‹ Traité élémentaire de botanique [microforme]Chapitre 40 sur 60 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

TAXONOMIE OU METHODOLOGIE.

177.—La Taxonomie ou Méthodologie est cette partie de la Botanique qui a pour objet la classification et la nomenclature des végétaux.

78.—On distingue deux sortes de classifications, l’empirique ou naturelle, et la systématique.

Par la première, les plantes'sont rapprochées les unes des autres en considération de leur apparence générale, sans aucun égard aux caractères particuliers qui pourraient les unir ou les éloigner de tel ou tel groupe. C'est ainsi, qu’à simple vue, le vulgaire a rangé les melèses avec les épinettes, bien que des caractères très distincts les séparent les uns des autres.

Par la seconde, on étudie la structure, le nombre et la disposition des différentes parties des organes les plantes, pour en tirer des déductions qui permettent de former des tableaux où chaque plante devra nécessairement prendre place, suivant que l'étude de ses diverses parties montrera qu’elle a tel nombre d'organes, tel nombre de parties dans ces organes, telles dispositions etc. |

On voit de là que la classification,pour être parfaite, doit participer à l’une et à l’autre de ces conditions ; l’une sans l’autre ne saurait répondre aux besoins

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actuels de la science. Dans l’une comme dans l’autre on en viendrait à des alliances de plantes que l'étude et l'observation nous forceraient de répudier. Aussi est-il reconnu aujourd’hui que la classification naturelle est la plus rationelle, la plus avantageuse ; mais l'état actuel de la science ne permet pas encore de l’employer exclusivement. Il faut, pour la rendre plus efficace, emprunter à la classification systématique en certains endroits, surtout pour atteindre plus promptement et plus sûrement le but dans la déter-

mination des plantes.

179.—Ces explications nous font voir de suite la nécessité du système et de la méthode dans la classification des plantes.

Le système nous fait découvrir prom SHnent à nom que les botanistes ont donné à une plante, en l’isolant dans le règne végétal par des caratères difrérentiels aussi saillants que possible. Par la méthode, on place chaque espèce, chaque genre, au milieu de ceux avec lesquels il offre le plus de ressemblances essentielles. En d’autres termes, le système dorne ie nom G* l'individu, et la méthode lui assigne le rang qu’! doit occuper parmi les autres.

185,—Tant que la Botanique ne fut pas élevée au raug des sciences, et ne consista qu’en un amas de connaissances plus ou moins parfaites des plantes, s2as unité, et sans aucun jen commun, on ne vit pas la nécesaité de recourir à des méthodes rationelles de classification des végétaux ; mais à mesure que l'étude des plantes s’étendit, on sentit de plus en plus le besoin d’une telle méthode. Vers la fin du

dix-septième siècle on était déjà initié à tous les mys°

tères de la vie végétale, lorsque Tournefo:t inventa le genre et créa un système régulier de classification, ayant pour base l’absence ou la présence dela corolle dans la fleur, en fondant ses divisions sur les différentes formes que présente cet organe. Après Tournefort, le savant botaniste Suédois Linné refondit les genres et les espèces d’après les organes de la reproduction, et simplifia la nomenclature encore im-, parfaite. Il donna à chaque genre un nom particulier, et à chaque espèce un qualificatif qu’il. ajouta au nom du genre, et créa ainsi la langue botanique qui est encore en usage aujourd’hui. Le nom du genre est toujours un substantif, et celui de l’espèce toujours un adjectif : Pinus alba, Pin blanc, Quercus rubra, Chène rouge &c. Mais les systèmes de Tournefort et de Linné étant tout artificiels, ne répondaient encore qu’imparfaitement aux besoins de la science, lorsqu'’en 1759, Bernard de Jussieu publia sa méthode naturelle, suivant laquelle il rangea tous les végétaux en familles, d’après leurs rapports les plus intimes. . Cette méthode, perfectionnée par les travaux des DeCandolle, des Richard, des Endlicher, &e., a fait faire à la science un pas immense et est presque uniquement la seule adoptée aujourd’hui,

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. Nous nous dispenserons d'entrer dans les détails de la méthode de Tournefort, parceque depuis longtemps déjà on n’en fait plus usage ; nous nous bornerons à donner les clefs des méthodes de Linné et de Jussieu, afin de pouvoir mettre le lecteur en état de se servir de l’une ou de l’autre, car bien que la méthode naturelle soit généralement adoptée aujour-

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