire constamment de graines et ne presque jamais donner naissance à des rejetons. Les jardiniers ont souvent recours aujourd’hui à ces rejetons pour la multiplication d’un grand nombre de plantes ; il en est même qu’on reproduit presque toujours ainsi sans jamais recourir à leurs graines. Les Lis, les Tulipes, les Narcisses et la plupart des plantes bulbeuses, ne se reproduisent presque jamais autrement que par la division des caïeux de leurs bulbes. Le Maïrtagon tigré, l’Igname de Chine, l’Ognon bulbifère, etc., nous offrent des ognons de semence sur leurs tiges mêmes (fig. 34).

Les plantes à racines vivaces nous présentent pour la plupart des touffes composées d’un grand nombre de gemmes, boutons ou turions, que nous divisons pour les multiplier. C’est encore ainsi que les œilletons ou rejetons qu'émettent les Cactus, les Agaves, les Iris, etc., servent à Les reproduire.

157.—Enfin il est de certaines plantes qui nous offrent dans leurs racines de véritables tiges souterraines qu’on emploie avec avantage à leur reproduction ; telles sont les Pommes-de-terre, les Topinambours, etc. En effet, les tubercules de ces plantes mis en terre, ne profitent pas, comme les bulbes des Lis, des Tulipes, etc., en donnant naissance à des racines, mais les yeux qu’ils portent se développent en de véritables tiges souterraines, munies elles-mêmes de racines, qui portent des petits rameaux présentant des écailles au lieu de feuilles, et qui donnent naissance à de nouveaux tubercules en se tuméfiant à leurs extrémités, ou en d’autras parties de leur lon-

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MULTIFLICATION DES PLANTES. 105

gueur ( fig. 35). Quand les tubercules sont gros, ils peuvent donner naissance à autant de nouvelles plantes qu’ils ont d’yeux, de sorte que l’opération

n’est qu’un véritable bouturage.

- [V.—De la Boulure et de la Marcotte,

158.—$i vous prenez un frameau de Saule ou de Peuplier, et le fixez dans un sol convenablement humide, il ne tardera pas à émettre des racines à sa partie inférieure, et à continuer sa végétation dans sa partie supérieure. C’est en quoi consiste le bouturage. Presque toutes les plantes sont ainsi susceptibles de se reproduire de boutures, et presque toutes les parties de la plante peuvent de cette façon donner naissance à de nouveaux individus ; il n’y a pas jusqu'aux feuilles mêmes que les horticulteurs ne soient parvenus à forcer à émettre des racines, qui bientôt après donnaient naissance à une tige. Ce moyen artificiel de reproduire les plantes semble dans un très grand nombre de cas ne leur être nullement préjudiciable, il en est même de certaines espèces, telles que la Vigne, le Peuplier, etc., qu’on ne reproduit presque jamais autrement ; et on les voit toujours pousser avec une égale vigueur, sans donner aucun signe de dégénération. Dans d’autres espèces au contraire, on a reconnu que le bouturage tendait à diminuer la force de végétation, en concentrant la sève sur les organes principaux de ces plantes. Les horticulteurs ont su profiter de cette connaissance pour nous donner, surtout dans les arbres fruitiers, des naine, qui nous dédommagent amplement de

lPexiguité de leur taille, par la beauté et la précocité de leurs fruits ; les Pommiers de Paradis, les Poiriers nains, etc., qu’on ne reproduit que par le bouturage ou le marcottage, en sont des exemples. : Le bouturage en diminuant la taille de certaines plantes d'ornement, nous a aussi donné des fleurs plus fournies, plus brillantes, et d’un plus fort volume.

159.—Marcotter une plante, c’est courber ses rameaux inférieurs de manière à pouvoir les couvrir de terre et à les mettre dans des conditions propres à l'émission de racines ; de sorte que la marcotte n’est à proprement parler qu’une bouture partiellement séparée de la plante-mère. On dit qu’on sèvre les marcottes, lorsqu’après qu’elles sont enracinées, on les sépare complètement de la plante-mère.

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