DES CORPS PONDÉRABLES OD MATÉRIELS
Nous avons défini la matière ; telle ne fut pas san; la définition des premiers observateurs : ils ont dû ; matière tout ce, qui tombait sous leurs sens, tout ce raissait occuper un certain espace. Est-il nécessaire de 1er ici jusqu où peut aller le scepticisme de certains ( N'a-t-on pas été jusqu'à nier l'existence de la matièr
3u'à se demander si cette existence n'était pas une abe e nos sens? Question oiseuse, qui, débattue et môme comme rentendent ceux qui Vont çtovoquée , ne cor
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à aucun résultat utile , et qu'il faut conséquemmeût reléguer panni ces rêveries chimériques qui ont été si longtemps uu obstacle au développement de nos connaissances.
La matière possède des propriétés générales sans lesquelles on ne pourrait la concevoir, et dont l'ensemble peut aider à la caractériser, surtout pour ceux qui, peu versés dans Tétnde des sciences, trouveraient notre définition trop laconique i ces propriétés sont Y étendue , V impénétrabilité , la iwisibilité, l'inertie, la mobilité y et là porosité.
V étendue est cette propriété que po^ède la matière d'occuper un certain espace. En effet, ime matière qui n'occuperait aucun espace serait pour nous comme si aie n'existait pas. Les limites de l'étendue constituent la forme des corps ; ces formes extrêmement variées résultent de divers arrangements des particules qui portent alors Je nom de inolécules constituantes. L'étendue ou , pour employer l'expression ordinaire, le volume est aussi la place que tient un corps ; clic a nécessairement trois dimensions : longueur y largeur ^ épaisseur. Mais il n'existe aucune analogie entre le volume et la quantité de matière qu'un corps peut contenir ; cette quantité, qui peut varier beaucoup pour un même volume , constitue la masse.
^impénétrabilité peut être déflnie: l'impossibilité où sont deux corps ou deux particules matérielles d'occuper le même lieu au même moment. Cette propriété, qui appartient à toute matière, est moins évidente que celle qui précède. En effet, dans quelques circonstances, la pénétration paraitavoir lieu ; mais cette illusion provient uniquement de ceque l'on confond alore le volume réel ouïe lieu d'un corps avecson volume apparent ; ce dernier est toujours plus grand, parce que les molécules constituantes d'un corps ne se touchent pas. Ainsi, Téponge, plongée dans l'eau, semble se laisser pénétrer par ce liquide ; mais une observation attentive de ce fait et d'autres analogues démontre qu'il y a déidacement et non pénétration réelle : dans l'exemple cité, l'air quitte les pores de l'éponge, et est remplacé par un volume ^1 d'eau.
Divisibilité. — Tous les corps sont divisibles en deux , en trois, etc., etc. ; mais cette divisibilité a-t-elle des limites? Oui, si nous nous arrêtons aux moyens mécaniques qui sont à notre disposition ; et d'ailleurs cette divisibUitô de.Nm\.
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très-probablemttit s'arrêter, lorsqu'on aurait atteïut la molécule matérielle. Mais de quelle nature sont ces molécules? On l'ignore. Newton les supposait solides, dures, invariables, insécables, etc. Dalton prétend qu'elles diffèrent pour chaque espèce de corps parla grosseur, et conséquerament par le poids. Dans un grand nombre de cas, la divisibilité peut être prodigieuse : les fils d'argent doré employés dans la W derie sont obtenus en faisant passer à la filière un cylindre d'argent recouvert de plusieurs lames d'or dont le poids est de do grammes ; on parvient à avoir un fll aussi délié qu'un cheveu, dont tous les points de la surface sont recouvertt d'or , et dont la longueur est de 1 1 1 lieues de 4^^^- Cfl fll , passé au laminoir, a 0™,0003de largeur; si on conçoit cette lamelle, qui est recouverte de deux lames d'or, divisée en deux dans le sens de sa longueur, et chaque millimètre partagé en huit parties égales, on aura 7 billions de parties visibles. Les émanations d'un grain de musc placé dans une chambre se distribuent dans toute la capacité de cetle chambre ; le poids du miisc n'est pas sensiblement diminué, et , par suite, la divisibilité qui a lieu dépasse tout ce que peut concevoir l'imagination : la division des matières colorantes est un fait du môme genre.
Inertie. — La matière est dans une indifférence absolue. Estelle en repos, cet état persiste tant qu'une cause ou force n'interviendra pas pour le modifier. Celte propriété s'appelle ineriie. Les corps organisés sont, à la vérité, animés par un principe qui échappe à toutes nos recherches, et dont nous sommes cependant obligés de reconnaître l'existence ; mais lorsque ces corps sont soustraits à ce principe vital, ils rentrent dans le domaine et participent aux propriétés des corps inorganiques.
Mobilité. — Cette propriété est une conséquence de l'inertie : si la matière est inerte , elle doit être déplacée toutes les fois qu'une cause ou force vient modifier son état de repos ; dlors elle se meut , et ce nouvel état de la matière mue s'appelle mouvement. Les forces qui peuvent mettre la matière en mouvement sont naturelles ou factices : ces deruières résultent de notre volonté , nous les employons pour mouvok les corps que nous voulons faire servir à nos usages.
La porosité est cette propriété que possède toute matière "'étté percée d'tilié infttuté de {wAltes tavité» appelées /?ofV5 ;
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'iété éstune conséquelice delà divisibilité. L'àttrdcdon molècalaire est d'autant plus forte que les tnolécnled sont plos rapprochées ; cette attraction serait insurmontable si les particulcis étaient en contact immédiat , et conséquemment toute*matièrè serait impropre à nos usages par suite de Tiitipo^bilité où l'on serait de la partager. On fait, dails Fécdnomie domestique , une application de la porosité pour la eoDstruction des fontaines à filtre : les pierres employées livrent à l'eau un passage qu'elles refusent' aux corps plus grossiers qui troublaient la transpatence du liquide.
Indépeudatnment de ces propriétés inhérentes à toute matière, il en est d'autres que Ton trouve à la véiité dans uil grand nombre de corps, et qui, cependant, cotnparéesft celles que nous venons d'étudier, pourraient être appelées spéciales ; il suffira de les nommer, et le lecteur pourra les définir lui-même. Les principales sont \îx solidité, la liquidite, la gaséité, qui sont les trois états sous lesquels se présentent tous les corps pondérables , la dureté, \ élasticité, la compressibilitéy la viscosité, etc. On pourrait encore citer la ductilité , la malléaMité ^ la ténacité; mais, ces trois der* nières se retrouvant en général à un haut dtgré dans les iné* taux, nous y reviendrons dans l'histoire de ces substances.