‹ Traité élémentaire de calcul différentiel et de calcul intégralChapitre 38 sur 143 · PS PT · texte numérisé non relu

PS PT

Pour s’assurer que peut approcher aussi près qu’on voudra do

il suffit de considérer que si le point M' passait au-dessous du point M, en M, (fg- 69)) point S tomberait en S„ de l’autre côté du point T; eu sorte que ce dernier sépare les sous-sécantes qui correspondent aux points supérieurs à M de celles qui correspondent aux points inférieurs, lignes dont la différence peut être conçue aussi petite qu’on voudra, par le rapprochement des points M' et M,. ; '

II. A cet exemple, tiré de la Géométrie, joignons-en un autre tiré de la Mécanique.

Les corps tombent vers la surface de la terre, en vertu d’une force qui agit constamment, et en conséquence de laquelle leurs mouvements s’accélèrent, c’est-à-dire que ces corps parcourent des espaces de plus en plus grands dans des intervalles de temps égaux, lorsqu’on prendces intervalles de plus en plus loin de l’origine du mouvement.

Quand on re|>résento par i l’espace parcouru dans la première seconde, dans la deuxième on a 3, dans la troisième 5, et ainsi do suite : ce sont là des données d’expérience qui ont fait découvrir à Galilée que la force dont il s’agit, ou la pesanteur, est constante, c’est-à-dire quelle engendre toujours la mémo vitesse dans le môme temps. Par vitesse, il faut en-

tendre FcsjMirc que te corps parcourrait dans Punité de temps, si

NOTES. Ip7

avait cessé tPagir sur lui au commencement de cette unité. Cela posé, voyons comment on peut calculer les effets d’une pareille force.

Au lieu de supposer qu’elle agit constamment, concevons que ses actions, toujours égales, soient instantanées comme celle de l'impulsion,

et qu’elles se répètent à des intervalles marqués par une fraction -^de la

seconde prise pour unité de temps, ün corps recevra donc pendant l’unité de temps un nombre m de ces actions dont les effels, s’ajoutant les uns aux autres, lui imprimeront, au bout do ce temps, une vitesse totale que je représenterai par p. La vitesse qui résulterait d’une seule

action serait donc toujours pour l’unité de temps; ainsi, pendant fa

fraction > le corps ne parcourrait que l’espace En considérant les intervalles consécutifs indiqués cMessous,

on aura, i° pour les vitesses résultantes des actions exercées par la force, au commencement de chacun de ces intervalles,

ip J

3p ip

2° pour les espaces parcourus à la fin des mêmes intervalles,

wi' ’ m’ ’

la somme de tous ces espaces dont le nombre est n, sera par la formule relative aux progressions par différence (Élém. tPAlg., 229),

\ot’ m’/ 2 %\m* né J

Maintenant, si l'on observe qu’un nombre quelconque de secondes, dési-

gné par t, contient un nombre mt d’intervalles égaux à— i et qu’on fasse n = mt, l’expression précédente deviendra

imt

néé\

Or, on voit que plus le nombre m augmente, plus les actions de la force se rapprochent, moins la quantité + diffère de t, et que même

NOTES

elle subsiste lorsqu’on annule la fraction —i ce qui anéantit l’intervalle

supposé entre les actions successives de la force. Cet état de choses est la limite vers laquelle tend sans cesse la suite des mouvemenic considérés plus haut; et par conséquent, dans l’action continue de la force, l’espace

parcouru est égal à ^

’• En mettant la valeur de n dans l’expression ^ de la vitesse acquise

après les « premières actions, il viendra = pt, quantité indépendante de m, et par conséquent la même, quelque petit que soit l’intervalle -îm

Maintenant, si l’on fait successivement t = o, = i, =a, etc., on aura les espaces '

do t les différences sont ■ ’ ■ ,

c’est-à-dire, i fois, 3 fois, 5 fois, etc., l’espace parcouru pendant la pre-' inière seconde.

Dans l’exemple de pure Géométrie, on a supposé d’abord des points distincts, deux intersections au lien d’un contact; maison passantàla limite, on a établi la coïncidence des points, et les intersections se sont changées, en contact.

Dans l’exemple de Mécanique, au lieu d’un mouvement accéléré d'une manière continue, on a considéré une suite de mouvements uniformes, ou égaux, pendant un certain intervalle de temps, et dont la rapidité croissait seulement dans le passage de l’un à l’autre; mais en prenant la limite, on a anéanti l’intervalle supposé entre les actions de la force, on a changé une suite d’actions isolées en une action continue, et l’ensemble des mouvements uniformes supposés est devenu le mouvement uniformément accéléré, tel qu’il a lieu dans la nature. . ,

Ces deux exemples suffisent pour montrer l’importance de la considération des états successifs par lesquels passent des quantités variables, comme les ordonnées des courbes, les espaces parcourus par l’effet des forces qui changent, et de chercher, non les changements en eux-mêmes, mais les limites "vers lesquelles tendent leurs rapports.

NOTES

111. Cette considération, qui est aujourd'hui la meilleure base que l’on puisse donner au Calcul différentiel, se retrouve implicitement dans la Géométrie élémentaire, toutes les fois qu’il faut comparer les lignes courbes aux lignes droites, les aires circulaires à celles des polygones, les corps ronds aux polyèdres ; car on ne mesure immédiatement que des lignes droites, des polygones et des polyèdres.

En effet, si l’on désigne par w l’angle AOH 67) qui est la moitié de l’angle au centre du polygone régulier quelconque ABC, circonscrit au cercle dont le rayon OH = r, et qu’on prenne l’unité pour le rayon des tables trigonométriques, on aura

d’où

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